Interview n°18: Claudine Legardinier

ABOLIR LA PROSTITUTION, UN ENJEU DE CIVILISATION

Par Sporenda

Claudine Legardinier, journaliste, est spécialiste du droit des femmes et de l’égalité des sexes. Auteure de plusieurs ouvrages sur ce sujet, membre du comité de rédaction de la revue « Prostitution et société » ex membre de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, elle est l’auteure, entre autres, de« La prostitution »,  »Les trafics du sexe, femmes et enfants marchandises » et de « Les clients de la prostitution, l’enquête », en collaboration avec Saïd Bouamama.

9782750902056_1_75 S : Un certain nombre d’associations de terrain sont contre la pénalisation des clients (Act Up, Médecins du Monde, Planning familial) et préconisent à la place une approche de « harm reduction »: aménager la prostitution en la légalisant  devrait selon eux permettre d’en éliminer les aspects les plus dangereux pour les prostituées. Que pensez-vous ce ces approches de « harm reduction »?

CL : Pour commencer, l’argument de la clandestinité et des risques sanitaires accrus qu’engendrerait une loi pénalisant les clients (que nous appelons les prostitueurs pour poser leur responsabilité centrale dans le maintien et le développement du système), est l’aveu de la dangerosité de l’activité prostitutionnelle : agressions, viols, meurtres, maladies en sont effectivement indissociables. C’est bien un sujet de première importance qu’il est temps de prendre en son entier. Les mêmes, qui invoquent la santé publique et le respect des droits fondamentaux, s’accommodent de l’hypocrisie actuelle, du chantage qu’exercent de nombreux clients prostitueurs en payant le double du prix pour des passes non protégées. Pourquoi ne pas dénoncer d’abord la réalité d’un rapport fondamentalement inégalitaire et ses risques mortels ?

Cette mouvance s’inscrit dans la droite ligne de la normalisation de la prostitution engagée depuis les années 1990, et dont la prévention du VIH a été le vecteur essentiel. Les fonds de prévention du sida ont été déterminants dans la création et la progression d’organisations militant pour la reconnaissance de la prostitution comme métier. Ces structures, qui ont chargé les personnes prostituées d’un rôle prophylactique en faisant d’elles des distributrices de préservatifs et des éducatrices (les hommes ne sont donc pas assez grands pour les mettre tout seuls ?) ont participé à la  légitimation du comportement des clients prostitueurs, promus au rang de consommateurs avertis, le préservatif tenant lieu de laissez-passer suffisant.

Pour nous, l’approche de réduction des risques est réductrice, précisément, en ce qu’elle porte surtout sur la prévention du VIH et des maladies sexuellement transmissibles. Or, la prostitution constitue une violence sexuelle lourde qui a des conséquences dévastatrices globales sur la santé. On ne peut plus ignorer les troubles du sommeil et de l’alimentation qu’elle engendre, les maladies gynécologiques, les dépressions, les troubles psychosomatiques, les stress post-traumatiques, les tentatives de suicide et les violences constitutives de l’activité. « Certains tentent de réduire la question de la santé au seul problème que constituent les maladies sexuellement transmissibles. Cette démarche est inefficace et dangereuse. De fait, elle occulte complètement les violences, les viols, les agressions, les traumatismes auxquels les personnes prostituées doivent faire face et qui constituent des risques pour leur vie même », dénonçait un collectif de médecins – dont le généticien Axel Kahn – s’engageant en faveur de la décriminalisation des personnes prostituées et de la pénalisation des clients, dans une tribune publiée dans Le Monde le 12 novembre 2013.

 Alors que Onusida met en avant « les inégalités de genre » comme « facteur essentiel de la transmission de l’épidémie », n’est-il pas temps, plutôt qu’aménager une activité ultra-dangereuse et du même coup la légitimer en faisant semblant de la sécuriser, de tout mettre en œuvre pour faire reculer cet emblème de l’inégalité entre les femmes et les hommes qu’est la prostitution, seul moyen d’apporter une vraie réponse en termes de santé ?

La réduction des risques est une réponse notoirement insuffisante dans le contexte d’explosion internationale de la prostitution et de la traite qui en est inséparable. C’est pourquoi la loi en discussion, qui abolit le délit de racolage pesant sur les personnes prostituées pour reporter la responsabilité pénale sur les prostitueurs qui les exploitent, est un grand progrès. Elle inverse enfin le rapport de force, le client s’exposant désormais à être dénoncé, et elle ouvre pour la première fois la possibilité aux personnes prostituées de trouver aide et repères pour échapper à l’enfermement et aux violences de la prostitution. Aujourd’hui la honte et la stigmatisation qui continue de peser sur elles les empêche de dire la vérité à un médecin ! C’est de cela d’abord qu’il faut les libérer !

qnw_logo_web_1Aucun droit fondamental à la santé ni à la sécurité  ne pourra jamais être garanti à une personne qui demeure dans la prostitution. « Nous voulons la sécurité, pas « plus de sécurité ». Nous voulons l’élimination des méfaits, pas leur simple réduction » déclarait en 2010 le Réseau d’Action des Femmes Autochtones du Canada.

S : Que répondez vous à certains opposants de cette loi qui pensent qu’il est incohérent de punir l’achat de rapports sexuels mais pas la vente?

CL : Nous répondons que la personne qui en est réduite à vendre son sexe et donc son intimité et son intégrité est une victime alors que celui qui l’achète, en profitant de sa situation de vulnérabilité, est un exploiteur. Nul n’est choqué du fait que, dans le code pénal, n’est punie que la personne qui achète un rein à autrui ; pas celle qui est contrainte de le vendre. C’est la même logique. Les personnes prostituées, qui sont les victimes du système prostitueur, doivent être protégées et non poursuivies. En revanche, les clients doivent comprendre qu’ils sont les derniers à imposer des actes sexuels sans avoir à en répondre. Imposer un acte sexuel en usant de la violence, de la contrainte, de la menace ou de la surprise est un viol ; l’obtenir par situation d’autorité, un harcèlement sexuel. Seul, le prostitueur continue d’exercer impunément ce « droit » au nom du fait que l’acte est rémunéré. Or, ce « droit » archaïque est à l’origine d’une explosion internationale de la traite des femmes et des jeunes filles dans le monde entier puisque le prostitueur, promu au rang de consommateur lambda, exige de la « marchandise » toujours renouvelée, et de préférence exotique (on pourrait parler de la dimension raciste et colonialiste de l’industrie du sexe).

Au plan juridique, les opposants critiquent la rupture d’égalité entre les deux personnes, prostituée et prostitueur. Or il ne peut y avoir rupture d’égalité que si la relation est contractuelle. Que voit-on dans la prostitution ? A l’un l’argent, le pouvoir financier et sexuel, à l’autre, le besoin d’argent, les pressions des proxénètes, la compétition entre prostituées, toutes réalités qui peuvent l’amener à se mettre en danger… L’idée de contrat étant une farce, il ne peut y avoir rupture d’égalité et un traitement différent peut être appliqué aux deux protagonistes.

S : Que répondez vous aux opposants à cette loi qui n’y voient que l’expression légale  d’un puritanisme moralisateur et d’une haine de la sexualité masculine ?

UnknownCL : Loin de vouloir rétablir une police des mœurs,  les abolitionnistes luttent pour l’émancipation des plus précarisé-es puisqu’ils militent pour une sexualité libérée des violences comme de l’emprise du marché. C’est le cynisme marchand qui les dérange, pas les plaisirs du sexe. C’est le pouvoir de l’argent, qui achète le consentement de l’autre et donc l’impunité. Ce qu’ils combattent n’est pas le libertinage mais l’exploitation sexuelle ; pas le désir, mais la pulsion à sens unique ; pas la vie privée,  mais le commerce de la sexualité.  La prostitution parle de tout, sauf de liberté sexuelle. La « sexualité » qu’elle défend est une sexualité aux ordres des dominants et du profit.

Et où Madame Badinter, puisque c’est notamment d’elle qu’il s’agit, a-t-elle vu que nous avions la haine de LA sexualité masculine ? LA sexualité masculine devrait-elle forcément être prédatrice, masturbatoire et totalement indifférente au désir de l’autre ? Il est inquiétant qu’une philosophe prétendument féministe ne fasse pas la différence avec la sexualité d’hommes – il y en a ! – respectueux de l’autre et de son désir. Nous ne haïssons ni ne rééduquons quiconque. Mais nous questionnons – avec un nombre croissant d’hommes comme les Zéromachos  -, l’idée universellement admise d’un désir prédateur, d’une sexualité machiste, violente, d’une pulsion prétendument irrépressible qui autoriserait l’exploitation d’autrui, et notamment des femmes étrangères et/ou en situation de précarité et de vulnérabilité.

imagesFaut-il donc rappeler que les clients prostitueurs ne sont pas tous les hommes mais une certaine proportion d’entre eux qui obéissent à des stéréotypes et n’ont pas évolué dans leur rapport aux femmes ? Des hommes nostalgiques d’un temps révolu, qui, pour résumer, ne supportent toujours pas l’idée qu’elles puissent leur dire non… La majorité des hommes, plus encore dans les jeunes générations, ne se satisfait plus de cette sexualité primaire d’agresseurs ou d’irresponsables et souhaite établir avec les femmes des rapports plus égalitaires. Nous ne nous en prenons ni au désir ni à la liberté sexuelle mais au machisme, à la liberté à sens unique et à la loi toute puissante du marché et du profit appliquée au corps et à la vie des femmes. Pour nous, il s’agit simplement de prévenir et de responsabiliser, de refuser toute répression des personnes prostituées et de porter des propositions adossées à un projet de société moins sexiste et plus solidaire.

La haine n’est pas de notre côté mais vient plutôt des lobbys favorables à la professionnalisation de la prostitution et du proxénétisme et qui nous gratifient de torrents d’insultes dans la mesure où nous faisons obstacle à leurs perspectives de profits.

S : Des féministes mais aussi des politiciens dans des pays réglementaristes comme l’Allemagne et les Pays-Bas dénoncent les multiples conséquences néfastes de la légalisation de la prostitution : explosion de la traite et de la prostitution des enfants, situation désastreuse des personnes prostituées, développement des réseaux mafieux… et préconisent de revenir sur cette légalisation. Par contre, au Canada, la position réglementariste semble progresser. Pensez vous que certains pays vont revenir sur la  légalisation?

images-1CL : Il est nécessaire de commencer par expliciter la notion de « légalisation de la prostitution ». Dans les pays concernés, où la prostitution n’était pas interdite, on a simplement conforté une situation déjà existante. En revanche, la nouveauté, c’est la dépénalisation du proxénétisme. La tromperie vient de la croyance que « légaliser la prostitution » voudrait dire améliorer les droits des personnes prostituées. En réalité, il s’agissait d’ouvrir la voie aux profits de la prospère industrie proxénète et de contrôler l’immigration, les « droits » des prostituées n’étant qu’un paravent pour y parvenir.

Les Pays-Bas en 2000, l’Allemagne en 2002, mais aussi la Suisse, la Grèce, l’Autriche, ont choisi cette approche qui a l’avantage de gonfler les recettes des Etats et des communes en y injectant les taxes et impôts issus de l’industrie du sexe. Mais le bilan de cet encouragement au « commerce du sexe » s’avère catastrophique : les réseaux criminels sont parvenus à infiltrer le réseau légal, le secteur illégal n’a fait que prospérer, les personnes prostituées, préférant l’illégalité, refusent de s’inscrire comme « travailleuses du sexe » et ne voient pas la couleur des droits qui leur avaient été si généreusement promis. Quant à leur théorique droit de plainte, c’est aux clients qu’il est désormais offert, eux qui sont en droit de poser une réclamation, de faire mettre à l’amende les fautives et de s’organiser en syndicats.

imagesLes Pays-Bas, par exemple, qui ne savent plus à quel saint se vouer, en sont à imposer le recul de l’âge légal de prostitution à 21 ans,  et imposent des « entretiens » de mise en garde aux personnes qui envisageraient d’entrer dans la prostitution ! Certains pays commencent donc à mesurer l’erreur historique qu’ils ont faite en donnant des gages aux proxénètes, promus au rang de chefs d’entreprise. Mais comment faire machine arrière ? Les maquereaux, qui de tout temps ont su obtenir la bienveillance des Etats grâce à des dons généreux, n’entendent pas se laisser dépouiller du formidable pouvoir – économique, social et donc politique – qu’ils sont parvenus à acquérir. Parallèlement, les clients prostitueurs, confortés dans leur bon droit, n’ont pas l’intention de renoncer à des privilèges désormais garantis par l’Etat.

images-1En ce qui concerne le Canada, on peut craindre que les choix politiques, qui doivent se décider dans les prochains mois, ne se portent vers le réglementarisme, à même de fournir des profits très tentants. Mais après tout, tout est possible. Qui aurait imaginé le renversement qui s’opère aujourd’hui au niveau des instances européennes, pourtant marquées depuis des décennies par un anti-abolitionnisme farouche ? Le 26 février 2014, le Parlement Européen adoptait une résolution qualifiant la prostitution et son exploitation d’obstacle à l’égalité et de violation des droits humains, prônant la pénalisation des clients et le soutien aux personnes prostituées. Moins de deux mois plus tard, le 8 avril, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe appelait les Etats  membres à pénaliser les acheteurs de « services sexuels » ! Un tournant encore impensable il y a peu, et une preuve de la prise de conscience qui gagne heureusement du terrain.

Faisons confiance aux abolitionnistes canadiennes qui mènent un travail acharné pour faire valoir le modèle suédois. En l’occurrence, il est décisif que la France vote la loi en cours d’examen au Sénat. Son exemple est attendu dans toute l’Europe et même dans le monde.

S : Les Verts ont été partout à l’avant-garde du combat pour la légalisation de la prostitution, au point que l’on a parlé de « proxénétisme Vert ». Que pensez-vous de cette implication des Verts dans la défense de la prostitution, et plus généralement des liens entre des politiciens et les lobbies pro-prostitution ?

UnknownCL : Les Verts ont été les premiers à apporter une reconnaissance politique aux mouvements pro-prostitution malgré la résistance effectuée au sein du parti par une frange importante d’abolitionnistes. On leur doit un lobbying acharné en faveur de la dépénalisation du proxénétisme et de la reconnaissance d’un statut de la prostitution en Europe. Dès 1991, à Amsterdam, le groupe des Verts du Parlement Européen co-organisait la Conférence sur les trafics avec la Fondation contre le trafic des femmes (STV, Pays-Bas) et obtenait « la distinction entre prostitution reconnue comme un travail et prostitution forcée ». Cette notion de « prostitution forcée », ouvrant la voie à une prostitution dite « libre », était l’étape qui allait permettre la professionnalisation de la prostitution et la libéralisation de ses profits. En Allemagne, par exemple, les Verts ont été de ceux qui ont voté la loi ProstG normalisant la prostitution et donnant aux marchands de femmes le statut d’honnêtes chefs d’entreprises.

Dernier exemple en date de leur positionnement, le vote au Parlement Européen, le 11 mars 2014,  du rapport Zuber sur l’égalité entre les femmes et les hommes qu’ils ont contribué à faire échouer à cause du paragraphe sur la prostitution ; Daniel Cohn-Bendit, José Bové et 24 écologistes se sont abstenus (25 autres eurodéputés Verts ayant voté pour), empêchant l’adoption du texte qui, au paragraphe 67, soulignait le fait que “la prostitution constitue une forme de violence, un obstacle à l’égalité des genres et un moyen pour le crime organisé de se développer”. Le texte invitait “ les Etats-membres à reconnaître la prostitution comme une forme de violence à l’encontre des femmes et à ne pas la considérer comme un travail, même lorsqu’elle est “volontaire”.  Le site des Verts, qui dit regretter le rejet final du rapport (la faute à qui ?) revendique “le droit au débat sur cette question”. Mais le débat fait rage depuis une bonne trentaine d’années ! En faudra-t-il cinquante de plus ? Les Verts en sont encore à s’interroger pour savoir s’il faut “réguler” l’activité. On est tenté de leur demander de s’informer sur le bilan catastrophique des pays qui ont “régulé”, Pays-Bas en tête : pouvoir aux proxénètes et aux « clients », criminalité et secteur illégal prospères, impuissance des autorités…

En toute logique, des élu-e-s EELV entretiennent des liens avec des mouvements pro prostitution. La sénatrice verte Esther Benbassa subventionne ainsi le Strass, pseudo syndicat de prostituées qui milite pour la dépénalisation du proxénétisme aux côtés d’autres organisations européennes présentant une certaine « porosité » entre prostituées et proxénètes (par exemple au Royaume Uni).

S : Vous avez écrit avec Said Bouamama une des premières études sociologiques sur les clients (« Les clients de la prostitution »), jusqu’alors totalement ignorés par les chercheurs et les medias. Apparemment, c’est la vision des clients (la prostitution comme droit de l’homme) qui prévaut encore dans l’opinion publique, puisque dans des sondages récents, près de 2/3 des personnes sondées indiquent être contre la pénalisation des clients. Ne craignez-vous pas que l’application d’une mesure allant ainsi à l’encontre des vues de la majorité rencontre de grandes résistances et qu’il aurait été préférable de faire tout un travail d’éducation d’abord?

 CL : L’exemple de l’abolition de la peine de mort montre que la volonté politique peut être en avance sur l’opinion. Deux ou trois décennies plus tard, personne (sauf des partis extrémistes) ne songe sérieusement à revenir sur cette avancée majeure. Pour ce qui est de la pénalisation des clients prostitueurs, le travail d’éducation est bien entendu nécessaire et il sera de longue haleine. Mais la loi en fait partie. Elle a aussi une fonction pédagogique, l’exemple suédois le montre. Quand la loi « La paix des femmes », entrée en vigueur en Suède en 1999, a intégré la pénalisation des « clients », la majorité des Suédois s’y disait hostile. Aujourd’hui, 80 % de la population y est favorable, preuve d’une évolution relativement rapide des mentalités.

Unknown-1En France, il est intéressant de voir la montée de forces allant dans le bon sens : une partie non négligeable des politiques, comme l’a montré le vote en première lecture de la proposition de loi par l’Assemblée Nationale, est aujourd’hui en avance sur l’opinion et sur les nombreux medias qui se sont livrés à une incroyable et désuète entreprise de promotion de la prostitution. De même, les jeunes générations montrent une ouverture évidente. On en voit la preuve dans l’Appel des Jeunes pour l’abolition de la prostitution, signé par des président-e-s et porte parole de grands syndicats politiques, lycéens et étudiants ; et dans les sondages qui montrent que la majorité des 18/25 ans sont favorables à la pénalisation des clients. Les cris de détresse de Messieurs Philippe Caubère, Antoine ou autres « salauds » auteurs du pitoyable manifeste « Touche pas à ma pute » pourraient bien être un chant du cygne.

Reste bien sûr à mener un important travail d’éducation : éducation à l’égalité entre filles et garçons, à la sexualité et au respect de l’autre, formation indispensable des acteurs sociaux (police, justice, enseignants, etc)… La politique éducative de lutte contre les stéréotypes sexistes aujourd’hui mise en avant est inséparable d’actions de prévention de la prostitution et du clientélisme à même de réduire le nombre d’entrées dans la prostitution et de faire émerger une nouvelle génération d’hommes non clients. Cette politique d’information et de prévention est prévue par la loi en cours de discussion ; raison de plus pour la voter.

 S : Le rapport Olivier affirme que la prostitution est la dernière violence faite aux femmes non reconnue comme telle. Diriez vous que la reconnaissance sociale de cette dernière violence est plus longue, difficile et problématique que pour celles déjà reconnues, comme  le viol ou les violences? Si c’est le cas, pourquoi?

 CL : La prostitution, dernière possibilité donnée à des hommes d’imposer des rapports sexuels en toute impunité, est en effet la plus difficile à déraciner. La différence avec les autres violences faites aux femmes – viols, violences conjugales, harcèlement sexuel… – tient bien sûr au fait qu’elle génère des profits pour les proxénètes et les Etats et qu’elle est rémunérée, au moins en apparence, pour les victimes (qui en réalité gagnent très peu pour la majorité d’entre elles et vivent surtout dans l’endettement perpétuel). Au nom d’arguments imbéciles que l’on ne se permettrait sur aucun autre sujet (cette violence servirait de frein à d’autres violences, notamment aux viols !!), elle reste socialement acceptée et même revendiquée.

Unknown-2Mais les raisons d’espérer sont nombreuses. Prenons justement l’exemple du viol : il a fallu l’extraire du domaine de la morale et de la honte pour mettre en lumière celui du traumatisme psychique subi par la victime. Il a fallu libérer la parole, étape majeure rendue possible grâce au travail des associations féministes. On peut aujourd’hui établir des parallèles avec la prostitution : les dommages psychiques commencent à être mieux connus de même que tous les dégâts qu’elle occasionne sur la santé. La parole publique des personnes prostituées, jusqu’ici confisquée par les mouvements militant pour la dépénalisation du proxénétisme, commence à se faire entendre : certaines bravent à leur tour la honte pour dénoncer les violences qu’elles ont subies.

Le combat est de longue haleine. Mais n’oublions pas les tombereaux d’insultes qui ont accompagné le combat pour la criminalisation du viol  dans les années 1970. Même des syndicalistes et des militants d’extrême gauche prenaient alors la défense de violeurs victimes de leur « misère sexuelle » et insultaient les féministes en les traitant d’alliées de la répression et de la justice bourgeoise. Inévitablement, les mêmes résistances accompagnent aujourd’hui le combat pour la reconnaissance de la prostitution comme violence et atteinte aux droits humains, d’autant que nombre de représentants des médias et du monde politique sont eux-mêmes clients…

Unknown-3Il faut du temps pour sortir d’une complaisance séculaire, d’une indulgence qui n’est pas sans rappeler celle qui, il y a peu, protégeait encore les chauffards. Comme les « accidents de la route », tenus jadis pour une fatalité, sont devenus « la violence routière », la « prostitution » se mue en « violence prostitutionnelle ». Comme le mauvais conducteur a désormais à répondre de son comportement, il doit en être de même pour le client prostitueur, qui nourrit une traite aux dimensions internationales. Le placer face à ses responsabilités est un maillon d’une politique inscrite dans une logique progressiste : celle qui exige d’en finir avec les violences et d’avancer vers l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est un véritable enjeu de civilisation. Je crois profondément que, dans quelques décennies, la prostitution apparaîtra, avec la traite des femmes, comme l’une des hontes de notre temps.

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La madone des forums. Avec ses lunettes noires, ses tenues sombres et son perroquet trilingue apprivoisé, elle camperait volontiers une cérébrale cousine rockeuse de Madame Adams. Laissez-lui un clavier et le monde s’éclaire. Rigueur, honnêteté intellectuelle, culture encyclopédique, générosité, elle cumule les qualités que je valorise. Avec, en plus, une qualité exceptionnelle d’attention aux autres.

29 réflexions au sujet de « Interview n°18: Claudine Legardinier »

  1. déplorable que des hommes se conduisent ainsi à notre époque…. je ne dis pas « comme des animaux » car chez les animaux cette déviance d’exploitation de la femelle n’existe pas; il n’y a que chez la race dite « humaine » que des femmes sont livrées aux instincts lubriques et pervers des mâles avec une contrepartie intéressée, la plupart du temps au bénéfice d’un tiers….

  2. Encore une étude qui confond la cause et les conséquences. C’est la politique abolitionniste qui a fait de la prostitution un monde d’insécurité et de souffrance. Loin de considérer cette activité comme facile et toujours plaisante, si les auteur(e)s s’étaient rendues dans des pays réglementaristes, elles se seraient rendus compte que la souffrance au travail n’est pas pire dans ces établissements que dans beaucoup de bureaux de La Défense.
    Le premier pré-requis de l’analyse sociologique est la stricte neutralité et la totale abstraction de ses préjugés. Je ne suis pas convaincu de la valeur scientifique des propos tenus. Quand les sociologues féministes établissent les socio-types des clients de la prostitutions, on aboutit à une classification : Salaud++, salaud+, salaud -, salaud –.
    L’étude est largement orientée par une idéologie sous-jacente.

    • Non Monsieur. Les sociologues qui travaillent sur le sujet le font très sérieusement. Quant à l’idéologie, c’est juste un ensemble d’idées. Tout est idéologique, d’une manière ou d’une autre.

  3. Les sociologues devraient se pencher sur les voies expérimentales en Nouvelle Zélande… plutôt que se fourvoyer dans l’étude des modèles abolitionnistes (qui sont prohibitionnistes dans les faits), et les modèles allemands et hollandais qui n’ont de réglementariste que le nom (le problème de ces pays est qu’ils ont libéralisé beaucoup plus que réglementé, avec toutes les dérives de marché qui ont suivi) .
    Il y a une meilleure acceptation sociale dans des établissements exclusivement autogérés par des prostituées et dont les libertés seraient encadrées par la loi et surveillées par les autorités. Reste à convaincre le Strass réfractaire à tout contrôle et enfermement…

    • Je suis d’accord avec votre analyse. La prostitution gérée toalement par les prostituées volontaire (qui ont donc décidée d’exercer de leur plaint gré et qui ne se disent pas être dans la soumission) devrait être bien mieux accepté socialement, mais cette prostitution là on en parle pas. On insiste et on met les projecteurs sur la prostitution forcée, soumise, malhonnete et violente. Seulement, la société évolue

        • La prostitution est une violence, je pense que oui et non. A partir du moment ou il y a consentement mutuelle, que des rêgles ont étés établies en bonnet du forme entre les deux (la prosituée, et le client), et qu’il n’y a aucun malaise par rapport à ça pour les deux, je pense que le mot « violence » perd largement de son sens. Plus tard peut etre, diras t’on « bonjour mr l’habitué, comment allez vous, une baguette comme d’habitude, ou est ce que je peux vous proposer du pain de campagne pour changer ? » comme on pourra dire « bonjour mr l’habitué, vous allez bien, voulez vous toujours la prestation avec la même dame de joie ou souhaitez vous changer ? ». Ca deviendrais, une habitude, et pas une mauvaise habitude si TOUT LE MONDE est content! Dans un pays de liberté individuelle, les femmes qui le veulent peuvent exercer ce métier, (j’écris métiers sans mettre de guillements car c’est comme tel qu’il est décrit dans d’autres pays d’ europe plus avancés que nous, et où les violences sont tellement inférieures car labas, cette pratique est meix rentrés dans les moeurs). Mais ne nous y méprenons pas, je comdamne à 10 000% la prostition que je qualifierai cette fois ci de violente, celle qui est dans la soumission, ou les dames de joies exercent sous contrainte physique, financières, et non pour le simple plaisir d’exercer ce métier.

          • Si on suit votre raisonnement jusqu’au bout, la situation que vous décrivez comme consentement mutuel avec plaisir d’exercer ce métier n’existe pas. En effet, vous avez vous même exposé que vous êtes contre la prostituion contrainte physique et finncière. A partir du moment, où une compensation financière est un échange à une prestation sexuelle, ce que vous appelez « plaisir d’exercer ce métier » perd quant à lui tout son sens. Elle se trouve précisément dans ce cas là, la contrainte financière.

  4. Quelle naiveté! les établissements autogérés par des prostituées sont rapidement noyautés par les proxénètes. Et le mode de gestion ne change rien à un fait fondamental: la prostitution, quelle que soit la façon dont on l’organise, est une activité dangereuse pour les prostituées: en Hollande, depuis le début de la légalisation, il y a eu plus de 50 prostituées assassinées. Aucune réglementation ne peut éliminer ou même réduire ces agressions et ces meurtres.

    • 50 prostituées assassinées en Hollande depuis octobre 2 000. Cela fait une moyenne de 4 par an. Regardez l’actualité récente, c’est moins que le nombre de prostituées assassinées en région parisienne ces 2 derniers mois ! : conséquence directe du projet de loi …

      Si j’invitais les sociologues à se pencher sur le modèle en Nouvelle Zélande, c’est qu’il y a peu de littérature scientifique sur le sujet. Soit, je veux bien vous croire si vous affirmez que des proxénètes seraient venus gangréner des maisons autogérées (encore faudrait il s’entendre sur la définition du proxénétisme). C’est peut être aussi parce que la réglementation n’a pas été assez poussée. A mon sens, il devrait y a voir une enquête préalable à l’autorisation d’exercer dans un maison de prostitution, et un contrôle des flux financiers générés a posteriori : c’est à dire s’assurer que les gains soient destinés à des dépenses d’ordre personnel (achat de biens immobiliers ou de fonds de commerce au nom exclusif de la personne qui se prostitue, dépenses de soutien de famille), faute de quoi la personne se verrait interdite d’activité (exclusivement dans des établissements habilités et suivi sur le plan sanitaire).
      Lorsque les prostituées viendront racoler sous vos fenêtres, et alpaguer votre mari sur votre pallier, vous regretterez sans doute l’abrogation du délit de racolage …

      • Monsieur LeSage,
        Vous assimilez la peostitution à un business parmi d’autres.
        J’assimile la prostitution à une violence, à un abus. Je la range dans le même panier que l’esclavage, le servage, l’apartheid, etc… Pour moi, c’est une forme de viol légal permis par l’écrasante domination financière des hommes sur les femmes. Voilà.
        Je n’aménage pas plus la prostitution que je n’aménagerais aucune autre forme de viol.
        Lorsque les prostituées viendront racoler sous mes fenêtres? Je leur offrirai un café. Alpaguer mon mari? Si j’en avais un, ce qui n’est pas le cas, il cesserait de l’être. Alpaguer mon compagnon? Pareil.

      • Tiens donc, les michetons, avertis qu’un projet de loi allait peut être passer dans 6 mois–ou pas du tout–se sont mis à assassiner préventivement des prostituées. Pensant sans doute que, si le projet passait, ça deviendrait dur dur d’en assassiner, alors il fallait « faire des provisions » en prévision et en assassiner tant que ça restait possible. Vous vous rendez compte des absurdités que vous écrivez?
        <Et il y a déja des enquêtes préalables, mais bien entendu les proxos utilisent des prête- noms au casier judiciaire vierge pour faire les demandes de licence, c'est un procédé ultra-classique dans la pègre (et dans les affaires). Ne pas le savoir, et croire que l'on peut se débarrasser des mafias par un surplus de réglementation est un autre indice de votre touchante naiveté. Si c'était le cas, le crime organisé n'existerait plus depuis longtemps. Prostitution et crime organisé sont indissociables, croire qu'on peut "nettoyer" la prostitution est une chimère, l'échec des légalisations en témoigne: légalisée ou pas, la prostitution reste aux mains des proxos. et ils n'ont pas la moindre intention de laisser échapper cette manne financière.

        • Non, sporenda, ces assassinats récents ne sont pas des absurdités. Les michetons ne savent même pas que le décret d’application n’est pas encore sorti.Pour l’opinion publique dans son immense majorité, la loi est en vigueur depuis le vote de l’Assemblée Nationale très largement médiatisé… Ecoutez les récentes auditions des associations de terrain au Sénat : les comportements des michetons ont évolué dès le vote de l’Assemblée et les prostituées ont du déja s’adapter avec les conséquences qui avaient fait l’objet d’alertes pendant les débats fin 2013… Le sang des prostituées va continuer à couler alors même que vous souhaitiez les protéger. Les clients, qui concouraient à dénoncer auprès de la Police et à remonter auprès des association de terrain les cas de maltraitance ne se manifestent même plus de peur d’être poursuivis à leur tour.

          • Surtout, le chiffre de plus de 50 prostituées assassinées en France dans les deux derniers mois est du pur délire. J’ai fait une recherche sur le site Prostitution et Société qui tient la liste des prostituées assassinées en France, le chiffre donné depuis le début 2014 jusqu’au 14 juin est de 3. Il est possible que le compte soit incomplet, mais bien évidemment le chiffre que vous citez est absurdement élevé (on est en France pas au Mexique); même sans vérification et avec un peu de réflexion, vous auriez du vous en douter.
            Le problème lorsque l’on parle de prostitution , c’est que des gens interviennent avec autorité, sans s’être informés un minimum, uniquement sur la base de propos de comptoir et de légendes urbaines. Non il n’y a pas eu 50 assassinats en 2 mois, non les clients n’ont pas décidé de tuer des prostituées en masse suite à la loi. Vous vous discréditez en gobant des bobards aussi énormes , une discussion sérieuse sur la prostitution doit être basée sur des faits, et non sur des fantasmes.

  5. S’il n’y avait qu’une forme de prostitution, et qu’elle était exclusivement forcée, il n’y aurait pas de débats… Le débat nait du fait que la prostitution est aussi un choix délibérée pour certaines filles qui manifestent pour leur liberté d’exercer (et qui considèrent disposer de plus de libertés que dans d’autres contextes professionnels) . Aucune personne n’accepterait un viol contre rémunération (puisque c’est l’absence de consentement qui définit le viol). Lorsqu’une prostituée estime avoir été violée, son plus grand malheur est l’absence de reconnaissance de leur agression sexuelle auprès des forces de Police, et c’est contre cela qu’il faut lutter. Je ne suis pas certain que l’attitude des forces de Police sera modifiée avec le Projet de loi…
    L’analogie avec l’esclavagisme me semble un peu déplacé, car les esclaves n’ont jamais été payés 200 à 300 euros de l’heure. L’esclavagisme moderne embrasse beaucoup d’autres situations que la Prostitution (les femmes de ménages sans-papiers des beaux quartiers parisiens, les forçats des BTP ou de la restauration non déclarés et souvent non payés).
    Je rejette les amalgames qui simplifient à outrance la lecture des faits sociaux , et sont une solution de facilité intellectuelle et politique.

    • Vous avez sans doute raison. Vous, vous ne simplifiez pas du tout. La lutte contre la prostitution s’avère tellement simpliste que c’en est un vrai bonheur! Je n’ai jamais dit qu’esclavage et prostitution étaient la même chose. J’ai juste dit que l’un et l’autre font partie de la longue liste des abus de pouvoir par la violence. Et vous auriez fait marrer les planteurs du XIXème siècle en prétendant qu’une économie sans esclavage était non seulement possible, mais souhaitable. Nous en sommes là pour la prostitution.

      • Cela me fait plaisir que l’on s’accorde sur ce point : prostitution n’est synonyme d’esclavage, quand bien même il peut y avoir des situations d’esclavagisme dans la prostitution. Cela reviendrait à interdire la profession de femme de ménage, sous le prétexte qu’il y a des immigrées exploitées et non déclarées dans les beaux quartiers parisiens… interdire le BTP parce qu’il y a une part de travailleurs clandestins. S’il avait fallu interdire la culture du coton parce que les planteurs du XIX étaient exploités, on serait tous à poil… L’esclavagisme est une chose, l’activité exercée en est une autre.
        On pourrait interdire alors les activités que l’on ne souhaite pas que sa fille (ou son fils) excerce… Dans cette logique, interdisons le travail d’éboueur, de caissière de supermarché, pace que personne ne le souhaite à ses enfants…

        • Non. Il s’agit bel et bien d’abolir sinon la prostitution, le terme est imprécis, du moins le proxénétisme incluant les clients et les États.
          Abolition, donc. Et laissons le sexe à son domaine: désir et plaisir.

          • L’abolitionnisme est déjà du proxénétisme d’Etat. Les prostituées sont tenues d’acquitter leurs impôts (e beaucoup le font avec honnêteté), comme tout autre concitoyen, et sont sujettes à des redressements fiscaux. Ce faisant l’Etat français se finance par les revenus de la prostitution , comme dans les autres pays reglementaristes… Pour être cohérente avec votre pensée, affichez votre souhait de prohibitionnisme…

        • L’Etat français n’est pour l’instant pas abolitionniste. Il encaisse les impôts des prostituées déclarés mais il lui manque celui des proxénètes. L’État français maintient une zone grise en ce qui concerne la prostitution. Et pour cela, oui, l’état est un proxénète. La loi de pénalisation du client est un pas vers l’abolitionnisme. Nous, les féministes en demandons encore plus, que la prostitution soit abolie clairement. Si la prostitution est abolie, l’état ne peut plus en retirer des impôts. Concernant la prohibition, il faudrait en préciser votre définition car visiblement vous ne différencier de l’abolition.

          • En ne militant pas pour l’interdiction de l’exercice de la prostitution (puisque vous faites des prostituées des victimes avant tout), vous contribuez au proxénétisme d’état, puisque vous légitimez de fait la ponction de l’Etat sur les revenus des prostituées. C’est dans ce sens que je pense que vous devriez vous déclarer Prohibitionnisme (punir l’offre comme la demande), même si l’offre est pleinement consentie (postulat que vous réfutez).
            Vous dites que la France n’est pas abolitionniste. C’est pourtant ce qu’ont martelé à plusieurs reprises les tenants de la PPL… qui avancent la « position abolitioniste de la France depuis l’après-guerre : qui signifiait en fait la suppression de la réglementation et des maisons closes. Le terme « abolitionniste » signifie dans votre idéologie « suppression de la prostitution » alors que ce n’était pas son sens premier historiquement… etation nsite

        • Vous en brassez de l’air vous « Le Sage » (?) Quel besoin de monopoliser des tribunes avec votre nominalisme phallique. Ce
          côté autistique maniaque de statistiques , c’est ce qui
          empêche de trouver des solutions au problème masculin de domination du discours et du sexe. On a la fâcheuse impression d’une compétition foireuse de votre part .

  6. Sporenda : je n’ai pas évoqué 50 assassinats sur les 2 derniers mois en région parisienne, mais un volume rapporté à la moyenne au Pays-Bas (4 par an sur la base d’un total de 50 meurtres que vous aviez évoqués selon vos sources depuis le début de la légalisation ). A comparaison de population égale (25 000 prostituées au Pays-Bas, estimation assez similaire en France), cela fait un pourcentage en défaveur de la France. Le 14 juin : meurtre d’une Escort Girl dans un Motel de Clichy La Garenne (92)… Le 1er avril : meurtre d’une prostituée chinoise à Paris(10°)… Il y a au minimum un meurtre par mois si l’on compte la province…

  7. Voilà les chiffres: de 1992 à 2004, il y a eu 50 meurtres de personnes prostituées aux Pays-Bas.
    De 1998 à 2013, il y a eu 127 meurtres de personnes prostituées aux Pays Bas.
    Même si les périodes de temps ne sont pas identiques, (13 et 16ans) on peut affirmer que la mortalité par homicide des personnes prostituées s’est accrue aux Pays Bas depuis la légalisation.
    De 1998 à 2013, il n’y eut qu’1 seul meurtre de personne prostituée en Suède. La comparaison des statistiques entre les Pays Bas et la Suède parle d’elle meme.
    Légalisation / dépénalisation aux Pays Bas : loi votée en 1999.
    Interdiction d’achat d’acte sexuel en Suède : 1999.

    Zéromacho

    • Au moins, vous avez cité vos sources (Zéromacho). Permettez -moi d’en douter (tout comme je doute des données émises par le Strass). Il serait plus judicieux d’avoir des sources plus indépendantes… On sait aussi que les données émises par le gouvernement suédois sont sujets à caution, car ce dernier a une forte propension à vouloir étendre leur modèle. D’autres rapports avancent des données beaucoup plus nuancées. Pas certain que le gouvernement suédois veuille faire systématiquement le lien entre un meutre et l’activité de prostitution, d’autant plus que le statut de la prostituée en Suéde n’est pas aussi déclaré que celui d’un pays réglementariste…

        • C’est un beau texte, une belle plume et le sens de la nuance … Merci de me l’avoir fait connaitre. Je ne suis pas certain qu’on ait la même lecture… J’aime les passages de MV LOUISE:  » je récuse l’analyse selon laquelle : « la prostitution doit être considéré comme élément de la violence des hommes envers les femmes et les enfants » ; pas plus que je n’accepte le constat selon lequel ce serait « une forme d’exploitation des femmes et des enfants », ou « un problème de société qui provoque des dommages graves aux individus et à la société », ni – encore moins ? – comme « un élément essentiel de l’aspiration à l’égalité entre femmes et hommes ». pas vraiment les propos avancés par les abolitionnistes … Mais aussi : 2) Continuer à donner la parole aux personnes prostituées et à battre en brèche leur silence, il est important de rappeler que toutes les pensées et les actions abolitionnistes doivent être jugées, jaugées à l’aune de la vie des personnes prostituées. NB : c’est ce que n’ont pas faits les militants du Projet de Loi…. Considérations du Strass écartées, comme les alertes des asso de terrain… Mise en avant exclusive et à outrance de Rosen Hirschen, embrigadé par le Nid, qui avait écrit quelques années un ouvrage pour la réouverture des maisons closes…

          • Le problème avec les prostituées, c’est que beaucoup d’entre elles refusent de s’avouer victime d’une société qui sado-masochise les filles, les femmes très tôt, les instrumentalise. Cette attitude fausse le débat et la vérité des prostituées. Les organisations comme le Strass n’ont aucune crédibilité et se fichent bien du vécu douloureux de celles-ci. Leur nom le dit bien; ils veulent rendre la prostitution glamour.

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