Le week-end dernier, comédie du Livre à Montpellier, avec l’Espagne comme invitée d’honneur. C’est vous dire si j’ai pris plaisir à retourner dans cette ville où foisonne l’Espagnol de l’armée en déroute, à une ou deux ou trois générations près, et où une "allée des républicains espagnols" rend hommage à ces vaincus dont je suis issue. J’y suis toujours reçue en "hermana", en toute fraternité, et ça réchauffe le cœur.
A ceux qui croient que tout ça c’est de l’histoire ancienne et qu’il est temps de tourner la page, j’indiquerai que les associations espagnoles qui tentent de fermer le dossier en laissant enfin parler le camp républicain, 70 ans après la retirada et trente quatre ans après la mort de Franco, se heurtent encore à la résistance entêtée du camp adverse, s’opposant toujours avec acharnement à la plus simple justice. On en est encore à déboulonner les dernières statues équestres du dictateur la nuit, en catimini.
Cent mille disparus dont les familles recherchent les traces gisent dans les charniers de la guerre recensés par le juge Garzon dans 62 juridictions différentes. Les juges concernés ont refusé de poursuivre l’investigation. Une seule d’entre eux (une femme pour ce courage là), à Zamora, a accepté d’ouvrir une fosse où gisent huit fusillés. Pendant que les juges s’enferment dans des polémiques sans fin, les derniers survivants s’éteignent après une vie entière d’une très douloureuse attente.
Bon thème de réflexion pour ceux qui aiment à renvoyer les deux camps dos à dos.
iA !