Bon, maintenant, y’a des femmes au gouvernement, c’est nouveau, c’est l’ouverture. De temps en temps, on voit bien qu’elles sont pas tout à fait aguerries, qu’il manque une épaisseur de corne à leur épiderme de fauve politique et de tartufe médiatique. La fraîche Nathalie Kosciusko-Morizet, d’un vert encore bien chlorophyllé, n’a pas encore l’habitude de tourner sa langue dans sa bouche avant de se taire, ni de penser trois coups à l’avance avant de parler.
NKM est compétente et sincère, même ses adversaires le disent. Copé lui reproche d’avoir « laissé passer » un amendement de gauche, alors que les troupes de l’UMP faisaient dans l’absentéisme. Spontanément, NKM fustige la lâcheté et l’hypocrisie de ses collègues, qui plient devant les lobbies et sourient devant les caméras grand public.
Résultat, NKM, qui disait une vérité hors langue de bois, se fait tancer par le premier ministre, et doit présenter des excuses publiques à ses pauvres collègues éplorés (dont Copé, qui écrivit naguère un plaidoyer anti langue de bois, et qui se dit "peiné", c’est la crocodile attitude, il a de l’avenir).
Condescendance, paternalisme, fausse bienveillance, elle a eu droit à toutes la palette du machisme patelin et de la fausse-derchitude abyssale de ses collègues. Une fillette réprimandée par ses bons maîtres. NKM a avalé une couleuvre, on peut imaginer que ce n’est ni la première ni la dernière.
Une seule consolation : au passage, elle est privée d’une visite au Japon. Avec Fillon. Elle l’a échappé belle...
i.A !