5 mars-20h-Petit Hébertot (0142931304) REPRÉSENTATION EXCEPTIONNELLE "Et encore je m’retiens !"
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frank’s ashes...
par isabelle alonso - 20 juillet 2009


Ce matin, alors qu’assise devant mon clavier je sirote mon troisième café en envoyant des mails idiots à mes copines histoire de m’échauffer les jointures, je reçois un texto de mon frère : « Frank McCourt est mort hier à New York ». Frank McCourt. L’auteur de « Angela’s ashes ». Les cendres d’Angela. Les bons écrivains nous touchent au cœur, s’y installent et n’en bougent plus. Voilà dix ans je découvris ce livre, et depuis je l’ai offert des dizaines de fois à des dizaines de gens. Il m’a fait rire, pleurer, m’émouvoir et espérer. Ce roman autobiographique est un antidépresseur autrement enthousiasmant que les drogues des apothicaires. Garder un tel humour et une telle joie de vivre, une telle distance vis-à-vis de la misère, la faim et la mort relativise toutes les frustrations. Avant Frank McCourt, je ne savais rien de la misère des Irlandais en plein XXème siècle. La misère du Nord, du froid, de l’humidité. Nous avons tellement intériorisé la misère du Sud, la misère bien connue et "moins pénible au soleil" chantée par Aznavour, que nous en oublions qu’elle est la plus partagée des expériences humaines. Et qu’elle enrichit les gens de qualité. Frank McCourt rejoint dans mon panthéon perso Romain Gary et Alphonse Boudard, petits garçons magnifiques dévorés d’amour pour leur mère et de talent pour les mots. Le voilà pour l’éternité au paradis des écrivains, où j’espère un jour mériter un strapontin. Hasta siempre, Frank…

Et, aussi, une pensée pour Malachy, ton irrésistible petit frère.

iA !