« Jérusalem n’a jamais été aussi sécurisé ». Le 9 janvier 2008, sur LCI, une journaliste commente en ces termes la visite de Bush en Israël. « Sécurisé ». Pourquoi ce mot ? Pourquoi les journalistes n’en choisissent pas un autre ? On voit les flics armés jusqu’aux dents, les chiens, les chars. On imagine le flicage insensé dans la ville sainte et le déploiement de matos de surveillance hyper sophistiqué. Si j’étais là-bas, je ne suis pas sûre que je me sentirais “sécurisée”. Plutôt très angoissée par cette démonstration de force censée mettre les maîtres du monde à l’abri de la terreur qu’ils sécrètent eux-mêmes. Une sorte d’état de siège qui fait de chaque passant un suspect. Le choix des mots n’est jamais neutre. “Sécurisé” , ça devrait s’employer pour tout le contraire : vivre en paix, se balader tranquillement dans la rue, avoir une maison, de quoi manger et de quoi éduquer ses enfants… On en est loin, dans ces contrées…