5 mars-20h-Petit Hébertot (0142931304) REPRÉSENTATION EXCEPTIONNELLE "Et encore je m’retiens !"
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par isabelle alonso - 14 juin 2009


Je suis encore, et je sens que ça va persister, sous le coup de l’émotion suscitée par mes trois jours dans le Sud, dans le cadre de la promotion de « Fille de rouge ». J’en ai vu, des filles de rouge ! Et des fils ! Perpignan, Carcassonne, Toulouse.

St Cyprien et sa plage où mon père, voici 70 ans, fit six mois d’un camping très peu clubmed.

La maternité d’Elne, où 600 bébés virent le jour aux temps sombres de la Retirada, grâce à l’énergie et au courage d’Elisabeth Eidenbenz.

Le cloître des Jacobins, à Toulouse, où je lis en public quelques pages de « Fille de Rouge ».

Rencontres, visages, paysages. Et toujours, toujours, l’émotion à fleur de peau, la gorge qui se serre et le sentiment incroyablement puissant d’être parmi les miens, parmi mes frères et mes sœurs en ce pays d’Exil dont nous sommes citoyens, où nous sommes nés et avons pris racine. Et où nous n’avons même plus besoin des mots qui furent longtemps notre seul ciment, pour ressentir ce que nous portons tous en nous.

Qu’on ne me parle pas des « deux camps, avec des atrocités des deux côtés ». Il y eut des horreurs des deux côtés, comme dans toute guerre, mais ni dans la même proportion, ni sur la même durée. Non. Il y eut des agresseurs et des agressés. Il y eut des justes et des tortionnaires. Il y eut un immense gâchis de vies détruites, saccagées. Et une volonté inflexible de détruire les vaincus.

Et parce qu’ils avaient raison, parce qu’ils savaient qu’ils avaient raison, parce qu’ils avaient conscience de leur totale légitimité, les vaincus ont laissé derrière eux tous ces gens que je croise aujourd’hui, qui se reconnaissent d’un seul regard, si longtemps après. Qui portent la même histoire. Notre histoire. Nous n’oublions pas. Et le devoir de mémoire, nous le porterons aussi longtemps qu’il faudra. Nous leur devons bien ça.

iA !