Il y a des jours où j’ai la rage. Des jours où l’injustice apparaît dans toute son évidence, sa violence. Demain à 14 heures le Tribunal de Grande Instance de Versailles, (2 Place André Mignot, salle 7 C), jugera Maryse L. pour non-présentation d’enfant. Elle a déjà été incarcérée pendant 70 jours et risque trois ans d’emprisonnement, en plus de la forte indemnisation demandée par le père. L’histoire ? Vous la trouverez ici : « Lors d’une visite médicale en 2004 des médecins constatent des fissures et hématome anaux sur le corps de Simon, 2 ans et demi. Ils signaleront ces faits au Procureur de la République, relayés par des services de l’Aide Sociale à l’Enfance et des services hospitaliers spécialisés. La mère de l’enfant dépose alors une plainte contre X. C’est lors d’une audition filmée à la gendarmerie que Simon désignera son père comme responsable. C’est seulement l’année suivante que le père est mis en garde à vue. Elle est mystérieusement interrompue par un appel téléphonique demandant un retour de la plainte au Parquet afin qu’elle soit classée sans suite ! Depuis aucune enquête n’a été diligentée ».
Depuis quelques années une vulgate médiatique, alimentée par des associations de pères extrêmement bien relayées, affirme que dans les affaires de garde d’enfant la justice donne systématiquement raison à la mère. Celles et ceux qui y croient peuvent se livrer à une rapide comparaison entre le cas de Maryse et le cas Fortin. Ce père a séquestré ses enfants pendant onze ans. La mère rejetait un mode de vie complètement marginal, et avait tenté de les y soustraire. Xavier Fortin est sorti libre après deux mois de préventive. Le père ne regrette rien et exerce de manière évidente une puissante emprise sur ses deux fils qui affirment benoîtement devant les caméras que leur père n’a « rien fait d’illégal ». Ils revendiquent un "libre choix" qu’ils auraient fait à l’âge de six et sept ans. Choix de vie qui impliquait que deux gosses de cet âge ne voient pas leur mère et qu’elle soit privée de ses fils pendant onze ans. On imagine son angoisse, sa douleur. Sa situation intenable aujourd’hui, contrainte, si elle veut reconquérir l’amour de ses enfants, à ne pas accabler le père ! Elle s’est portée partie civile « pour faire entendre sa vérité », dit son avocat, qui se justifie « Elle n’agit pas par vengeance, elle veut reconstruire une relation sereine ». En d’autres termes, elle s’excuse de prétendre faire appliquer la loi !
Le père du petit Simon, lui, n’a pas ce genre de scrupules. Il demande des dommages et intérêts. Que les pères aient des droits est une évidence. Que les enfants aient des droits est un évidence. Que certains pères imposent leurs droits par la violence, que d’autres instrumentalisent les enfants pour contrôler les mères est une réalité. Les droits des mères sont bafoués tous les jours alors qu’ils devraient être particulièrement affirmés et défendus parce qu’elles portent les enfants et les mettent au monde. Un père qui exerce des violences sur une mère devrait automatiquement être déchu de ses droits paternels.
iA !