Macholand, c’est comme les galeries Farfouillette, il se passe toujours quelque chose… Ce matin, deux nouvelles très différentes, mais concomitantes au niveau du signifiant, ou signifiantes au niveau du concomitant (au choix…)
Pour fêter la présidence française de la communauté européenne, qui commence le 1er juillet, les députés ont reçu un cadeau de Sarko. C’est un cartable du parfait petit député, avec à l’intérieur un bloc-notes, un stylo, et… une cravate ! Les 18% de femmes députées sont donc invitées à se p(r)endre pour un mec en nouant autour de leur cou cet attribut phallique… Est-ce à dire que Sarko et ses collaborateurs veulent étrangler la parité dans l’œuf ? Soit ils voudraient qu’il n’y ait pas de femmes, soit ils ne les voient pas. Dans les deux cas, les choses sont claires, les filles : vous ne deviendrez visibles que quand chacune de vos interventions sera ouvertement féministe, c’est à dire établissant un lien entre chaque texte de loi et ce qu’il change pour les femmes. Autrement vous continuerez à porter une cravate symbolique, et même une vraie !
Puisqu’on en est à la loi, le lien est tout trouvé avec la deuxième info, lue dans Libé ce matin : le Sénat se penche sur la question des mères porteuses. Le débat concerne notre corps. Le corps des femmes. Quelle que soit la loi qui naîtra de ce débat, une chose est sûre : il n’y a que 18% de femmes au Sénat. La loi sera donc votée à une majorité écrasante, 82% (digne des démocraties à la Staline, Franco ou Mugabe) par des hommes dont certains, c’est Libé qui le dit, ont dû être informés pour l’occasion de ce qu’est exactement un ovocyte… Misère… Les lois sur l’avortement et la contraception durent pareillement être arrachées à des assemblées masculines à plus de 90% !
Le vagin (les sénateurs savent ce que c’est, ou je fais un dessin ?) a toujours été un produit sûr, d’une bonne rentabilité sur tout le territoire Macholandais. Par ces temps de marchandisation globale, l’utérus ouvre de bonnes perspectives de rentabilité moins immédiate mais plus spectaculaire. Un bon sujet de réflexion est fourni par les mafias albanaises : joli doublé, rentabilisation en deux temps. Ils prostituent en effet des femmes enceintes, ce qui permet d’équilibrer le risque économique toujours important quand on investit dans l’humain. Un exemple pour demain ?
Certains se penchent déjà sur la réhabilitation d’un investissement plus ancien, injustement oublié : les seins dans leur dimension lactée. Au 19ème siècle, les femmes pauvres en bonne santé louaient leur capacité d’allaitement pour les bébés riches. Crise alimentaire aidant, c’est un gisement de centaines de milliers de tétons du tiers-monde qu’on devrait pouvoir exploiter. Le lait de femme, riche en tas de trucs bons pour la santé, une idée pour l’avenir ! A vos neurones, Messieurs les Sénateurs ! Un nichon, vous voyez ce que c’est ?
iA !