Michetons respectueux

 Aujourd’hui, pas d’interview de Sporenda. Elle prend la plume direct! Merci à elle.

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ELISABETH LEVY ET LES 343 TARTUFES, par Sporenda

Le manifeste des 343 salauds (en fait 18), signé par une collection  hétéroclite  d’hommes revendiquant avec une arrogante muflerie leur droit de propriété sur les « putes » a révulsé même les « travailleuses du sexe » auxquelles il prétendait  rendre hommage.

Sans doute celles-ci n’ont-elles pas été séduites par l’exquise élégance du slogan (« touche pas à ma pute » comme « touche pas à ma BM ») ni convaincues par l’intérêt –un brin condescendant–que leur ont exprimé ces courageux défenseurs des Droits de l’homme sur les femmes.

Ce manifeste, exclusivement masculin et  qui jouait la provoc machiste décomplexée, ayant été fraîchement accueilli, les pro-prostitution, ralliés par le toujours vert Antoine, sont remontés au créneau avec  des  tactiques un peu plus subtiles pour rendre leur discours plus médiatiquement présentable.

Mais dans les deux cas, le fond du discours est le même : des louches de respect mielleux envers les prostituées, corsées d’un rab d’indignation surjouée envers les odieux trafiquants et proxénètes.

Car ces néo-défenseurs de la prostitution ne reculent devant rien : ils se disent respectueux des femmes et assoient cette affirmation paradoxale sur un argument central : la distinction qu’ils font entre prostitution « libre et volontaire » d’une part, et prostitution contrainte et sous le contrôle de proxénètes et d’opérateurs d’immigration illégale d’autre part.

Féministes et citoyens, ces prostitueurs soucieux d’éthique seraient, à les en croire,  uniquement clients  des prostituées qui loueraient leur corps « en toute liberté », en entrepreneurs libres sur un marché libre, et jamais au grand jamais n’auraient recours à des prostituées contraintes  par des réseaux proxénètes. Ou encore moins à des prostituées mineures—car n’est-ce pas, c’est illégal, et ils respectent la loi.

« Touche pas à ma pute » donc mais eux—disent-ils—ne touchent pas à toutes celles qui arrivent en France piégées par des annonces alléchantes promettant des jobs bidons, manipulées par des « lover boys » travaillant pour des réseaux, violées en gang bangs dans des camps de dressage pour les casser avant d’être mises à la disposition des clients, menacées de représailles sur leur famille pour assurer leur soumission, mises en dette par des réseaux de passeurs qui les font entrer illégalement en France et les contraignent à se prostituer ensuite pour rembourser, etc.

Question à ces gentils clients des prostituées libres sur un marché libre qui iraient jusqu’à contrôler leurs « pulsions  incontrôlables » plutôt que d’aller voir une prostituée contrainte : comment faites-vous la différence entre les deux?

Il n’y a aucun signe extérieur qui permette de savoir si la prostituée a été contrainte et/ou trafiquée ou pas—hormis éventuellement  des ecchymoses, ces dernières, d’après le témoignages de prostituées battues, n’ayant aucun effet dissuasif sur la plupart des clients.

En fait, le client n’a aucun moyen de s’assurer qu’une personne prostituée n’est pas contrainte ; quant  à le lui demander, il est bien évident qu’elle ne peut absolument pas répondre:

-       par définition, elle ne peut révéler qu’elle est sous la coupe d’un proxénète sans risquer d’être punie par celui-ci et  se mettre gravement en danger.

-       révéler au client qu’on est « maquée » est radical pour le faire fuir.

Je cite sur ce point cette réponse de Laurence Noëlle, ex-personne prostituée : « Non, je n’ai pas rencontré de clients qui se souciaient de savoir qui ils avaient en face d’eux. De toute façon, si j’avais pu tomber sur un client soucieux, je lui aurais répondu que j’étais majeure et que tout allait super bien ; trop honte et trop peur de dire, trop peur d’être battue par mon proxénète …La prostitution est un monde d’illusion et de mensonge… »

De même, il n’y a aucun moyen de faire la différence entre une prostituée mineure et une prostituée majeure, entre une fille de 16 ans et une de 17. Et les prostituées mineures disent que leur jeune âge, loin de faire fuir les clients, est au contraire spécialement excitant pour eux.

C’est donc littéralement se moquer du monde que de prétendre qu’on ne touche qu’aux prostituées « libres » et majeures.

De plus,  selon les statistiques de l’OCRTEH (Office central pour la répression du trafic des êtres humains), il y a environ 18/20 000  prostitué-es de rue en France, (40 000 si l’on inclut la prostitution « d’intérieur »  en salon de massage, bar à hôtesses etc dont 10/20% d’hommes).

Ces statistiques précisent qu’environ 91% de ces prostitué-es sont d’origine étrangère, chiffre qui, pour des raisons évidentes, recoupe largement celui des personnes exploitées par des réseaux proxénètes.

Le rapport 2009/2010 de l’OCRTEH http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp mentionne également que la prostitution traditionnelle exercée par des prostituées françaises ou du Maghreb est en voie de disparition et qu’elle a  progressivement cédé la place à la prostitution étrangère, en forte augmentation, qui a été rendue possible par l’émergence de réseaux d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains.

Que ces avocats de la seule prostitution « libre » m’expliquent comment les « pulsions » des 12% de Français de sexe masculin   qui disent avoir recours à la prostitution (qui se comptent en millions)  peuvent être satisfaites uniquement par le pourcentage de prostituées « libres » (au plus 20%), soit quelque milliers de personnes?

Vu qu’il n’y a tout simplement pas assez de prostituées indépendantes pour satisfaire la demande, la vertueuse réprobation que les 343 salauds expriment envers le proxénétisme et la traite n’est qu’une tartufferie éhontée.

Et le rôle des proxénètes est justement d’ajuster l’offre à cette demande et de pallier à l’insuffisance de l’offre en amenant des jeunes femmes étrangères sur le marché, par piégeage et/ou par contrainte. Et bien sûr d’engranger ainsi des profits énormes (une prostituée rapporte en moyenne 150 000 Euros par an à ses proxénètes). Profits dont les prostituées ne voient guère la couleur : si ce sont essentiellement des femmes pauvres qui entrent dans la prostitution « bas de gamme », elles en sortent, pour la plupart, tout aussi pauvres.

C’est donc de nouveau se moquer du monde que de défendre la prostitution tout en dénonçant le proxénétisme et la traite : sans traite, pas de prostitution car pas assez de prostituées « volontaires », les deux sont absolument inséparables, la traite n’est pas une dérive regrettable de la prostitution mais la condition même de son existence, le cœur même du système.

En fait, la traite serait à la prostitution ce que les goulags sont aux régimes totalitaires : non pas élément accidentel et périphérique du système mais la violence fondamentale qui rend possible son existence. Car lorsqu’ils utilisent la  violence pour formater à la prostitution les femmes qu’ils rabattent, les proxénètes agissent littéralement pour le compte des clients, implicitement mandatés par eux, comme des sortes de forces spéciales faisant le sale travail de la domination masculine, ce qui les rend infréquentables mais absolument indispensables.

Et si se prostituer était vraiment un travail comme un autre, pas plus pénible que de flipper des burgers chez MacDo, pourquoi les réseaux proxénètes devraient-ils recourir à la tromperie, au viol et aux violences pour enrôler de force dans la prostitution 8 sur 10 des femmes qui y entrent? Que je sache, MacDo n’a pas besoin d’utiliser de telles méthodes pour trouver des employés.

A la télévision, ont voit toujours les mêmes prostituées invitées pour venir débattre de la prostitution, celles qui disent être à leur compte et qui représentent l’élite de la profession, la prostitution haut de gamme. C’est cette prostitution haut de gamme, plus souvent volontaire, blanche et/ou non étrangère, que connaissent sans doute les 343 salauds, vu les moyens financiers dont ils disposent.

Cette prostitution de luxe est financièrement inabordable pour la masse des clients  lambda mais c’est pourtant elle qui est toujours mise en vitrine, bien qu’elle soit très minoritaire, parce qu’elle sert  d’alibi à la prostitution réelle.

La prostitution réelle, la réalité statistique de la prostitution, c’est la prostituée étrangère introduite illégalement sur le territoire français par des réseaux de proxénétisme transnationaux–nigériens, camerounais, roumains etc. Mais celles-là, on ne les voit jamais à la télé.

On note que parmi les signataires du manifeste des 343 salauds, il y a des hommes de droite, voire d’extrême-droite, comme Rioufol et Zemmour. Un des thèmes de prédilection de ces deux journalistes est la dénonciation  récurrente de l’immigration, de ses  nuisances, des problèmes, dommages et coûts multiples que (selon eux) elle occasionnerait pour la France.

Que ces pourfendeurs de l’immigration m’expliquent comment ils peuvent concilier leurs positions anti-immigrationnistes avec leur soutien à la prostitution, activité dont près de 90% des effectifs sont constitués par des femmes amenées/arrivées  clandestinement en France.

Si les nombreux abus et maltraitances dont ces femmes sont victimes les laissent de marbre, comment se fait-il qu’ils ne trouvent rien à redire à ces  flux migratoires  féminins destinés aux salons de massage et aux trottoirs des boulevards des Maréchaux ? Comment se fait il qu’ils préconisent la fermeture d’urgence de nos frontières  aux hordes de pauvres hères débarquant sur nos rivages en quête d’une vie meilleure–sauf quand il s’agit de jeunes femmes importées  de force pour la satisfaction des désirs masculins, auquel cas l’immigration illégale ne leur pose pas problème ?

Corrélativement, messieurs Rioufol et Zemmour ne manquent pas une occasion de dénoncer l’augmentation préoccupante de la criminalité, la multiplication des actes de délinquance,  l’insécurité qui s’accroît partout, les zones de non-droit qui font tache d’huile et rappellent avec insistance à leurs  lecteurs que cette insécurité est directement liée à l’immigration.

Ils s’inquiètent—légitimement—de l’implantation tentaculaire des mafias étrangères sur le sol français, de la criminalisation de l’économie mondiale et d’une mafiaisation progressive de nos territoires—cf Marseille.

Comment ne voient-ils pas que le développement exponentiel de ces mafias est directement lié à celui de la prostitution transfrontières? Comment ne voient-ils pas que partout où la prostitution se développe, elle attire et suscite autour d’elle trafics, délinquance, réseaux mafieux et criminalité ?

Y compris quand elle est légalisée : en Allemagne, la chaîne  d’Eros centers « Pacha Club »  a des  franchises  dans toutes les grandes villes d’Allemagne. Le plus grand de ces établissements est celui de Cologne, censé être la vitrine de la prostitution légale, réglementée et aseptisée : 9000 m2, 12 étages, 126 chambres, autant de prostituées, jusqu’à 1000 clients par jour, ouvert 24 heures sur 24, tarifs réduits pour les seniors et les chômeurs.

Lors d’un raid effectué par la police en 2005, des armes et de la cocaïne ont été découverts, 23 prostituées  en situation d’immigration illégale ont été arrêtées, 4 étaient âgées de 14 et 15 ans. Deux prostituées y ont été poignardées en 10 ans, sans parler des agressions, bagarres et tabassages de clients par les videurs qui y ont lieu plus ou moins régulièrement.

On ne peut être à la fois contre l’immigration illégale et pour la prostitution, l’une est devenue le moteur de l’autre, elles sont inséparables. On ne peut à la fois dénoncer l’emprise des mafias et défendre la prostitution : sans les réseaux mafieux pour les  recruter, les « dresser » et les amener en France, il n’y aurait pas assez de prostituées pour répondre à la demande.

Il faut être clair : à chaque fois qu’un client paie une prostituée, il y a 8 ou 9 chances sur 10 qu’il subventionne un réseau de proxénétisme et de traite, ce qui fait de lui–en plus d’un homme qui impose des rapports sexuels non désirés à une femme sous contrainte–un complice objectif du crime organisé.

Et finalement, la distinction entre « prostitution volontaire » (moralement acceptable) et prostitution contrainte est fallacieuse : les actes sexuels sont les mêmes, la violation est la même, la violence des clients est la même, que la personne prostituée soit trafiquée ou volontaire, qu’elle ait 16 ans ou 19 ans, que la clientèle soit  haut de gamme ou bas de gamme.

Rachel Moran, auteure du livre « Paid For, My Journey Through Prostitution » et ex-prostituée qui a exercé à tous les échelons de la prostitution, de la rue à l’escort à 300 Euros de l’heure, souligne que plus les clients ont de l’argent, plus ils sont exigeants et que la violation est souvent proportionnelle au prix de la passe.

Et elle ajoute que, non, il n’y a pas une prostitution éthique « libre » et une prostitution immorale contrainte : il y a seulement des femmes qui ont été trafiquées et vendues en esclavage sexuel par quelqu’un d’autre et des femmes qui se sont vendues elles-mêmes en esclavage sexuel parce qu’elles n’avaient pas d’autre option.

Mais pour Elisabeth Lévy et ses 343 tartufes, se vendre soi-même en esclavage, c’est être libre.

Elle qui est si prompte à dénoncer l’incohérence d’une « loi scélérate » parce qu’elle vise à pénaliser non pas les femmes qui sont exploitées  mais ceux qui abusent d’elles,  reste curieusement aveugle à l’incohérence dont font preuve ceux des signataires de son manifeste (de droite comme de gauche) qui, lorsque leurs convictions politiques entrent en conflit avec la défense de leurs privilèges sexuels,  tranchent sans états d’âme en faveur de ces derniers.

Civisme, intérêt général, respect de la loi  contre droit immémorial à disposer d’une sous-classe de femmes vouées au service des prérogatives sexuelles masculines, pour les acolytes d’Elisabeth Lévy, il n’y a pas photo.

En faisant ce choix, les 343 salauds mettent crûement en lumière que leur défense d’une prostitution soi disant libre et morale n’est, littéralement, qu’un cache-sexe.

Sporenda

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A propos sporenda

La madone des forums. Avec ses lunettes noires, ses tenues sombres et son perroquet trilingue apprivoisé, elle camperait volontiers une cérébrale cousine rockeuse de Madame Adams. Laissez-lui un clavier et le monde s’éclaire. Rigueur, honnêteté intellectuelle, culture encyclopédique, générosité, elle cumule les qualités que je valorise. Avec, en plus, une qualité exceptionnelle d’attention aux autres.

23 réflexions au sujet de « Michetons respectueux »

  1. Je suis en parfaite adéquation avec ce texte. Il en est des débats comme de l’information en général: on ne choisit que les extraits utiles à la cause que l’on veut défendre.
    J’ai eu l’occasion de regarder une émission à la télé: comme toutes les émissions dignes d’intérêt, elle est passée à une heure hyper-tardive et un incident avec ma live-box m’a privé de la fin. Pas de chance! On y voyait des prostituées dans différents pays, notamment en Inde. Je crois que le reportage se terminait au Mexique. Certaines (très rares!) des prostituées interviewées ont déclaré, en substance, faire ce « travail » presque par plaisir. Mais, pour la plupart, la détresse crevait l’écran! Il est vrai que les potentiels clients devaient se sentir mal à l’aise. Ce n’est plus du sexe, c’est de la boucherie! Que dire de ces jeunes dont on devinait sans peine qu’elles n’avaient pas atteint la majorité?
    Pour autant, je persiste à penser, hélas, que la prostitution a encore de « beaux jours » (si j’ose dire!) devant elle. On fait tout pour cela!
    Ainsi, il y a une heure environ, je lisais un article sur Internet concernant le développement du sexe à la télé, notamment sur les chaînes payantes. Bizarre, non? Je rappelle que je suis de ceux qui demeurent convaincus de ce que le démarrage fulgurant de CANAL + n’aurait jamais connu un tel succès sans son film pornographique. Je ne sais plus quelle ne était la fréquence de passage, ni s’il est toujours d’actualité! Qu’on me pardonne, mais PERSONNE ne me fera croire que les acteurs et actrices (termes un peu forts en la circonstance!) des films pornos ne se livrent pas à une forme de prostitution! Au-delà des acteurs, il y a les « consommateurs ». S’ils assistent à ce genre de « spectacle », c’est bien pour s’exciter! Alors, comment achever cette projection spéciale? Au mieux, en se masturbant (que l’on me pardonne d’être aussi cru, mais c’est un phénomène suffisamment connu pour être évoqué!) au pire, en descendant dans la rue en quête d’une… prostituée!
    Non, la prostitution n’est décidément pas moribonde!

  2. Les différents raisonnements présentés par Sporenda sont d’une logique implacable !
    A lire et à faire lire…

  3. Pourquoi persiste t on à parler de manifeste des 343 salauds, alors qu’ils n’ont été que 18 à le signer ? Pourquoi ne pas en parler comme le « manifeste des 18 salauds » ?
    A part ça bravo pour cet article.

  4. Je ferais lire et relire ce texte de Sporenda qui refute la plupart des arguments de ceux qui défendent le « droit » de se prostituer « librement ». Le documentaire auquel Alain Servain fait référence est sans doute celui-ci http://youtu.be/M-48jwkVHuk

  5. Très bel argumentaire. Cela retranscrit bien la réalité de la prostitution avec toute la violence qui l’entoure.

  6. De quel droit les abolitionnistes dont je ne suis pas se permettent ils de parler au nom des 20 %{le chiffre est controversé-cf Morgane Merteuil du STRASS qui estime à 10-15 % les prostitués victimes d’esclavage}de prostitués libres?
    C’est tout bonnement totalitaire.
    C’est comme si je décrétais en tant que végétarien que les acheteurs de viande devaient être punis du fait des conditions d’élevage et d’abattage dans 90 % des cas mais que les employés des abattoirs,des victimes du système viandard,devaient être protégés et encouragés à se reconvertir car aucun petit garçon ne rêve de tuer des animaux toute la sainte journée…
    Acceptez qu’on puisse penser autrement que vous : à tout prendre je préfère que ma fille soit pute plutôt que mon fils torture des animaux ou soit soldat.

    b

    • De quel droit? Du droit que je prends, ne vous en déplaise. Vous vous perchez sur des millénaires de patriarcat pour me faire la leçon? Vous ne voyez pas d’inconvénient à ce que votre fille soit prostituée? Révélateur: l’association d’idée entre le corps des femmes prostituées et celui des animaux abattus. Je laisse les lecteurs et lectrices juger.

      • Madame
        Je respecte votre point de vue qui semble en passe(rires) d’être validé par la loi.Cependant et vous le savez,j’ai avec le mien des féministes repectables(respectueuses?)comme Lahaie,Iacub,Badinter avec lesquelles vous ne souhaitez pas débattre. En outre je vous jure sur mes enfants que si j’y étais économiquement contraint je préfèrerais me prostituer y compris avec des hommes que de tuer des animaux.Peste et choléra sans doute mais ce sont mes limites personnelles et ces deux activités ne sont pas intrinsequement plus mauvaises que d’autres comme le maintien de l’ordre ou la couture.

        • « L’association d’idée entre le corps des femmes prostituées et celui des animaux abattus » a été brillamment étudiée par Carol Adams, féministe abolitionniste et végétarienne dans « The pornography of meat ». C’est une lecture très intéressante.

          Je suis moi-même féministe abolitionniste et végétarienne et oui, je pense que « les acheteurs de viande devaient être punis du fait des conditions d’élevage et d’abattage dans 90 % des cas mais que les employés des abattoirs,des victimes du système viandard, devaient être protégés et encouragés à se reconvertir car aucun petit garçon ne rêve de tuer des animaux toute la sainte journée… », tout comme je pense qu’il faut pénaliser les clients des « prostituées » et aider celles-ci à s’en sortir.

          Les victimes ne sont pas les mêmes, personne ne dit qu’un animal et une femme c’est pareil, mais c’est la même logique.

    • Monsieur,

      Votre discours ainsi que votre conclusion sont affligeants…
      En dehors du fait que, par votre subtile comparaison, vous excluez les prostituées du rang des êtres humains, vous semblez ignorer l’enfer dans lequel elles sont plongées… Bien plus inhumain que celui des abattoirs, pour suivre votre raisonnement…
      Des prostituées « libres », dites-vous ? En connaissez-vous qui continuent à clamer cette « liberté » une fois sorties de la prostitution ?

    • Votre comparaison n’est pas appropriée à la situation et n’est pas du même niveau de complexité.
      Concernant la prostitution, vous remettez en cause seulement le droit de parler au nom de. Sporenda ne parle pas au nom de mais elle prend démocratiquement le droit d’expliquer son point de vue sur la prostitution.
      Qu’est-ce qui vous dérange, ses arguments ou son droit de prendre position ?

  7. Un point de vue de plus. C’est le vôtre. Vous en avez le droit, mais ne croyez quand même pas que vous détenez la vérité, ce serait trop simple.

    Permettre à l’état de farfouiller dans la vie des gens pour accabler les clients de prostituées ne vous dérange pas. Soit. Il faudra quand même arracher la preuve du paiement, attendez vous à des difficultés.

    Constater que certains s’autorisent à gloser, dénigrer, dénoncer les pulsions des uns et des autres sera
    surement libérateur pour eux, mais lorsqu’il s’agit de rapports intimes entre adultes consentants, on se demande l’intérêt d’un tel voyeurisme. Ils pourraient très bien garder cette jouissance là pour eux et nous épargner leurs cris d’orfraie..

    Vous défendez une position, celle des abolitionnistes. C’est celle de la France, mais le concept lui a évolué. Il est passé de la suppression d’une réglementation contraignante assignant la prostituée à la mineure et à la débile profonde, à la volonté actuelle de supprimer toute prostitution. Méconnaissant sans doute les principes de la lutte féministe pour le droit à disposer de son corps, ce qui allait à l’époque jusque à permettre de le proposer à la prostitution.

    Peu importe la profonde contradiction que la nouvelle loi introduira dans le droit positif. Vous n’avez pu interdire l’offre de prostitution, car elle est reconnue d’abord dans le féminisme historique puis aujourd’hui dans les décisions du juge européen, vous vous résignez par une loi française mal fondée à interdire l’achat en pénalisant les clients.

    Vous aurez beau dire, vous prenez le problème à l’envers. Ce ne sera qu’en réglementant la prostitution qu’une action efficace pourra être mise en oeuvre contre les réseaux de traite et de proxénétisme.

    En l’état actuel, vous méconnaissez les droits de celles et ceux qui s’adonnent volontairement à la prostitution, et vous le faites au nom de votre MORALE et d’absolument rien d’autre. Vous conduisez en fait toutes les personnes prostituées dans les franges de la vie sociale, parce que vous ne supportez pas l’image de la personne qui se prostitue. Quel courage et quel succès.

    Votre prochain combat : lutter contre la misère et contre le crime. Vous savez maintenant comment faire.

    • Relisez ce que j’ai écrit sur la question. Je suis sûre que vous comprendrez de vous même que vous m’attribuez des analyses qui ne sont pas les miennes. La prostitution est une violence, un abus qui ne saurait se justifier par des pulsions sexuelles « privées ».

  8. Tous les adversaires de cette loi ne nient pas l’esclavage ou la traite d’être humains mais dans le camp opposé vous par contre vous niez l’évidence : qu’il existe une prostitution libre et que les femmes et les hommes dans un pays libre ont le droit de coucher comme ils le veulent même pour de l’argent.

    Vous pouvez sortir vos témoignages choisis et ceux de Rioufol, Zemmour, il y a des centaines de témoignages de travailleuses du sexe qui sont contre votre loi, des centaines de féministes dont certaines illustres également.

    Les travailleuses du sexe sont d’ailleurs révoltées par votre mépris.

    Vous oubliez aussi les hommes et les trans qui se prostituent.

    Votre vision de l’Etat liberticide : Surveiller et Punir.

    • Les féministes comme Sporenda ne méprisent pas ni jugent les prostituées mais la situation dans laquelle elles se retrouvent par obligation ou concours de circonstance.

      Quant aux autres féministes qui sont contre la loi, le fait qu’elles se revendiquent féministes ne leur garantie pas d’avoir plus raison ou d’être cohérentes. C’est un atout pour les anti-féministes et anti-loi. D’ailleurs, Badinter qui prône une sorte de liberté de disposer de son corps comme dans la prostitution se révolte quand on parle d’allaitement. Dans l’allaitement, la femme ne peut pas disposer de son corps selon elle mais dans la prostitution oui ? Très étrange sa position. J’avoue ne pas comprendre son point de vue sur la liberté de disposer de son corps ou alors c’est une vision très restreinte.

  9. voici ces prostituées étrangères :
    http://www.youtube.com/watch?v=KmpZYaJfVgQ

    votre argument que les prostituées sont surtout des étrangères en situation irrégulière, il va plaire en effet à l’extrême droite mais ce sont des êtres humains, votre loi peut les faire partir de France mais elles resteront prostituées ailleurs et souvent dans des pires conditions.

  10. « votre argument que les prostituées sont surtout des étrangères en situation irrégulière, il va plaire en effet à l’extrême droite »

    Ce que j’essayais de mettre en évidence dans ce texte, c’est que Zemmour & co se contredisent eux-mêmes de façon flagrante sur l’immigration: ils sont contre– sauf quand il s’agit de femmes prostituées.
    Ca m’étonnerait donc qu’ils apprécient.

    « votre loi peut les faire partir de France mais elles resteront prostituées ailleurs et souvent dans des pires conditions. »

    Cette loi permet en fait aux personnes prostituées qui veulent quitter cette activité de rester en France en recevant des aides sociales.

    Votre message c’est que l’existence d’une petite minorité qui s’en sort bien –en travaillant pour des proxénètes, ou en prostitution haut de gamme–légitime complètement le trafic, l’exploitation et les violences que subissent la majorité des personnes prostituées.
    Poser que les intérêts de certaines catégories privilégiées (dont les clients) passent avant ceux de la majorité (des prostituées) est un argument typique de client.

    Dans un souci d’exactitude, je vous suggère donc d’enlever le PAS dans « un client pas comme les autres ».

  11. Non mais une loi même pour l’intérêt (purement éventuel en l’espèce) d’une majorité ne doit pas sacrifier la liberté d’une minorité. C’est indéfendable comme principe.

    Vous voyez c’est comme tuer un innocent pour sauver 10 personnes ou condamner indifféremment toute une population parce que la majorité de cette population serait coupable.

    Vous croyez sincèrement que les aides sont suffisantes pour sortir ces femmes de la prostitution ? Vous croyez que la France actuelle en a les moyens ?

  12. Et pourtant il s’agit d’un bon principe de démocracie que de s’orienter vers la majorité et à mon avis vous devez être contre toutes les lois qui ont été votées car d’une manière ou d’une autre des intérêts d’une minorité ont volé en éclat. Finalement vous n’êtes pas plus honnête envers votre propre principe de justice puisque cela ne vous dérange pas de priver une partie de la société de sa propre liberté au nom d’une liberté de l’autre partie.

    Cette loi est également un pas de plus vers la liberté de la majorité, sans pour autant régler tous les maux du monde. Du chemin reste à faire.

    Quant aux aides, il n’y en a jamais assez, et ce peu importe le domaine, des gens se battent pour les améliorer et en faciliter l’accès. Des associations existent mais il est difficile pour les prostituées de sortir de la prostitution avec une oppression physique et psychique.

    • je parle d’une liberté d’une minorité pas de leur intérêts. La liberté n’est pas une petite chose.

      Et non il n’est pas question de sacrifier une majorité, la minorité n’opprime pas la majorité, ce n’est pas parce qu’on autorise la prostitution libre qu’on encourage ou favorise la prostitution « contrainte » au contraire, on peut dire que les clients peuvent se détourner d’un certain type de prostitution. Et ce n’est pas avec cette loi que vous allez empêchez la prostitution contrainte.

      Vous posez mal le problème et cette loi est une mauvaise réponse, au mieux vous déplacez les problèmes à la frontière. Seuls les les régimes totalitaires peuvent rêver et se donner les moyens d’une non marchandisation du sexe, à l’avenir on peut même penser que de plus en plus d’hommes se prostitueront pour des femmes.

  13. « . Et ce n’est pas avec cette loi que vous allez empêchez la prostitution contrainte. »

    Si , dans une certaine mesure: les proxénètes se sont déjà détournés du « marché du sexe » suédois: c’est devenu trop compliqué, coûteux et risqué pour eux de prostituer des femmes dans ce pays, la majorité ont donc délocalisé leurs activités ailleurs.
    Personne ne pense que la prostitution va disparaître en France suite à cette loi, il s’agit simplement de la réduire peu à peu.

    Quant à votre argument que de plus en plus de femmes auront recours à la prostitution masculine, c’est du fantasme:
    - d’une part, très peu de femmes sont intéressées par des relations sexuelles tarifées avec un « prestataire de services ».
    - d’autre part, le recours à la prostitution ne comporte guère de risques pour les hommes–sauf éventuellement les MST.
    Pour les femmes par contre, se retrouver nue dans une chambre avec un inconnu choisi sur internet et généralement plus fort qu’elles constitue une grosse prise de risque: vol, viol, coups, meurtre, tout peut arriver.

    Votre approche de la prostitution nie le point de vue féminin et ne retient que celui du client.

  14. Vous dites vraiment n’importe quoi.
    Je suis un ex-travailleur du sexe.
    La prostitution masculine à destination des femmes existe depuis la nuit des temps. Et, aujoud’hui, de plus en plus de femmes y ont recours.
    En fait, cette prostitution est tout simplement plus discrète.

    De quel droit parlez-vous au nom de toutes les femmes ? Pourquoi des femmes seules, veuves, divorcées, pas jolies, vieillissantes ne seraient-elles pas intéressées par l’offre d’un service sexuel par un prostitué (gigolo, escort-boy), de surcroît s’il est beau ou très beau ? Les femmes aiment aussi le sexe. Elles ne sont pas non plus insensibles au physique des hommes.

    D’autre part, pourquoi voulez-vous que ces hommes volent, violent ou assassinent leurs clientes ?
    Au contraire, ils recherchent et espèrent surtout à en faire des clientes régulières.

    Maxime