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¡ Viva Pedro Sanchez !

Pedro Sanchez, premier ministre espagnol, ose dire NON à la guerre. Au moment où il le dit, il est le premier. Et le seul. Aussitôt, il fait un tabac sur les réseaux sociaux. On s’enthousiasme, on crie bravo, on rend hommage à son courage, on dit qu'il sauve l'honneur de l'Europe. Je partage. Qu’un homme politique espagnol, par son simple courage, devienne une figure de premier plan sur la scène internationale, c’est le genre de truc qui n’arrive jamais. Le monde entier applaudit. Je bois du petit lait.

Au-delà de la très salutaire prise de position pacifiste de l’excellent Pedro, c'est ma fibre ibérique qui jubile. Car entre le poids de la Légende Noire et celui de quarante ans d’une dictature archaïque, l’Espagne a longtemps trainé un lourd handicap en termes d’image. Perçue comme un pays folklorique à la traîne de la modernité, elle se voyait traitée avec une condescendance hyper énervante. On en oubliait, si tant est qu’on l’ait jamais su, que dans les années trente du siècle dernier, l’Espagne était à l’avant-garde politique et culturelle.

Et voilà que l’intégrité morale de Pedro Sanchez suscite respect et admiration. Et efface des décennies d’humiliation. Merci, Pedro Sanchez.

Un petit bémol vient cependant obscurcir la pureté de mon contentement, car la perfection n’est pas de ce monde…

Figurez-vous que parmi le tsunami de posts qui portent Sanchez aux nues, un bon nombre attribue son courage à … ses couilles ! Oui, vous avez bien lu. Pardon, Pedro, c’est gênant, mais il parait que tu aurais la paire la plus flamboyante, spectaculaire, la mieux pendue de l’Europe, du proche Orient et de tout l’Occident réunis. Et que ça serait en soi une source de fierté. Où ça va pas se nicher... 

Pour commencer, lier le courage aux (modestes) organes que tous les hommes blottissent dans leur boxer exclut délibérément les femmes. Et fait de tout homme un être courageux par essence. Ça va les gars ? Pas trop étouffés par la modestie? On en est encore là, faut croire. Consternant.

Si Pedro Sanchez a du courage c’est précisément parce qu’il refuse de penser avec ses génitoires. Il préfère réquisitionner son cerveau et sans doute, aussi, son cœur. Ça change tout.

Il me semble à moi que si des valeurs virilistes anachroniques persistent, il faut plutôt les chercher en face, chez les fauteurs de guerre.

La bande d’abrutis qui met la planète à feu et à sang en se livrant à un concours de bites bientôt planétaire confondent masculinité et brutalité. Ils se laissent aveugler  par la masculinité toxique, l’angoisse prostatique. Trump, Poutine, Netanyahu, si fiers d’ «en» avoir, vous faites chier tout le monde : les femmes, les enfants, les jeunes mecs que vous adorez envoyer au casse-pipe, tant vous obsède la jalousie de leur souplesse musculaire et de leurs vaillantes érections. Vieux salopards, vieux dégueulasses, vieux assassins. Vous êtes pathétiques. Vous êtes la gangrène du monde. Ivres de vous-mêmes, de pouvoir, de fric (toujours dans le paysage, le fric) vous êtes une tragique caricature.

Vous pouvez crever la gueule ouverte. Vous devez, même.

C’était mon message pacifiste du jour.

Je reviens à la virilité sereine de Pedro Sanchez, son vrai courage politique et son empathie. Parce que c’est de la simple humanité.

Trop fière. 

 

 

 

08
Avr 26


¡ Viva Pedro Sanchez !


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