Faites face, messieurs !

par Saratoga

J’habite en Seine-Saint-Denis, vous savez, le fameux neuf-trois des banlieues. Ces jours-ci, dans sept villes de mon département, une campagne d’affichage part en guerre contre les violences faites aux femmes. Cette campagne a une particularité : pour la première fois, ce sont des hommes qui parlent aux hommes. La lutte contre les agressions sexistes n’est plus qu’une affaire de femmes. Enfin les hommes non violents, les hommes qui sont nos amis, vont se rallier à nos côtés et nous aider dans notre combat.

Du moins c’est ce que je crois. Après tout, mon journal dit bien : « part en guerre contre les violences ». Je suis en droit de m’attendre à quelque chose de détonant. Or, qu’est-ce que je constate en observant les photos ? Les hommes qui parlent aux hommes agresseurs sont de dos, suffisamment éloignés pour ne pas être reconnaissables, et au téléphone. C’est dire s’ils ont l’air de se sentir concernés et responsabilisés par le message qu’il sont supposés transmettre.

Pourquoi de dos ? C’est honteux de ne pas vouloir frapper une femme ? C’est pour ne pas avoir peur d’être ridiculisé devant les potes ? C’est parce que c’est dangereux et qu’ils ne voudraient pas se prendre une raclée en s’interposant entre l’agresseur et la victime ?

Pourquoi au téléphone ? Dites, les mecs, vous pensez que ça suffira, de lui nike air max pas cher remonter les bretelles par téléphone ? Vous ne pensez pas que dire ça à l’agresseur bien en face, entre quatre yeux, serait quand même plus efficace ?

Pour la première fois, des hommes viennent me soutenir. C’est vrai, je suis contente que mon combat les interpelle. Mais enfin, est-ce vraiment me soutenir que me laisser en première ligne, face aux agresseurs, et se contenter, de loin, de vaguement m’approuver sans surtout oser montrer son visage ? L’impression générale que me laissent ces photos est tout de même que je vis dans un pays où il est honteux pour un homme de dire qu’il est contre la brutalisation des femmes.

La campagne de pub de mes rêves ? La photo d’un homme bien costaud, bien baraqué, debout bien face à l’objectif, et le message : « Je sais qui tu es, je sais où tu habites, je sais que tu la frappes. Tu poses une seule fois de plus la main sur elle, et je te promets de faire de ta vie un tel enfer que tu attendras avec bonheur ta condamnation pour pouvoir enfin te reposer à l’abri de moi en prison. Je m’appelle Philippe Martin, j’ai 42 ans, et j’ai horreur qu’un homme brutalise une femme. La prochaine fois que tu veux lui faire du mal, souviens-toi bien de mon visage. Contrairement à elle, je ne pèse pas vingt kilos de moins que toi. »

Si tous les hommes non violents se comportaient comme le Philippe Martin de ma publicité imaginaire, les hommes batteurs auraient beaucoup plus de mal à sévir. La lutte contre les violences faites aux femmes est une affaire de femmes et d’hommes de courage… et de face.

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A propos saratoga

Visage limpide, regard droit, un faible pour le champagne et le chocolat, elle a derrière elle un parcours exceptionnel de surdiplômée cosmopolite et polyvalente. Elle jette sur le monde comme sur elle-même un regard qui analyse, qui déconstruit. Elle met à nu les mécanismes. Il lui arrive de jouer avec des pieuvres et des mille-pattes, elle est comme ça, Saratoga.

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