Après trois romans, j’ai eu envie de partager mes réflexions sur le monde comme il va. À la manière des continents, qui se déplacent sans mouvement perceptible jusqu’à changer la face du monde, la révolution des femmes a imposé une autre réalité. Les féministes écrivent, analysent, s’expriment, mais ont un accès très limité aux mass media. Les mass-media en parlent beaucoup, le plus souvent pour mettre le féminisme en accusation. Les politiques font l’impasse sur la question, absente de leur programme, à droite comme à gauche. C’est une révolution silencieuse. Une révolution sans nom. Une révolution contrainte à la clandestinité. Pourtant, quand les femmes bougent, tout change de place. Sphère publique et sphère privée se confondent. La société toute entière gagnerait à penser les conséquences de ce bouleversement.
Le vieux patriarcat craque de partout, mais il résiste. De toutes ses forces, debout sur les freins. Encore costaud, le bougre…
quatrième de couverture: la révolution clandestine
« – C’est un truc de filles ?
- Non, messire, c’est une révolution ».
Et une vraie de vraie. Une burnée, si je peux me permettre. Une profonde, si on peut dire. Ça fait soixante ans que ça dure si on commence à compter à partir du droit de vote. Et c’est pas fini. Une révolution, je vous dis, depuis que les meufs sortent du tiroir. Elles font leur coming out d’êtres humains. Historiquement, les femmes ont joué le rôle de bétail, de monnaie d’échange, de moyen de transport, d’allégorie, de muse, de jouet sexuel et de vache à lait, mais d’être humain, rarement. A première vue, ça n’a l’air de rien, ils se disent que ça nous passera avant que ça les reprenne. Tant que la bouffe est prête et le linge repassé, ça lui en touche une sans bouger l’autre, à Raoul… Mais ça chamboule tout. C’est logique. Quand les femmes changent de place, tout le monde change de place. La question des femmes est la question de tout le monde. Des femmes, des hommes et de l’avenir de l’humanité.
Clip
Vous savez quoi ? Chez Robert Laffont, ils ont fait faire un clip pour présenter « …même pas mâle ! ». Qui ça, ils ? L’équipe qui entoure la sortie de « …même pas mâle ! ». Tout une équipe, dont Leonello Brandolini, Betty Mialet, Nathalie Théry, Marie-Laure Goumet, Sylvie Bardeau, Elisabeth Villeneuve, Arie Sberro, ainsi que celles et ceux dont je ne connais pas les noms mais dont je constate la participation. J’en profite pour les remercier toutes et tous.
Extrait
Dimanche 3 septembre 2007, TF1, télé foot. Interview de Materazzi, l’Italien qui se prit en plein thorax le coup de boule de Zidane. Materazzi avait insulté Zizou, et c’est cela, plus que ses qualités de joueur, qui lui vaut son statut de star, si je comprends bien ce que raconte le présentateur. Materazzi publie son autobiographie et il veut être sûr de la vendre. Il nous révèle donc, après un insoutenable suspense, la teneur exacte des propos qui provoquèrent la regrettable réaction de notre héros national. Ça fait un an que les bruits les plus fantaisistes courent. L’Italien aurait traité Zizou de terroriste, aurait insulté sa mère, ou sa religion, ou sa race ( ?)… Devant le micro de la télé, Materazzi fait une tête de premier communiant, de bon garçon qu’a jamais mis les doigts dans la confiote, bouche en coeur et regard candide. Il relativise l’importance de l’incident : « Je n’ai jamais tenu de propos racistes, je ne suis pas raciste. Je n’ai pas insulté sa mère, j’ai trop de respect… Quand Zidane m’a dit que je pourrais avoir son maillot après le match, j’ai juste dit : « Je préfère ta pute de soeur… » Il est pas raciste, et il insulterait pas une mère, qui est quelqu’un de respectable. Il a des manières, Materazzi. Nous voilà rassurés. Bon. Mais une sœur, c’est pas pareil. Une soeur, même de Zidane, c’est jamais qu’une gonzesse. Alors y’a pas insulte, on peut y aller, c’est pas grave ! Pas de quoi s’énerver, hein… Si on peut plus traiter une meuf de pute, alors y’a plus de conversation possible, pas vrai ? Il est mignon…
A noter que Zidane est vraiment un taiseux. Gageons que s’il avait eu une répartie plus verbale que physique, s’il avait dit : « Elle aime que les vrais mecs… » ou « Elle s’intéresse pas aux petites bites.. » ou « T’es pas pédé comme tous les Milanais ? », bref, s’il avait donné dans la remise en cause virile élémentaire, peut être que Materazzi se serait énervé, lui aurait mis un coup de boule et on serait champions du monde. Merde alors !
iA !
Extrait; « qui va garder les enfants ? »
(automne 2006, propos attribué à Laurent Fabius, au moment de l’investiture de Ségolène Royal comme candidate du PS à la présidentielle de 2007.)
- Pas moi, dit la mère. Faut que je gagne ma vie. Faut que je travaille.
- Pas moi, dit le père. J’aimerais bien, mais ce soir y’a match.
- Pas moi, dit l’État. Ça coûte trop cher.
- Pas moi, dit le mammouth. Faut que je dégraisse.
- Pas moi, dit la crèche. Je suis débordée. J’peux pas fournir.
- Pas moi, dit Super-Nanny. Je surveille mon audience.
- Pas moi, dit la fille au pair. Je vais faire du porno, c’est mieux payé.
- Moi ! dit le pédophile, qui sort de taule pour bonne conduite.
Je me garde tout seul, dit l’enfant-roi. Peinard, au ras des pâquerettes. J’veux pas qu’on m’élève. Je veux rester sauvageon. Quand je serai jeune, je ferai racaille. Quand je serai grand, je ferai chômeur. Et je finirai clodo.
iA !
Chère Isabelle
Votre livre est un choc immense sans précédent dans ma vie. Si j’avais eu les mots, si j’avais eu le talent d’écrivaine, je serais iA. J’ai pourtant l’impression à chaque phrase, chaque point, chaque virgule de respirer et de parler enfin grâce à l’expression de votre plume magistrale; j’ai enfin compris. Toutes ces pensées, ces souffrances, ces émotions qui me hantent depuis si longtemps, vous les avez enfin mis en mots : ces mots qui n’étaient que chez moi pensées désordonnées, désemparées, désespérées.
Je sais que vous êtes là, à la fois indignée, combattive et rassurante pour nous les femmes, je me sens moins seule et vous me donnez l’espoir.
J’ai lu « maman » votre livre qui me parle tant, moi fille d’immigrés espagnols qui vient de vivre le départ de celle qui m’a donné la vie et qui avait le plus beau prénom du monde : Carmen. Votre maman était magistrale, comme l’était la mienne, et elle m’a émue au plus haut point.
Merci d’être Isabelle Alonso, la plus belle plume des femmes d’aujourd’hui ; la révolution ne fait que commencer…
Je vous aime.
Caroline, membre de la révolution clandestine