Parmi les films qui viennent de sortir figure "Last chance for love". Comme son titre l’indique, ça parle de dernière chance pour l’amour. A travers les tribulations des deux héros, joués par Emma Thomson et Dustin Hoffman, merveilleux acteurs tous les deux, nous découvrons qu’en amour l’âge n’est pas un obstacle au coup de foudre. Le message est sympa. Par ces temps de jeunisme exacerbé, que Cupidon décoche ses flèches même lorsque chenu-e et délabré-e, on n’y croit plus est réconfortant. L’accroche du film affirme qu’ il n’est jamais trop tard pour saisir sa chance. Cool ! Pour incarner la nana qui a atteint la limite au delà de laquelle son ticket n’est plus valable, Emma Thomson, née en 1959. Son partenaire, Dustin Hoffman, est né en 1937. Vingt deux ans d’écart. Du coup, le message est moins réconfortant, pas vrai les filles ?
Si le film réunissait, sur la même différence d’âge, Jane Fonda et Hugh Grant, on n’entendrait parler que de la différence d’âge. Ajoutons que dans le film qui le rendit célèbre (La lauréat, 1967) Dustin Hoffman (30 ans) a une liaison avec la mère (Anne Bancroft, 36 ans) de sa fiancée (Katherine Ross, 27 ans). Si les personnages avaient l’âge des acteurs qui les incarnent, Ann Bancroft aurait eu une fille à… 9 ans !
Moralité : une vraie femme de cinquante ans est tellement imbaisable qu’il faut la faire jouer par une actrice qui en a quinze de moins, autrement ce n’est pas montrable. L’actrice de 50 ans, la sublime Emma Thomson, joue, elle, les denrées périmées… Dans notre société, si on n’aime pas les vieux, on gomme carrément les vieilles.
i.A !