Dans les coursives médiatiques, rédactions de presse, éditeurs, stations de radio ou boites de prod, la « femme de » est fréquente. On la croise un peu partout, affichée ou discrète. Les hommes en vue, à qui on n’a rien à refuser, casent gentiment leur épouse, qui par ailleurs peut se révéler parfaitement compétente, la question n’est pas là. Le népotisme conjugal, par ces temps de sous-emploi, fonctionne à plein régime, avec le népotisme familial, ou simplement amical. C’est comme ça et c’est pas nouveau. Les syndicats ne mouftent pas. Tant que les femmes restent à des places plus ou moins subalternes, ça roule…
Mais qu’une dite « femme de », en l’occurrence Christine Ockrent, qui ne doit rien à son époux, qui a une carrière autonome et une compétence incontestable, soit nommée à un poste important, connecté, même indirectement, à celui de son mec, et c’est le tollé. Flingage. On crie au « mélange des genres ». Mélange des genres ? N’entendez pas par là un très souhaitable rêve de mixité, mais une intolérable proximité entre pouvoir et média. Que la question se pose est légitime. Qu’on n’y réponde qu’en préconisant, dans un couple, l’exclusion de la femme, comme au bon vieux temps, est inacceptable.
iA !