Plantage de décor. Je google « fille saoûle ». 242 000 réponses, toutes sur le même schéma : une fille saoule c’est une fille qui baise, et une fille qui baise s’avilit… « Les nanas sont toutes vicieuses c’est bien connu. Mais alors les nanas saoules c’est encore pire, après quelques verres d’alcool elles deviennent toutes des grosses chaudasses assoiffé de bite raide. Regarde ces photos de cul gratos d’une soirée piscine d’étudiant qui se fini en partie de baise hardcore avec un couple complètement défoncer. La meuf est arraché, et le mec en profiter pour la baiser violemment et lui refaire l’anus avec sa grosse bite, aussi large que le goulot d’une bouteille de champagne ». Sic.
A Marseille, il y a quelques jours, quatre ordures de sexe masculin ont contraint une fille à boire une bouteille de vodka, puis ils l’ont violée avant de s’apercevoir qu’ils l’avaient tuée. Presque six grammes d’alcool (5,98) dans le sang. Elle avait 21 ans. Elle était infirmière. Une de plus. Pas de réaction officielle. Pas de stigmatisation de ce énième assassinat machiste. Une petite sœur de plus, une petite soeur de moins, tout le monde s’en fout. Ni son nom ni même son prénom ne figurent sur les bulletins d’info que j’ai lus. Indifférence, une fois encore, face à cette violence là.
La seule question qui me vient à l’esprit est celle qui fait sourire les cyniques : pourquoi tant de haine ? Ce crime est aussi POLITIQUE qu’un lynchage. Qu’une ratonnade. Qu’un pogrom. Qu’un crime raciste ou antisémite qui ferait descendre les gens dans la rue et se déplacer le premier ministre ou le Président. Il est aussi beaucoup plus fréquent. Il est la manifestation d’une violence machiste globale dissimulée, ensevelie dans le sombre silence du déni patriarcal et la pathétique cacophonie de la toile. Envie de hurler. Envie de vomir.
iA !