Ne pas se Trumper…

Unknown-1Qu’est ce qu’on fait maintenant ?

Ça sera pas encore pour maintenant les filles. So long Hillary….. Aux prochaines présidentielles US elle aura 73 ans, je ne m’avance pas beaucoup en pronostiquant qu’elle vient de jouer sa dernière carte et de la perdre. Et nous perdons toutes avec elle. Pas de femme à la Maison Blanche. Un Noir y est arrivé avant, preuve que la portée symbolique attachée au sexe est plus prégnante encore (pourtant, le racisme US est inscrit profond) que celle attachée à la couleur de l’épiderme. La marque du patriarcat est plus ancienne, plus enracinée que celle de l’esclavage. Le patriarcat n’a jamais été aboli. Un chef, un vrai, ne saurait être femme. Après avoir été contraintes d’accepter un Noir pendant huit ans, les forces conservatrices du pays n’allaient pas se taper en plus une bonne femme à la Maison blanche! Trop c’est trop. Ça sera Trump. Qui a aussi été élu parce qu’il a su cracher sa détestation de ce que représente Hillary.

banana-1155494_960_720-717x472_cS’il y avait une épreuve de patinage sur peaux de banane aux Jeux Olympiques, Hillary serait médaille d’or. Les dernières semaines de sa campagne, le FBI ressort une affaire de mails déjà close cet été. Fatal. Ce n’était pas une première. Tout son parcours est marqué par une série d’embûches directement liées au fait d’être femme. Se lancer dans une compétition politique dont la seule forme connue est virile implique de consacrer une bonne partie de son énergie à affronter un perpétuel procès en incompétence et en carences diverses.

Au début de sa carrière conjointe et simultanée avec celle de son époux, elle voulait garder son nom de naissance, Rodham. Elle dut en changer, prendre celui de Clinton pour ne pas nuire à son compagnon. C’est pour cette raison qu’elle est désignée par son prénom ici, seule appellation qui lui appartienne vraiment.

imagesPlus tard, elle affirme dans une interview avoir plus de penchant pour la politique que pour les tâches ménagères. Son image en est affectée au point qu’elle doit apparaître à la télé, en tablier et les mains dans la farine, préparant une tarte aux pommes, pour corriger le tir. Pas qu’on n’aille penser qu’elle serait une mauvaise maîtresse de maison.

Quand éclate l’affaire Lewinsky, elle sera aussi humiliée publiquement par son mari que mise en accusation permanente par les média, qui mitraillent qu’elle aurait dû faire ci, faire ça, en tout cas autre chose que ce qu’elle a fait.

On l’accuse aussi d’être vendue aux lobbies dans un pays où les lobbies font la carrière de tous les candidats et financent les deux grands partis.

Sans doute n’était-elle pas la candidate idéale, nobody’s perfect, on peut néanmoins saluer sa capacité à survivre aussi longtemps dans un monde qui taillade allègrement celles qui tentent de changer les règles du jeu.

Le plafond de verre est en vitre blindée pare-balles et anti-effraction.

Mais on ne peut analyser l’échec d’Hillary à la seule lumière du fait qu’elle est une femme.

UnknownIl faut remonter aux années 80. Avant ça, l’Amérique était encore liée à ses valeurs pionnières. Coexistant avec une extrême brutalité sociale, il y avait des traditions de partage nées de la mémoire de l’exil dans ce pays d’immigrants. Un mouvement ouvrier puissant, solidaire, nourri aux luttes de la Grande Dépression, les perpétuait. L’American Dream était tissé dans cette appartenance à une histoire commune faite de déracinement, de nostalgie, d’espoir et d’une folle énergie. On pense aux quilts, ces couvertures traditionnelles assemblant un patchwork de morceaux de vêtements hors d’usage. Assises autour d’une grande table et cousant les unes pour les autres, des femmes fabriquaient collectivement du confort et de la solidarité. Une culture. C’est l’Amérique de LaPetiteMaisonDansLaPrairie et c’est un mythe, comme tous les mythes, né de la réalité. L’Amérique traditionnelle se voit encore dans ce miroir dont l’autre face était faite de ségrégations, répressions, trahisons. Et de la consolation, pour les Blancs, d’avoir quoiqu’il arrive, quelqu’un à mépriser. Noir, Chicano, Indien… C’est à cette Amérique là que Trump prétend rendre sa « grandeur ». Celle du temps où tout le monde était à sa place. Une Amérique qui n’existe plus.

Unknown-2Et il y a eu les années Reagan et sa comparse Thatcher. Allergiques à l’Etat et aux services publics, ils prônent les théories économiques ultralibérales mises en pratique par les Chicago Boys dans le Chili de… Pinochet. Oui, oui, c’est dans cette riante démocratie qu’ils ont testé la potion magique: les marchés, dérégulés, vont s’équilibrer tous seuls. Les néolibéraux réussissent à intoxiquer la planète. La finance investit tous les domaines de la vie, impose sa vision épicière. Tout passe sous les fourches caudines des seules questions pertinentes à ses yeux: combien ça coute? Combien ça rapporte? Combien ça vaut? Greed is good. La cupidité devient une qualité. Le monde, un guichet bancaire. Wall Street s’attaque à la planète avec une voracité de termite.

On allait voir ce qu’on allait voir ! On voit, en effet….

Unknown-3Au début, on ne se rend pas compte. On a du mal à établir une relation de cause à effet entre les principes annoncés et l’implacable asphyxie ressentie. Les médias ne font rien pour éclaircir le débat. Les cours de la bourse occupent un espace disproportionné dans l’info et d’innombrables « experts » répètent à satiété qu’il n’y a pas d’alternative. Le néolibéralisme, y a que ça qui peut marcher. Avec le temps il devient une évidence qu’il y a de plus en plus de riches, de plus en plus riches. Mais aussi de plus en plus de pauvres, de plus en plus pauvres. Le contraire, donc, de ce qui était prévu. La phrase, répétée mais pas expliquée, devient une sorte de mantra, se vide de son sens. S’arrête-t-on deux secondes à comprendre ce que ça veut signifie ? Comment ça se traduit dans la vie quotidienne? Il s’établit entre ces constatations entendues mille fois une étanchéité qui empêche de comprendre.

Unknown-2Les média reproduisent servilement le credo néolibéral. Il faut encore moins d’État, voire pas d’État du tout. L’État ne sert qu’à couter des sous. Or tout doit devenir rentable. Tout peut et doit procurer du profit. La santé. L’éducation. La justice. La culture. Tout est privatisable. Les routes. Les hopitaux. Les universités. Les prisons. Les cimetières. Les ressources naturelles. Le corps humain. Tout.

Le néolibéralisme fait ses ravages en loucedé, ses méfaits planqués par un discours médiatique univoque et des débats mal posés. Il ruine des régions entières, détruit la vie des gens, anéantit leurs valeurs, distille une idéologie individualiste qui dissout peu à peu le sens du collectif. Toute une population de vaincus, gentiment appelés  White Trash, Détritus Blancs, (parce que le système les a broyés?), commence à végéter dans la rancoeur et le désespoir.

detroit01Pendant la dernière campagne électorale, on a pu voir à la télé des reportages sur ces petits blancs déclassés. Ils sont des millions et leur mode de vie dément tous les délires sur l’American Way of Life. Lieux abandonnés, d’une laideur accablante, villes ruinées, misère, oisiveté forcée, obésité, analphabétisme, pas de sécu, pas de soins dentaires, pas d’éducation. Pas de perspectives, pas d’avenir. Dans ce monde où tout est payant, la pauvreté est une damnation. La violence une habitude. L’ignorance une réalité.

Hillary et Trump appartiennent tous deux au monde des élites que rejette le peuple. On en veut, donc, à Hillary. Mais pas à Trump.

Unknown-4Les déclassés ne se sentent rien en commun avec l’ex Première Dame, avec ses discours perçus comme lénifiants et plein de ces bonnes intentions qui pavent l’enfer. Depuis des années qu’on la voit, a t-elle changé quelque chose? N’a t-elle pas approuvé les accords commerciaux de libre échange qui les privent de gagne pain en fermant les usines?  Comment croire qu’elle va s’y prendre autrement à l’avenir ? Hillary n’est pas des leurs.

Trump est à la fois fils de millionnaire (ce qu’Hillary n’est pas), piètre homme d’affaire perclus de dettes et failli plusieurs fois. En mauvais citoyen, il se vante de ne pas payer ses impots. On ne lui en tient pas rigueur. Comment ça se fait?

Ces dernières semaines, les arguments des partisans d’Hillary ne donnaient pas dans le flamboyant. On était au bord de s’excuser d’être là : travailleuse, courageuse, préparée aux responsabilités, expérimentée, repérée sur la place internationale, elle connait le taf, elle est fin prête! Pas de quoi s’enthousiasmer, mais ceux pour qui voter est un acte politique réfléchi, cérébral, serein, entendaient ce langage. Face à un Trump jamais élu nulle part, qui ne connait rien à rien et ne saurait faire le poids, la question ne se posait même pas. C’était plié. Ils ont voté Hillary.

Mais les autres?

Unknown-5Un candidat ne doit pas seulement parler, il doit incarner. Faire rêver. Offrir une figure d’identification. On peut le faire avec classe, à la Kennedy, à la Obama, ou à la sauvage, à la brute. A la populiste. A partir d’un certain niveau de frustration sociale ambiante, le discours n’a pas besoin d’exprimer une idée, mais d’ouvrir un espace aux chimères et au healing. Le temps d’une harangue, il pose un pansement sur les blessures mentales. La religion fait ça très bien. Trump aussi. Hâbleur, tonitruant, grossier, sûr de lui, campé sur ses ergots, prêt à asséner n’importe quoi plutôt que de se taire, prêt à mentir, à tricher, il ne cherche ni cohérence ni élégance. Ni sens. Aux yeux avides qui le regardent, il représente l’image même du mec qui ne se laisse pas faire, qui ne s’en laisse pas conter. Qui s’impose. Les hommes s’identifient à lui, voudraient être lui, et les femmes rêvent de se faire siliconer les boobs pour pouvoir l’épouser. Trump est un dealer en fantasmes. Il vocifère, dans un langage familier, truffé d’injures, que tout le monde comprend, ce qu’avant on n’aurait même pas osé penser.

UnknownMais il serait peut être resté au plus bas des intentions de vote si, dans ce marasme néolibéral,  la révolution numérique n’avait pas joué un rôle prépondérant. Obama avait déjà su utiliser avec efficacité les ressources du web pour sa victorieuse campagne de 2008. Mais cette année là, Facebook n’a que quatre ans et n’a pas donné sa mesure. En 2016, sa puissance de tir s’est accrue de manière exponentielle. C’est dans ce contexte, à cette concomitance de misère morale et de technologie dernier cri, qu’apparait le candidat Trump. Et il a tout compris du champ ouvert par les réseaux sociaux. Il a compris à quelle époque il vit.

Unknown-1Face à une Hillary entourée de communicants, pesant chaque mot de ses interventions et payant à prix d’or ses spots publicitaires, Trump utilise Twitter pour faire le buzz tout seul et générer sur les média classiques du temps d’antenne aussi gratis que rentable. Il sait tourner à son avantage la rapacité des chaines généralistes, leur insatiable appétit d’audience. Elles reproduisent à l’envi la moindre de ses saillies, la pire de ses insultes, les plus outrancières de ses propositions, font mine de se scandaliser mais lui fournissent un inestimable portevoix. Trump adore qu’on le vilipende. Il en profite pour geindre qu’on le maltraite, affirme que c’est parce qu’il serait trop antisystème. Ça n’en motive que davantage ses inconditionnels.

imagesEt il y a Facebook. Outil surpuissant, turbo à infos inventées de toutes pièces et impossibles à démentir. Par la grâce des algorithmes qui orientent les internautes vers leurs centres d’intérêt déjà exprimés, la machine à mentir, à manipuler, à insulter, va fonctionner plein pot sans possibilité de démentir ou nuancer. Le nouveau totalitarisme ne passe plus seulement, face à des tribunes surchauffées, par les discours enflammés d’un orateur hystérique. Il passe aussi par des clics tranquilles, chez soi, au calme, répandant, d’un site à l’autre, jusqu’au fin fond de l’Amérique qu’on dit profonde, n’importe quoi. Théories du complots décoiffantes de stupidité. Oui, on a inoculé dans l’eau courante un poison qui rend les grenouilles homosexuelles et ça va pas tarder pour les gens, et ça sera la fin du moooonde. Prêches évangélistes illustrés par les faux enregistrements des pleurs d’un embryon (!). Possession d’une arme à feu comme garantie démocratique, « même un enfant de quatre ans doit pouvoir se défendre ». Scoops hallucinants:  Hillary tue des enfants, et même elle les mange. Obama a créé Daesh, tout seul, avec ses petites mains. Cette dernière a été servie par la bouche de Trump en personne. Rigolez pas, on trouve tout ça, et bien pire, sans garde-fou aucun, sur le net. Pour l’internaute hypnotisé, seul Trump saura s’opposer à ce flux d’effrayantes menaces. Ou alors Superman. Ou le père Noël. Ou Elvis. Degré zéro de la politique.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que les moyens les plus high-tech ont été utilisés pour diffuser l’archaïsme le plus absurde, le plus stupide.

On ne peut pas, via les réseaux sociaux, la téléréalité, FoxNews, injecter de la merde non stop dans le cerveau des gens et s’étonner qu’ils puent de la pensée et se comportent comme des bouses.

Unknown-2N’empêche. La gauche tient bon. Malgré les abstentions, Trump a obtenu moins de voix qu’Hillary. Un système et un découpage électoraux surannés qui favorisent éhontément les zones conservatrices lui ont permis d’être élu quand même. Contrairement à Obama qui n’a jamais, pendant huit ans, pu compter sur un Parlement en sa faveur, et qui a donc vu toutes ses initiatives sabotées sans vergogne par un Parti Républicain qui ne respecte jamais les règles de son propre jeu, Trump va pouvoir s’appuyer sur une majorité à la fois au Congrès et au Sénat. Entouré d’illuminés créationnistes, de marchands d’armes et d’hommes d’affaires sans scrupules comme lui, le mâle alpha décérébré qui va entrer à la Maison Blanche ne croit pas au réchauffement climatique. Il adore les OGM, la NRA et les groupes pétroliers. Sale temps pour les femmes, les homos, les trans, les AfroAméricains, les NativeAmericans, les hispanophones, les immigrés… Ça fait beaucoup….

Mais il n’est pas la maladie. Il n’en est que le symptôme. La maladie s’appelle néolibéralisme. Trump se nourrit des manques et des incapacités de ceux qu’il a en face. Les élus du peuple admettent le principe de base du système qui étouffe ce même peuple façon boa constrictor. Ils mettent le bout d’un ongle dans l’engrenage et une fois qu’on est tous dans la gadoue jusqu’aux sourcils, prétendent qu’il n’y avait rien d’autre à faire.

C’est vrai aux USA. C’est vrai en France.

images-1Il faut se pencher sur la célébrissime phrase de Thatcher, ADN du marasme actuel: « There is no alternative« . Les gauches de gouvernement se sont auto piégées quand elles en ont admis le principe. « Il n’y a pas d’alternative ». Pas d’alternative? Mais rappelez moi le principe de la démocratie: à tout pouvoir doit correspondre un contre pouvoir. Si on faillit à ce principe, si on n’admet pas l’idée du débat, de la discussion, de la négociation, du consensus, il n’y a plus de démocratie.

« Il n’y a pas d’alternative »: faites ce qu’on vous dit et fermez la.

« Il n’y a pas d’alternative », c’est comme ça et pis c’est tout.

« Il n’y a pas d’alternative » Bienvenue dans un monde sans contradiction. Sans plan B.

C’est une phrase totalitaire.

Ici, et aujourd’hui, en France, maintenant qu’on a constaté en temps réel, en vrai, que le pire peut arriver. Qu’on ne peut, ni ne doit, faire confiance aux sondages, aux média, aux experts, effarés par leur propre aveuglement, mais qui continuent quand même à la ramener. On fait quoi? On pleure? On se croise les bras? On regarde ailleurs?

imagesIl nous reste six mois avant les présidentielles françaises. Le succès de Trump fait jubiler LePen. Elle a raison. C’est un signe positif pour elle. Ils sont de la même trempe. A ceux qui prétendent que ça ne peut pas arriver en France, rappelons qu’on a dit la même chose pour Coca-Cola, MacDo et Disneyland.

Unknown-2

J’entends, je lis, qu’il n’y a plus de gauche, qu’elle ne sait plus où elle en est. Il faut arrêter de confondre gauche et PS. De confondre personnel politique de gauche et peuple de gauche. La gauche de terrain bouge encore, elle est même sacrément vivace. L’avenir nous appartient.

Les enfants nous regardent. Ils nous voient. Un jour, ils jugeront.

Quand ils demanderont: « Mais vous le saviez, que Trump était élu? Qu’avez vous fait? » il serait bon qu’on ait quelque chose à raconter.

Ne laissons pas faire. Nous devons, nous pouvons réagir. Il est encore temps. Six mois, c’est beaucoup.

9 réflexions au sujet de « Ne pas se Trumper… »

  1. Excellent article, pensons à nos enfants et n oublions pas que nous sommes des filles et des fils de la resistance ! A dans 6 mois pour montrer qui est vraiment le peuple de France ! Non au bleu, non a Marine, non au FN !

  2. très bien dit…le peuple de gauche existe, il est là ….un peu déboussolé…cherchant son égérie pour porter sa parole…le système électoral verrouille pas mal mais espérons qu’il sortira un nouveau système de représentation et d’expression du peuple. Le jour où l’on aura compris que c’est l’humain qui doit être au centre de toute politique et non l’argent…on sauvera peut être l’humanité…
    Bonne journée
    Angèle

  3. Merci pour cette article! Moi qui n’ai pas trop suivi les élections américaines, j’ai voulu comprendre pourquoi Trump à été élu. Donc merci pour ce résumé :-)

  4. Clinton qui offre des centaines de milliers d’esclaves sexuels aux djihadistes en Irak, en Lybie et en Syrie et vous venez nous parler des progrès féministes uniquement pour le plaisir mégalo d’avoir un président de votre genre (si vous croyez aux genres évidemment)?
    Je suis ravi que Trump soit élu et ai déjà annoncé avoir voulu cesser les déstabilisations de régime. Enfin un peu de bon sens après tant d’hystérie…

  5.  » Enfin un peu de bon sens après tant d’hystérie… » Absolument, avec le bon sens de Trump, la compassion de Vladimir Poutine, le pacifisme de Daesh, et le progressisme social de François Fillon, on commence l’année 2017 sous de bons auspices.

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