Interview n°6: Patric Jean

PAS EN NOTRE NOM!

par Sporenda qui reprend du service! Merci à elle! Elle a interviewé PATRIC JEAN*, co-fondateur et porte-parole de ZEROMACHO, des hommes contre la prostitution. Un homme comme on aimerait en voir plus souvent. Je vous laisse juge.

UnknownQ: Quel cheminement vous a amené à créer l’association Zéromacho et quels sont ses objectifs?
P.J.: J’ai toujours été contre l’idées des groupes d’hommes pro-féministes jusqu’à ce que la féministe Florence Montreynaud nous demande (à cinq hommes) de nous rassembler sur un point commun: l’abolition de la prostitution. Elle trouvait que notre voix d’hommes refusant la prostitution pour des raisons politiques devait être entendue. On a donc créé Zéromacho sur cette base. Du coup, on s’est mis à réfléchir à d’autres actions où la voix d’hommes pourraient se faire entendre en vue de l’égalité femmes-hommes. C’est le cas dans la dénonciation récente du masculinisme par exemple.
Q: Zéromacho est à ma connaissance le premier mouvement d’hommes en Europe qui dénoncent la prostitution et plus généralement les violences envers les femmes. Pourtant, des sondages font apparaître que les usagers de la prostitution ne sont qu’une minorité: autour de 10% seulement. C’est pourquoi il est surprenant qu’avec un  pourcentage de clients aussi faible, une majorité d’hommes se prononcent pourtant contre l’abolition de cette pratique archaique  (environ 60% selon de récents sondages). Comment expliquez vous cette adhésion à la prostitution d’hommes qui ne sont pas clients, et plus généralement le fait que, parmi les hommes qui ne commettent pas eux mêmes de violences  envers les femmes, il y en ait si peu  qui soutiennent les féministes dans leur lutte contre ces violences?
P.J.: Il ne faut pas confondre les hommes qui ne s’intéressent pas à la prostitution et ceux qui y sont opposés. La prostitution en effet ne correspond pas au désir sexuel d’une grande majorité d’hommes. Les clients prostitueurs habitués ont des profils particuliers avec une surreprésentation d’hommes à sexualité violente, fascinés par le viol et surconsommateurs de pornographie. Les autres hommes se détournent de la prostitution mais l’idée de pouvoir louer le cors d’une femme continue à faire partie de leurs privilèges même si ils n’en font pas usage. Nous sommes donc une minorité d’hommes à refuser la prostitution pour des raisons politiques car nous la considérons comme une violence en soi.
Enfin, le travail du lobbying de l’industrie du sexe porte à long terme et beaucoup de gens pensent sincèrement que des femmes désirent être prostituées et s’en portent bien, voire qu’il faudrait rouvrir les bordels où elles seraient bien au chaud. Toutes croyances qui s’écroulent dès que l’on se penche un peu sur le sujet.
 
Q: Pourquoi une association regroupant des hommes uniquement? Pourquoi avez vous choisi de ne pas intégrer des associations féministes mixtes (tout en leur apportant votre soutien)?
P.J.: Tout d’abord nous travaillons main dans la main avec cinquante associations (majoritairement) de femmes féministes sur le thème de la prostitution. Mais nous nous sommes dit que, sur la prostitution, nous avions une parole particulière, à savoir celle qui consiste à déconstruire les stéréotypes sur la sexualité masculine et ses soi-disant besoins qui justifieraient la prostitution. On ne pourra plus dire aux féministes que les hommes ont des « besoins » car nous sommes là pour le contredire.
Et donc, nous réfléchissons aux paroles particulières que nous pouvons porter à côté de celles des féministes et jamais à leur place. Nous sommes aux côtés, en soutien, avec un point de vue particulier qui consiste à déconstruire les stéréotypes depuis notre poste d’observation de dominants.
 
Q: Pour réaliser votre film « La domination masculine », vous avez infiltré les milieux masculinistes canadiens. Que retenez vous de cette expérience undercover?  Qui sont ces hommes, de quels milieux sociaux viennent ils, ont-ils des caractéristiques psychologiques, idéologiques etc. particulières? Quels sont leurs objectifs?
P.J.: C’est une question difficile. Ils sont de tous les niveaux sociaux. Ils ont des points communs: avoir été quittés par une femme (ce dont ils ne se sont jamais remis d’un point de vue narcissique), un sentiment de puissance et de légitimité de la domination des hommes, une vision très noire de la société où plus rien ne va aussi bien qu’avant, l’idée que tout se délite et que les modèles anciens sont détruits. Ils se réfèrent à un passé idéalisé où les trains arrivaient à l’heure et où il faisait chaud l’été et froid l’hiver.
Ce qui les rassemble est un refus du changement. Notre société vit une transformation anthropologique majeure. Le mariage pour tous ou l’idée de l’égalité femme homme bouleverse la vision ancestrale de l’altérité. Pour nous c’est un progrès mais pour eux, c’est une régression. Leur mouvement est aussi et surtout andocentré: ils se battent pour le pouvoir des hommes, leurs privilèges.
Enfin, il y a chez beaucoup d’entre eux une vision complotiste et paranoïaque du monde. Puisque tout s’écroule, il doit bien y avoir une raison, une force organisée qui anime ce changement. Ils la cherchent souvent dans des complots qui rassemblent, selon les cas, les féministes, les politiques, les médias, les franc-maçons, les homosexuels…
On peut dire aussi qu’ils ont une vision très essentialiste des femmes et des hommes. On est dans le tout biologique. Enfin, tous ceux que j’ai rencontrés ont été accusés et très souvent condamnés pour violence conjugale. Ce n’est pas une surprise.
 
Q: La vitrine médiatique de leur action,  c’est la défense des droits des pères, selon eux injustement traités par les tribunaux en ce qui concerne la garde des enfants après un divorce. Quelle est la relation réelle de ces hommes à la paternité derrière cette image médiatique d’hommes qui voudraient assumer leurs responsabilités paternelles alors que la société et les tribunaux les en empêcheraient?
P.J.: Difficile de faire des généralités. Ceux que j’ai rencontrés étaient plus occupés à se venger de leur ex-compagne qu’à passer du temps avec leurs enfants. Pour vous donner un exemple très parlant, l’un d’entre eux m’a raconté avoir demandé la garde principale de ses enfants et comme le juge ne lui octroyait qu’une garde partielle, il lui a répondu « vous pouvez les garder dans ce cas ». Je pense que cela résume bien l’état d’esprit de ceux que j’ai suivis.
C’est d’ailleurs étonnant de voir à quel point la doctrine masculiniste est essentialiste sauf quand il s’agit de répartir le temps de garde des enfants en cas de séparation. Tout à coup, et seulement sur ce point, ils deviennent égalitaires…
 
UnknownQ : Quelles sont les stratégies et méthodes qu’ils utilisent pour s’assurer une visibilité dans les medias? Récemment, en France, imitant les stratégies « viriles » des masculinistes d’Amérique du Nord, des masculinistes français grimpés en haut d’une grue ont monopolisé l’attention et la sympathie des journalistes pendant une semaine–avant de saborder eux mêmes leur propre action en tenant des propos grossièrement misogynes une fois descendus de leur grue.
Pourquoi une telle attention et une telle sympathie de la part des medias? Comment les journalistes peuvent ils ignorer que ces actions sont le fait de masculinistes, ou ces derniers bénéficient ils de certaines complicités médiatiques?
P.J.: C’est très simple. Imaginez un enfant qui lâche une bille du haut d’un tobogan. Bien ou mal lancée la bille roulera jusqu’en bas. Imaginez maintenant l’adresse qu’il faut pour faire remonter la bille dans l’autre sens. Les masculinistes ont une parole qui va dans le sens de la doxa dominante dans notre société. Ils sont en haut du tobogan alors que les féministes sont en bas et vont à contre-courant. Il est prévisible que leur parole soit si bien acceptée par les médias puisqu’elle fait partie de notre corpus culturel. La misogynie et le sexisme sont au centre de nos normes. Il suffit de regarder les affiches dans le métro pour s’en rendre compte.
D’autre part, il ne faut pas se mentir, les médias, comme le reste, sont aux mains des hommes (et des femmes qui leur obéissent) là où il y a des décisions à prendre. Du coup, quand une émission de télé (Complément d’enquête) passe une heure sur le sujet, elle titre « Où sont les hommes? », ce qui peut sembler ironique, elle se déroule sur un ring pour évoquer « la guerre des sexes », elle considère comme libérée une femme qui exhibe son corps nu, elle plaint les pires masculinistes, parmi les plus violents comme de pauvres pères éconduits, et j’en passe.
 
Q: Les masculinistes canadiens semblent avoir été parmi les précurseurs de ce mouvement. Les autres mouvements masculinistes apparus en Europe plus tardivement semblent s’inspirer de leurs idées et de leurs méthodes. Y a t’il des interactions et des coopérations entre ces différents mouvements?
P.J.: Les Québécois se sont inspirés des Américains et des Anglais (Fathers for Justice). J’ai observé en les infiltrant qu’ils étaient en lien direct avec des Belges, Français, Suisses, Espagnols, leur prodiguant moult conseils. La preuve, l’escalade d’une grue est une copie conforme de l’escalade des ponts à Montréal, même technique, même communication.
 
UnknownQ: Durant votre infiltration parmi les masculinistes canadiens, vous avez remarqué que ceux-ci reprenaient dans leur argumentaire des thèses de féministes libérales/libertaires comme Elisabeth Badinter, favorable à la prostitution et seule féministe qu’ils semblent apprécier. Quels sont leurs autres maîtres à penser, et que pensez-vous de cette curieuse convergence entre féministes libérales/libertaires et masculinistes?
P.J.: Je pense que l’on est proche de l’anti-féminisme dans le cas que vous citez. En effet, Badinter est une des maîtres à penser des masculinistes qui la citent par pages entières sur la prostitution mais aussi sur la violence conjugale dont les hommes souffriraient tout autant que les femmes, ou du féminisme qui serait allé trop loin et devrait faire machine arrière. En tant qu’homme,  je n’ai pas de commentaire à faire si ce n’est qu’encore une fois, une telle « pensée » se vend facilement dans les médias puisqu’elle se place au centre de la norme culturelle patriarcale.
Pour le reste, les maculinistes sont de grands lecteurs d’Eric Zemmour, d’Alain Soral…
 
Q: L’argument tarte à la crème  des libéraux/libertaires régulièrement invités pour défendre la prostitution sur les plateaux de télévision, c’est qu’être abolitionniste, ce serait être réactionnaire, anti-sexe  et partisan de l’ordre moral.
On peut voir dans cette thèse un bel exemple d’inversion patriarcale, et penser que ce sont au contraire les pro-prostitution qui sont rétrogrades, refusent aux femmes une sexualité libre et non coercitive (on n’évoque jamais la sexualité des prostituées) et défendent l’ordre moral patriarcal.
 Que pensez-vous de ces poncifs anti-abolitionnistes?
P.J.: Ils sont assez drôles. Affirmer que la défense d’une pratique millénaire serait moderne et que vouloir l’abolir serait rétrograde est assez osé. C’est un argument très malhonnête et ils le savent bien. La question porte sur le fait de savoir si avoir une relation sexuelle pour de l’argent est violent ou pas. Nous pensons que oui mais rationnellement, on observe que les faits nous donnent raison: témoignages de toutes les survivantes, santé des personnes prostituées, traumatismes psychologiques, etc.
On ne peut pas considérer nos parties génitales comme le reste de notre corps. Elles touchent à notre psyché. La preuve, un viol laisse des traumas pendant souvent le reste de la vie même en dehors de toute blessure physiologique.
Ce type d’argument ne sert qu’à décrédibiliser la parole abolitionniste, à défaut d’y répondre avec des arguments. Il ne faut pas oublier qu’il y a derrière la prostitution un commerce dont les bénéfices dépassent celui du trafic de drogue. Il est donc prévisible que les gestionnaires de ce trafic protègent leur commerce. Y compris en finançant un lobbying, en achetant des paroles publiques, en faisant chanter des faiseurs d’opinion, en finançant des rapports bidons. Il en a été de même pour défendre d’autres secteurs comme celui des cigarettes par exemple.
 
Q:  Les hommes qui ont signé le manifeste anti-prostitution donnent différentes raisons pour justifier leur refus d’être clients. Quelles sont les principales raisons données par les signataires pour ce refus?
P.J.: Dans la plupart des cas, ils estiment que c’est une violence dont ils refusent d’être complices
 
UnknownQ: A propos des medias, on observe aussi que le discours abolitionniste y est peu relayé, alors que le discours pro-prostitution est très présent. En particulier des soi-disant travailleuses du sexe, porte-paroles et leaders  de syndicats de travailleuses/eurs du sexe ont leur rond de serviette dans ces émissions, on est sûr qu’ils seront invités si ce sujet est débattu.
Or en fait de   »travailleuses/eurs du sexe », certains sont des proxénètes ou des maquerelles, ou des producteurs de films pornographiques. Pire, des proxénètes connus sont invités à s’exprimer ouvertement et en tant que tels dans des émissions à grande écoute, le dernier exemple étant l’invitation de Dodo la Saumure, proxénète attitré de DSK, dans l’émission de Frédéric Taddéi, « Ce soir ».
Autres invités attitrés, des « people », toujours les mêmes–Caubère, Antoine–sont sollicités à donner leur opinion, mais celles qu’on n’entend jamais–et pour cause–ce sont les prostituées majoritaires, celles qui sont étrangères, illégales, trafiquées et sous la coupe de réseaux proxénètes.
Ces prostituées–une fois sorties de la prostitution–pourraient être invitées à donner leur version, mais les journalistes ne s’intéressent pas à elles, ne font aucun travail de terrain pour aller à leur rencontre ni vrai journalisme d’investigation et préfèrent n’inviter que des « porte-paroles » à plein-temps,  des clients et des proxénètes. Qu’en pensez vous? 
P.J.: Je pense qu’il y a plusieurs explications. Tout d’abord, encore une fois, le fait de pouvoir se louer une femme reste un privilège pour les hommes même quand ils n’en font pas usage. Il est donc prévisible qu’une majorité défendent cet avantage, même inconsciemment.
D’autre part, il y a un certain nombre de cliente prostitueurs qui défendent la prostitution pour des raisons bien comprises. Je pense que Taddéi quand il filmait « Paris Dernière » montrait une proximité avec le milieu de la nuit qui laissait entendre, au minimum, un manque de critique vis à vis des violences faites aux femmes.
Enfin, je suis convaincu, je le répète, que comme dans le cas d’autres industries comme les cigarettes, des lobbies sont financés pour défendre des intérêts. Les cigarettiers ont acheté des journalistes et des élus et en ont fait chanter d’autres. Je ne vois pas pourquoi il en irait autrement dans un secteur par définition tenu par des mafias. Inviter une survivante de la prostitution mettrait à bas toute cette idéologie en quelques phrases, voilà pourquoi on ne les invite pas.
 
imagesQ: Récemment, la principale offensive anti-abolitionniste et pro-pornographie semble venir de la gauche libérale/libertaire: Libé, Iacub, Badinter, etc. Comment expliquez vous cette trahison d’une certaine gauche en ce qui concerne les violences faites aux femmes les plus économiquement vulnérables?
P.J.: A titre personnel, je dirais que dans la gauche sociale-démocrate, la trahison des idées est une tradition… Je me considère comme plutôt libertaire et je récuse ce terme pour les personnes que vous citez. J’emploierais plutôt le terme de « bourgeois » au sens de Flaubert, à savoir « celui qui pense bas ».
Se mettre au centre de l’idéologie dominante et faire croire que l’on est révolutionnaire est la stratégie habituelle des grands réactionnaires. On les voit à l’oeuvre tous les jours.
 
Q: Comment Zéromacho est il reçu par les hommes en général? Est-ce qu’un tel engagement–comme le féminisme– n’est pas parfois difficile à porter? Et même nuisible à votre carrière?
P.J.: Si. Je sais que cela peut agacer ou faire rire chez les hommes. J’assume. Je sais pourquoi je suis là.
 
Q: L’évolution socio-générationnelle en France semble aller dans le sens abolitionniste: environ 2/3 des jeunes de 18/24 ans sont favorables à l’abolition. Sur cette base, pensez-vous qu’à terme, l’adoption du modèle suédois par d’autres pays occidentaux est inévitable?
P.J.: L’utopie est ce qui arrivera demain. Et en l’occurrence, le demain est peut-être avant la fin de l’année… Nous vivons une transformation radicale de notre civilisation sur la fin du besoin d’altérité femme-homme dans le couple et la filiation, la fin de la répartition des tâches selon le sexe, c’est une révolution immense qui est en cours. Nous avons beaucoup de chance d’en être témoins.
Interview réalisé par Sporenda
 
 
* Metteur en scène, producteur  www.blackmoon-productions.com, blogueur www.patricjean.blogspot.fr, porte-parole et co-fondateur de l’association ZEROMACHO http://zeromacho.wordpress.com/author/zeromacho/
Twt: @patricjean

 

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9 réflexions au sujet de « Interview n°6: Patric Jean »

  1. Merci pour cet article, mais je vous conseille vivement de changer de police de caractère, les polices avec sérif ou empattements sont pénibles à lire sur écran. Les polices sans sérif couramment utilisées en ligne sont l’helvetica, l’arial, le verdana, l’univers .. Ca fera aussi sérieux que du Times et plus lisible ;)

  2. J’ai beaucoup aimé cette entrevue, aux questions qui manifestent beaucoup d’intelligence du dossier. Je signale à qui voudrait en savoir plus sur la dynamique qui amène et retient les hommes dans un rapport d’oppression sexuelle deux titres qui viennent de paraître chez M Éditeur, rédigés par deux grands reporters qui fouillent ce dossier depuis des années et dont les intuitions et découvertes nous amènent au-delà des poncifs néo-libéraux: « Les prostitueurs » du Canadien Victor Malarek, et « L’être et la marchandise », de la Suédoise Kajsa Ekis Ekman, qui trace aussi un parallèle avec la maternité de substitution. Détails: http://entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com/2013/01/m-c3a9diteur_communiquc3a9_hiver_2013.pdf

    • Merci pour votre message. Il est essentiel que les hommes s’emparent de ce sujet si nous voulons progresser dans la prise de conscience générale. Tant que la prostitution restera un sujet récurrent de plaisanterie, les proxénètes continueront à compter tranquillement leurs bénéfices.

      • Merci pour ces références.
        J’ai lu le livre de Malarek-en anglais « The Johns, Sex for Sale and the Men who Buy It »–il est en effet très éclairant tant par les cas qu’il présente que par la perspicacité de ses analyses.
        Une autre critique remarquable du contenu conceptuel de la virilité (et comment celle ci est inculquée aux enfants de sexe masculin), que je recommande est celle de John Stoltenberg (compagnon et mari d’Andrea Dworkin), en particulier son livre « Refusing to Be a Man ».
        Il a été traduit en Français.

        • Oui, ce livre, « Refuser d’être un homme », vient de paraître chez Syllepse, avec un avant-propos de Christine Delphy, simultanément au Québec, chez M Éditeur. Je suis un des cotraducteurs de cet ouvrage assez révolutionnaire, autour duquel s’organisent déjà des débats réunissant des proféministes dans plusieurs villes françaises: Marseille la semaine prochaine, le 7 mai (18h, Librairie Mille-Babôrds), Paris le 28 mai (lieu à préciser ; dans le cadre du FRAP, avec le collectif Rage de nuit); Lyon le 8 juin (Librairie Terre de livres). Et sans doute Saint-Denis courant juin (librairie Folie d’encre).

          • Merci pour ces précisions, j’essaierai d’assister au débat parisien, et éventuellement d’en rendre compte ici.

  3. L’idee prostitution repose sur l’arnaque qui consiste a faire croire Que l’homme a des besoins sexuels qui doivent

  4. Les besoins sexuels n ‘existent pas.
    Il y a juste des hommes qui sont intolerants a la frustration.C’est le sexologue Philippe BRENOT qui l’explique tres bien.
    En tout cas BRAVO a ZERO MACHO. Ouf ca fait du bien!