Y’a des jours où je ne me sens pas très en phase avec certains de mes compatriotes. Français, je précise. Et quand ça arrive, ça concerne souvent mon autre pays, l’Espagne. Il n’aura pas échappé aux personnes fréquentant ce blog (cf ma chronique du 8/7/08) que je suis très fan de Rafael Nadal. Rafa, vaincu hier à Roland Garros.
On ne peut que reconnaître que Nadal est un champion d’exception, mais il a apparemment une tare : non seulement il n’est pas français, ce qui est déjà insolent de sa part, mais en plus, il se permet d’être espagnol ! Ah l’enfoiré ! Le malpoli ! Est-ce pour cela que le public de Roland Garros l’a, encore une fois, traité avec une hostilité parfaitement déplacée ? Le public aime les outsiders, soit. Il encourage celui qui perd, admettons. Mais pourquoi alors avoir continué à scander Ro-bin, clap, clap, clap, Ro-bin, clap, clap, clap… quand Nadal était en difficulté hier ? Pourquoi se réjouir bruyamment de ses erreurs ? Pourquoi applaudir ses fautes ? Cela fait quatre ans que Nadal assure un spectacle magnifique. Ne mérite-t-il pas un traitement plus amical, comme on sait en réserver, par exemple, à Federer ? Qu’est ce que ce Suédois avait de si réjouissant, si ce n’est de faire (enfin ! ils ont trouvé le temps long dans les gradins…) mordre la poussière à l’Espagnol ?
J’ai souvent eu le sentiment que bien des Français s’inclinent devant le nordique et méprisent le méridional. Je suis dégoûtée par le chauvinisme gaulois et aussi par le sentiment de supériorité de mes concitoyens vis-à-vis de l’Outre-Pyrénées. Nadal, déjà sifflé à son match précédent pour avoir demandé à l’arbitre de vérifier un point (et il s’avéra qu’il avait raison) a déclaré : « No siento nada, estoy acostumbrado a oír el nombre de los rivales con los que juego, y me los tengo bien aprendidos cuando acabo. Es una pena que este público no haya tenido nunca un detalle conmigo ». (Je ne regrette rien, je suis habitué à entendre le nom de mes adversaires, je les connais par cœur à la fin du match. Il est dommage que ce public n’ait jamais eu une attention pour moi). Il a hélas raison.
T’en fais pas, Rafa, y’en a qui t’aiment. J’en fais partie.
iA !