5 mars-20h-Petit Hébertot (0142931304) REPRÉSENTATION EXCEPTIONNELLE "Et encore je m’retiens !"
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¡ vive usain bolt !
par isabelle alonso - 25 août 2008


Les Jeux, c’est fini. A Pékin, on balaye et on range. La gueule de bois va durer un moment. L’avant-JO me fait toujours le même effet. Le battage médiatique m’agace, avec la flamme balladeuse et tout le ramdam sur les espoirs de médailles tricolores. Cette année j’accrochais encore moins que d’habitude. La Chine, bof. Trop de kilomètres, trop de dictature. Puis j’ai regardé l’ouverture et j’étais cuite. Je suis restée scotchée à l’écran pendant deux semaines, jour et nuit, jusqu’au Marathon masculin. Quelle réussite ! Quelle fête ! A deux niveaux. Premier degré, l’image. On filme aujourd’hui avec un art peaufiné par des centaines de compétitions. C’est juste grandiose. Livré à domicile au moment précis où ça arrive, je ne m’en lasse pas. Puis, à consommer exclusivement au deuxième degré, le son. Celles et ceux qui ont écouté certains délires de nos commentateurs savent de quoi je parle… Un vrai bonheur.

Loin des rictus de douleur, des poses d’intimidation et des mimiques guerrières en vigueur au pied des starting-blocks olympiques, je me suis régalée des facéties irrésistibles du grand, de l’immense, du surpuissant, du magique, de l’extraordinaire, je suis à court de qualificatifs à sa mesure, Usain Bolt. Il a le talent, il a la force, il a la grâce… et il ne prend pas au sérieux une seconde ! C’est le champion majuscule. Il est trop, trop tout. Too much. Et, comme disait Mae West, « Too much of a good thing can be wonderful ». Il y en a qui ont le triomphe douloureux, l’exploit tragique et la médaille chauvine. On les admire mais on a mal pour eux. Et il y a Usain, qui pulvérise les records en se marrant. Et on jubile avec lui. On ne peut s’empêcher de penser que si ce colosse hilare a la galipette aussi joyeuse que le sprint, sa fiancée doit être la plus heureuse des femmes…

Quand bien même j’apprendrais demain qu’il est dopé jusqu’aux oreilles, je le vénère à vie. J’ai vu et revu ses exploits sans que mon euphorie s’atténue. A le voir galoper, danser, prendre la pose de l’archer, se faire une cape avec le drapeau du confetti des Caraïbes qui l’a vu naître (merci la Jamaïque, tu nous gâtes !) et rire comme un gosse heureux, on se dit que le gros pognon, les croutons du CIO et les magouilles géopolitico-sportives n’ont pas encore eu raison de la beauté, de la générosité, de la spontanéité et de l’enthousiasme. Viva Usain !

iA !