Bon, d’accord, le capitalisme est en crise. Ça va pas fort. Mais il faut reconnaître que la bête, même blessée, a de la ressource… Une capacité à profiter de tout qui confine parfois au sublime. Pourquoi tiens-je des propos aussi incongrus ? Parce que je sirote une infusion avec ma sœur, histoire de se réchauffer avant les excès du réveillon. La tisane m’a été offerte avec un sourire narquois par une amie. Pensez donc : il s’agit d’un thé vert (feuilles entières, pas de la daube) avec pétales de rose et écorces de citron. Jusque là, sophistiqué, mais normal. Le mélange est baptisé MAI 68, ok, on célèbre les anniversaires comme on veut. Mais là où je m’incline c’est quand je vois que ça sort de chez Fauchon, l’épicier de luxe qu’autrefois les maos (Gérard Miller en tête) s’amusaient à piller au nom de la redistribution sociale pour aller offrir le butin aux travailleurs immigrés comme on disait au temps d’avant la diversité…
Eh oui, Mai 68 est un souvenir déformé et instrumentalisé à toutes les sauces, mais Fauchon, debout dans la tempête, nous régale d’une boîte collector en métal rose irisé-nacré couvert de graffiti et de slogans : « la poésie est dans la rue » « l’imagination au pouvoir » « il est interdit d’interdire » « coup pour coup » (c’est la meilleure !) Bref, « un thé au parfum de révolution »…
On attend les macarons germinal et le champagne emmaüs...
iA !