Je reviens de la foire de Brive-la-Gaillarde, deuxième salon du livre de France, juste après Paris. À la foire de Brive, tout le monde le sait ou presque, y’a des livres et y’a du foie gras. Mais il y a aussi, il y a surtout, la boîte de nuit la plus conviviale du monde, le Cardinal. On y danse indifféremment le tango, le rock, la biguine ou le hip-hop, tout le monde est servi. Ma boîte préférée. On s’y amuse vraiment. En période de salon, le tout st germain y côtoie la fleur de région, j’adore. J’y suis allée vendredi soir, et j’y suis retournée le samedi, c’est vous dire…
Samedi, assez tôt, avant la foule, sur la piste, une femme dansait seule. J’ai l’œil. Je repère immédiatement la vraie danseuse de salon, qui assure. Pour tout vous dire, j’adore danser. Ma compétence est limitée, mais mon plaisir extrême. Pour peu qu’on sache me driver, je m’adapte. Au cardinal, comme précisé plus haut, on est dans le convivial, on danse sur tout. Arrive le quart d’heure paso-doble. Voilà que l’inconnue m’invite. Mon carnet de bal étant vide, j’accepte… S’ensuit une série paso, zouk, rock’n’roll, valse et même java !… C’était génial. Elle dansait divinement, je suivais, appliquée et euphorique… Merci Corinne ! Une danseuse, ou danseur, de cette trempe et de ce talent, c’est plus que rare. D’abord par la façon d’habiter le rythme, bien sûr, mais aussi par le partage, la générosité de donner à l’autre la chance de suivre.
Le lendemain, Corinne est venue sur le stand, se faire dédicacer mon dernier livre. J’ai failli ne pas la reconnaître, en civil… Plus de spots lumineux, plus de gel dans les cheveux, plus de petite robe à bretelles. Mais l’étincelle dans le regard, je l’ai reconnue tout de suite. Si elle a autant de plaisir à me lire que j’en ai eu à voyager dans son élan, j’ai gagné une lectrice…
C’est ça, la vie d’intello !
iA !