5 mars-20h-Petit Hébertot (0142931304) REPRÉSENTATION EXCEPTIONNELLE "Et encore je m’retiens !"
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héros oubliés
par isabelle alonso - 24 février 2010


Je rentre de la mairie de Paris, ses dorures, ses tableaux géants et ses statues. Pas un millimètre carré de mur nu. Un brin chargé mais magnifique. On sent qu’être Parisien-ne c’est pas de la gnognotte… Ce matin il ne s’agissait pas seulement d’admirer la déco, mais d’assister à une remise de médailles. D’habitude, les médailles, c’est pas trop ma came, mais la circonstance était spéciale. J’ai déjà parlé, ici, du rôle des soldats républicains espagnols dans la libération de Paris, et ce matin ils étaient trois survivants à recevoir la médaille de Vermeil de la Ville de Paris. Mon père tenait à y aller, je l’ai accompagné et pour finir j’étais plus émue que lui. Il s’agissait de rendre hommage à Manuel Fernandez, Luis Royo Ibañez et Rafaël Gomez, héros de la Libération de Paris, survivants de « LA NUEVE ». Trois petits messieurs que le temps a rendus fragiles, qui se tiennent fièrement, dignement, avec dans l’oeil une étincelle d’humour, et que le dossier de presse du documentaire qui leur est consacré par Alberto Marquardt présente ainsi : « Premiers soldats de la France Libre à entrer dans Paris occupé le 24 août 44, les Républicains espagnols de « la Nueve », la 9e compagnie de la 2e DB de l’armée de Leclerc, sont les héros oubliés de la victoire alliée contre la barbarie nazie. » La célèbre petite phrase de de Gaulle, le 25 août, les éjectera d’emblée de l’Histoire telle qu’on la raconte : "... Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !... libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France…"

Libéré par lui même, avec le concours des armées de la France… Asi se escribe la Historia, aurait dit ma mère. C’est ainsi qu’on écrit l’Histoire. Les soldats républicains espagnols furent les grands perdants de la guerre, puisque Franco ne fut pas balayé, à l’instar de Mussolini et Hitler, par la victoire des Alliés. Qui se souvient de ces héros ? Qui se souvient que nous devons notre liberté à une poignée d’irréductibles qui ne s’avouèrent jamais vaincus ? Pour autant, on ne sent pas d’amertume en eux. Ils ont fait leur devoir, une évidence. La télé espagnole (TVE) interviewe l’un d’eux. Il dit : « J’aimerais seulement que les jeunes Espagnols sachent ». Chapeau bas. Et merci à Anne Hidalgo, qui n’a eu de cesse, depuis des années, de rendre justice à la mémoire des nôtres.

iA !