Onfray n’importe quoi…

 

Il fut un temps où j’estimais Michel Onfray. Sur ce même site, en février 2005, sous le titre « promo blues » je criai mon enthousiasme pour son « Traité d’athéologie ». Depuis, j’avoue que sa capacité à chanter l’hédonisme en affichant la tronche impavide d’un pasteur luthérien m’avait ouvert une fenêtre moins limpide sur son inconscient. Il vient de franchir une nouvelle étape. Son papier intitulé « Machiavel gynécologue » dans le n°43 de Siné-hebdo le fait plonger profond dans ces abysses où l’estime devient consternation. Voilà qu’il apporte son obole au backlash machiste qui sévit en ce moment dans les média. Onfray nous sert une nouvelle définition du viol. Carrément. Au passage, il règle son compte à la question : « …il est terminé le temps où on pensait qu’une femme violentée avait un peu aguiché le violeur… ». Ah bon ? Sait-il, Onfray, que seul un viol sur cent est jugé ? Que la plupart du temps il est décriminalisé et passe en correctionnelle sous l’appellation « violences volontaires » ? Que le viol reste aujourd’hui, en France, un crime très largement impuni ? Qu’il joue à fond son rôle de premier moyen d’intimidation collective par la violence, avec pour fonction de contraindre les femmes à rester à leur place assignée ?

Non, il le sait pas. Ou il s’en fout. Pour lui, cette question est résolue. On passe à autre chose. Il est temps de progresser dans nos analyses et nos mobilisations, que diable ! Il poursuit sa démo : « Désormais, il faudrait faire un effort pour établir une égalité sur ce terrain là ». Faudrait pas que les nanas se mettent à croire qu’elles sont les seules à en chier, on va leur en remontrer ! Égalité ? Sur le terrain du viol ? Ça veut dire quoi ? A vrai dire pas grand chose. Et même rien. Mais suivons-le dans ses méandres. Ça signifie, peut-on supposer, réciprocité, symétrie. Et donc établissement d’un fait de viol des hommes par les femmes. Franchement, celle là, fallait la faire !

Pour appréhender le viol dans toute sa dimension, il faut le rattacher à son rôle dans le maintien de la domination masculine. Pour comprendre sa capacité de destruction il faut savoir que cette pénétration du corps par la violence signifie la négation de la personne. Il faut également considérer que les viols sont extrêmement fréquents, bien au-delà de ce que disent les statistiques. Il faut aussi avoir conscience que cette pratique est profondément enracinée dans notre culture et que son impunité enferme la victime dans un sentiment d’impuissance totale. Alors pour établir un parallèle, il faudrait un contexte de domination féminine, un acte hyper-violent et hyper-fréquent et la clémence pour l’agresseur.

Michel Onfray a trouvé ! Il définit par le mot « viol » un crime atroce, qu’il qualifie aussi de « barbarie », allons-y gaiement, et qu’il place en position symétrique, façon presse-livre, vis-à-vis du viol tel qu’il est défini par la loi. Il s’agit d’une femme imposant ( ?) à un homme un rapport sexuel « certes librement consenti » mais « infligé ( !)dans la perspective dissimulée d’une procréation » ! En d’autres termes, il qualifie de « viol » le comportement d’une femme faisant un enfant dans le dos à un homme. Disons le tout net, un tel comportement, consistant à laisser entendre, voire à affirmer, qu’on est contraceptée alors qu’on ne l’est pas, allie mensonge, trahison et dissimulation. Certes. Il peut signifier bien des emmerdements pour l’homme en question. Admettons. Endosser une paternité non désirée est déplaisant. Oui. Mais un viol ? S’il fallait comparer cette expérience masculine à une expérience féminine équivalente au moyen d’un retournement de situation, puisque c’est ainsi que semble s’organiser la pensée Onfrayenne, on ne peut la mettre en parallèle qu’avec une maternité non désirée.

Pendant des siècles les filles ont subi le fameux enfant dans le dos. Parfois après un viol (un vrai) et parfois pas, mais dans les deux cas elles assumaient seules toutes les conséquences de ce qui avait été fait à deux, et ceci signifiait leur mort sociale. Aujourd’hui, la moitié des enfants naissent hors mariage, et entre avortement légal et test ADN, les données de la question ont été bouleversées. Les hommes d’aujourd’hui doivent faire face à des questions auxquelles leurs aïeux ont échappé depuis toujours. Ils baisaient impunément, et c’est terminé. Les femmes sont en position de leur imposer quelque chose et historiquement c’est inédit. Que cela soit douloureux après des millénaires de totale irresponsabilité n’a rien de surprenant.

Mais ça n’a rien de tragique. Toute femme apprend à contrôler sa fécondité dès l’adolescence. C’est pas forcément marrant, mais c’est comme ça. Il n’a jamais été question pour une fille, à moins qu’elle soit très ignorante, de se fier aveuglément à un partenaire qui affirmerait : fais moi confiance, il n’arrivera rien de fâcheux. Elle prend ses propres mesures dès l’âge le plus tendre. Parce qu’elle sait que les conséquences peuvent être pénibles pour son corps et pour son esprit. Les hommes adultes, ces grands garçons, peuvent-ils désormais envisager d’assumer leur sexualité dans tous ses dimensions ? De contrôler leur propre fécondité ? Pour se préserver des grossesses non désirées, il va falloir s’y mettre, les gars ! Bienvenue au club ! Contrairement à nous les femmes, qui avons dû nous battre pour arracher les lois et n’avons jamais disposé du pouvoir nécessaire à influer sur la recherche, nul dispositif légal ne s’oppose à ce que les hommes exigent la mise au point de contraceptifs adaptés au masculin au lieu d’attendre benoîtement que les femmes s’aménagent d’elles-mêmes pour le grand confort général. Les hommes vont devoir mettre sur pied des nouvelles stratégies et s’intéresser à la contraception sous un autre angle, pour se protéger eux-mêmes. Gageons que ceci va leur faire comprendre deux ou trois choses laissées jusqu’à présent sous l’ombre propice des « problèmes de femme ».

Onfray ose employer le mot « barbarie ». Il chie pas la honte, le philosophe ! Les pères-contre-leur-gré peuvent avoir été trompés. Même dans ce cas, les conséquences ne seront jamais tragiques comme peuvent l’être celles d’un viol. Nous savons qu’une égratignure sur le corps d’un dominant est perçue comme infiniment plus grave qu’une amputation sur celui d’un dominé, mais qu’Onfray aille jusqu’à qualifier de viol un acte qui pour aussi moralement répréhensible qu’il soit n’entraîne comme conséquence que la naissance d’un enfant et la prise en charge (partielle et partagée) de son existence montre à quel point sa démarche est purement idéologique. D’un mépris abyssal pour les millions de vraies victimes de vrais viols. Et laissant affleurer une étrange vision de la venue au monde d’un bébé.

Il n’y a aucun rapport entre une paternité imposée et le viol. Le viol est un mécanisme social de contrôle du corps des femmes par les hommes qui dépasse les personnes impliquées directement. Il joue, au moyen de la violence la plus brutale, le premier rôle dans la persistance du statu quo entre sexes que les progrès de ces dernières décennies n’ont affecté qu’en superficie. D’innombrables attaques du même type que celle d’Onfray égratignent en permanence la légitimité des analyses féministes. Tant que nous aurons dans ce pays les disparités, les injustices et les violences qui sont notre quotidien, la gymnastique conceptuelle d’Onfray et ses puantes contorsions apparaîtront pour ce qu’elles sont : un pathétique grignotage idéologique des quelques avancées que le féminisme a réussi à imposer. A quoi, à qui pensait-il en écrivant ces lignes ? J’écris moi-même celles-ci très peu de temps après l’affaire Cheb Mami, qui s’est dit piégé par la mère de son enfant et qui a réagi comme on sait.

13 réflexions au sujet de « Onfray n’importe quoi… »

  1. Bonjour Isabelle, je lis tes post en remontant dans le temps et je suis épatée par ta capacité à mettre en mots ce que je pense. Je suis un peu jalouse.
    J’ai toujours touvé risible (pour ne pas dire plus) les hommes reprochant aux femmes les enfants dans le dos, comme si ils ne savaient pas qu’un rapport sexuel pouvait conduire à une grossesse, comme si ils n’avaient pas à leur disposition des moyens de contraception. Comme si il est anormal qu’ils aient à assumer la naissance la vie d’un enfant dont ils n’avaient pas programmé la venue car c’est bien le rôle « naturel » de la femme d’assumer !
    J’ai la même colère vis à vis des propos qui visent les femmes qui avortent , les reproches qui leurs sont fait de ne pas assumer, l’épouvantail de l’avortement de « confort », etc…. mais ces grossesses ne sont pas le fruit d’une rencontre avec le saint esprit mais bien avec un homme. Il n’est jamais question des hommes qui avortent par l’intermédiaire des femmes. Il ne revient qu’aux femmes la responsabilité de l’enfant à venir. J’ai la chance de n’avoir jamais été confronté à une grossesse non désirée.

  2. Onfray mieux de se taire ! monsieur l’écrivain et mettre votre talent au service de causes qui en valent la peine …
    Merci Isabelle pour cette belle chronique …
    Je fais partie de cette majorité silencieuse qui n’a jamais parlé et trouve dans vos mots l’expression de ma colère et de mon indignation face aux violences faites aux femmes.
    En ce 24 novembre 2012, journée mondiale contre ces violences infligées et quasiment toujours impunies (tel est mon cas), petite piqure de rappel aux dirigeants et « hommes » de pouvoir pour défendre simplement le droit de parler, de dire, d’exrimer, de crier … notre colère
    Isabelle merci
    Bien cordialement et très sincèrement
    caroline

  3. Comme dit une référence féministe et animaliste à moi (Méryl, si tu passes par là), « à force d’intellectualiser le pire, on perd de vue qu’il fait des ravages ». Apparemment, Onfray légitime aussi l’art culinaire chinois consistant à découper vivants des poissons et cuisiner des cervelles de singes.

  4. C’est décevant en vieillissant, on dirait que beaucoup d’ hommes deviennent réac. Pour les femmes, je n’ai pas remarqué. Mais j’aurais tendance à penser que c’est le contraire. Voyez Benoîte Groult et surtout Simone de Beauvoir se disant féministe radicale alors qu’en écrivant Le Deuxième Sexe, elle affirmait n’être qu’une observatrice de la condition féminine.

  5. C’est vrai que l’utilisation de la violence dans le viol est particulièrement destructeur physiquement, psychologiquement et les dégâts perdurent longtemps dans le temps. Et c’est aussi vrai que le viol par la violence est un outil de destruction quasi-exclusivement utilisé par les hommes tout simplement parce que les hommes dominent socialement (et par ricochet, juridiquement), physiquement et peut-être (depuis peu, je suis mitigé là-dessus) culturellement. De plus, c’est un crime souvent difficile à démontrer (silence des témoins pour toutes les raisons qu’on connait, difficulté d’obtenir des preuves matérielles etc).

    Toutefois, le viol n’est pas une histoire de violence mais de consentement. Certes, le refus du consentement ou l’aliénation du consentement par la violence est probablement le cas le plus courant et le plus abjecte mais ce n’est pas le seul. Pour illustrer, le droit français prévoit que le viol peut se faire par violence, contrainte, menace ou surprise. Vous saoulez ou droguez une femme pour avoir des rapports sexuels que vous n’auriez pas eus autrement ? C’est un viol. Le PDG de votre boite vous demande de le sucer, vous êtes intimidée, vous avez peur et vous le faites ? C’est un viol. Vous demandez à votre partenaire qu’il utilise un préservatif et le retire dans votre dos un peu plus tard (ça s’appelle le stealthing) ? C’est un viol.

    D’ailleurs en 2017, un tribunal correctionnel français a reconnu le stealthing comme étant un viol (plus d’info : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/condamne-pour-viol-pour-avoir-retire-son-preservatif-pendant-le-rapport-sexuel_1868362.html). Cette condamnation illustre bien à quel point c’est le consentement qui caractérise le viol, pas l’usage de la violence. Mathieu Brancourt (journaliste et militant chez Aides) l’explique très bien (source : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/le-stealthing-retrait-non-consenti-du-preservatif-un-pratique-courante_1903795.html) : « Obtenir un rapport qu’on n’aurait pas eu en utilisant un stratagème est le viol d’un consentement vicié obtenu avec préméditation de le briser ».

    Est-ce que cette interprétation autorise à dire que la paternité imposée est un viol ? Absolument pas. La paternité imposé c’est lorsque la justice impose une filiation qu’un homme (ou une femme, les exemples pullulent sur le net) ne souhaite pas reconnaitre. Toutefois, parmi les rares témoignages sur les paternités imposées à des hommes, on ne peut que constater que bon nombre de cas relève d’un stealthing. Ce sont des témoignages de viol.

    Vous connaissez mieux que beaucoup d’autres que subir un viol est atroce et que la suite est souvent pire. Vous savez très bien que cela demande beaucoup de force de se l’admettre et encore plus d’en parler. Au vu des dégâts que cela produit si la victime pense sincèrement être victime de viol, on s’abstient de lui faire part de ses doutes, on l’écoute et, éventuellement, on prend d’immenses précautions pour lui expliquer en quoi la victime n’a pas été violée.

    Une victime de viol qui entraine une paternité imposée va mécaniquement lire votre billet. Que lui dites-vous ? Vous lui dites que sa souffrance est insignifiante, que ce sont juste des « emmerdements » « déplaisants ».Vous lui dites qu’il n’a pas le droit d’être une victime car, contrairement à son agresseur, il n’est pas une femme. Vous lui dites qu’il n’avait qu’à mieux gérer sa contraception bien qu’il n’en a pas les moyens, mais ça aussi, c’est sa faute. Vous lui dites que les hommes avant lui étaient des barbares et que c’est une justification tout à fait suffisante à son sort. Pas à pas, vous minimisez sa douleur, vous lui interdisez d’être une victime et pour finir vous le transformez en coupable. Un traitement des victimes de viol des plus courant ; vous en conviendriez très certainement.

      • Merci d’avoir pris le temps de lire et d’accepter de publier malgré votre incompréhension.
        Ces thématiques sont nouvelles pour moi ; ce qui pourrait expliquer nos décalages. Contactez moi si vous désirez des éclaircissements ou me faire de mes erreurs les plus grossières.

  6. Bonjour Mme Alonso,

    La lecture de votre billet ultra agressif à l’égard de Michel Onfray et de son papier « Machiavel Gynécologue » me révolte, d’autant plus de votre part car je vous pensais plus fiable dans vos points de vue.
    Quelle image avez-vous des hommes pour affirmer que devenir père de manière imposée est juste un fait « déplaisant » ? L’homme n’a-t’il aucune sensibilité à vos yeux, aucun sens de l’amour, pour que devenir père contre son gré ne se résume qu’à un acte déplaisant et surtout, selon vos propos, parce qu’il implique une pension à payer par exemple ? L’homme n’a-t’il aucun sens de l’amour filial selon vous ? l’homme ne ressent-il rien que de plaisant ou déplaisant dans le fait de devenir père ?
    Quelle vision réductrice vous avez de l’homme et comment pouvez-vous prétendre à un discours d’égalité homme – femme lorsque vous rabaissez à ce point l’homme à un être vivant qui n’est pas touché dans sa chair et dans son coeur dans le devenir père ?
    Nous sommes très, très, loin d’une perspective d’égalité homme – femme dans votre bouche Mme Alonso et cela ne sert aucunement la cause des femmes.
    Leticia Rodriguez

    • Vous allez vite en besogne, Leticia. Mon billet est plus ironique qu’agressif. Vous lisez dans ces lignes dont je suis l’autrice des choses que je n’y ai pas mises. Devenir père contre son gré est le résultat d’une non-pratique de la contraception. Pardon de considérer que la parade est très facile et accessible: utiliser un préservatif. Et que donc la comparaison avec le viol est totalement à côté de la plaque. Libre à vous de ne pas partager mon point de vue mais ne vous indignez pas de propos que je n’ai pas tenus et ne me prêtez pas d’intentions que je n’ai jamais eues. Merci et joyeux printemps à vous.

      • « Certes. Il peut signifier bien des emmerdements pour l’homme en question. Admettons. Endosser une paternité non désirée est déplaisant.  »
        Ce sont vos propos et le terme « admettons » ne fait que les souligner donc je ne vous prête que les intentions que vous avez écrites.
        Un autre passage m’a choquée à propos du préservatif que vous brandissez comme unique réponse : il parle de la confiance.
        Vous proposez une vision assez débile de l’homme qui ferait, stupidement confiance à une femme. Faire confiance est quelque chose de stupide ? La confiance comme base importante du rapport entre humains est une débilité ? Ou alors, et là je suis ironique, est-ce que faire confiance à une femme est par définition un acte stupide car les femmes sont par essence fourbes ?
        La confiance, justement, est un des éléments essentiels qui permet de qualifier un viol, de le qualifier comme un crime. Une femme fait confiance à un homme et si elle monte chez lui, boit un verre, accepte même des avances pour finalement changer d’avis, si l’homme la force, il y a viol et crime. Car le fait que la femme lui ait fait confiance est reconnu. Alors ? L’homme ne peut-il pas faire aussi confiance à sa partenaire ?
        C’est une question de principe, d’éthique. C’est quoi ces relations hommes-femmes si lorsque la femme demande à l’homme de ne pas mettre de préservatif, arguant de sa contraception, et que l’homme lui répond systématiquement, sinon il est jugé débile, « non, je ne te fais pas confiance, je mets un préservatif, viens, couchons ensemble ». Super comme relations.
        La question dépasse le sujet de la contraception, qui, je suis tout à fait d’accord, doit s’étendre aux hommes.
        La question est du même ordre que celle qui a mené à la lutte pour que le viol des femmes soit reconnu comme un crime.
        Certes, il y a certainement moins de cas, est-ce un argument pour balayer ce problème de société dun revers de main ?
        Merci, j’espère que le printemps sera joyeux également.

        • Si vous persistez à mettre sur me même plan un viol (crime) et une escroquerie morale (indéniable, mais les conséquences ne sont pas les mêmes , j’espère qu’on est d’accord là-dessus), libre à vous. Je préfère nuancer. Tout mélanger, tout mettre sur le même plan est juste le signe qu’Onfray n’a pas réfléchi à la question, il ne s’est pas donné cette peine. Dommage.

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