Pénalisation du client ?

LES BELLES HISTOIRES DE TONTON ROBERT

« Le principe de liberté ne peut exiger qu’il soit libre de ne pas être libre. Ce n’est pas être libre que d’avoir la permission d’aliéner sa liberté« . 

John Stuart Mill

« La raison du plus fort est toujours la meilleure« . 

Jean de la Fontaine.

UnknownAvertissement: le texte qui suit est délibérément empreint de la plus totale irrévérence pour Maître Robert Badinter. Pourquoi? Parce de cet homme considéré comme brillant, érudit et prestigieux on est en droit d’attendre non pas qu’il soit d’accord avec des thèses qui ne sont pas les siennes, mais à tout le moins qu’il montre une attitude respectueuse vis-à-vis des gens qui ne pensent pas comme lui. Or dans cette audition devant le Sénat, il fait preuve d’une condescendance et d’une ironie plus dignes d’une scène de music hall que d’une prise de parole devant une Chambre très Basse ce jour là. Donner dans la caricature, quand c’est Dodo-la-Saumure qui s’y colle, ça reste cohérent. Quand c’est un homme qui, par son combat pour l’abolition de la peine de mort (dont médiatiquement on lui attribue tout le mérite alors qu’elle fut l’objet d’une très longue mobilisation collective) passe pour une référence morale, ça donne envie de lui retourner l’impolitesse.

UnknownLe pourfendeur de guillotine se serait-il lancé dans le one man show, à l’instar d’un jouvenceau à la recherche de lui même ou d’un financier en rupture de ban ? On peut se poser la question quand on visionne les mimiques, sourires complices, œillades en biais, petits rires dont il ponctue ce passage en revue de tous les arguments qui justifient le bon plaisir du client. La performance a eu lieu 14 mai 2014 et en attendant la sortie du DVD (je rigole…) vous pouvez le retrouver sur Sénat.fr. Des repères temporels sont également notés tout au long du texte qui suit.

 Théâtre: Sénat.

Festival: « Commission spéciale sur la lutte contre le système prostitutionnel »

Durée: 66 minutes.

Titre: « Audition de Maitre Robert Badinter »

Auteur: Robert Badinter.

Mise en scène: quelques millénaires de patriarcat.

Langue: de bois.

Pitch: La prostitution, c’est mal. Très mal. Mais seulement quand c’est contraint par d’horribles mafias. Autrement c’est juste un déplorable et séculaire mal social. Quant à la pénalisation du client, c’est une fantaisie, un concept aberrant qui prêterait à sourire s’il ne plongeait le juriste patenté dans une consternation navrée.

Bilan carbone: garanti sans idéologie.

Ambiance sonore: silence, recueillement. Le Maître parle.

Présentation: Jean Pierre Godefroy, Sénateur.

00:12 Nous avons le plaisir et l’honneur de recevoir Monsieur Badinter, ancien Président du Conseil Constitutionnel, ancien Garde des Sceaux, et ancien collègue au Sénat, je dois dire que pendant tout le temps où j’ai siégé, quand je suis arrivé en 2001, j’ai toujours beaucoup apprécié les interventions de Monsieur Badinter, …, et du fait de la compétence qui est la vôtre, nous souhaitions avoir votre analyse de cette Proposition de Loi, et non pas un Projet de Loi, qui nous vient de l’Assemblée Nationale. Merci beaucoup de votre présence. Vaseline et onctuosité.

02:00 En vrai professionnel, l’Artiste commence par détendre le public sur un ton léger, presque badin:

03:37  « …nul ne saurait m’accuser de n’être pas féministe, parce que si je n’étais pas féministe, je n’aurais pas le privilège de célébrer bientôt notre cinquantième anniversaire de mariage, elle ne l’aurait pas supporté… » Imparable! Je suis féministe, puisque je suis marié avec une féministe!  On pense au maître, Fernand Reynaud: « Je suis pas un imbécile, puisque je suis douanier! ». Robert Badinter est féministe par capillarité conjugale. CQFD.

UnknownAprès cette entrée en matière, changement de ton, ça ne baguenaude plus. Il plante les piquets qui vont clôturer son discours: Cour, Convention, Europe, Sauvegarde, Droits de l’Homme. On se raidit de déférence. Le Glorieux se pose en juriste. À juste titre, vu que juriste, il l’est indéniablement. Ancien Garde des Sceaux, ex-Président du Conseil Constitutionnel, ancien Sénateur, il a des biscuits plein sa musette. Se placer d’un point de vue juridique, pourquoi pas? Pour autant, la Loi des Hommes n’est pas la loi de la gravitation universelle, ce n’est pas une loi physique à laquelle tout serait soumis sur notre planète. Le Droit est une création humaine qui repose sur des principes. C’est une écriture, pas un bloc de béton armé. Ceux qui conçoivent la loi, la rédigent et la font voter se situent dans un contexte social et culturel précis. L’Illustre choisit d’ignorer l’encre patriarcale dans laquelle a trempé la plume du législateur. Libre à lui. Mais c’est un parti pris à partir duquel il ne peut plus prétendre à une quelconque neutralité. Quand, à la minute 03:08, il emploie l’étrange formule « le rapport entre la prostitution et femmes-et-hommes« , il substitue délibérément une terminologie on ne peut plus vague, « femmes-et-hommes« , à un mot qui permettrait d’identifier ce dont il parle, à savoir le rapport de forces politiques entre femmes et hommes et ses conséquences sur la prostitution. Ce mot existe, et il n’est pas nouveau: patriarcat. Ce choix est en soi une prise de position. Éluder la domination masculine quand on aborde la question de la prostitution, revient à parler de construction navale sans tenir compte de l’élément liquide. Armé sur la terre ferme, aucun navire ne risque le naufrage. Mais on ne peut pas dire qu’il flotte. Même d’un point de vue juridique.

Unknown05:04 « …le débat très vif des années 80, même 70 déjà aux USA, je me souviens d’avoir eu là les premiers échos à partir de la théorie des genres, des visions des féministes radicales américaines, à Los Angeles, j’ai entendu déjà des assertions qui ont conduit aux propositions de Loi que nous avons aujourd’hui… »  Plaît-il? Échos? Théorie des genres? Visions? Assertions? Quel est ce galimatias? Il parle de quoi, précisément? Historiquement? Peu lui chaut. Son propos est ailleurs. Cette allusion aux « féministes radicales américaines » envoie un signal  au public. Dans le discours ambiant, la « féministe » porte une dose de suspicion. Si de plus elle est « radicale« , c’est une sorte de féministe au carré, la suspicion se démultiplie. Quand de surcroit elle est « américaine« , la suspicion devient accablement. Ces femmes là racontent n’importe quoi. Quoi précisément? Peu importe. Pas la peine de relever. A ses yeux, ça ne vaut rien. La « féministe radicale américaine » est une harpie, une empêcheuse de prendre l’ascenseur, une extrémiste qui déclenche par sa simple évocation l’impuissante consternation qu’on réserve aux illuminés. Parole disqualifiée d’office. Les jalons sont posés.

05:42  « …on ne peut pas parler de la prostitution comme le faisait l’illustrissime sénateur à vie Victor Hugo, dont chacun sait qu’à la fois il écrivait les malheurs de Fantine et n’était pas tout à fait insensible aux charmes  de ces dames… » Première apparition, il y en aura d’autres, du partenaire indispensable au kit argumentaire du client: la référence historique. On appelle sur scène le grand ancêtre, la figure positive, le héros vénéré… le collègue sénateur! Victor Hugo, son art d’être grand père et son goût de la chair fraîche. Si lui allait aux putes, à fortiori Monsieur Tout-le-Monde !

imagesPuis le Brillant joue les GPS: où en sommes nous, par les temps qui courent ? Il commence par une révélation qui laisse sur le cul: le  monde a changé et mystérieusement la prostitution aussi! Déroutante modernité. Attention, qu’on ne lui fasse pas dire ce qu’il n’a pas dit, il nous précise que c’est moche, la prostitution, pas bien du tout, c’est mal,  » …un mal social, permanent, constant… » n’allez pas imaginer qu’il trouve ça bien, mais bon, en même temps, c’est hyper super différent de ce que c’était avant, parce que d’abord y a des garçons, ha, voilà qui déroute, et puis y a des occasionnelles, les intermittentes, les clignotantes, les un-coup-tu-la-vois un-coup-tu-la-vois pas, et en plus vous savez quoi? Elles ont le téléphone ! Portable! Et même Internet ! Alors qu’avant, au temps du Palais Royal et des Napoléon d’Or (ancêtre de l’euro), pas du tout. (09:30) Voilà qui n’a pas échappé au Rigoureux : avant, c’était autrement. Ok. Sur la forme, ça n’avait échappé à personne. Mais sur le fond? Un élément reste d’une remarquable constance : un pénis, moyennant quelque monnaie cédée par le porteur, obtient l’opportunité de s’introduire dans un orifice (vagin, bouche anus). Du Napoléon Or à Internet, rien que de très familier. Classique. Le décor change, l’esprit reste, la bite demeure. Le droit de pénétrer, le pouvoir de payer.

10:35  Après la « féministe radicale américaine » il embraye sur un deuxième warning: le mot « système« , pioché dans « système prostitutionnel« . On pourrait penser que c’est le mot « prostitutionnel » qui charrie de l’ambiguïté en ce qu’il ne précise pas si on parle de la personne qui est prostituée, de celle qui paye ou de celle qui encaisse, mais non. Non. Ce qui gêne le Resplendissant, c’est bien le mot « système« . Pourtant, le « système« , qu’il soit métrique ou monétaire, cardio-vasculaire ou digestif, n’est que l’ensemble des données permettant la description d’un fonctionnement. En liant le mot « système » à LePen et à Vichy, rien que ça, il le colorie en brun. Histoire de baliser le chemin de notre pensée, miner le terrain et ainsi délégitimer l’analyse adverse (11:14): « …quand on aborde le terrain sérieux du Droit, il faut éviter de parler de « système » contre lequel on va lutter… ».  Un peu gros. Surtout si on note qu’à la minute (04:26) il vient de prononcer la phrase suivante (c’est moi qui met en majuscule): « J’ai eu toute ma vie …  la passion des lois bien faites et des lois qui expriment très exactement à la fois les motifs pour lesquels ces lois sont adoptées et qui s’inscrivent dans un ensemble, un SYSTÈME de principes qui sont définis … » Un quoi? Tout dans la rigueur, à ce qu’on peut voir.

Il est temps de passer à la substantifique moelle de la critique de cette loi de pénalisation des clients de la prostitution qui à ses yeux cumulerait les trois tares suivantes:

- elle est inefficace

- elle est injuste

- elle n’est pas conforme aux principes fondamentaux du Droit.

Mais n’anticipons pas ! Avant de tordre le cou à ces followeuses de féministes radicales américaines inspiratrices des lois qui consternent l’Éblouissant, il tient à prendre une précaution supplémentaire:

14:14  « …pour ne pas donner le sentiment le moins du monde d’une sorte de partialité… »  Partialité? Lui ? Il a levé le doute depuis le début, posé les jalons de sa subjectivité dès la deuxième minute, mais il ne s’en est pas rendu compte ! Douanier un jour, douanier toujours! Comme preuve de son impartialité, il choisit de se retrancher derrière un rapport fait au Sénat Belge. Faudra pas venir lui chercher des poux dans la tête si ce qui suit est aberrant au dernier degré. C’est pas lui qui le dit, c’est des Belges. Et c’est pas n’importe où, c’est au Sénat. Mais c’est n’importe quoi! Jugez plutôt:

Les « promotrices de la Loi Suédoise » affirment les trois fantaisies suivantes:

- La prostitution est une forme de violence masculine.

Masculine ? C’est à dire à l’encontre des femmes? Alors qu’il y a des homosexuels ? Il pouffe, l’Illustre! Mais où peut-on aller chercher une idée pareille, il se le demande! On sent l’influence pernicieuse des féministes radicales américaines! La présence d’homosexuels prémunirait contre la violence masculine comme la coccinelle éloigne le puceron. Et ça, les gens sérieux le savent.

- Il est physiquement et psychologiquement dommageable de « vendre » du sexe,

14:55  « je mets « vendre » entre guillemets parce que c’est de la communication, ça, c’est pas du Droit« . Attention, haute voltige! Billard à trois bandes. Il choisit, c’est lui qui s’exprime, le mot vendre. On vend ? On vend pas ? Si on vend, on vend quoi?  Si on ne vend pas, on fait quoi ? Il se garde de répondre. Il met des guillemets. Ce faisant il conteste une logique marchande que par ailleurs il justifie tout au long de son audition. En clair : touchez pas à ce mot, non seulement il n’est pas approprié, mais il est à moi. Tordu ? Pas du tout! C’est du Droit! Lui, il fait du Droit. Les autres, « de la communication! » De la pub, de la propagande, de la manipulation ! Pas du Droit ! Et si c’est pas du droit, c’est pas sérieux, il se tue à vous le dire !

- Aucune femme ne se prostitue volontairement.

16:14   » …je ne suis pas sûr, quand on regarde la Toile, qu’on puisse accepter cette proposition… »  Bluffant ! C’est bien simple, il a un détecteur de contrainte, le Beautiful. On la lui fait pas, à lui. Si la fille sourit, c’est qu’elle n’est pas contrainte, ça tombe sous le sens! Suffit de regarder l’écran!  On lui voit les dents, les coins de sa bouche remontent, c’est clair, elle sourit ! Et elle serait contrainte? Allons donc! Restons sérieux!

Maintenant que nous voilà convenablement oints du sérieux qui convient, allons plus loin. Le Sublime ne nous demande pas de lui faire confiance, il fait mieux que ça! Il extirpe de sa besace du rab de papier. Des enquêtes. Des études. Et pour clouer le bec à toute éventuelle contestation de la validité de ces documents à charge, il assène :

images17:28   » …je rapporte toute une série que je vous laisserai d’études et de commentaires généralement universitaires, par des auteurs généralement femmes, peu suspectes à cet égard de rallier des thèses machistes« . Et toc! Une femme ne saurait rallier des thèses machistes. Surtout une femme universitaire. Ou une sociologue. Ou une philosophe. Pourquoi ? Parce que. Toujours l’esprit douanier! Le féminisme, c’est non seulement un caractère conjugal, mais aussi un caractère génétique commun à toutes les femmes, de Margaret Thatcher à Marie Bonaparte en passant par Marine LePen. Si quelqu’un trouve plus sérieux, on se passe les ovaires au micro-ondes et on se les mange sauce gribiche à la terrasse du Pigalle !

Et que disent-elles, ces féministes chromosomiques?

18:13  Il cite: « notre position en ce qui concerne la politique en matière de prostitution est qu’elle doit être fondée sur la connaissance et l’expérience plutôt que sur la morale ou l’idéologie radicale féministe. Nous croyons également que lorsque les politiques sont élaborées les acteurs au cœur de cette politique, c’est à dire ici les prostituées elles mêmes ou eux mêmes doivent être consultées et respectées, »  Les voilà, les féministes radicales, à l’américaine! On n’aura pas attendu longtemps! Au nom de la morale ou de l’idéologie, elles omettraient de consulter et de respecter les prostituées elle mêmes! Elles se croient tout permis ou quoi? D’où parlent-elles, analysent-elles, proposent-elles? Quelle est leur légitimité à l’ouvrir sur le sujet ? Heureusement, il veille. Peu soucieux de reconnaître que les abolitionnistes ont toujours mis le sort des personnes prostituées au cœur de leur pensée, notre Avocat (donc neutre et habilité, lui, à parler de ce qu’il veut) en appelle ici à des universitaires (neutres aussi, on aura compris la logique) pour affirmer que seules les personnes prostituées peuvent émettre un avis sur la prostitution. Heu… Voilà qui coupe le sifflet à bien du monde. A la niche, Karl Marx, coucouche-panier Lévi-Strauss, au dodo Voltaire, aux oubliettes Victor Schœlcher ! De quoi je me mêle ! Ni ouvrier, ni Peau Rouge, ni blasphème, ni esclave? Alors ta gueule! Et Pasteur qui invente un vaccin alors qu’il est même pas malade! Bande d’imposteurs! Y en a même, il paraît, c’est ce qui se dit, qui parlent de peine de mort alors qu’ils n’ont jamais tué personne! On se gondole !

UnknownLa démonstration se poursuit avec forces citations, développements et considérations alambiquées, armada de patronymes nordiques, survol de contrées septentrionales, pour affirmer que la prostitution est un mal, certes, mais il y a pire, bien pire! Essayez seulement de l’interdire et vous verrez, avec horreur, se profiler à l’horizon, surgir, se matérialiser devant vos yeux éberlués….. ce qui existe déjà ! Les mafias, la traite! Voilà ce qui nous attend ? Elles sont là depuis longtemps.

21:48  Le Scintillant évoque des « bordels flottants » dans des eaux aussi glacées qu’internationales, accueillant une   »forte clientèle« ! Si celle ci attrape un rhume à bord, ça sera la faute de ces nigaudes d’abolitionnistes ! Voilà ! On tremble. On est dans le vrai méchant, pas dans le débonnaire…

25:14  « le mal profond … c’est la traite, le trafic organisé honteux, ignoble et extraordinairement lucratif des êtres humains auquel se livrent les mafias. C’est véritablement un fléau … pas de mot assez sévère… c’est un fléau qui aujourd’hui hélas … est en augmentation dans l’ensemble Européen ». Forcément, personne ne va prétendre le contraire. Plus abject qu’une mafia albanaise, ça court pas le macadam. Et du coup, ça relativise le micheton. Il trace son chemin, il trace…

On lui parle pénalisation du client, il balaye, il écarte, il élimine ! Y a plus important! Quoi? Lui, sa vie, son oeuvre ! Oui, car Lui, il oeuvre! Les autres grenouillent, barbotent, s’égarent. Lui, il s’intéresse à des trucs fondamentaux, à un Parquet Européen!

28:58  » …et croyez moi ça a une autre importance que la pénalisation des clients … » Il insiste sur sa propre importance, (« j’avais le privilège d’œuvrer« , « je présidais« , « j’avais renforcé« ). Il s’auréole d’autosatisfaction. Puis il nous confiture de son dédain : il y a la vraie cible, celle que Sa Splendeur a déterminée, puis il y a

30:36  « la cible idéologique pour satisfaire des postulats de principe sur la violence quotidienne faite aux femmes« . Et celle là ne vaut pas tripette. Postulats de « principe« . C’est à dire déconnectés du réel. Billevesée, faridondaine, carton pâte. Pour distiller crescendo, mot après mot, un tel mépris, il faut un déficit d’empathie pathologique. Ne rien ressentir. Et en faire un argument. Fouler aux pieds la souffrance d’autrui pour servir sa  thèse. On nage dans l’impartialité.

En quoi la pénalisation du client, sujet du jour, et un Parquet Européen seraient-ils incompatibles? On se le demande.

Il poursuit. Brutale accélération de l’argumentation. On se la repasse au ralenti, attention, ça va très vite !

31:00 « …la pénalisation du client elle est nulle en ce qui concerne la répression contre les réseaux pour une raison d’évidence constante c’est que le client ne connait pas les réseaux mafieux qui ont apporté la fille il ne connait que la fille… » Nulle ! Il cause jeune quand il veut, le Grand Sachem. Et pourquoi, nulle ? Ça tombe sous le sens! Parce que le client, il connait pas la mafia, il connait que la fille! Il veut une meuf à niquer, pas une visite des coulisses ! Du coup, il sert à rien. Comme s’il n’était pas là. Il ne fait que passer, un petit coup de bite et au revoir la compagnie, c’est pas lui qui va guider notre Inspecteur Gadget au cœur du réseau ! Le client, c’est peanuts! Nada! Nibe de nibe! Il ne sert à rien. C’est bien simple, on se demande ce qu’il fout là.  Il insiste: « …c’est nul! et plus que nul!… » Nul et plus que nul? Qu’est ce qui, précisément, est plus nul que nul ? S’en prendre au client! Client absous d’office. Même le client du réseau mafieux? Même le client du réseau mafieux. Ces réseaux « qui ont apporté la fille« , comme il dit. Apporté? En Français, on apporte un objet. On amène une personne. Il ne saurait être plus clair. L’empathie qui manquait au paragraphe précédent se trouve ici, pour le client. En toute neutralité idéologique.

images-1Le client est le chevalier blanc du business. Si on l’importune, ça catapulte les prostituées dans les buissons direct, sur les aires d’autoroute,  » …parkings déserts … fourrés… bosquets… et puis les hôtels …studios…  » Et ça sera de la faute de l’insupportable pression idéologique de féministes radicales même pas Américaines. Dans le même esprit, songer à supprimer le verrouillage des banques, qui provoque l’attaque à main armée. Si les coffres forts restaient ouverts, les braquages seraient inoffensifs. Le gangster, il s’en fout de voler, il veut juste l’argent.

34:00  Une étape hygiène ne saurait manquer. Le Vénéré connait son parcours. Au sujet de la prostitution, il est de tradition, avant même de se poser la question du quoi, du pourquoi et du comment, de considérer la chose du point de vue sanitaire, « les conditions d’hygiène … il faut d’abord penser à la sécurité sanitaire des prostituées« . Au XIXème siècle, période de totale tolérance des maisons du même nom, les autorités organisent la surveillance des prostituées et le rythme des visites médicales auxquelles elles sont soumises. La prostituée transmet des maladies, il convient donc de la ficher, l’encarter, l’ausculter car elle est le vecteur, elle est le collecteur de ce qu’on appelle les maladies vénériennes, c’est à dire maladies de Vénus, on ne saurait être plus clair. Les images comparant la prostituée à une sorte d’égout humain sont légion dans les textes d’époque. Et c’est de la maladie à sens unique, de la prostituée au client. Le risque pris par le client a toujours obsédé les autorités, clientes elles aussi. En revanche, la question de savoir qui a filé la chtouille à la prostituée ne fait pas partie du tableau. Personne n’a jamais contrôlé les clients. Le Chatoyant reste muet sur le sujet. Quant aux ravages psychiques, psychologiques, physiques, sur la prostituée, du simple fait de multiplier des rapports sexuels sans désir, voilà qui reste dans l’angle mort des hygiénistes. Les Gentils Organisateurs de la prostitution ont la salubrité sélective.

36:50 Les arguments défilent, sans surprise. Nous voilà face à l’impuissance de la force publique :  »je laisse de côté les expériences historiques bien connues sur la suppression de la prostitution« . Expériences bien connues? Aucun gouvernement au monde ne s’est jamais attaqué sérieusement à l’abolition de la prostitution. On s’est attaqué aux prostituées elles mêmes, ce qui n’est pas exactement la même chose, chacun en conviendra, mais cette nuance, pour des raisons mystérieuses, échappe à notre Indomptable, qui persiste dans l’à peu près.

38:50  Après la prophylaxie, la psychanalyse! A l’ombre des grands ancêtres, Flaubert, Maupassant, Baudelaire, fauchés par la vérole, avec Freud en guest star, entrée en scène des célébrissimes pulsions irrépressibles et de la diabolique alliance Éros-Thanatos. La sexualité masculine serait un concentré de sauvagerie

inéluctable,  « …la peur de la maladie et la mort n’a jamais pu dissuader les client…« ,

incontrôlable, « … c’est oublier ce qu’est la pulsion sexuelle et surtout la pulsion sexuelle chez les jeunes gens ça n’a jamais empêché, ça a dissuadé certains mais ça n’a jamais empêché beaucoup d’aller au bordel y compris les pires… »,

inéducable « …on sait que dans les backrooms on a recommencé sans préservatifs… » à qui il serait vain de fixer des limites.

UnknownCe gloubiboulga conceptuel pose comme axiome que les pulsions des uns doivent pouvoir s’exercer aux dépens des autres parce que c’est comme ça, que ça a toujours été comme ça, on n’y peut rien, c’est une constatation objective indépendante de toute vue idéologique. L’idéologie c’est les autres. Quiconque percevrait du machisme dans ce raisonnement serait victime d’une regrettable distorsion idéologique. Le Flamboyant passe au peigne fin le cheminement mental du client, mais ne saurait s’attarder sur les cailloux qui ont balisé le parcours de la prostituée. Par crainte, sans doute, qu’une sournoise imprégnation idéologique ne lui brouille l’écoute.

Il reconnaît sa perplexité « …vous êtes là dans un domaine qui est le plus complexe qui soit… » S’il vraiment il souhaite s’éclaircir les idées, et il en a grandement besoin, je ne saurais trop lui conseiller (à lui et à tout le monde) la lecture d’un texte à la réjouissante radicalité: « Abolir la prostitution? Non: Abolir le proxénétisme. », de Marie-Victoire Louis. De quoi éclairer les lanternes les plus obscurcies.

43:10  Puis Robin des Lois nous met en garde. La pénalisation du client fonctionnerait au détriment des plus pauvres:  » …les escort girls de luxe pour les uns et pour les autres la misère prostitutionnelle plus la poursuite pénale… ».  Certes, mais c’est là une étrange manière de poser la question. Que les riches échappent à sa rigueur invaliderait le principe de la Loi. D’ailleurs, puisque les riches peuvent échapper à l’impôt et ne s’en privent pas, supprimons les impôts.

Unknown-2Allons plus loin. Il entonne maintenant l’antienne patriarcale consistant à juxtaposer des objets et des femmes. Cigarettes, whisky et p’tites pépées: « … si vous interdisez la prostitution elle devient clandestine, si vous interdisez l’alcool, on sait ce qu’a donné la prohibition aux USA, vous interdisez la drogue le trafic ne se fait pas dans les pharmacies … ça continuera de façon clandestine... ». La comparaison, fréquente, de la prostitution avec le trafic de drogue, d’alcool et autres substances prohibées  fait l’impasse sur un détail. Une broutille. Le cannabis, l’alcool, la cocaïne peuvent être consommées, sniffées, fumées. Elles ne peuvent être maltraitées. On ne peut exercer sur elles ni chantage ni violence. Dans le cas qui nous occupe la substance concernée est un être humain, pas une matière inerte. Ça ne fait pas de différence, apparemment. Considérer le corps vivant d’un être humain comme un produit de consommation en dit long sur la qualité du regard posé sur les personnes prostituées. Quel est le statut de cette personne dans un tel raisonnement ?

Puis, dans cet inépuisable catalogue des Trois Cuisses (oui, je sais, elle est indigente celle-là, mais je commence à fatiguer, il me saoule, le Taulier), il aborde la question des moyens. Des forces qu’on choisit de mobiliser:

46:10  « …vous pensez que nos concitoyens apprécieront le fait qu’on va recruter des policiers non pas chargés de protéger leur sécurité, leur personne, leur bien … mais aller poursuivre les clients qui vont là accepter les sollicitations des filles ou des garçons? Allons! »

« La mayonnaise c’est pas bon parce que j’ai pas d’œufs pour la faire ». Un top chef qui raisonnerait comme ça se ferait virer. Jamais la lutte contre le proxénétisme, n’a été dotée de moyens à la mesure de ce à quoi elle s’attaque. Considérer que le manque de volonté politique mis à appliquer une loi en invalide le principe, ça a un côté indéniablement novateur, quasi rock’n'roll ! Plus juridique, tu meurs.

Unknown-647:50  Puis on passe à la vitesse supérieure, à l’abri de la Jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme:  » je le dis avec beaucoup de fermeté la loi méconnaît la Jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme … et méconnait les principes de la CEDH qui … sont la structure morale et juridique de notre système judiciaire … je vous demande de vous référer aux décisions de principe de la CEDH,  … la CEDH, ça n’est pas seulement à l’usage des pays de la communauté européenne, ça vaut pour les 47 États du Conseil de l’Europe, … y compris ceux qui se trouvent à l’Est de l’Europe… » Ça fait un peu beaucoup, je vous le mets quand même? Après une incursion dans la forêt de la jurisprudence Européenne, puis un crochet par les riantes contrées des tortures sadiques extrêmes, « …le Marquis de Sade très dépassé … mutilations effrayantes… » histoire de rappeler une fois encore qu’il y a toujours pire que la prostitution bon enfant, à la papa, yop-la-boum, l’Étincelant nous prend par la main. Nous entraîne vers des sentiers parfumés où fleurissent des notions harmonieuses: « les adultes consentants sont maîtres de leur corps, leur sexualité est celle qu’ils veulent pratiquer du moment qu’il n’y a pas contrainte, libre à eux de le faire, c’est un des éléments profonds de la liberté individuelle et … du droit au respect de l’intimité d’une vie privée qui par ailleurs est si menacée en ce moment… » . Liberté, respect, intimité pour les adultes consentants. Idyllique ! Du moment qu’il n’y a pas contrainte! Dans ce contexte, que disent vraiment ces mots? Qui les utilise et dans quelles circonstances?  Qu’est ce que le consentement?  Cette question, pourtant essentielle, n’est pas traitée. Et qu’est ce que la contrainte? Rappelons que nous parlons ici de prostitution, pas d’une garden party chez les Bisounours.

52:14  Climax de la démonstration. D’un point de vue juridique, bien entendu:  »… la Cour dans son considérant 25 a considéré que la prostitution …  est incompatible avec la dignité de la personne humaine, ce que moi je crois, mais elle n’est incompatible en termes juridiques que lorsqu’elle est contrainte… » Et l’Immense ne connait qu’un type de contrainte. Il pose ses arguments sur les plateaux imaginaires d’une balance-à-peser-la-contrainte-d’un-strict-point-de-vue-juridique. D’un côté les « mafias, proxénètes, réseaux« , trois mots qui désignent la même atrocité mais qui, accolés, terrifient davantage. Ça, c’est de la contrainte! Et de l’autre? « C’est pas le désir d’une robe, qui peut être considéré comme une contrainte c’est exactement la pression exercée et irrésistible par le tiers… ça c’est la contrainte et c’est la notion de traitement inhumain et dégradant » Le « désir d’une robe », facteur déclenchant bien connu, ne saurait constituer un traitement inhumain et dégradant!  Désir, robe ? Soie, taffetas, lipstick, houppette, bal, tourbillon, valse, ivresse! On change d’univers! Nous voilà dans le shopping, le caprice, la mode ! L’éternel féminin ! Les p’tites femmes de Paris, leur délicieuse frivolité et leur gambette légère ! D’un point de vue juridique, je vous le rappelle. Remarquable synthèse. Pour réduire les déterminismes de misère et de violence qui aboutissent au trottoir à un « désir de robe« , il faut être un Jivaro de l’empathie doublé d’une ceinture noire de cynisme.

52:29  Soit on considère que la prostitution fait partie des grands systèmes de domination historiques tels que le servage, l’esclavage, le féodalisme ou l’apartheid, et elle doit être abolie.

Soit on considère, comme notre Superbe, que c’est  » … un mal social, permanent, constant… », acceptable si on en éloigne les mafias.

Soit on sort de la logique, et on supprime en bloc. Soi on y reste, on aménage et on s’accommode.

Unknown-3Comme dans le cas de cet homme qui frappe sa femme parce que la soupe n’est pas assez salée. Soit on considère qu’il ne doit jamais, par principe, frapper sa femme, point final. Soit on mesure le taux de sel de la soupe. Deux logiques.

L’Impeccable a choisi son camp:   »…on peut regarder les propositions de Net, on peut regarder l’expérience multiséculaire, hélas, femme ou homme, ça existe, il y a d’autres raisons que la contrainte pour lesquelles on se livre à la prostitution  » En plus de l’envie d’une robe? Lesquelles? Les annonces du Net et l’Histoire ! Ça ne veut rien dire ou c’est moi qui sature?

Puis, jamais avare de son ironie, il se gausse autant qu’il s’étrangle face au postulat suédois: « …Elle se prostitue donc elle est contrainte donc elle ne se prostituerait pas si elle n’était pas contrainte, CQFD c’est fini! … Non! Ça c’est pas possible! On peut pas jouer avec des questions aussi fondamentales que la preuve à charge de l’accusation, et dire le fait lui même suffit à établir l’innocence, pas possible y a plus de culpabilité ! Pas possible!.. » Pas possible. Faut mesurer le sel.

57:00  « …Il faut que à propos de cette personne là et à ce moment là, … on puisse prouver qu’il s’exerce sur elle une contrainte… ». Au cas par cas… Comme si, pour abolir la peine de mort on avait non pas érigé un principe (on ne tuera plus au nom du peuple français) mais procédé à une évaluation de l’adéquation de la décapitation, condamné par condamné.

Reprenons: « …dire le fait lui même suffit à établir l’innocence, pas possible!… » Il parle de l’innocence de la prostituée, là. Si on comprend bien, il envisage qu’elle soit coupable. Mais de quoi? Il ne s’attarde pas, tu m’étonnes. Mais nous, attardons nous. Il pose la question de « l’innocence« , pour poser la question de la contrainte. A elle de prouver! « …c’est toujours à l’accusation de prouver la culpabilité… ». C’est comme demander à un naufragé de Lampedusa (qui a pourtant volontairement payé sa place sur le rafiot) ou à une couturière en sweatshop (qui accepte d’être payée dix euros par mois) de faire la preuve de leur innocence.

Puis il assène « on ne peut pas jouer avec des questions fondamentales« . Lui, il joue pas! Il dribble, il jongle, il feinte! C’est le Ronaldo du maquereau!

Nul ne saurait récuser les droits de la défense, ni la présomption d’innocence. C’est une évidence. Mais la preuve… Ah, la preuve! Elle mérite qu’on s’y arrête. Pratique, la preuve! Terrain miné pour les innocents, propice aux criminels :

- Al Capone fut finalement coffré pour fraude fiscale car il était juridiquement impossible de prouver les vols, chantages, tortures, assassinats et autres éléments de son flamboyant succès, éléments connus de tous. Ce n’est pas parce que le dispositif législatif ne permet pas de prouver un crime que ce crime n’existe pas.

Unknown-1- Dans le Droit actuel tel que le patriarcat l’a façonné, la violence masculine passe à travers les gouttes. Combien de viols restent protégés dans les méandres de procédures qui mettent l’agressé-e en position d’accusé-e ? La majorité. Au nom de la présomption d’innocence on met au même niveau la parole du violeur et celle de la victime.  On reste dans la logique des agresseurs. Il est des viols accompagnés de coups dans lesquels on a considéré que le sperme présent dans le vagin ne constituait pas une preuve: la victime pouvait avoir été frappée par un homme, puis avoir baisé volontairement avec un autre. Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Loi.

- Tant qu’on se situe à l’intérieur d’un corpus de lois rédigé dans un contexte et une idéologie  précis, on reste englué dans sa logique aussi pernicieuse soit-elle. Et donc on la confirme. Il aurait été impossible d’abolir l’esclavage si on était resté dans la logique du planteur. Impossible de supprimer l’apartheid en restant fidèle au principe de développement séparé.

58:35  L’Apocalyptique nous met en garde: la pénalisation du client, ça serait cataclysmique. La porte ouverte à la barbarie. Chantage, brutalités, suicides. « … avec des textes comme ça et des mafias, le chantage ça va donner!… » Il évoque un exemple historique, de clients piégés au temps du délit l’homosexualité entre adulte et ado. Oui, vous avez bien lu: l’ado piégeant l’adulte. Ado-loup vs adulte-agneau. En but à des méchants, des vrais. Pas des simulateurs, pas des demi-sel. Des pointures.

« …on retrouve ça dans Sartre, dans Les chemins de la liberté, le giton racolait ou se laissait racoler par le riche homosexuel dans sa maturité et puis on allait dans la chambre d’hôtel, et à ce moment là… » Suspens! « …faisait irruption le reste de la bande et commençait un chantage qui ne s’arrêtait plus… désespoir…destruction totale… » On aime les jolies histoires de Tonton Robert, elles sont hors sujet, mais elles font peur !

Et voilà! Le scénario se reproduirait ! « Trop facile! » Machination haletante, hitchcockienne, un peu fouillis mais on n’en tremble que davantage, à mesure que l’étau se resserre. « …Le rendez vous est pris, la fille dans le réseau, n’avez qu’à installer la voiture tout près de l’hôtel ou … tout à l’heure photos et ensuite vous relevez le numéro de la voiture ou vous faites photographier à l’intérieur et vous n’avez plus qu’à venir présenter la note! … voilà ce à quoi on aboutira. » Pauvre client ! Paparazzé! Chopé en flag juste pour avoir voulu gâter Coquette !

60:30  Et s’il y a délit, il y a… complice! Quid de la complice, hein, la complice, faudrait pas l’oublier! On en fait quoi, elle existe ou il rêve? La complice, vous dis-je! La perverse, qui organise et prémédite sa propre exploitation! On ne va quand même pas la laisser s’en tirer comme ça?  Et d’ailleurs, qui est-elle?

Unknown-4« …Qui est complice? Celui qui provoque! Celui qui par promesse, incite à la commission de l’infraction, il est complice! C’est dans le Code Pénal un principe qui ne remonte pas à hier et ça la théorie de la complicité ici on arrive à cette situation mais qui défie l’intelligence juridique, la raison juridique, …le provocateur ou la provocatrice disons et c’est plus communément le cas, elle propose, elle peut être d’ailleurs très jolie, ah, ah, au café, son regard appuyé, etc, des charmes évidents… ».  Regard appuyé? Charmes évidents? Toujours en pleine neutralité et d’un point de vue juridique? Non. Le Visionnaire est ici clairement dans la peau du client. Identifié à lui. Il s’y voit, il se fait un film:  » …je vais me référer à un film récent « Jeune et jolie »…   Il fait feu de tout bois. Tant qu’à faire il aurait pu se référer aux mythes classiques, de la Dame au Camélia à Julie la Rousse, mais non, il est moderne. Il ose Ozon! Sans vergogne. Sans partialité aucune et au nom de grands principes du Droit, il voit dans la prostituée non pas une personne réelle mais l’héroïne d’une oeuvre de fiction imaginée de toute pièce et avec un brin de fantaisie par un cinéaste spécialisé dans la féminité fantasmée. François Ozon assura, à Cannes, en 2013, que la prostitution est un fantasme pour de nombreuses femmes. D’où tirait-il cette certitude? De son propre film! Ça, c’est de la référence, et de la sérieuse! Face à la mythique « Jeune et jolie », le très réel « Vieux et pourri ».

Après cette évocation de l’incitatrice-provocatrice-complice, ce cri du cœur:

61:56  « …je me dis la chair est faible… etc… on connait, tous!… »  Houlà, l’Impeccable se dévoilerait-il ? On connait, tous ? Encore en toute impartialité et du strict point de vue juridique, bien entendu ? « …ils cèdent à la tentation… » Là on pédale dans le taboulé. Le mot « tentation » revient six fois. Le client candide, victime d’une glissade de sa volonté face au machiavélisme d’une tentatrice jouant de ses charmes, finit par craquer, ça peut se comprendre! Et on en viendrait à ce que ça se sache dans son quartier ? Chez lui, là où sa femme, sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins le prennent pour un brave type ? « …on saura pourquoi il était là c’est fou ce qu’il y a comme indiscrétion dans ce domaine… » Il connaitrait la honte de celui qui a trempé son biscuit en dehors des eaux territoriales? On frémit…

Unknown-5La « provocatrice« , profitant du désir qu’elle suscite, aura tout loisir de compromettre des innocents, « des jeunes gens un soir de concours réussi comme jadis quand ils allaient au service militaire, ou un match de football triomphant, un peu trop de bière, ils cèdent à la tentation, on verra ce que ça donnera le moment où ils seront en concurrence pour devenir ingénieur en Chef de la SNCF. » Les ambitions d’un ingénieur en Chef de la SNCF ruinées par une adepte de la vie facile assouvissant ses désirs de robe! Sortez vos mouchoirs. Personnellement, je suis au bord des larmes.

64:06  Avouons que sans l’apparition ultime, en Deus ex Machina, de Foucault en personne, caution ultime, la démonstration aurait été moins absolument conforme aux classiques du genre. Là, il manque pas un bouton de guêtre! Un monde sans prostitution serait un monde totalitaire. Point d’orgue. La messe est dite.

« …Foucault jadis faisait des cours où il évoquait la police des corps, la tentation ultime des régimes totalitaires… » Police des corps? Du corps de qui? Que toutes les sociétés totalitaires sans exception aient toujours organisé et contrôlé la prostitution ne semble pas obstruer le raisonnement de l’Auguste. Il est au dessus de la mesquinerie des polémiques. Il ne veut pas « entrer dans les querelles qu’on connait » ? Ça fait une heure qu’il y barbote jusqu’au cou, mais il n’est pas mouillé ! C’est juste qu’on ne saurait entrer là d’où on est jamais sorti.

En conclusion, les bons conseils de Tonton Robert. Ce qu’il ne faut pas? « Se divertir« . Se laisser distraire. Il faut rester dans l’essentiel, déterminé par lui, autrement c’est pas du jeu. Il ne faut pas davantage « Transformer le Code Pénal en affichage d’idéologie« . C’est pas du jeu non plus. Il ne joue pas, Robert Badinter. Pas son genre. Il nous gratifie de sa présence, nous inonde de son sérieux, nous pulvérise de sa neutralité impartiale. Si les enjeux du débat n’étaient pas aussi lourds, on pourrait s’esclaffer tant il semble ne pas se rendre compte que ça se voit, son jupon dépasse. Son allocution est le long  plaidoyer pro domo de qui se donne bonne conscience en fustigeant les mafias pour mieux dédouaner les clients. Pourquoi? Allez savoir… A moins que… N’étant pas prostituée, je ne saurais, à ses yeux, épouser la cause des personnes prostituées. Or lui passe une heure à défendre becs et ongles le client. Il s’en donne le droit. Il s’y voit. Se pourrait-il que… Non… Pas lui! Fausse route, sans doute…

« S’il n’y a pas de contrainte, si ce sont des motivations quelles qu’elles soient, que ce soit l’ambition la cupidité ou que ce soit l’argent, peu importe, ou le désir, ce qui serait beaucoup mieux, ou le plaisir parce que c’est pas absolument interdit, en tout cas dans le Code Pénal… » Son choix de mots est aussi neutre que le PH d’une piscine d’acide chlorhydrique. Le mot « contrainte » est utilisé ici comme le mot « consentement » dans les procès pour viol, systématiquement agité par le violeur et nié par la victime. Et pour qualifier les chemins de la prostitution, observons la progression du vocabulaire: « ambition, cupidité, argent, désir, plaisir« . Le plaisir a le dernier mot. Le plaisir de qui ?

Unknown-5Constatons, sur cet exemple, de quoi sont faits les Pères de la Nation, les références morales, les grandes figures de la République, les donneurs de leçon, les prescripteurs de pensée, les timoniers inoxydables. Des faux culs planqués derrière des grands principes qu’ils trahissent à chaque ligne, défenseurs acharnés d’une hiérarchie dont ils nient l’existence. Des dominants cyniques qui doivent leurs privilèges historiques à la violence la plus brutale et qui plaquent sur leurs abus de pouvoir les mots qui mentent, les mots qui planquent, les mots qui tuent.

iA

 

 

 

 

 

147 réflexions au sujet de « Pénalisation du client ? »

  1. Bon, pas besoin de tant de mauvaise foi pour nous rappeler votre adhésion au prohibitionnisme et à la pénalisation des clients. Il y a simplement des gens qui ne pensent pas comme vous et qui sont pourtant féministes. Ça vous échappe ? Ça ne m’étonne même pas.

      • Bonjour, je viens de lire cette page.
        Je fais partie de ceux qui pense que la prostitution (forcée et contrainte) doit etre purement et simplement abolie, et que les personnes qui en tirent profits (les clients comme ceux qui tirent les ficelles de réseaux soient punis par la loi, si tentée qu’elle soit plus efficace). Cependant, .. nous sommes en 2014, et il existe un autre type de prostitution, celle qui est volontaire par les dames de joies ou même hommes, qui exercent ce « métiers » par plaisir. Dire que cette prostitution n’ existe pas serait mentir, il faut l’admettre.
        J’aimerai juste vous poser une question. Etes vous contre la prostitution volontaire ? Si oui, ne croyez vous pas que si demain nous vivons dans un monde de prostitution zéro le nombre de viols puisse augmenter en fleche? Même si ce constat est triste à dire, ne pensez vous pas que c’est un mal nécessaire ?

          • Je ne vois pas de domination dans une submission volontaire. La submission volontaire peut sûrement cacher des plaisirs que je ne peux pas refuter à autrui.

          • Pour la prostitution, je penserais plutôt à la «servitude volontaire» dont parle Etienne de la Boétie et qui explique le fonctionnement des dictatures.

        • pour moi voir la prostitution comme un mal nécessaire ou ancestral est un mauvais argument, et je ne crois pas qu’il y aurait forcément plus de viols ensuite il est inacceptable de demander à des individus de se sacrifier pour éviter un phénomène.

          par contre, je ne comprends pas comment Mme Alonso et cette loi de pénalisation du client puissent attaquer la liberté d’adultes consentants de coucher pour de l’argent.
          Oui nous sommes d’accord avec les Badinter sur ce principe.
          A part nous dire que cette prostitution est marginale, je n’ai pas compris vos arguments.

          • « La liberté d’adultes consentants de coucher pour de l’argent » comme vous dîtes, est un concept plus que flou. Chaque terme est imprécis, on ne sait pas de quoi on parle. Et moi, dans ces cas là, je n’ai pas d’avis. En revanche, je me prononce sur l’appropriation du sexe de quelques un-e-s au bénéfice d’autres, clients, maquereaux, État, tous proxénètes de fait. Ceci suppose une organisation, une institutionnalisation auxquelles il convient de mettre un terme. C’est de cela qu’il s’agit. Personne n’a le droit de payer pour disposer du corps d’autrui. La liberté et le consentement dans ce contexte sont des mots menteurs.

    • C’est vrai que Badinter est un parfait féministe. Ca se voit surtout quand il parle de ces femmes vénales et frivoles qui se prostituent… pour une robe

      Merci beaucoup, Isabelle ! Excellent texte que j’ai relayé avec plaisir sur mon blog.

  2. Ping : LES BELLES HISTOIRES DE TONTON ROBERT | irréductiblement féministe !

  3. Ce n’est pas parce qu’un homme est encensé pour une action formidable qu’il a faite dans le passé, en l’occurrence Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort, qu’il doit être considéré comme ayant la science universelle et comme un expert sur toutes les questions de société. Lui qui prétend que les principales intéressées – les personnes prostituées – ne sont pas assez écoutées et consultées – comment peut-il être légitime, lui un homme privilégié, pour parler de cette question qui concerne en premier lieu les femmes ? et le plus souvent des plus précaires. Il est un homme, ayant baigné dans cette culture de « besoin sexuel irrépressible des hommes », de « femme tentatrice », pour « des jeunes gens un soir de concours réussi comme jadis quand ils allaient au service militaire, ou un match de football triomphant, un peu trop de bière, ils cèdent à la tentation ».
    Quant à l’argument opposant prostitution contrainte, trafic et prostitution soi-disant « non contrainte », on sait qu’il ne sert qu’à justifier l’achat de services sexuels et à donner bonne conscience aux « clients » ; comme le dit Françoise Héritier « Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter. » . Quant à ses références, que valent-elles ? Ozon fait part de ses fantasmes, Foucault , Freud, des hommes, où est la parole des femmes ?

  4. Merci,
    J’aime votre style.
    Bon Badinter qui défend son ami DSK m’avait déjà bien déçue…Là, il enfonce le clou….(sexuel) du client…
    Bon Badinter avec le gentil client…
    Méchant Badinter avec vilaines femmes qui veulent une jolie robe…
    Tristesse devant tant d’imbécillité. Non dans son cas la vieillesse n’est pas un naufrage. Il défend une conviction …Les putes c’est nécessaire!
    Des jeux du pain et des putes…
    Allez gardez votre mordant yen a besoin…MFMB

  5. Je suis totalement admiratif du travail que constitue une telle analyse, et de la liberté que représente le fait de porter la contradiction à une « autorité morale » si indiscutable.
    On peut se demander en lisant l’intervention de Monsieur Badinter de quelle impartialité il s’agit et si comme tant d’autre de sa génération il ne défend pas un droit à « consommer en tout bien tout honneur ». Mais là je m’égare, …
    Je ne suis pas spécialiste du droit ni de la chose prostitutionnelle et n’ayant jamais eu recours à cette sexualité curieuse, je vois quand même une grande différence entre les défenseurs de ce type de sexualité et les abolitionnistes : Les premiers défendent il me semble leur propre droit et leurs propres intérêts alors que les seconds, qui se battent pour une évolution des rapports humains, donc pour autrui n’ont que des coups à prendre…
    Guy

    • Merci Guy, pour ce soutien! Oui, c’est du boulot de retranscrire puis d’analyser. Et il y a encore beaucoup à dire sur ce texte, tant il révèle les méandres des structures mentales de ceux qui exercent le pouvoir en notre nom. C’est du boulot, mais ça fait du bien!

  6. Ping : Pénalisation du client ? Les belles histoires de tonton Robert, par Isabelle Alonso | Sexisme et Sciences humaines - Féminisme

  7. Reconnaissez ce que votre (excellent) texte doit à Bébert: sa vertigineuse mauvaise foi, reposant sur un aplomb, un cynisme, un mépris et une arrogance de dominant sûr de son fait et de sa réussite sociale en béton armé, constituent le socle idéal pour magnifier votre ironie.

    En bon représentant de la mâle virilité, en bon spécimen de masculiniste indécrottable, même au moment le moins approprié d’en faire étalage, il ne peut s’empêcher de donner à voir, et à entendre, combien il tient à ce que la verge qu’il tend pour se faire battre soit perçue comme considérable.

    Je ne sais pas de quoi était fait son complet: mais pour ce qui est de démontrer le caractère irrémédiablement masculiniste du système prostitutionnel, avec un tel orateur, vous jouez sur du velours.

    (blague à part, je me rappelle que le Vertueux Symbole Moral Badinter s’était déjà fait remettre à sa place de vulgaire dominant cynique, il y a trente ans, par des détenus, qui pour ne pas être condamnés à mort, n’en avaient pas moins à redire quant aux prétentions du Droit, à ses notions de peine et de détention, et à ce que leur application impliquait concrètement et nécessairement pour les êtres humains contre qui elles étaient prononcées. Mais lors de cet incident dans son parcours, la critique des rapports de domination de sexe était complètement absente: et il n’est jamais trop tard pour dégonfler les baudruches, surtout lorsqu’elles sont multirécidivistes.)

    (Je ne sais pas pourquoi « laisser un commentaire » a tenu à tester mes compétences en multiplication)

    • Vous avez tout à fait raison, je joue sur du velours! Et j’y prendrais un grand plaisir si je n’étais atterrée par la hargne des défenseurs de l’exploitation des plus vulnérables d’entre nous.
      Quant à vos compétences arithmétiques elles sont destinées à empêcher des spams robots de venir vendre du cialis sur ce site, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas approprié, comme disent les yankees.
      Merci pour votre message.

  8. Ping : Pénalisation du client ? Les belles histoires de tonton Robert (par Isabelle Alonso) | Remember, resist, do not comply

  9. Merci beaucoup pour ce texte, je diffuse pour que cet odieux discours ne reste pas inaperçu.
    On remarquera également l’usage exclusif du terme « fille » au lieu de femme.
    Et, j’ai été énormément choquée à 15′ : « on ne vent pas son corps, heureusement que l’esclavage a disparu. On ne le loue pas non plus. La prostitution [...] c’est une relation sexuelle rémunérée, ou si on préfère, c’est [...] rendre des services sexuels contre rémunération ».
    Il m’explique comment on fait ça sans son corps ? Et comment cela ne s’apparente pas à l’esclavage quand la personne prostituée s’est vue retirer ses papiers, ou bien « rend des services sexuels contre rémunération » 15 fois par jour ? Saigne ? Souffre ? Pleure ? Si elle survit, suivra 25 ans d’analyse pour essayer de vivre avec son passé ?

  10. Ping : Alonso se paye Badinter : "LES BELLES HISTOIRES DE TONTON ROBERT" | Les efFRONTé-e-s – Association féministe & LGBT

  11. Votre texte est vraiment très réussi et je vais le relire souvent ……..
    Consentir : La femme consent et l’homme consomme ….
    « Consentir » , quel mot horrible qui déjà dit toute la soumission et l’esclavage volontaire ……
    « Consentir » c’est plein de masochisme , c’est plein de déchirures cachées , c’est plein d’une passivité qui nie tout du désir féminin ……

  12. J’ai même pas tout lu tellement je suis d’accord..Ah ah ah j’avais cessé d’écouter quand il exhibe ses années de mariage..Cette vieille chose et sa femme que j’espère on ne considère pas comme féministe devraient se mettre au jardinage et cesser d’intervenir publiquement.

  13. Excellent article !!
    Je remarque dans le plaidoyer de Robert Badinter:
    -qu’il suppose a priori que le désir sexuel des mâles est incontrôlable et qu’il passe forcément par le sexe tarifé, pratiqué d’après lui par TOUS les hommes sans exception (ce qui rappelle le déni des chauffard persuadés que TOUS les conducteurs roulent comme eux et perdent leur permis…). Qu’il ouvre les yeux, beaucoup d’hommes n’y ont pas recours, en raison de barrières morales ou de coût financier. Plaide-t-il en tant que client ?
    - M. Badinter, tout en défendant l’égalité des droits politiques, reste imperméable aux droits économiques. Pour lui, la contrainte ne peut être QUE mafieuse. Sinon c’est la liberté du libéralisme sans frein (« S’il n’y a pas de contrainte, si ce sont des motivations quelles qu’elles soient, que ce soit l’ambition la cupidité ou que ce soit l’argent, peu importe, ou le désir, ce qui serait beaucoup mieux… »). Tout est au mieux dans le meilleur des mondes, si la chômeuse se prostitue pour boucler ses fins de mois ou l’étudiante pour payer ses études, ce n’est pas son problème… Pas étonnant qu’il ait défendu DSK: pour lui l’inégalité de statut social entre un riche client et une pauvre femme de ménage ne devait pas être dans sa ligne de vue quand il prétendait qu’il n’y avait pas eu de contrainte !

  14. Je dois reconnaître un certain talent tant au niveau du débit que de la rhétorique et ce ton à la Audiard, fameux s’il avait été moins chargé. Sur le fond, vous faîtes preuve de beaucoup de raccourcis, d’une grande naïveté feinte et d’un parti prit caractérisé et, de plus, comme la plupart des détracteurs, vous agissez avec la même intolérance (puiss.10) (que vous dénoncez au début)vis à vis de ceux qui n’émettent pas l’avis qui est le vôtre. Et surtout, vous ne donnez aucune solution au problème car oui, il faut des moyens (personnels, financiers) et, effectivement, les « petits » paieront, pas les « riches » et aussi, certains(es) ne sont pas contraints et la prostitution leur est un « moyen » « pratique » de « s’en sortir ». Alors, oui, il y a des drames, de l’esclavagisme et il y a des guerres qui existeraient même si les gros fabricants d’armes cessaient leur activité, etc.

    • N’oubliez pas que ceci est une RÉPONSE à un texte insupportable de mépris. J’annonce la couleur dès le début. C’est fait exprès.
      Des solutions? Les abolitionnistes en proposent plein, renseignez vous. Je ne vous mâcherai pas le boulot, vous avez l’air capable de réfléchir!
      Juste une piste: face aux pratiques saoudiennes consistant à couper le nez des « femmes adultères » et la main des voleurs, deux attitudes possibles: refuser en bloc toute mutilation. Ou « humaniser » la chose,avec anesthésie et prothèse, bref, aménager l’abjection. Mon choix est fait.
      Et tant qu’à faire, arrêtons les gros fabricants d’armes, oui. Si ça ne suffit pas, ça sera déjà un progrès…
      iA

    • Avec le passage de la loi Olivier–selon ce commentaire–ce sont les « petits » qui paieront, pas les « riches ». Ceci signifiant sans doute que les riches pourront continuer à s’offrir des escorts deluxe sans risquer de se faire alpaguer par la police alors que les petits pourront être interpellés s’ils sont pris en flagrant délit avec une prostituée de rue. Dans ce rappel salutaire à l’égalitarisme républicain, ce que ce postant revendique, c’est le même droit d’opprimer les femmes, le même droit fondamental à les violer contre de l’argent pour les petits que les capitalistes: prolétaires de tous les pays, unissez vous avec les riches sur le dos des plus prolétaires que vous, ceux du sexe féminin.
      Dans la foulée, on peut revendiquer aussi pour les petits d’autres droits scandaleusement réservés aux ploutocrates: le droit à la pédophilie pour tous (il est inique que des richards s’en sortent blancs comme neige alors que le beauf de base risque d’écoper pour le moins d’une peine avec sursis), le droit au harcèlement sexuel non puni par la loi (passe-droit révoltant dont ont bénéficié des députés d’un parti de droite au mépris du droit légitime au harcèlement des hommes de gauche), et tant qu’affaire, droit de posséder des esclaves (l’esclavage redevient à la mode), privilège que les planteurs d’autrefois se sont réservé en le refusant honteusement aux petits blancs.
      Merci à ce commentateur de nous rappeler que pour beaucoup d’hommes (de gauche comme de droite droite), l’égalité des droits, c’est comme un club privé: gentlemen only.

  15. Remarquable !!
    BRAVO !!

    juste un rappel : Badinter a défendu comme personne (et comme tant d’hommes à ce moment là) le frère DSK, auréolé de la virile sainteté qui illumine les fronts des terroristes sexuels de l’histoire (le très philosopheux Sade, le charmant freudonneur Lacan, le Foucault conteur d’histoires) … il fallait voir les envolées (les mêmes qu’ici) de Badinter pour sauver le soldat DSK, resté l’éternel Présumé Innocent, brisé bien injustement par des hystériques qui ne savent pas goûter les bienfaits de la trique … fallait voir les larmes du Pourfendeur d’Injustices qui déjà criait à la fin de la civilisation si on laissait faire telle ignominie : condamner un « Libertin » pour viol, mais comment !! Une femme crie et se plaint ? Une femme reste sur le carreau du trottoir ? meuh voyons, tout cela n’est que jeu séculaire !

    Badinter n’a défendu les droits humains que dans la stricte limite où ils bénéficient aux hommes. Mais Badinter-le-justicier s’éclipse dès qu’il faut restreindre les « libertés » des hommes pour défendre les droits des femmes (droit à la libre circulation, droit à l’intégrité physique et morale, droit à ne pas être asservie à autrui qui peut, par contrat, vous violer et vous torturer, bref, un peu la base des droits humains… ) et apparaît l’avocat du « mal social séculaire », celui qu’il faut rétablir envers et contre toutes.
    C’est un parfait droit de l’hommiste, cette mascarade de justice sur quoi repose notre belle république « universaliste », celle qui prendre l’homme blanc pour parangon « universel » du sujet de droit.

  16. Sans être fan du couple Badinter, je constate que vous répondez par des pirouettes à beaucoup de leurs arguments.

    D’ailleurs les partisans de cette loi de pénalisation du client sont en général tellement dogmatiques (en gros le camp du bien contre le mal mâle prostituteur) qu’il est très difficile de discuter d’une manière rationnelle.

    Voici les questions toujours en suspens :

    Quelle sera l’efficacité réelle de cette loi conte l’esclavage ?

    Les effets pervers ? plus de clandestinité, une prostitution plus cachée et qui se déplace comme le démontre l’ »exemple » suédois. Que proposez vous à ces prostituées des réseaux ? le monde est vaste et elles iront tapiner ailleurs souvent dans des conditions encore plus dramatiques .

    Pourquoi l’écrasante majorité des associations d’aides aux prostituées sont contre cette loi sur la pénalisation ?

    Comment dans le France actuelle (avec quantité de lois déjà non appliquées) cette loi sera appliquée ? La police n’ayant déjà pas les moyens de lutter contre les réseaux.

    Comment l’Etat va surveiller la sexualité des citoyens pour démontrer qu’il y a un achat d’un rapport sexuel ? bref au bois de boulogne ok mais ailleurs ? filatures, écoutes, espionnage ?

    Un type moche et riche qui couche avec une fille belle et pauvre et lui offre des cadeaux sera-t-il dans le périmètre de la loi ?

    Est ce le rôle de l’État d’obliger les citoyens de faire l’amour uniquement par amour ou par plaisir ? Une femme ou un homme dans un État libre n’ont ils pas le droit de coucher comme ils veulent ?

    Pourquoi ne pas interdire la pornographie où les gens couchent pour de l’argent ?

    Les hommes qui se prostituent pour des hommes et des femmes n’ont pas l’air d’être concernés par cette loi ?

    Il y a aussi l’assistance sexuelle qui existe dans de nombreux pays qui aide des gens à découvrir la sensualité et la sexualité. Circulez il n’y a rien à voir…cachez ce sein

    Cette loi est destinée à lutter contre la prostitution des réseaux qui est sans doute majoritaire mais elle concerne tout la prostitution, également celle libre et consentie. On fait une loi punitive pour 100% des cas, tout le monde est ainsi coupable. C’est comme si dans une population, il y a 60% de coupables, on punissait par avance toute cette population pour régler le cas des 60%

    Cette loi est non seulement stupide et inefficace mais est également liberticide.

    S’attaquer à la prostitution des réseaux, ne pas alimenter le trafic d’être humains, faire une loi qui pénalise l’achat de service sexuel de personnes des réseaux oui, vous allez dire que le client ne peut pas faire la différence, ce serait aussi symbolique et sans doute inefficace mais au moins cette loi serait inattaquable du point de vue des principes des libertés.

    • Et bien voilà! Vous êtes d’accord avec Robert Badinter! N’hésitez pas à le lui faire savoir, ça lui fera plaisir. Parce qu’en ce qui me concerne, je ne suis convaincue par aucun de vos arguments. Aucun.

      • Au moins j’argumente et je me pose des questions, vous pas du tout, votre seule idée : c’est de faire une loi qui condamne une abomination (avec une petite contravention) comme on l’a fait contre l’esclavage en gros.

        Ne rentrons surtout pas dans le détail, dans la complexité des différentes situations.
        Est ce que la loi sera appliquée, efficace, utile ? vous vous en moquez.
        Le effets pervers pour les prostituées et les libertés publiques ?
        vous vous en moquez.

        • Petite contravention? Où avez vous lu ça? On ne rentre pas « dans le détail » d’un système de domination. Ni l’apartheid, ni l’esclavage, ni le servage. On supprime, on abolit, on enlève. On n’aménage pas au « cas par cas ». Non. Pas de détail. Pas de quartier. Pas de demi-mesure. On a-bo-lit. Voilà. Entrer « dans le détail » c’est entrer dans la logique, commencer à l’accepter. Non merci. Je reste dehors.

          • ah bon ? votre loi sur la pénalisation du client abolira la prostitution ?
            les prostituées des réseaux (dont vous allez l’air de vous foutre) disparaitront comme par enchantement ?
            Ne pas se préoccuper de l’application de cette loi et de ses conséquences est irresponsable.
            Vous voulez la pénalisation sur le papier et le reste n’a pas d’importance ?

          • Ce n’est pas « ma » loi. Je ne suis pas députée.
            Quant à ce que je proposerais si j’en avais le pouvoir, donnez vous la peine de lire attentivement mon papier. Vous y trouverez le lien avec un texte de Marie-Victoire Louis dans lequel elle propose des mesures radicales et conformes à ce que je pense. Allez! Un petit effort! Ça vous évitera de simplifier et caricaturer la pensée abolitionniste, qui a pour seul tort d’être en avance sur son temps. Comme les anti-esclavagistes et anti-apartheid jadis. Mandela est passé pour un terroriste et a fait des années de prison juste pour avoir eu raison avant les autres.

  17. Cette loi est en effet liberticide: elle prétend mettre fin (ou au moins réduire) la liberté des hommes de violer des femmes pauvres pour de l’argent. De même que les esclavagistes ont qualifié d’attentatoire à leur liberté d’esclavagiser les lois abolissant l’esclavage. La liberté d’asservir et d’exploiter n’est pas garantie par la constitution.

    • voilà encore des idées toutes faites :l’esclavage, viol. Êtes vous sure qu’il agit de toute la prostitution ?
      Pouvez vous avoir un point de vue plus raisonnable ? Vous luttez contre l’esclavage et le viol avec une contravention ?

      • Les idées toutes faites, elles sont de quel côté? Du côté de ceux qui acceptent comme des moutons la notion plurimillénaire que les femmes les plus pauvres doivent être assignées à la satisfaction des « besoins » sexuels masculin, ou du côté de celles (et ceux) qui remettent en question ces normes patriarcales archaiques et injustes? Un rapport sexuel non désiré par une femme est un viol. Un acte prostitutionnel, ça consiste à payer une femme pour qu’elle ait des rapports sexuels avec vous, bien qu’elle n’en ait aucune envie: c’est un viol que l’argent est supposé dédommager. Et esclavage, oui, parce que d’après les chiffres de l’Organisation de répression du trafic des êtres humains, 8/9 sur 10 des prostituées de rue et de salon de massage sont des femmes trafiquées, amenées illégalement en France par des réseaux de passeurs et de proxénètes. Et les clients comme vous le savent et s’en fichent, ou sont dans le déni.

        • je ne fréquente pas les prostituées si j’ai eu quelques expériences par le passé les personnes en questions n’étaient membres d’aucun réseau.

          Sur la prostitution contrainte, vos 80 ou 90% je vous rejoins, je ne crois pas à un mal nécessaire, et en aucun cas des femmes ou des hommes devraient être sacrifiés pour satisfaire les besoins des autres et je me demande pourquoi on fait si peu contre le proxénétisme et le trafic d’être humain. Cette loi a le mérite de sensibiliser les clients, mais elle sera inefficace et inapplicable.

          Moi je parle des 10 ou 20% (si ce sont les bons chiffres) restants et l’Etat ne doit en aucun cas interférer dans la sexualité d’adultes consentants, on couche comme on veut pour de l’argent ou pas.

          L’abolition de la sexualité contrainte oui mais des gens peuvent se livrer à des prestations sexuelles tarifées de plein gré même si l’organisation économique de cette « activité » peut entrainer des dérives.

          • Oh mais si que cette loi sera appliqué, quand à son efficacité quoi qu’il en soit on fera dans le triomphalisme comme d’habitude…

          • Ce genre d’intello de salon ne peut comprendre vos arguments Isabelle car comme beaucoup de ces messieurs fascinés par leur «fascinatus», il pense avec ses fesses. Comme Badinter, il aimerait peut-être se prostituer. Les tenants de la prostitution sont déshumanisés.

        • Il faut savoir de quelle prostitution on parle… Parce qu’entre la passe à 30 euros derrière un bosquet et celle à 300 euros de l’heure, ce n’est pas le même monde. Dans le dernier cas, il est courant que la fille demande un envoi de la photo de son prospect, impose un entretien dans un café avant la première rencontre, pose des questions qu’elle interdirait qu’on lui pose en retour… Ne donne pas suite sans fournir la moindre explication, décide de la date et de l’heure de la rencontre, tarif non négociable et prend pour une heure ce que le Monsieur gagne en 3 jours . Elle se situe où la domination de l’homme sur la femme ???

          • Elle se situe à des gens comme vous qui voyez une réalité (échange argent-pénétration) mais persistez à ne pas l’analyser. On vous sert n’importe quelle fable et comme ça vous arrange, vous décidez de la prendre pour argent comptant. A la fin du conte, et du compte, y en a une qui prend de la thune pour ouvrir les jambes. Imaginez que c’est vous. Avec quelqu’un que vous ne désirez en rien. Je crains que vous n’en soyez incapable. De toutes façons une chose est sûre: c’est un marché de dupe. Frustration pour tout le monde. Mais cela n’efface en rien la donnée de base: la domination masculine est un fait et il faut être sacrément de mauvaise foi pour le nier.

  18. Bof, si c’est qu’une question de branlette intellectuelle…si ça peut faire plaisir entre vieilles folles décérébrés ce genre de texte débile et dégueulasse pourquoi pas ( On peut faire dire n’importe quoi aux mots à partir du moment où on milite pour une cause ), ça fait plus penser à la mégère du coin qui attend son mari avec le rouleau à patisserie qu’autre chose..mais quand on est bobo on a le temps, tout le temps pour ça puisqu’on ne fout rien d’autres de ces journées.
    Les féministes déteste les femmes de toute façon, les femmes belle et jolie, qui ont un physique avenant, et qui font donc plaisir aux hommes en monnaitarisanr leurs sexualités. Les féministes ne souhaitent que du mal à ces femmes, elles les haïssent aux plus profond de leurs entrailles. Les féministes détestent les femmes qui aiment les hommes, tant qu’à faire les plus belle, celles qui ne souffrent pas mais qu’ont victimisent ou sur-victimisent avec toute une combinaison de mots. C’est une opression de femmes avec des physique banal ou ingrats sur des femmes canons, sexy, belle, qui elles ne se posent pas de questions. La prostitution c’est juste la cible facile pour ces matronnes à vomir, à portée de mains juridique et législative..

    • Et bien Jeremy, qu’est ce qui se passe? On a du mal à digérer? On passe direct à l’insulte? Vieille folle? Intello? Mégère? Bobo? Rouleau à pâtisserie? Matrone à vomir? Mais c’est qu’on a des arguments ! Merci pour ce bon moment de lecture, vous êtes un humoriste qui s’ignore! Vos femmes préférées sont celles qui « ne se posent pas de questions ». Étonnant! Mais que venez vous faire sur ce site? Il y en a plein d’autres, des sites, pleins de femmes comme vous les aimez. Alors arrêtez de souffrir et allez vous faire lire ailleurs.

  19. Bonsoir, Madame Alonso.

    Merci pour votre texte. J’ai écouté l’audition de M. Badinter en parallèle de votre critique, et heureusement que j’ai été soutenue moralement par votre texte. Vous avez réussi à me faire rire en accompagnant votre indignation et votre analyse d’humour, alors que l’écouter, lui, me donnait envie de pleurer.

    Amitiés féministes,

    Harmony

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  22. Madame Alonso,
    (Svp je sais que vous avez beaucoup de lecteurs et que vous êtes prise sur beaucoup d’activités mais j’aimerais connaître votre point-de-vue et souhaiterais lire une réponse).

    On l’a vu, le débat actuel tend à remettre de l’ordre et de l’égalité au sein des relations hommes-femmes.
    Encore dans ce projet de loi se reflète une réalité: oui, des femmes (c’est-à-dire soeurs, nièces, filles de) sont emmenées loin des leurs, loin de leurs pays, loin de leurs racines.
    On les voit alors dans les camionnettes posées au bord des parkings, dans les hôtels bon marchés et plus rarement dans des appartements.
    Certaines (étudiantes, Françaises, jeunes mères etc.) exercent cette activité de façon « libre » c’est-à-dire en réalité sous le fait de la pression économique (études, loyer à payer etc.)
    Qui dès lors, verrait en cette activité quelque chose de bon pour l’Homme?
    En face les clients. Différents profils. Je ne pense pas, comme vous, que l’on puisse regrouper ces millions d’individus derrière le terme de « patriarcat ».
    Entre le jeune puceau, le moche, l’homme marié, l’handicapé physique et l’handicapé de l’amour, des millions de profils (c’est-àdire en fait de misères humaines) viennent nourrir l’océan de la prostitution et de fait alimenter (pour les groupes en réseaux) les mafias, le commerce des armes etc.

    J’en viens à ma question.
    Le projet de loi Coutelle visant à sanctionner le client me pose problème: entendu les nombreux arguments en faveur de la dignité des femmes (ce qui va de soi et que nous devons viser toujours plus), ce projet de loi n’interdit pas (chose étrange) la prostitution. Chose étrange car de fait cela sous-entend que la prostitution est acceptable (c’est-à-dire le fait d’enlever des Nigérianes ou des Bulgares de leurs pays pour les enfermer, par exemple, sur les trottoirs parisiens). Ainsi le commerce des femmes passe, de ce point-de-vue (logiquement féministe) comme légal (au contraire de ce qui se faisait sous le gouvernement précédent).
    La deuxième chose qui me pose problème c’est qu’au fond, ce projet de loi va laisser « dans la nature » ces millions d’hommes qui certes, par facilité alimentaient ce commerce mais qui tel des toxicomanes sans dose, se retrouveront avec la même psyché, les mêmes problèmes sans réelle solution alternative: en effet, ne faut-il pas voir derrière ce commerce et derrière cette relation faussée la rencontre de deux misères: l’une économique, l’autre humaine?
    De là ma question:
    On a vu au travers de vos différentes apparitions télévisuelles, radiophoniques et autres, que vous aviez pris un parti engagé en faveur des femmes subissant diverses maltraitances ( et c’est un juste combat).
    En tant que militante féministe, on vous a vu (et surtout entendu) déplorer l’agressivité d’un Patriarcat envers les femmes. Une sorte de secte masculine visant à nuire à la gente féminine en somme.
    J’ai relu vos différents articles qui disposent d’un style certain. Sur le fond malheureusement, je ne vois rien qui me concerne.
    Je veux dire (et c’est là la question):

    Quelles sont vos propositions pour moi, individu homme de sexe masculin et hétérosexuel, pour pouvoir être « l’homme idéal » selon une penseuse féministe?
    Que dois-je faire? Que dois-je dire pour que dans mes relations avec les femmes je puisse être en adéquation avec votre idéal?

    Ou bien ne suis-je à vos yeux, qu’un agresseur potentiel? Un violeur qui n’a pas encore commis son méfait?Un membre du Patriarcat&Sons ?

    • Cher Maxence,
      Arrêtez de vous torturer! »Sur le fond, je ne vois rien en ce qui me concerne ». Et pour cause! Je ne parle pas de vous, je ne vous connais pas. Je ne vise personne en particulier, sauf Mr Badinter mais c’est pour une raison très précise. Quand je parle de patriarcat, je n’accuse pas des individus, j’analyse un système. C’est comme si je me sentais désarçonnée en tant que blanche par la critique de l’esclavagisme. Ça ne me passe même pas par la tête. Je n’ai pas à vous proposer un « idéal », quelle drôle d’idée. Je peux simplement attendre de vous, frère humain, que vous soyez capable de comprendre la différence entre une relation de désir mutuel et un abus de pouvoir. Entre un partage et une violence. Ça ne me parait pas si compliqué, et d’ailleurs ça ne l’est pas. Si vous ne voyez pas la différence, mais je suis sûre que vous la voyez très bien, alors nous avons un problème. C’est la faute des agresseurs en général si nous devons pour notre sécurité, avoir toujours présent à l’esprit que oui, tout homme est un agresseur potentiel. Parce que ça arrive tous les jours. Ce n’est pas opposable aux féministes, mais aux agresseurs. J’attends des hommes sains qu’ils se lèvent et se battent contre la culture du viol. Tous les hommes ne sont pas des agresseurs? Heureusement! Mais les agresseurs ne portent pas un badge qui permettrait de les identifier. Sauf les clients de prostituées. Eux sont identifiables, ils sont des violeurs autorisés, mais des violeurs quand même. Il faut avoir le courage de le dire, qu’on soit un homme ou une femme.

      • Les féministes sont surtout là pour fabriquer des tueurs en séries, des tueurs et violeurs de femmes. Cest exactement ce qui s’est passé aux Etats Unis avec l’explosion des violences sur les femmes avec l’avénement du féminisme dans ce pays. C’est mal connaitre les hommes que de vouloir prétendre leurs élever le niveau de conscience, à moins que ça ne cache des raisons moins avouable chez ces féministes..ça va plutôt avoir une symbolique inconsciente de castration psychique ( Allez y rigolez, pouffez donc de rire et malmenez moi, j’aime bien avoir en retour les circonstances des situations dans lesquels je me met ) celle loi.

        • Décidément, Jérémy, ça ne s’arrange pas. Pauvre garçon… « j’aime bien avoir en retour les circonstances des situations dans lesquels je me met » ??? Ça ne veut rien dire. Des concepts creux pour se faire croire qu’on pense, des phrase vides de sens pour se faire croire qu’on écrit. Une pitié. Encore une fois, je ne publie que pour donner à voir le niveau de ce qu’on nous oppose. On comprend ici qu’à un tel niveau d’indigence, ce n’est pas avec la seule vigueur de sa « pensée » que le machisme survit. Mais il y a le recours à la torgnole. Sans la violence (ou plus exactement les violences, tant elles prennent de formes différentes), il lui serait impossible de se maintenir.

        • Ce ne sont pas les violences que les luttes des femmes contre le machisme (le féminisme) a fait exploser, mais la visibilité, l’ampleur de leur réalité … ne serait ce que quelques décennies de ça, par exemple, les femmes violées n’étaient pas moins nombreuses statistiquement, mais elles la fermaient et la loi ne les autorisait pas à porter plainte … donc pas de statistiques, et ce qui est caché/nié n’existe pas … c’est ça ?
          Par contre la perversion de la réalité (là on est carrément dans l’inversion des rôles), la mauvaise foi et malhonnêteté dont vous faites preuve ouvre la porte à un féministe tout aussi extrémiste que votre machisme … visiblement vous êtes pour la guerre des sexes.
          Et comme je ne le suis pas je vous suggère d’aller vous tripoter l’ego (et le reste) ainsi que cracher votre haine (et probablement peur) des femmes ailleurs … bye bye :)

          • Haine des femmes, peur des femmes , machisme….pfff…je n’ai absolument aucuns problèmes relationnel avec les fermmes dans ma vie, donc parce qu’on aime pas les féministes et qu’on les contredit on déteste toute les femmes ? Ma parole mais vous n’avez aucunes limites dans l’opinion que vous avez de vous mêmes, quel débilités, quel mesquineries..C’est interdit de détester un être humain femme ? C’est forcément qu’on est le dernier des mysogines ? Mon égo à moi va très bien merci et je n’ai rien à prouver contrairement à vous, je vous répond c’est tout. Pourquoi voulez vous que je vous nie la réalité des statistiques sur le avant/après ? ça empêche pas que parrallèllement les violences ont dus augmenter, le phénomène tueurs en séries n’existait pas autant aux Etats Unis avant l’arrivé de ces féministes folle furieuse ? Si ?

          • Le patriarcat n’a RIEN à voir avec vos relations personnelles. Avoir des relations personnelles harmonieuses avec des Noirs n’enlève aucune réalité à l’esclavage. On ne parle pas de vous, là. Vous ne comprenez pas? Soit. Mais encore une fois, gardez vos insultes pour vous. Des « féministes folles furieuses » responsables des tueurs en série? Si vous persistez sur ce ton, je vous exclue de cet espace.

      • Je ne comprends toujours pas ce terme de Patriarcat , on se croirait au temps de Zola. A une époque où les gouvernements successifs ont instauré la parité en politique, ou la première puissance européenne est gouvernée par une femme (A.Merkel , réélue par ses concitoyens pour son excellence) , je trouve cette terminologie bien d’arrière garde.
        Je ne comprends pas du tout ce soutien des féministes à la politique abolitionniste qui jette toutes les prostituées (des femmes avant tout) dans la clandestinité, l’opprobre, la répression policière, l’isolement social le plus complet.
        Si je ne enorgueillis pas de fréquenter des « filles de joie », je ne me sens aucunement un monstre ,ni un violeur pour autant. Evoluant dans un univers professionnel majoritairement masculin, je passe pour la personne la plus galante, la plus courtoise et la plus prévenante vis à vis de la gent féminine de mon entreprise. Je respecte les femmes, et les prostituées plus encore auxquelles je témoigne toute ma reconnaissance. Si l’une d’elle se fait agresser, je suis le premier à venir la défendre. Le terme « pute » m’horripile, tout comme le discours de certains michetons (qui sont loin d’être la majorité, il y a des cons partout). Pourquoi en vient -on à recourir à des prostituées ? Parce qu’à force d’être largué comme une merde par ce qu’on pensait être la femme de sa vie à la première difficulté financière, à ne pas pouvoir , ou vouloir céder à tous les caprices de la princesse, on finit par se réfugier dans des rapports tarifés, moins hypocrites. Il n’y a pas de fumée sans feu, chacun a sa part de responsabilité dans l’histoire. Et « Ce sont les femmes que l’on paye qui reviennent le moins cher » disait Philippe BOUVARD, auquel I.ALONSO doit tant.

        • D’abord, je ne vois pas pourquoi Isabelle Alonso devrait avoir les mêmes idées que Bouvard parce qu’il a repéré son talent. Il ne l’a pas créée; elle avait déjà son talent ,sa personnalité. Quelle curieuse conception vous avez des femmes! On dirait mon grand-père! Vous me paraissez bien immature pourtant. Comme s’il fallait que les femmes soient sans défaut, sans désir et que ce ne soit que vous qui importez. Au point d’aller voir des prostituées qui ne vous demanderont aucune concession pour vivre en couple!

    • sachez monsieur, que les études réalisées sur les « clients » montrent que ces derniers sont pour la plupart mariés ou en couple, et n’ont donc pas le profil du célibataire, mourant de solitude sexuelle et sentimentale.
      De plus, quand bien même ces messieurs manqueraient de sexe, je ne vois pas où se situe le problème ? Il ne s’agit pas d’un besoin physiologique, et si les femmes se passent très bien de ne pouvoir avoir du sexe tarifé, les hommes le peuvent aussi.

  23. Donc Tonton Robert a causé plus d’une heure à débiter des poncifs éculés et de l’humour à deux balles….
    ça se confirme, la vieillesse est un naufrage

    • Je ne suis pas d’accord avec vous! La vieillesse n’a rien à voir dans cette affaire, il aurait dit la même chose il y a trente ans, et d’ailleurs il l’a fait, parce qu’il est incapable de sortir de l’androcentrisme à partir duquel il a construit sa pensée. Il n’est pas dans la sénescence (en tout cas pas ici) mais bel et bien dans l’idéologie dominante qui a toujours été et reste la sienne. Phallocrate forever…

  24. Bravo! Merci pour cette analyse implacable. J’avoue , j’avais de l’admiration pour Robert Badinter, et il est possible d’en avoir sur le domaine où il a été grand, mais il faut aussi reconnaître ses limites, et elles sont évidentes. Mais oui « tout révolutionnaire s’arrête à la chambre à coucher » hélas. Merci pour votre texte que je publie sur ma page fb.

  25. Ping : Pénalisation du client | elle ou il

  26. Le nom de Mr Badinter restera associé à l’abolition de la peine de mort. Vous dites que cette abolition est également le fruit des mobilisations. Certes, reconnaissons toutefois qu’un referendum n’aurait, en ces temps, peut être pas abouti à autre chose qu’au maintien de cette abomination.
    L’engagement de Mr Badinter sur ce sujet ne devait rien aux bas calculs politiciens.
    Pour ce qui est de sa position sur la prostitution, vous avez mille fois raison et je vous remercie pour ce remarquable travail. La marchandisation du corps et de fait de l’esprit des femmes est absolument indéfendable.
    A ce titre la faillite de Mr Badinter est totale.

    • Oui, un référendum à l’époque aurait dit non à l’abolition de la peine de mort. Vous avez raison. Je dis simplement que la cause abolitionniste étaient défendue par beaucoup de gens jamais ou rarement nommés, Me Henri Leclerc pour les connus, et des milliers d’inconnu-e-s qui firent campagne inlassablement. La loi Veil constitue un exemple similaire: certes le combat de Simone Veil fut remarquable, mais il faut pas oublier la pression constante de la rue, des milliers de femmes battant le pavé de 1968 à 1975. Sans elles, pas de loi!

  27. Bonjour Isabelle,

    Tout d’abord merci de votre réponse;

    Personnellement je pense qu’il faut aller vers plus d’échanges, plus de communication hommes-femmes, ce qui permettrait de résoudre plus facilement un grand nombre de problèmes liés au fait que chaque individu (homme ou femme) a en soi une carte du monde avec une certaine définition de ses rapports personnels avec l’autre sexe (eux-mêmes guidés par l’éducation, les lectures, les expériences de vie, la religion, les moeurs, la société et les traditions propres à chacun).

    Je pense par exemple que ce qui peut être vu comme machisme d’un certain point-de-vue, peut être considéré comme une maladresse d’un autre (je pense ici à la séduction trop directe dans la rue).

    Il me semble donc qu’il ne faut pas opposer un sexe à l’autre mais créer des outils (gratuits) pour que l’un et l’autre se comprennent car le mot « respect » n’a pas la même intensité chez l’un et chez l’autre.
    Exemple: Il est rare qu’un homme s’offusque qu’une femme lui propose directement de faire l’amour. Pour en avoir fait l’expérience, le contraire n’est pas vrai: on se fait rapidement insulter, traiter de « machiste », misogyne, que l’on considère les femmes comme objets etc.
    Et pourtant dans la vision masculine (sur cet exemple) nous souhaitons quelque chose qui nous semble positif: le contact sensuel, le mélange des désirs et des plaisirs.

    C’est donc qu’hommes et femmes n’ont pas le même rapport d’interaction, n’attendent pas la même chose de l’autre sexe et n’ont pas (forcément) les mêmes valeurs, les mêmes notions de l’amour, du désir, de la sexualité, du respect etc.

    Je pense que si le « patriarcat » est un fourre-tout chimérique et illusoire, la réalité qui fait qu’un grand nombre de femmes se sentent « victimes d’un système » tient à ce manque de communication inter-sexes et chacun continue de s’en tenir à sa carte du monde qui peut entrer en totale contradiction avec les besoins propres à chaque femme (qu’ils (les besoins) seraient impossible de regrouper sous une même bannière, chaque femme étant différente).
    Ici par exemple je pense à l’excision qui est une « tradition » mais qui de fait, vient en totale opposition aux besoins personnels des individus femmes concernés.

    Alors paradoxalement, d’un point-de-vue de communication politique, les manifestations FEMEN (exemple dans l’église), les slogans virulents voire agressifs envers les hommes, les actions coup-de-poing génèrent un sentiment de rejet là où les idées pourraient, si elles étaient posées plus calmement mener à faire avancer les rapports hommes-femmes.
    Je dis cela en rejetant également l’action d’un Zemmour ou d’un Soral qui a le même effet.

    Il me semble (si cela n’existe pas déjà) qu’il FAUT non plus du féminisme tel qu’existant actuellement mais un (grand) mouvement de rassemblement, de dialogues et d’échanges réunissant des hommes et des femmes sur des thématiques à traiter ensemble (et non en opposition).

    Et c’est pourquoi au-delà de ce que nous pouvons voir dans les mouvements « engagés », c’est-à-dire en fait opposés à l’autre sexe sans réelle ouverture, il faut qu’hommes et femmes puissent, dans chaque ville se réunir autour d’une table et discuter de leurs besoins,de leurs frustrations, de leurs colères et leurs envies afin que les cartes du monde puissent évoluer et chaque individu s’épanouir alors qu’actuellement chacun se débrouille comme il peut, ce qui génère des problèmes.
    Ainsi ce ne serait plus le « féminisme » (terme assez vague en fait) opposé au « patriarcat » (terme flou) mais la réunion constructive d’individus de sexes différents pour la création d’un destin commun d’élan de développement mutuel.
    Alors, de fait, on pourrait prévoir plusieurs choses:
    - bien des hommes mariés cesseraient d’aller voir des prostituées pour gérer leur frustration conjugale. En allant dans ces groupes de paroles, ils trouveraient des conseils, des solutions.
    - les jeunes puceaux (qui en fait sont des individus isolés) trouveraient des repères pour évoluer et s’épanouir pour aller vers les femmes (et donc n’iraient pas voir des prostituées)
    - les traditions allant dans le sens contraire des besoins de chacun/e finiraient par disparaître étant donné qu’au cours des échanges on finirait par comprendre qu’elles seraient négatives.
    - la frustration générée par l’incompréhension de l’un et de l’autre sexe et qui souvent évolue en violence physique, de fait se réduirait fortement (avant pourquoi pas de disparaître).
    - les viols qui, à mes yeux, trahissent pour une grande part une incompréhension envers les femmes seraient réduits si on renforçait la cohésion hommes-femmes et qu’on aidait les uns à comprendre les autres.
    - les publicités où l’image de la femme est vendue telle une prostituée pourraient également disparaître (en tout cas le public ne les accepterait plus)
    Mais cela aurait également un impact positif envers les hommes:
    - Meilleure compréhension de la communication féminine
    - Meilleures relations avec les femmes
    -Epanouissement personnel
    - Intégrés à la tribu (au lieu d’être des éléments isolés).

    Alors, en travaillant ensemble nous pourrions également établir plus d’équité partout (et je pense ici à l’exemple des pensions alimentaires sans droit de garde, la reconnaissance obligatoire de paternité quand une femme peut accoucher sous X etc.)Toutes ces choses illogiques pourraient partir et on pourrait créer une meilleure harmonie.

    -

    • Cher Maxence,
      vous avez l’air de bonne foi, et vos intentions sont louables. Seulement, vous ne semblez pas comprendre l’ampleur du problème! Vous parlez « d’incompréhension » qui causerait les viols, violences conjugales, et achat de services sexuels… Incompréhension, comme si nous étions tous sur un pied d’égalité, et que les deux sexes avaient des œillères qui les empêcheraient de comprendre l’autre.

      Pourquoi avoir peur des mots féminisme et patriarcat? Nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Nos sociétés occidentales, pour ne citer qu’elles, ont été façonnées par les hommes pour les hommes, les femmes étant une sous-catégorie d’humain. Les hommes, leur droits leur devoirs, leurs besoins et leur envies… Les avancées indéniables du siècle dernier n’ont fait que modifier légèrement la Loi, la retravailler ici et là pour laisser un peu d’espace aux femmes, sans jamais de vrai remise en cause de fond. L’exemple le plus éclatant n’est-il pas celui de la grammaire? La langue française nous prie de croire que la neutralité est masculine, que le masculin est neutre. L’humain par défaut est donc un homme. Une situation de domination, couramment appelée par nous autres féministes, patriarcat, qui dessert les deux genres. Avec un avantage évident pour les hommes: c’est pas drôle d’être enfermé dans un rôle, mais mieux vaut être le bourreau que la victime!

      Vos propositions sont très naïves. Néanmoins, je ne peux que me féliciter de voir des hommes impliqués, qui se creusent la cervelle et tentent des propositions.

      Pour finir, merci Isabelle pour cet article qui m’a fait beaucoup rire, et confirme ce que je pensais depuis la sortie de Madame dans le Monde ( Libé?): les Badinter, à la maison de retraite!

      • Bonjour Anouk,

        J’ai peut-être généralisé en disant que hommes et femmes ne se comprennent pas (étant moi-même dans le côté de ceux qui ne les comprennent pas).
        Néanmoins, je pense que le soi féminin et le soi masculin n’arrivent pas à se conjuguer ensemble.
        Je vais être entêté mais je ne pense pas moi aux termes patriarcat et féministe. Je pense plutôt, et peut-être nous rejoindrons-nous, à des « traditions », qui, il est vrai, ont placé le soi féminin dans une aparté silencieuse et secondaire pendant de nombreuses années.
        Mais là où je vous arrête c’est que « tous » les hommes n’adhèrent plus forcément à ces traditions sans pour autant se dire « féministes ».
        Nous (je m’y inclus), voulons une femme indépendante, mûre et libre car au fond c’est dans cette liberté que se trouve le sincère.

        Enfin pour ma part (vivant en montagne isolée), je ne peux imaginer un Dieu sans Déesse, et, je vais vous faire une confidence, il me semble, moi, que le masculin découle du féminin. (Autrement dit Déesse a une part de Dieu en elle et non l’inverse) à l’image des chromosomes. En effet,ne peut-on pas voir dans un XY un XX non développé?
        Les nombreux indices que la nature nous laisse (à l’image des pucerons (toutes femelles), de certains lézards (femelles uniquement), ainsi que des grenouilles (parmi lesquelles une femelle peut évoluer en mâle) ou encore la floraison (les parties femelles étant plus développées que les parties mâles) etc.
        Ne peut-on pas voir en la Terre une sorte d’ovule fécondé par une météorité comprenant la vie (d’où il ressort que la Vie n’est pas apparue sur Terre mais s’y est développée)?
        La Vie est l’excellence du féminin. Le mâle (donc une femelle modifiée en somme), la féconde, la protège et puis meurt.
        Mais ce qui importe c’est le féminin.
        Laissez-donc la grammaire française de côté car en allemand par exemple c’est différent (die Sonne= le soleil, der Mond= la lune) étant donné que les traditions (anciennes) germaniques n’étaient pas liées à la culture sémite mais à la nature (ou le féminin était sacré).

        • En quoi y aurait-il une contradiction entre « tradition » et « patriarcat »? Le patriarcat, y a pas plus traditionnel. Et le féminisme n’est pas un parallèle, ou un équivalent au patriarcat, mais une réaction contre lui, son injustice et sa violence.
          La « Déesse » ne nous a pas donné le droit de vote, le féminisme oui.
          Si le « masculin » pouvait cesser de nous « protéger » pour simplement nous respecter, ça serait suffisant!

          • Bonjour,

            Bon je prends note par-ci par-là de tout ce qui est intéressant.
            Sachez toutefois que je suis vraiment le plus mal placé pour dire « les femmes sont ainsi ».
            Ma mère m’a maltraité dans mon enfance (psychologiquement). Je n’ai reçu aucune éducation me permettant d’interagir « convenablement » avec les femmes et pouvoir être un homme serein. J’ai porté une énorme violence. A 27 ans j’essaye d’apprendre à mettre un sens derrière les termes « amour », « femme », « tendresse ».
            J’ai eu une mère, un utérus qui m’a mit au monde et qui m’a fait à bouffer. Je n’ai pas eu de maman.
            Alors le chemin ce sera long.

          • Il y a le débat sur la prostitution. Et il peut y avoir débat sur « qu’est ce qu’être mère », ou « qu’est ce qu’une bonne mère » étant bien entendu qu’une mère qui n’aime pas son enfant (ça arrive, évidemment) pait faire des ravages. Mais ce sont deux débats différents.

  28. Merci beaucoup Isabelle Alonso pour cette excellente analyse.

    Comment peut-il déclarer que les personnes prostituées ne sont pas nécessairement innocentes et qu’elles sont motivées par le désir d’une robe ?

    Pour mémoire, Robert Badinter n’en est pas à son premier service rendu aux acheteurs d’actes sexuels.

    Lorsque la loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 a introduit dans notre législation l’interdiction d’acheter des actes sexuels à des personnes de moins de dix-huit ans (au lieu de quinze ans par le passé), le Gouvernement Jospin proposait une peine de sept ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende pour les personnes achetant des actes sexuels à des mineur-e-s : http://www.senat.fr/amendements/2000-2001/387/Amdt_59.html

    Robert Badinter, alors sénateur, a demandé et obtenu que la peine soit considérablement abaissée : seulement trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

    Comme l’a observé le député-rapporteur, l’abaissement demandé et obtenu par le sénateur Badinter a conduit à placer l’achat d’actes sexuels à des mineur-e-s au même niveau que le vol simple ou que les violences légères commises contre un-e mineur-e : http://www.assemblee-nationale.fr/11/rapports/r3619.asp#P162_24960

  29. Merci Isabelle !
    Il me semble que la plupart des hommes qui répondent sont des mecs qui ne connaissent rien de l’histoire des mouvements abolitionnistes des derniers siècles. Tous leurs arguments sont archi-connus (des féministes, ô mon Dieu !) autant que toutes les « solutions » qu’ils proposent essayées par les gouvernements européens depuis deux siècles. Mais tous ces hommes demandent pourquoi on n’essaie pas ceci, ce truc-là pourrait être la solution… Comme si c’était une idée toute fraîche et non débattue depuis deux siècles.
    Rien jusqu’ici n’a aboutit à grand-chose, alors pourquoi pas essayer la pénalisation ? Si tout le reste a échoué… Ça pourrait faire avancer la chose. Les clients pourraient pour une fois connaître le stigmate de la honte dans le système prostitutionnel et aussi payer l’amende que les femmes prostituées ont toujours payée.
    Continuez, Isabelle, on vous aime !
    Cunigund, Radical American Lesbian Feminist

  30. Effectivement le texte est long… lu en plusieurs fois.

    Badinter est le classique du politiquement correct. Non, il ne veut surtout pas s’attaquer au bastion du partiarcat, il préfére l’accomoder. Ah ben oui, c’ets mieux de ne pas créer des remous.

    Il dénonce la morale des féministes mais doit-on lui rappeler que c’est lui-même qui moralise et qui décrète : la traite, le traffic et proxénétisme interdits mais le volontariat autorisé. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Sauf qu’il ne s’est jamais demandé pourquoi il y avait de la traite, du traffic et du proxénétisme. Peut-être justement que s’il y trouvait une explication, il comprendrait pourquoi ce qu’il considère comme du volontariat innocent et souriant ne serait en réalité qu’un choix qui répond à une détresse. Oui certaines ont choisi, mais comment parvient-on à faire ce choix. Badinter, lui, ne veut surtout entendre la réponse. A partir de là, il manque une dimension à son raisonnement.

  31. Ce grand débat oppose l’idéologie au pragmatisme. Les abolitionnistes et le mouvement ultra-féministe qui le sous-tend placent l’idéologie bien au dela du réalisme des associations de terrain qui annoncent le désastre sanitaire qui va résulter du projet de loi, et des syndicats policiers qui dénoncent ses aspects contre-productifs … L’histoire a montré à de nombreuses reprises que les idées pouvaient s’avérer meurtières lorsqu’elles deviennent des finalités en soi et non un moyen au service d’une fin.
    A cet aveuglement idéologique s’ajoute un manichéisme prononcé qui alimente une guerre des sexe des plus stériles : les « blanches colombes » (les femmes) sont les victimes de l’homme prédateur et dominateur. Propension de nos sociétés modernes à la victimisation comme l’analysait il y a quelques années P.BRUCKNER. A ce jeu de la victimisation , on pourrait rétorquer que parmi les clients de la prostitution , il y a aussi des hommes victimes de l’abstinence forcée que leur infligent leurs épouses, des maris trompés : cela existe aussi, l’infidélité conjugale n’est pas l‘apanage que des hommes…. Des exclus de l’amour du fait de leur manque d’attrait physique dans un monde ou l’apparence fait des ravages aussi bien parmi ma gent féminine que masculine… et qui n’attendent guère plus d’une prostituée qu’elle leur apporte un peu de tendresse et savourer le bonheur d’être dans les bras d’une femme.
    On me répondra qu’il faut en finir avec ce droit des hommes à acheter le corps des femmes (pour la réciproque, cela se déroule sur les côtes africaines et dans certains pays d’Amérique du Sud, mais bien entendu, cela ne se passe pas en France et ce n’est donc pas la peine d’en parler). De quel droit parle t-on ? C’est inscrit dans la Constitution , dans le code civil ? A la base, il n’y a que des libertés, celles de chacun de disposer de son propre corps et de vivre sa sexualité comme il l’entend. Il arrive que les libertés soient bafouées. Les lois existent déjà pour protéger les libertés, ce sont les moyens qui manquent. Il est fort dommage de créer de nouvelles lois inefficaces et improductives pour pallier un manque de moyens.

    • ´´Des épouses qui infligent l’abstinence à leurs maris.´´ On aura tout vu. J’avais oublié que les femmes cousaient les yeux des hommes afin qu’ils ne voient pas les belles femmes qu’ils convoitent, qu’elles leur attachaient les mains pour ne pas qu’ils les touchent, qu’elles leur coupaient la langue pour les empêcher de rouler des pelles et pour couronner le tout qu’elles les obligent à porter une coque de chasteté pour tenir leur pénis hors de portée.

      Une femme a le droit de refuser tout rapport sexuel avec un homme qu’il soit son mari ou non, et ce, pour quelque raison que ce soit.

      • On appelait cela jadis « le devoir conjugal »… et un motif valable de divorce. Le mariage a toujours été une institution dont le but est la fondation d’une famille, ce qui implique des rapports intimes entre les conjoints.
        Pour différentes raisons tout à fait compréhensibles au demeurant, une femme peut refuser tout rapport sexuel à son conjoint. Le couple ne souhaite pas pour autant divorcer, un fort lien affectif peut subsister entre les conjoints. L’homme a recours alors à une prostituée , parce qu’il ne souhaite pas non plus faire une croix sur toute vie sexuelle, et même son épouse lui concède. La femme sait que son mari fréquente une prostituée, mais le couple garde son équilibre pour autant. Est-ce un mal ?

        • Quelle étrange manière d’envisager la question… Et ces deux femmes, où est leur désir? Que devient-il? On se le met derrière l’oreille et on le fumera tout à l’heure? Mais tout à l’heure ne vient pas, parce que la maman ou la putain, alternative classique, ne tient compte que de ce qui importe au dominant: il dispose de l’utérus de l’une et des orifices de l’autre. Et elles sont censées s’en accommoder, puisque monsieur est satisfait. Ça pue le machisme à plein pif, mais d’aucuns n’ont pas de nez pour ce genre d’effluve.

          • La réciproque est aussi valable : un homme qui refuse tout rapport sexuel à son épouse… Peut être que ce cas de figure vous interpellera plus.. et que vous excuserez les infidélités de la femme, si détestables quant elle provient de l’homme.
            C’est juste le lot quotidien de beaucoup de couples…. Dans le jeu du désir dans un couple, l’égalité n’est pas toujours de mise.
            Si les prostitués ont déclaré au moment des débats sur la pénalisation, que cela provoquerait une explosion du nombre des divorces, c’est bien que la prostitution joue un rôle de régulateur social. Certes, c’est une béquille… mais une béquille , cela permet de rester debout…

          • Au cas où ça vous aurait échappé, le débat est politique, et non psychologique. « Dans le jeu du désir dans un couple, l’égalité n’est pas toujours de mise », écrivez vous. La question est de savoir comment sont traités socialement et politiquement le désir des uns et des autres dans une société patriarcale pensée et organisée par les uns au détriment des autres. Une béquille pour l’injustice, ça permet de tenir debout… à l’injustice.

  32. Madame Alonso
    Monsieur Badinter est dans le registre de l’analyse rationnelle et de la description des faits, même si on adhère pas, son discours est constructif… vous êtes dans celui de l’idéologie, la morale, et même, à certains moments, dans l’invective et voire l’insulte.
    Aucune discussion n’est possible si on adhère pas à votre idéologie.
    Plus on vous lit, plus on se pose la question « Pourquoi autant de haine contre tout ce qui porte un pénis ?? » Peut-être devriez-vous faire un travail sur vous-même ?
    Cela étant, sur la forme, il faut reconnaître que vous avez un joli style.
    Cordialement
    Emilie Becker

    • Merci! Le style, c’est le plus important. Quant à ma supposée « haine » (le mot est fort, non?) contre « tout ce qui porte pénis », les gens qui, contrairement à vous, me connaissent, savent ce qu’il en est. J’ai une aversion profonde contre l’injustice et la violence. Je suis de celles et ceux qui pensent qu’on peut essayer d’agir contre les abus de pouvoir et les traditions dégueulasses. Je ne trouve pas du tout le discours de Badinter « constructif », je le trouve défensif d’un ordre qui me répugne. Je me garde bien de l’invective et de l’insulte. Mais l’ironie, voire la moquerie, me paraissent légitimes, voire élégants, contre la bassesse.

  33. « Le style, c’est le plus important. » justement non c’est juste de l’habillage. Un décors en carton-patte peut être suffisant pour convaincre certain public, ceux qui se contentent d’un discours superficiel, mais sur le fond quels sont vos arguments ? De quel droit, vous arroger le droit d’empêcher des adultes consentants à avoir des relations sexuelles, fussent-elles tarifiées ?
    Le proxénétisme et la prostitution forcé sont des pratiques inadmissibles, les pouvoirs public doivent se donner tous les moyens de les combattre, mais ce n’est certainement pas une raison pour empiéter sur la liberté des femmes qui souhaitent se prostituer. Qui êtes-vous pour décider à leur place ce qui est bien pour elle ?
    Même si ça vous horripile, les hommes ont toujours eu des besoins sexuels (sans cela l’espèce humaine serait éteinte depuis bien longtemps, et nous ne serions même pas là pour en parler), vous ne le savez peut-être pas mais cela s’appelle (à juste titre) la « pulsion de vie ». Il faut une profonde méconnaissance de la biologie, et de la psychologie humaine pour penser qu’une loi risque d’y changer quoi que ce soit. Autant faire une loi contre la pluie. Et ne venez pas déformer mes propos, comme vous le faites avec M Badinter, ne venez pas me dire que je fait l’apologie du viol, je parle bien de relations entre adultes CONSENTANTS.
    Posez-vous la question, ce n’est peut-être pas tout à fait par hasard si l’offre a toujours trouvé une demande et inversement, la demande a toujours trouvé une offre, et cela depuis la nuit des temps et dans toutes les sociétés.
    La prostitution est interdite tant dans des dictatures que dans des pays démocratiques comme la Suède. Dans ce pays par exemple, qu’observe-t-on ? Depuis l’interdiction de la prostitution, le nombre de viols a littéralement explosé! Autre chose : un homme qui ne peut pas « baiser » parce que sa femme ne le souhaite plus, cela provoque des problèmes de couple et même des problèmes de santé. Bref, il existe des effets collatéraux terribles à l’interdiction de la prostitution.

    PS :
    Pour votre info la Commission des droits de l’homme vient de rappeler à la France qu’ il n’appartient pas au législateur pas d’édicter des normes sur l’intimité entre adultes consentants : http://www.metronews.fr/info/prostitution-la-penalisation-des-clients-desapprouvee-par-la-commission-des-droits-de-l-homme/mnew!k0HoAsYxhi8/

    • Clarifions. L’importance du style, c’était une pointe d’humour. Ce qui est vrai pour la littérature ne l’est pas forcément pour l’expression des idées, même si ça a son importance.
      Pour le reste, soyez mignonne de ne pas me donner de leçons genre vous ne le savez peut-être pas mais cela s’appelle (à juste titre) la « pulsion de vie » sur la « pulsion de vie ». Songez plutôt à ne pas sortir d’énormités sur l’explosion du nombre de viols en Suède parce que là vous nagez dans la fantaisie pure.
      Les hommes et les femmes ont des « besoins sexuels » de même intensité, une « pulsion de vie » équivalente. Ils ne sont juste ni traités ni respectés de la même façon. Ce n’est JAMAIS une excuse pour abuser d’autrui.
      Le « consentement » est précisément un problème. C’est le mot des violeurs. Leur excuse et leur explication. Le viol, c’est le point de vue de la personne, homme ou femme, agressée. Se baser sur un mot aussi sujet à caution pour construire un raisonnement ne peut donner qu’un résultat: conforter l’ordre établi. Libre à vous.

      • Vous êtes-vous déjà interrogé pourquoi une écrasante majorité des clients de prostitué(e)s (ou des prostitueurs pour reprendre le vocabulaire officiel abolitionniste) sont des hommes (99% selon les chiffres officiels mais j’ai fâcheusement tendance à me méfier des chiffres officiels du Nid ou de la Fondation Scelles)? Pour vous, c’est certainement à cause du système patriarcal, de l’éducation qui dit que les corps des femmes sont là pour être à la disposition des envies irrépressibles des hommes, de la culture du viol, etc… Je suis d’accord avec vous sur un point, non, les envies des hommes ne sont pas plus irrépressibles que celles des femmes. Pour le reste, je pense que nous sommes simplement l’héritage de 2000 ans d’histoire qui disent que c’est normal pour un homme de multiplier les partenaires (les « Don Juan ») mais pas pour une femme (les « salopes »). C’est, je suppose, ce que vous appelez le patriarcat (notion qui reste pour moi bien creuse car elle m’évoque trop une espèce de théorie du complot). Mais ça ne veut pas dire que les femmes sont des anges qui jamais n’achèterait le consentement d’un partenaire sexuel. Juste que ça prend des décennies pour que les mentalités évoluent. Si on considère que la sexualité des femmes a commencé à se libérer il y a seulement une quarantaine d’années, il faudra certainement attendre encore un peu pour que beaucoup de femmes se décident à franchir le pas et assument qu’elles aussi peuvent faire appel à un professionnel en cas d’envie. D’ailleurs certains gigolos le disent, cette activité est déjà en explosion depuis quelques années, et a suivi la même évolution que l’industrie des sex-toys. Lorsque le pourcentage de clientes sera à 20, 30, 40%, ce qui finira par arriver j’en suis sûr, votre idéologie tombera totalement à l’eau. Mais peut-être cherchera-t-on à ce moment-là à cacher ces statistiques comme on manipule déjà les chiffres entre les prostituées contraintes et les autres. Néanmoins, je pense que les clients masculins seront toujours sur-représentés car je pense que le fait que les hommes ont une plus grande faculté que les femmes à pouvoir avoir des relations sexuelles sans sentiment est une vérité et pas une construction culturelle. Et aussi parce que biologiquement, il est moins facile pour un prostitué homme d’enchaîner plusieurs rapports par jour, contrairement à une femme, si vous voyez ce que je veux dire. Mais contrairement à vous qui semblez accrochée à votre idéologie et qui n’admet aucun argument qui viendrait s’y opposer, j’avoue que je peux me tromper.

        • Lisez la définition de « patriarcat » dans le dictionnaire. C’est un système social dans lequel les hommes détiennent le pouvoir sur les femmes. Le patriarcat dans lequel nous vivons encore malgré quelques aménagements, est plus ancien que le capitalisme. Pas plus de complot que de beurre en branche. Mais, comme vous le dites vous même, beaucoup de résistance à simplement admettre que ça existe et que ça affecte notre vie. Les femmes ne sont pas plus vertueuses que les hommes. Elles n’ont juste non seulement jamais exercé le pouvoir mais jamais même contrôlé leur propre vie.
          Quant a avoir des relations sexuelles sans sentiment, je ne vois pas que cela constitue quelque chose de positif, au contraire. Établir un rapport affectif, même de courte durée me parait plus riche et intéressant. Opinion personnelle.

  34. Concernant l’explosion du nombre de viols en Suède depuis que la prostitution a été interdite, ce n’est pas moi qui le dis. Prenez le temps de taper « viol suede » sur un moteur de recherche…je ne vous mâcherai pas le boulot à vous de faire le tri et trouver les sources sérieuses et documentés.
    Pour le reste vous ne répondez à rien, en dehors de vos jolies pirouettes stylistiques vous n’avez aucun argument à opposer :
    -De quel droit, vous arroger le droit d’empêcher des adultes consentants à avoir des relations sexuelles, fussent-elles tarifiées ?
    -Que proposez vous à la place aux prostituées à par votre condescendance, et accessoirement la misère ?
    -Comment peut-on à se point nier les différences entre hommes et femmes ? Non non et non les hommes et les femmes ce n’est pas pareil ! et cela n’a rien à voir avec la morale, ni avec le principe d’égalité. Le nier c’est être dans le déni de réalité.

    Vous êtes manifestement dans une posture victimaire et revancharde, la gente masculine vous répugne, vous révulse, et cela vous fait perdre le sens de la raison. Heureusement vous avez attiré sur ce forum quelques « consoeurs » qui sont manifestement dans le même cas que vous, n’empêche vous devriez consulter de toute urgence ! Je le pense sérieusement.

    • Et voilà! C’est reparti dans les considérations intempestives sur ma personne. Je ne réponds à rien? Donnez vous la peine de lire.
      Je devrais « consulter d’urgence »? :-) Puisque vous vous occupez de ma santé, laissez moi vous donner un conseil amical: inscrivez vous au fan club de Robert Badinter. Vous y serez heureuse. Ça vous fera du bien.

  35. Oui j’ai lu attentivement votre longue prose, et je n’y trouve absolument rien en réponse à mes questions, pourtant très précises. Vous vous limitez à invectiver ceux qui, comme M Badinter, ne sont pas d’accord avec vous.
    Il ne suffit pas de se payer de mots, comme « patriarcat », « violence masculine », et autres termes victimaires, en faisant fi de la réalité pour construire une argumentation.

    J’attends donc toujours un début de commencement de réponse.
    Et je crois que je vais pouvoir attendre longtemps ^^

    Sinon merci du conseil de m’inscrire au fan club de M Badinter, mais voyez, contrairement à vous, je trouve un intérêt très limité de débattre uniquement avec les personnes on est d’accord.

  36. Trop facile de prétendre que c’est « l’autre » qui n’a pas compris.
    J’ai relu très attentivement votre texte, et l’ensemble des textes de votre blog, et je maintiens que vous ne donnez aucune vrai réponse à ces questions :

    -De quel droit, vous arroger le droit d’empêcher des adultes consentants à avoir des relations sexuelles, fussent-elles tarifiées ?
    -Que proposez vous à la place aux prostituées à par votre condescendance, et accessoirement la misère ?
    -Que proposez-vous aux hommes qui n’ont que ce moyen, à part la misère sexuelle à perpétuité ?
    -Pourquoi nier les différences entre hommes et femmes ?

    Vous êtes dans le dogmatisme, l’idéologie, complètement déconnectée des réalités, mais ne représentez qu’une ultra minorité de « féministes » revanchardes contre des millions de français et contre toute une profession que vous méprisez et faites mine de protéger.
    Si par malheur elle est adoptée, cette loi se retournera contre vous, et malheureusement contre toutes les femmes.

    • Si vous avez lu, vous n’avez pas compris. Je ne vois pas comment vous comprendriez davantage, puisque je ne ferais que répéter mes opinions qui sont le fruit de ma réflexion et de mon analyse, depuis plus de vingt ans. Vous me caricaturez depuis le début de ce qu’on ne peut même pas qualifier d’échange tant votre registre d’expression passe par ma disqualification (condescendance, haine, revanche, déconnection, etc…). Ceci est donc ma dernière réponse.
      I know better than that…

    • - Personne ne s’arroge de ce droit.
      - les femmes qui choisissent la prostitution le font par manque de choix et/ou pour répondre à une détresse et donc une forme de liberté contrainte. Le rôle du féminisme est de parvenir à faire un choix éclairé. Si vous même en posant votre question, vous demandez ce qu’on propose aux prostituées, vous venez d’admettre qu’elles sont poussées vers ce choix comme s’il n’y en avait pas d’autres. Merci aux féministes qui demandent plus de droit et plus de choix.
      - pourquoi ce serait aux femmes de leur proposer un choix ? En posant cette question, vous admettez que les hommes ont un problème. Que propose t-on à une personne qui veut voler et qu’on lui refuse cette option ? J’ai bien dit VOLER.
      -les féministes n’ont jamais dit qu’un homme était une femme. Il ne faut pas confondre identité et société orientée vers des privilèges machistes. L’exemple suivant devraig vous aidez à comprendre : à travail et compétences égales, la femme gagne moins que l’homme.

  37. Même si je ne partage pas du tout les thèses d’Isabelle ALONSO sur le sujet du sexe tarifé , je lui reconnais au moins le respect de la liberté d’expression et des débats contradictoires. Sur beaucoup de blogs militants, nos commentaires « à contre-sens » auraient été effacés. Rien que pour cela, je dis « chapeau-bas » Madame ALONSO qui est moins sectaire que je ne me l’imaginais.

    • Merci! Le débat, c’est la démocratie. Je ne censure que les insultes, et encore, il m’arrive d’en laisser passer certaines, non pas parce que j’estime qu’elles méritent d’être publiées, mais pour qu’on sache que ça existe.

  38. En tant qu’homme j’avoue que j’ai des difficultés à me positionner sur le sujet.
    Vous écrivez: « Personne n’a le droit de payer pour disposer du corps d’autrui. »
    J’imagine que vous parlez d’une disposition pour des fins sexuelles.
    S’agit-il d’une telle disposition de corps dans les cas suivants, où à chaque fois la vue, la proximité ou le toucher d’un corps féminin peuvent exciter sexuellement les hommes dans des situations qu’ils sont en mesure de créer pour de l’argent:

    1. Je paie une femme pour être près de moi, me caresser la tête de ses mains nues, avec ses seins (certes, couverts) à 15 cm de mon nez (dans un salon de coiffure).

    2. Je paie une femme pour m’administrer un massage ordinaire relaxant, sans nudité ou excitation directe du pénis.

    3. Je paie pour voir un spectacle de Crazy Horse où des femmes dénudées dansent sur scène.

    4. Je paie une femme pour se dénuder et m’administrer un massage corps-à-corps relaxant avec à la fin excitation manuelle du pénis jusqu’à l’orgasme.

    5. Je paie une femme pour se dénuder et m’administrer un massage corps-à-corps relaxant se terminant dans une fellation ou dans une pénétration.

    Où se trouve la ligne rouge selon vous, quelles sont les situations qu’il faudrait bannir? Quels sont les critères pour décider?

    • Vraiment? Vous ne voyez pas la « ligne rouge »? Soit vous jouez les candides, soit vous ne disposez pas de la moindre capacité à vous mettre à la place d’autrui et voir la chose de son point de vue. Je ne peux pas croire que vous ne faites pas la différence entre un shampooing et un coït. Ce qui ne me dit rien qui vaille sur votre vie sexuelle!

      • La question n’est pas de savoir s’il y a une différence entre 1 et 5, les deux extrémités.
        Ce sont évidemment les cas intermédiaires qui sont intéressants. Qu’est-ce qui signifie « disposer du corps d’autrui » selon vous? Percevoir la nudité de l’autre l’est-il en soi? Se faire caresser les cheveux ou les cuisses, ce n’est pas disposer de l’autre, se faire caresser la verge avec la main, ça l’est? Où commence la sexualité masculine?
        Au final, vous n’avez pas répondu à ma question. La ligne rouge, vous la mettez où et pourquoi?

        P.S. Merci d’avoir réduit mon raisonnement à sa caricature et d’avoir attaqué ma vie privée.

        • Attaqué votre vie privée? Franchement, vous poussez le bouchon. Votre texte prête à sourire, mais pour ne pas pleurer. Pardon si je vous ai offensé, ce n’était pas le but. Alors voilà:
          - situations 1 et 2, coiffeuse et masseuse-kiné: elle font leur boulot. Vos projections mentales sur elles ne font pas partie de l’échange. C’est votre problème à vous. Elles s’en foutent. Ou au moins, elles font avec le client lourd (bien connu aussi des esthéticiennes).
          - situation 3: les danseuses font leur boulot. Elles se donnent en spectacle dans le cadre d’une culture qui a toujours fait un spectacle du corps des femmes. Mais le quatrième mur qui sépare le public de la scène les protège, les isole, leur permet de ne pas tenir compte du cinéma perso que se joue chaque spectateur dans sa petite tête. Le spectacle fut à l’origine conçu par Alain Bernardin qui visait une clientèle haut de gamme, d’où la beauté et le talent des artistes. Il n’en reste pas moins qu’il parlait d’elles comme on parlerait d’un quartier de viande.
          - situations 4 et 5: « massage » corps à corps, avec finition main ou vagin. Ici, il ne s’agit plus de projection mentale de vous vers elle. Ici, l’intimité de l’autre personne est engagée. Elle manipule vos parties génitales, qui ne sont pas une partie neutre de votre personne, convenons-en, et elle le fait sans désir, parce que vous lui donnez de l’argent pour ça. Vous en avez les moyens. Elle ne s’implique pas, elle encaisse. Et vous, vous bénéficiez de siècles de tradition d’un abus de pouvoir institutionnalisé au pont qu’il finit par être perçu comme « naturel ».
          Entendons nous: je ne vous juge pas, ça n’a aucun intérêt pour moi. Vous pourriez, avec sincérité, essayer d’imaginer l’autre point de vue. Promenez vous dans la rue, et regardez les femmes qui passent. Pas les jeunes et jolies, juste les femmes banales, inconnues. Pas particulièrement bandantes. Et visualisez la scène:vous devez, de but en blanc, parce que les circonstances de la vie en ont décidé ainsi, arriver à les faire jouir. Cela ne vous donne qu’une petite idée, car dominants et dominés ne sont jamais symétrique. Mais déjà, peut être, ça vous aiderait à comprendre.

  39. Mon but était de savoir à quel point le niveau d’implication du corps féminin était un facteur distinctif selon vous. La question m’est venue car il existe des salons de massage où la séance est constituée d’un massage « choréographique » et le rapport même se limite à l’excitation manuelle à la fin. Dans la logique que vous décrivez, la loi future doit s’appliquer aussi à ces salons et à leur clientèle. Merci de votre réponse claire.

  40. Bonjour,
    Je n’essaierai pas d’expliquer par quelles voies je suis arrivé ici et peu importe néanmoins j’ai une question.
    J’aurais aimé savoir ce que préconisent les féministes radicales tenantes de cette loi sur le cas de ces clients mâles qui paient des femmes pour les frapper, les insulter les sodomiser… oups je rectifie, pour SE faire frapper, insulter, sodomiser par elles… voilà c’est mieux. Doivent ils aussi être assimilés à des violeurs et donc mis à l’amende et envoyés en stage de bonne conduite avec les autres pour racheter leur fautes ? Ou bénéficient ils à vos yeux d’une certaine clémence puisque pour le coup, par empathie ou par goût, allez savoir, ils ont choisi de ne pas perpétuer la violence mais de la subir ? Est-ce qu’à eux aussi la liberté d’acheter un service sexuel entre adultes consentants doit être interdite ? Merci.

    • Très drôle. Précision: de même que la lutte des classes n’est pas un combat dans une arène opposant des gladiateurs-patrons à des gladiateurs-ouvriers, le patriarcat n’est pas l’opposition entre des gentilles femmes vertueuses et des méchants hommes cruels. La loi de la jungle n’est pas un code civil punaisé sur un ficus de la forêt amazonienne. Le commerce triangulaire n’est pas du trafic d’équerres.
      Sachez que les compliqués de la libido qui aiment se faire fouetter sont aussi pénibles à supporter que les autres « clients » dits normaux. Ils imposent aussi une relation sans désir. Ils sont de ce fait des « clients » comme les autres, des bénéficiaires de la prostitution d’autrui et donc des proxénètes.
      Voilà de quoi nourrir votre réflexion.
      Bon dimanche.

      • « SACHEZ que les compliqués de la libido qui aiment se faire fouetter sont aussi pénibles à supporter que les autres « clients » dits normaux.  »

        On voit que c’est du vécu^^
        En tout cas chapeau bas Madame, pardon Majesté, vous avez tout vu, vous savez tout, et sur tous les sujets !

        • Merci, merci, ça me va droit au coeur! :-) Blague à part, j’ai beaucoup lu sur le sujet et parlé avec des personnes pour qui oui, c’est du vécu. Voilà tout. Pas sur tous les sujets. En philatélie et en horticulture, je n’assure pas une cacahuète.

          • Le jour où vous aurez rencontré autant de filles de joie que j’en ai tringlés, sans compter celles qui sont devenues mes amies…vous pourrez peut-être venir nous donner des leçons !

          • « Le jour où vous aurez rencontré autant de filles de joie que j’en ai tringlés, … »

            Magnifique, pour cet intervenant qui se vante de tringler des femmes, le fait d’avoir des relations sexuelles avec des personnes prostituées lui donne autorité pour savoir ce qu’elles vivent, et pensent des clients. Dans cette approche, pourquoi ne pas demander aux violeurs ce que ressentent les victimes de viol, aux patrons ce que c’est d’être ouvrier et aux trafiquants d’esclaves ce que subissent les êtres humains qu’ils trafiquent. En tant que client, vous êtes LA DERNIERE personne a pouvoir donner un avis informé sur ce que c’est d’être prostituée. Quant au fait que vous tringlez des femmes, ça revient à reconnaître qu’on est incapable de donner du plaisir à une femme, et il n’y a vraiment pas de quoi s’en vanter.

          • Réponse à Sporenda :

            Vous tronquez volontairement mes propos pour les dénaturer, en oubliant la fin de ma phrase, ce qui change radicalement le sens.

            Vous ne me connaissez pas et vous brodez sur vos fantasmes. Si je suis un agresseur, un « violeur »(sic), alors je suis comme près d’1 homme sur 3 qui a eu l’occasion de rencontrer des prostituées dans sa vie, peut-être votre compagnon… mais alors, pardonnez moi, mais vous vous êtes une hystérique, une menteuse, et vos idées sont totalitaires.
            Et contrairement à vous je me base sur la réalité pour l’affirmer, pas sur des fantasmes.

            Avez-vous une seule fois demandé son avis à une professionnelle ? Vous dénoncez le paternalisme, mais vous faites bien pire en prétendant décider à leur place ce qui est bien pour elles, en les infantilisant, et faisant fi de leur libre arbitre.

            J’ai rencontré de dizaines de filles (escorts et traditionnelles), avec certaines d’entre-elles nous sommes toujours en contact, certaines me sollicitent régulièrement par email (probablement pour se faire violer^^). J’ai toujours respecté toutes les femmes que j’ai rencontré et avec qui j’ai eu des rapports, et probablement infiniment plus que certains maris ne respectent leur épouse ou leur compagne régulière. Jamais je ne me suis permis de faire quoi que ce soit contre leur volonté, cela ne m’a jamais effleuré l’esprit.
            Si certains hommes sont des salauds, se sont les mêmes que dans la vie en général hors contexte de prostitution. Ce sont les mêmes qui obligent leurs compagnes ou leurs femmes à des pratiques, se sont les mêmes que ceux qui maltraitent leurs femmes.
            Et vous savez quoi ? 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son mari (c’est beaucoup plus que le nombre de prostituées), et parfois c’est l’inverse, même si c’est plus rare il existe des maris battus par leurs femmes!.
            C’est abject, c’est inacceptable….mais alors faut-il pour autant interdire le mariage, ou la vie en couple ?
            La prostitution existe depuis toujours, et que vous le vouliez ou non elle existera toujours, car cela correspond à de vrais besoins de part et d’autre. Pour simplifier :
            -besoin pour des hommes qui ne trouvent pas de partenaires
            -besoin pour des femmes qui ne souhaitent gagner beaucoup d’argent, qui ne souhaitent pas être caissière, balayeuse…
            Ce n’est pas par hasard si la prostitution est interdite dans toutes les dictatures. Vous devriez essayer de sortir de vos idées fixes, et au lieu d’essayer de les disqualifier, écouter attentivement les arguments de vos contradicteurs, comme ceux de M Badinter, des associations, ou de la ligue des droits de l’Homme.

  41. Je dois avouer que vous m’avez convaincu. Permettez-moi de partager mes réflexions que vous avez stimulées, elles n’ont probablement rien de nouveau pour vous, mais sait-on jamais.

    La combinaison de ces deux caractéristiques rend le travail des prostituées unique:
    1. Les clients veulent satisfaire un désir. Ce n’est pas une nécessité absolue pour eux dont ils ne pourraient pas se passer: il y a toujours la masturbation. C’est comme se rabattre sur la balançoire à la plaine de jeu du coin au lieu d’aller sur une montagne russe dans un parc d’attraction. C’est moins plaisant mais on en meure pas.
    2. Les prostituées font un travail qui implique l’abandon de leur intimité, et le plus souvent le sacrifice de leur vie amoureuse / familiale au moins pour le période de prostitution.

    Il y a probablement d’autres travaux qui approchent en statut le point 2 (être un balayeur de rue n’est pas non plus une réussite sociale, masser ou traiter des gens dégoûtants est une affronte à notre intimité), mais tous sont nécessaires, aucun n’est là pour satisfaire un désir optionnel du client.

    Même s’il est possible que cela ne dérange pas quelques-unes des prostituées outre mesure et elles préfèrent ce travail plutôt que d’autres à ce moment de leur vie, il est impossible d’être certain des circonstances qui les ont menées jusqu’à ce point, et de leur attitude envers leur activité (souffrance ou pas). Il est aussi incertain comment elles pourront s’en sortir et mener une vie normale par après.

    N’empêche, si la prostitution est choisie (en tout cas, dans la perception de la prostituée), quelle autre alternative avons-nous dans l’immédiat (quitte à ne pas transformer la société complètement du jour au lendemain) pour assurer le même apport financier à ces femmes, qui disent en avoir besoin par exemple pour financer des études?
    http://www.radins.com/dossiers/prostitution-etudiante-jusqu-ou-faut-il-aller-financer-ses-etudes,1090.html

    Imaginons un instant que les clients prennent leur pied à regarder les prostituées prendre des drogues dures qui les détruisent mentalement et physiquement. En tout cas, l’effet sur la vie de la prostituée peut être tout à fait comparable.

    Encouragerions-nous les étudiantes à faire ça, afin de financer leurs études? Clairement non, même s’il n’y a pas de source de financement alternatif.

  42. Chère Isabelle,
    Merci infiniment pour nous, tous, vivants et vivantes, être libres.

    Comme le public a dû souffrir d’éternuement ou à tenter de se retenir avec les monceaux de poussières que notre bon vieux pépé nous a balancé ici !

    Face à ce discours qui étouffe autant qu’il terrorise, un texte juste, qui épingle et sabre au bon endroit.

    Respectueusement et avec reconnaissance,

    Une femme née en France Féministe Radicale, Aimant l’humanité quoi…

  43. Merci pour ce texte dont j’ai eu connaissance par le site de Patric Jean.
    Ca fait toujours mal de voir un homme qui a abolit la peine de mort soutenir la nécessité de la prostitution. Le sentiment de trahison suprême est intense. J’ai beau me répéter que l’être humain est de toute façon complexe et contradictoire, la blessure est vive. Et le plus triste, c’est que l’on se rend compte qu’il n’a aucune connaissance des réalités de la prostitution ni des déterminismes qui y conduisent des enfants, des jeunes, des hommes, des femmes.

    Au fond, on pourrait résumer son propos de la façon suivante: comme il a des copains influents, clients réguliers de prostitués (toutes situations confondues), il ne va pas soutenir une loi qui entravera leurs intérêts privés.
    Sinon, il se ferait très mal voir, voire destituer du trône qu’il occupe depuis plusieurs décennies, peu importe les souffrances et les violences subies par les personnes prostituées. Perdre son aura médiatique et politique est sans doute plus angoissant et violent pour lui que tout ce qu’il peut entrevoir des violences et souffrances liées à la prostitution.

    Sa façon de réagir et d’agir sur cette question me rappelle d’autres postures impostures.
    Car concernant tout ce qui touche au domaine des crimes sexuels, tout est toujours fait légalement, judiciairement, médiatiquement pour préserver ces crimes, rendre compliquée et hasardeuse la démarche judiciaire des victimes (qu’ils soient enfants, hommes, femmes) et relativiser l’amplitude de destruction des personnes ayant été victimes de ces crimes.

    Que les lois sur le viol soient insuffisantes, ce n’est pas un hasard. Que les crimes sexuels soient la plupart du temps correctionnalisés, ne tient pas du hasard non plus. Qu’il n’y ait toujours pas de loi sur l’inceste (même s’il y a eu un an d’existence de loi pénale pour ce crime qui touche de très nombreuses familles tous milieux sociaux confondus), ce n’est pas un hasard. Que l’ensemble des crimes sexuels ne soient toujours pas répertoriés au titre de crime contre l’humanité, ne tient rien du hasard.
    Que le viol soit toujours une arme de guerre généralement jamais puni, n’est pas un hasard non plus.
    Que ce soit toujours aux victimes de prouver la mise sous contrainte qui a conduites à subir des violences sexuelles, n’est pas non plus le fait du hasard.
    Il y a derrière ces injustices, ce maintien criminel, un plan politique qui transcende les courants idéologiques et les partis, qui consiste à définit la violence sexuelle comme le meilleur moyen avec l’esclavage de perpétuer des pouvoirs totalitaires.
    Alors pourquoi légiférer contre quand cela va à rebours des intérêts de la domination en général? Intérêts qui sont toujours préservés par tous les politiques de quelque bord idéologique ils se trouvent et quoi qu’ils disent.

    Bien sûr, cela ne sera jamais dit aussi clairement mais c’est complètement l’idée cynique qui prévaut. Tant au plan national qu’international.
    Et ça dépasse le cadre purement féministe, cette question.

    Pour moi, la prostitution, l’inceste, le viol, les attouchements, les mutilations sexuelles, tout cela fait partie d’un même projet politique de domination totalitaire et de destruction volontaire des individus (hommes, femmes, enfants, ados). Et il me semble que l’on ne pourra en sortir que si l’on lutte politiquement et judiciairement en regroupant tous ces crimes ensemble. Séparer les luttes, c’est un peu comme vouloir couper une seule tête de l’hydre. Même en cas de victoire, il en repoussera sept autres sur l’emplacement de la tête coupée…
    Donc l’abolition de la prostitution doit aller de paire pour être efficace avec une loi sur l’inceste, des lois beaucoup plus sévères sur les violences et crimes sexuels.
    Je crois que tant que les féministes avec les ligues de droits humains fondamentaux et les hommes et femmes de bonne volonté ne se grouperont pas pour réclamer la qualification de crimes contre l’humanité pour l’ensemble des crimes sexuels (y compris la prostitution) et décréter l’illégitimité et la nocivité absolue des atteintes et violences faites au corps et aux sexes des personnes, on ne pourra pas changer la donne.
    Bien sûr, cela nécessitera un combat politique et associatif d’envergure et de longue durée. Mais qui sera de mon point de vue plus porteur que d’isoler une violence après l’autre et tenter de les pénaliser.

      • N’y a-t-il pas moyen d’agir avec l’aide de Gisèle Halimi (qui connaît bien le personnage), tant qu’elle est encore de ce monde pour contrer Badinter et faire entendre une autre voix sur le sujet?

      • C’est normal si on considère le nombre d’hommes complètement ignorants de la situation et du vécu des femmes. Tous ceux que j’ai lus ici sont tellement égoïstes et déshumanisés par leurs privilèges sexuels et autres. «Si les femmes s’entendaient, les hommes ne seraient que des idiots» Et malheureusement, cette dame est la pire sourde qui ne veut pas entendre.

        • La dame sourde, c’est vnsa. Je ne comprends pas ces femmes qui ne voient pas les injustices, les attribuent aux féministes! Elles vivent encore à travers les hommes comme dirait Simone de Beauvoir.

    • Monsieur Badinter est contre cette loi parce qu’il aurait de copains clients…ben voyons !!
      On peut savoir ce qui vous permet d’affirmer ça ???

      Le reste de votre message est à l’avenant.
      Manifestement on nage en plein délire, il faudrait voir a redescendre sur terre.

      • Ce qui permet d’affirmer cela? Mais ce qu’il DIT! Comme je l’explique en détail dans mon texte. Vous ne partagez pas mon point de vue? Ça vous regarde! On nage « en plein délire »? Ou vous en naïveté profonde?

        • « Ce qui permet d’affirmer cela? Mais ce qu’il DIT!  »
          Merci donc de nous citer une phrase que M Badinter a dit, et qui vous permet d’affirmer qu’il a « des copains clients » ce qui expliquerait sa position contre la pénalisation.
          J’attends votre réponse avec impatience^^

  44. Je suis contre la penalisation des clients sans doute parce que j’ai été client.Je n’avais pas l’impression de dominer c’est la prostituée qui menait le jeu.Je connaissais suffisammentles prostituées que je fréquentais pour savoir qu’elles n’étaient pas contraintes.
    Comme domination de l’homme sur la femmme on fait mieux beaucoup mieux.Le califat d’Irak vient d’ordonner les muitilations génitales sur les femmes.Cà c’est de la domination hommes femmes et personne n’en parle.
    Je ne comprends pas cette focalisation sur la prostitution .Rien n’empèche les femmes de d’offrir des hommes.Elles en ont les moyens maintenant.
    De toutes façons les feministes enragées ont déjà gagné.Tous les bars à hotesse ont fermé à Paris.On venait y chercher du sexe biensur mais aussi du fun et de la compagnie .Fin d’une époque .

    • Et oui, fin d’une époque! Celle du libre accès au corps des femmes, à leur intimité, par le biais du monopole masculin sur l’argent… D’autres regrettent le bon vieux temps des colonies. En ce qui me concerne je trouve que ça ne va pas assez vite.

  45. Eh oui moi je le regrette même si vu mon age mon intérêt pour la sexualité décline.Cela augmentera simplement la solitude et la misère sexuellle de certains hommes .On achetait une prestation qui dans les bars à hotesses ne comportait pas que du sexe et n’avait rien de dégradant .Leurs conditions de travail n’étaient pas pénibles et celles que j’ai connues étaient libres même si elles avaient des problèmes financiers . L’une est retournée bosser à Carrefour je ne crois pas que cà améliorera les choses.
    Rien n’empèchait les femmes de faire la même chose quelques unes le font d’ailleurs d’ autres sont trop orgueilleuses pour s’y résoudre

    • Assez d’accord avec vous chanal : les contextes d’exercice de la prostitution sont très différents : à la prostitution des bois « à la hussarde » , on peut opposer la prostitution d’établissement. La finalité de la première est similaire à celle des nombreux établissements libertins (qui ne posent aucun problème de conscience aux puritains abolitionnistes et aux féministes) : de la sexualité bestiale, orgiaque, sans aucun jeu de séduction. Dans la seconde, la prostitution d’établissement (les bars à hotesse que vous évoquez,ou les maisons-closes FKK allemandes), la structure des lieux permet le « social time » (temps d’échange et de discussion dans les espaces communs : lounge, bar, restaurant…). On y passe de longs moments de confidences avec les filles, de discussions autour de tout et de rien, des moments de tendresse et de complicité qui ne sont en rien déshumanisantes. Post coitum, on reste souvent enlacés , bien au dela du temps réglementaire ou imparti facturé. Le désir se mesure aussi facilement chez la femme qui a ses fonctions érectiles et de lubrification naturelle.celle qui vous demande la permission de vous embrasser, pupilles dillatées. Avec l’expérience, il est aisé de distinguer la comédienne de celle qui s’abandonne au jeu du désir partagé. Une fille que je connaissais d’un club allemand vient de se marier avec un (ancien) client habitué et éperdument amoureux d’elle. Des histoires d’amour, lorsque le contexte d’exercice de la prostitution le permet, c’est aussi fréquent , n’en déplaisent aux abolitionnistes que ne s’attachent qu’à voir la bestialité et les rapports déshumanisants de la rencontre tarifée .

      • Vous avez une opinion. Vous l’avez exprimée en long en large et en travers. Vous tournez en rond autour du totem, tel l’Apache espérant la pluie, sans vous poser de questions. Les femmes des « bars à hôtesses » ne jouent pas la comédie, elles jouissent, et tout le monde et content! Voilà, voilà. On a compris, ne revenez nous distraire de votre wishful thinking que quand vous aurez du nouveau, ou alors ouvrez votre propre forum. Parce que là, ce n’est plus un débat, c’est un mantra.

        • Je suis à vos ordres, je n’interviendrai plus sur votre page. C’est un engagement de ma part. Ouvrir mon propre forum ? C’est presque fait, je suis le modérateur d’un de ces forums de Punter que vous haissez. J’y censure tous les propos dégradants envers les filles de joie. Ces dernières sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à s’y inscrire, ont des fils qui leur sont dédiés , expriment leurs opinions et leurs souhaits pour une meilleure relation entre clients et professionnelles. Que les filles des bars jouissent ? Pas plus et pas moins que les « non professionnelles » … Des simulatrices , j’en ai eu autant dans ma chambre à coucher que dans des lieux de prostitution. La mécanique du plaisir et de l’orgasme n’est pas si linéaire que cela. On ne différencie pas la façon dont on pratique l’acte sexuel entre une « pro » et une « non-pro » : celui qui « baise une pute », c’est le même que celui qui « nique sa copine », celui qui fait l’amour à sa femme y mettra le même coeur à l’ouvrage avec une fille de joie. C’est juste le constat que je dresse des milliers de récits de Punter que je lis chaque année.

  46. Chère Madame Alonso,
    Nous avons bien compris que dans votre esprit, le client est coupable par définition, et la professionnelle toujours victime, par définition.
    Plus généralement de tous vos écrits transpire l’idée que « l’homme est toujours coupable et la femme toujours victime ». Bien.
    Mais alors que comment retombez vous sur vos pattes lorsque la dame prostituée abuse de la faiblesse d’un homme, salaud par définition certes, mais handicapé et en position de faiblesse :
    http://www.ladepeche.fr/article/2014/03/14/1839251-cahors-prostituee-condamnee-avoir-abuse-faiblesse-client-handicape-mental.html
    Nous attendons votre nouvelle pirouette avec impatience !
    Grosses bises

    • Madame,
      Que de bienveillance dans votre message!
      « Pirouette »?
      mes « pattes »?
      Non, de mes écrits ne transpire pas l’idée que toutes les femmes sont vertueuses et tous les hommes des des salauds. Soit vous ne me lisez pas, soit vous ne comprenez pas ce que vous lisez.
      Si vous attendez une « pirouette » vous allez attendre longtemps.
      iA

      • Vous ne le savez peut-être pas mais « retomber sur ses pattes » est une expression qui n’a rien de péjoratif.
        Pirouette non plus.
        Je n’ai pas attendu longtemps, comme je l’avais prédis (et comme à votre habitude) vous n’avez donné aucune réponse sur le fond. Vous restez dans votre registre habituel : victimisation – défensive – misérabilisme.

        • L’essentiel c’est que vous soyez contente! N’allez surtout pas lire ce que j’écris! Vous seriez moins gorgée d’autosatisfaction et votre humeur, peut être, s’en ressentirait-elle. Ou pas. Peut être être vous une intellectuellement honnête qui s’ignore, auquel cas je sais que vous deviendriez abolitionniste. La prostitution, comme l’esclavage en son temps et le patriarcat un jour, sera abolie pour peu que l’humanisme progresse. Ce qui est mon souhait, positif et joyeux, ne vous en déplaise.

  47. Désolé mais vos écrits ne sont pas le centre du monde.
    Je suis intellectuellement honnête, et j’ai fait l’effort de vous lire, pourtant je ne partage rien de votre idéologie, car je la trouve biaisée et d’un autre age. Tout est vu sous l’angle du « patriarcat » (comme si rien ne s’était passé depuis 200 ans), du combat des femmes contre les hommes, dans un registre marxiste de la lutte des classes à la sauce « lutte des sexes ». Vous ne voyez pas que c’est contre-productif.
    Vous devriez écouter les arguments d’une vraie féministe, brillante et intelligente : https://www.youtube.com/watch?v=4hRnlD4QW9k
    Si vous êtes intellectuellement honnête vous adhérerez à ces idées de bon sens.

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