Athée pride

Dimanche, après la messe… Non! Je déconne!

 « Lors de la perquisition réalisée à son domicile, ont été retrouvés des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants ». (L’Obs, 4 avril) 

Unknown-2La religion a encore frappé. Un abruti, un pauvre garçon au cerveau broyé par le fanatisme et l’ignorance s’est octroyé le droit de poignarder des gens dont le seul tort était de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Après avoir tué deux mécréants et en avoir blessé cinq autres, il s’est mis à prier. Rapidement arrêté, il a été confié aux services anti terroristes. On en est là. Présomption d’innocence, tout ça. Il sera jugé, ira croupir en prison, on s’interrogera sur ses « motivations ». Et on ne comprendra pas plus cette fois ci qu’on n’a compris avant, quand d’autres illuminés se sont lancés dans le même trip sinistre. Impuissance. Incompréhension. Questions. Colère.

imagesSes motivations? Aucun intérêt. Il n’y a aucune « motivation », ça supposerait une réflexion, une logique, un sens. Or ce type n’a suivi que son aveuglement, sa soumission à une croyance stupide. On ne sait rien du cheminement mental du tueur. La seule question qui vaille est: aurait-il tué de toutes façons, sans prétexte religieux?

On ne sait pas. Mais on n’en est pas à la première affaire d’illuminé tuant au nom de Dieu. Et ça se conjugue à tous les temps et tous les modes. Hier, aujourd’hui, demain sans doute, toutes religions confondues, des individus isolés, des organisations, parfois appuyées par des Etats et parfois des États eux mêmes ont réprimé, maltraité, tué à l’unité, ou massacré en masse, au nom de Dieu. Parfois, des grands prêtres réprimandent, à postériori, avec une petite bouche. Mais la plupart du temps on ne fait pas la connection religion-violence. Et pire! On nous demande, à nous autre indifférents, agnostiques, ou athées, de respecter les croyances religieuses.

Unknown-3Au bout d’un moment on finit par la trouver saumâtre, l’histoire… Quel est  le degré de responsabilité de ceux qui écrivent, lisent ou citent des lignes assassines, dans les crimes qui en découlent, même commis par des décérébrés qui meublent le vide de leur vie en passant à l’acte? Ils n’y seraient pour rien? Pas concernés? Condamnent-ils les coupables, les maudissent-ils, les menacent-ils de ces gémonies auxquels ils croient, enfer assuré dans d’horribles tortures éternelles pour dissuader ces esprits faibles d’affuter leurs couteaux? S’ils le font, ça ne se voit pas. Et si moi je ne le vois pas, je suppose qu’eux non plus. Je constate plus d’envolées contre l’avortement que contre les assassinats.

Unknown-4Les textes religieux, toutes religions confondues, les prêches, les mythes, les anathèmes, les menaces, les délires véhiculés au nom de Dieu et de son amour supposé, n’auraient aucune influence sur les comportements, surtout des personnalités les plus friables? Les religieux de toutes couleurs qui assènent que le coronavirus est un châtiment envoyé par Dieu trouvent-ils des gens pour les croire? Ce questionnement rappelle celui de la pub, qui dépense des millions pour pousser à la consommation mais assure que le sexisme et autres préjugés qu’elle véhicule abondamment n’ont strictement aucune influence sur  les comportements…

images-1Nous sommes dans un pays laïque. Ici, en France, bénie soit-elle (je rigole), la religion appartient au domaine privé. Perso. Intime. Quelle chance! Merci les aïeux! A partir de là, chacun s’arrange comme il veut avec les questions existentielles. Certains ont la foi, d’autres pas. Très bien. La foi, c’est comme la tarte aux pommes. Aimer ou délaisser, on ne choisit pas. L’important est d’être libre d’en manger ou pas.

Sauf que ça ne se passe pas comme ça. La liberté pose un gros problème à l’excroissance de la foi, j’ai nommé la religion. La religion, c’est de la pure idéologie, c’est du rapport de forces, c’est de la politique. Ça se mêle de tout, ça a pignon sur rue. Ça se soucie modérément des autres, ceux qui ne l’ont pas, la foi. Et qui s’en passent très bien.

Unknown-6Partout où une religion a le pouvoir, elle transforme le quotidien en merde. Impose ses rites, ses incantations et ses conneries même à ceux qui ne croient pas. Ce sont les Midas inversés de la joie de vivre. Et obscurantistes avec ça. Et autoritaires. Ce qu’on mange et quand, avec qui on baise et quand, ce qu’on pense et… non, pas nécessaire de penser. Obéir suffit. Et le fidèle est censé courber la tête, s’agenouiller, se prosterner. S’aplatir devant la Toute Grande Bienveillance du Grand Créateur de Toute Chose et Grand Punisseur de Tout ce qui Dépasse. La meilleure, dans tout ça, c’est qu’il nous est demandé, à nous autres qui n’y croyons pas, de RESPECTER cette absurdité? Et pis quoi encore?  Je respecte des individus, ils croient bien en ce qu’ils veulent, mais ça me révulse qu’on s’attende à ce que je respecte un amas de superstitions qui insultent mon intelligence, et au nom desquelles on tue des gens et on empoisonne la vie des autres. Je sature, pour tout dire!

Avec la pandémie, on bénéficie d’un coup de projecteur sur la bêtise infinie des sous traitants du Moyen Age. Confinement? Virus? Gestes barrière? Masques? Contagion? Danger mortel? Vulnérabilité générale, universelle ? Nooon! Pas pour eux! Eux, ils ont leur méthode, soufflée par Dieu, direct! Heureusement, parfois ça fait rire, soulagement momentané: des fidèles à je ne sais quoi, quelque part en Asie, balancent l’eau bénite contenue dans des bouteilles tout plastique de dix litres, depuis un hélico, histoire de purifier la campagne environnante!  Je me gondole! Ils sont marrants, faut reconnaître…. En moins drôles parce que tragique, foisonnement de prises de risque insensées dans diverses communautés intégristes, un inventaire que vous pouvez faire vous mêmes sur la Toile, moi ça me déprime. Les responsables peuvent crever la gueule ouverte, ça ne me tirera pas une larme. Mais la souffrance que ça implique chez tant de gens qui n’ont pas, jamais, eu la liberté de choisir, est accablante.

Unknown-7Je suis athée. L’existence, ou pas, d’une volonté supérieure, d’un projet qui nous dépasse, et qui aurait abouti au monde tel que nous le connaissons, ne m’a jamais souciée. Je ne suis pas arrivée à l’athéisme après moult tortillage de méninges. Je me fous de savoir si une entité indéfinie nous a inclus dans un projet tout aussi indéfini. Dieu ne m’intéresse pas. C’est bien simple, quand il y a un curé dans une histoire, ça me la gâche. Je considère comme une chance d’avoir été élevée hors religion. Par des gens qui n’avaient pas besoin de béquille. Qui tenaient debout tous seuls, sans courber la tête, sans se mettre à genoux, sans taper du front, sans se jeter au sol.  Et qui m’ont appris à en faire autant.

Je ne vénère que celle en qui il n’est pas besoin de croire, car on la voit, on en constate la réalité partout, tout le temps: la vie. Être vivante. Prodigieux privilège. Appartenir à une planète inouïe, merveilleuse, d’une beauté bouleversante. La respecter, la protéger, suffit à mon désir de transcendance. Je n’ai qu’à ouvrir les yeux, et je vois, et je crois. Ça suffit à m’exalter. Je suis un esprit simple.

Unknown-8Et j’aime mes contemporains humains, à l’exception de ceux qui s’octroient le droit de contrôler et gâcher la vie d’autrui. Et mes contemporains animaux, libellule, éléphant, écureuil, abeille, moineau…. Mes contemporaines plantes, cerise, papaye, pâquerette, roseau, liseron…. Comme leur nom l’indique, ils  partagent mon temps de vie, seule richesse.  Que demander de plus? Et j’aime aussi, fascinée, mes éternels, qui me survivront, arbres, bocages, rivières, océans, cascades, déserts, plages, nuages, toute cette beauté que j’aurai eu la chance de contempler. Merci la vie, comme dit la chanson. Gracias a la vida.

Mourir? On ne meurt pas. On remet ses cellules dans le circuit…

5 réflexions au sujet de « Athée pride »

  1. D’accord sur l’essentiel.

    Mais pas sur un truc, le début. Parce que j’ai été assez convaincue par un truc de socio, c’est que la folie prend la forme que la société lui dicte. Et aujourd’hui, notre société dit aux gentes que les « fous », si ils veulent faire du bruit dans les médias, doivent crier le nom d’un dieu en particulier, et se réclamer de lui en tuant d’autres gentes. C’est comme ça qu’ils se feront entendre, leur dit la société : ce genre de faits a un écho énorme dans les médias. Donc je suis persuadée que, pour ces personnes criminelles et sûrement psychiquement perturbées, la religion n’est qu’un prétexte.
    Et ce ne serait pas la religion, ce serait autre chose qu’ils choisiraient pour justifier leur geste. Bref, que la volonté de tuer des gentes est la première, et ensuite ils trouvent une raison pour le faire (religieuse par exemple).

    • Merci pour votre message! J’émets un doute dès le début en disant qu’on ne sait pas. Pour autant, difficile de contester qu’on leur facilite la tâche, aux tueurs. On leur en sert long comme le bras, de l’anathème sur les mécréants. Oui, ils sont manipulés. Par qui? Par eux mêmes seulement?

  2. Tout à fait Isabelle !
    Et je ne suis pas d’accord avec vareuse. Ne pas faire d’amalgame entre idéologie religieuse et folie. Ils sont conscients de ce qu’ils font, de ce qu’ils vendent comme produit miracle, châtiment divin, punition ou récompense. Entre religion et secte la substance est ténue

    • Sur le commentaire précédent (je précise : ma réponse est tout à fait amicale, si je l’avais formulé à l’oral ça aurait été sur un ton cordial) :

      Je suis d’accord sur le lien entre religion et secte, mais il me semble que l’analyse est assez partagée dans la pensée athée : la religion est une secte qui a réussi.

      Mais je trouve que balayer le droit pénal, qui permet d’aménager les peines si il y a une cause d’irresponsabilité comme l’altération des facultés mentales, est dangereux (le « Ils sont conscients de ce qu’ils font », si j’ai bien compris la phrase).
      Surtout, ce que je trouve dangereux est de vouloir balayer le droit pénal à chaque fois qu’il est question de personne musulmane.
      C’est pour moi faire du deux poids, deux mesures, dès lors que la personne violente se réclame d’une religion en particulier.

      Une personne violente doit être jugée de la même manière que n’importe qui, et sa religion, même affichée, ne doit pas faire supposer de son discernement. Votre commentaire me donne l’impression que pour vous, une personne violente et religieuse a forcément toutes ses facultés.

      Mais on peut être croyant ET déséquilibré. :) (le smiley, c’est pour le ton du message, bien sûr)

      • Ce n’est pas ce que j’ai dit. L’abolition du discernement existe chez tous les humains, qu’ils soient athées agnostics ou croyants et ces pathologies quand il y a un crime, ne doivent pas être jugés mais soignés, sinon vous retournez au moyen âge et vous condamnez des malades comme dans les dictatures.
        Merci pour votre réponse

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