<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Isabelle Alonso</title>
	<atom:link href="http://www.isabelle-alonso.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.isabelle-alonso.com</link>
	<description>Site officiel</description>
	<lastBuildDate>Sun, 16 Jun 2013 15:38:18 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5.1</generator>
		<item>
		<title>Maram Al-Masri</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/maram-al-masri/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/maram-al-masri/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:58:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gonflées à blog !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=2058</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/maram-al-masri/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown6-150x150.jpeg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="Unknown" title="" /></a>&#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#171;&#160;L&#8217;avez-vous vu? Il portait son enfant dans ses bras et il avançait d&#8217;un pas magistral la tête haute, le dos droit&#8230; Comme l&#8217;enfant aurait été heureux et fier d&#8217;être ainsi porté dans les bras de son père&#8230; Si seulement il avait été vivant.&#160;&#187; Maram Al-Masri. (Elle va nue, la liberté. Bruno Doucey, 2013) Je &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/maram-al-masri/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown6.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-2059" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown6.jpeg" width="251" height="201" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;avez-vous vu?</p>
<p>Il portait son enfant dans ses bras</p>
<p>et il avançait d&rsquo;un pas magistral</p>
<p>la tête haute, le dos droit&#8230;</p>
<p>Comme l&rsquo;enfant aurait été heureux et fier</p>
<p>d&rsquo;être ainsi porté dans les bras de son père&#8230;</p>
<p>Si seulement il avait été</p>
<p>vivant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Maram Al-Masri. (Elle va nue, la liberté. <em>Bruno Doucey, 2013</em>)</p>
<p>Je vous ai déjà parlé de Maram, poétesse syrienne exilée à Paris. Depuis Alexandrie, où nous sommes rencontrées et où j&rsquo;ai découvert sa gentillesse, son élégance et son attention aux autres, il s&rsquo;est passé une chose essentielle: j&rsquo;ai lu ce qu&rsquo;elle écrit. J&rsquo;ai découvert son talent, immense. Et j&rsquo;en ai été bouleversée.</p>
<p>Elle m&rsquo;a offert trois de ses livres:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les âmes aux pieds nus&nbsp;&raquo;(<em>Le temps des cerises, 2009) </em><a href="http://vimeo.com/39761995">Pour vous donner une idée, quelques images&#8230;</a></p>
<p>&laquo;&nbsp;Femmes poètes de monde arabe&nbsp;&raquo;, anthologie.  (<em>Le temps des cerises, 2012)</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Elle va nue, la liberté&nbsp;&raquo;(<a href="http://www.editions-brunodoucey.com/elle-va-nue-la-liberte/"><em>Bruno Doucey, à paraître le 2 mai</em></a>) dont les droits d&rsquo;auteur seront versés à la résistance syrienne.</p>
<p>Et si vous voulez la voir en vrai, rendez vous le dimanche 5 mai à 11heures pour un brunch avec elle et ses poèmes, et aussi de la musique, sur la péniche Anako. Je serai en Espagne ce jour là, autrement croyez bien que j&rsquo;aurais été des vôtres. Les détails et le flyer <a href="http://www.editions-brunodoucey.com/contents/brunch-avec-maram-al-masri/">ICI</a> . Bon brunch, et, surtout, bonne lecture! <a href="05/04/2013 Paris : Brunch “Rencontre avec la poétesse syrienne Maram al-Masri”"><br />
</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/maram-al-masri/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Pas en notre nom!&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/pas-en-notre-nom/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/pas-en-notre-nom/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 06:36:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Compagnes de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=2026</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/pas-en-notre-nom/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown2-150x150.jpeg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="Unknown" title="" /></a>Sporenda reprend du service! Merci à elle! Elle a interviewé PATRIC JEAN*, co-fondateur et porte-parole de ZEROMACHO, des hommes contre la prostitution. Un homme comme on aimerait en voir plus souvent. Je vous laisse juge. &#160; &#160; &#160; Q: Quel cheminement vous a amené à créer l&#8217;association Zéromacho et quels sont ses objectifs? P.J.: J&#8217;ai toujours été contre l&#8217;idées des groupes d&#8217;hommes pro-féministes jusqu&#8217;à &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/pas-en-notre-nom/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sporenda</strong> reprend du service! Merci à elle! Elle a interviewé <strong style="color: inherit; font: normal normal normal 15px/normal 'Helvetica Neue', Helvetica, Arial, sans-serif; font-style: inherit; font-weight: bold; line-height: 1.625;">PATRIC JEAN*</strong>, co-fondateur et porte-parole de ZEROMACHO, des hommes contre la prostitution. Un homme comme on aimerait en voir plus souvent. Je vous laisse juge.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><strong><em><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown2.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2027" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown2.jpeg" width="200" height="206" /></a>Q: Quel cheminement vous a amené à créer l&rsquo;association Zéromacho et quels sont ses objectifs?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: J&rsquo;ai toujours été contre l&rsquo;idées des groupes d&rsquo;hommes pro-féministes jusqu&rsquo;à ce que la féministe Florence Montreynaud nous demande (à cinq hommes) de nous rassembler sur un point commun: l&rsquo;abolition de la prostitution. Elle trouvait que notre voix d&rsquo;hommes refusant la prostitution pour des raisons politiques devait être entendue. On a donc créé Zéromacho sur cette base. Du coup, on s&rsquo;est mis à réfléchir à d&rsquo;autres actions où la voix d&rsquo;hommes pourraient se faire entendre en vue de l&rsquo;égalité femmes-hommes. C&rsquo;est le cas dans la dénonciation récente du masculinisme par exemple.</div>
<div></div>
<div><strong>Q:</strong><em> <strong>Zéromacho </strong></em><strong><em>est à ma connaissance le premier mouvement d&rsquo;hommes en Europe qui dénoncent la prostitution et plus généralement les violences envers les femmes. Pourtant, des sondages font apparaître que les usagers de la prostitution ne sont qu&rsquo;une minorité: autour de 10% seulement. </em><em>C&rsquo;est pourquoi il est surprenant qu&rsquo;avec un  pourcentage de clients aussi faible, une majorité d&rsquo;hommes se prononcent pourtant contre l&rsquo;abolition de cette pratique archaique  (environ 60% selon de récents sondages). Comment expliquez vous cette adhésion à la prostitution d&rsquo;hommes qui ne sont pas clients, et plus généralement le fait que, parmi les hommes qui ne commettent pas eux mêmes de violences  envers les femmes, il y en ait si peu  qui soutiennent les féministes dans leur lutte contre ces violences?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Il ne faut pas confondre les hommes qui ne s&rsquo;intéressent pas à la prostitution et ceux qui y sont opposés. La prostitution en effet ne correspond pas au désir sexuel d&rsquo;une grande majorité d&rsquo;hommes. Les clients prostitueurs habitués ont des profils particuliers avec une surreprésentation d&rsquo;hommes à sexualité violente, fascinés par le viol et surconsommateurs de pornographie. Les autres hommes se détournent de la prostitution mais l&rsquo;idée de pouvoir louer le cors d&rsquo;une femme continue à faire partie de leurs privilèges même si ils n&rsquo;en font pas usage. Nous sommes donc une minorité d&rsquo;hommes à refuser la prostitution pour des raisons politiques car nous la considérons comme une violence en soi.</div>
<div>Enfin, le travail du lobbying de l&rsquo;industrie du sexe porte à long terme et beaucoup de gens pensent sincèrement que des femmes désirent être prostituées et s&rsquo;en portent bien, voire qu&rsquo;il faudrait rouvrir les bordels où elles seraient bien au chaud. Toutes croyances qui s&rsquo;écroulent dès que l&rsquo;on se penche un peu sur le sujet.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: Pourquoi une association regroupant des hommes uniquement? Pourquoi avez vous choisi de ne pas intégrer des associations féministes mixtes (tout en leur apportant votre soutien)?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Tout d&rsquo;abord nous travaillons main dans la main avec cinquante associations (majoritairement) de femmes féministes sur le thème de la prostitution. Mais nous nous sommes dit que, sur la prostitution, nous avions une parole particulière, à savoir celle qui consiste à déconstruire les stéréotypes sur la sexualité masculine et ses soi-disant besoins qui justifieraient la prostitution. On ne pourra plus dire aux féministes que les hommes ont des &laquo;&nbsp;besoins&nbsp;&raquo; car nous sommes là pour le contredire.</div>
<div>Et donc, nous réfléchissons aux paroles particulières que nous pouvons porter à côté de celles des féministes et jamais à leur place. Nous sommes aux côtés, en soutien, avec un point de vue particulier qui consiste à déconstruire les stéréotypes depuis notre poste d&rsquo;observation de dominants.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: Pour réaliser votre film &laquo;&nbsp;La domination masculine&nbsp;&raquo;, vous avez infiltré les milieux masculinistes canadiens. Que retenez vous de cette expérience undercover?  Qui sont ces hommes, de quels milieux sociaux viennent ils, ont-ils des caractéristiques psychologiques, idéologiques etc. particulières? Quels sont leurs objectifs?</em></strong></div>
<div>P.J.: C&rsquo;est une question difficile. Ils sont de tous les niveaux sociaux. Ils ont des points communs: avoir été quittés par une femme (ce dont ils ne se sont jamais remis d&rsquo;un point de vue narcissique), un sentiment de puissance et de légitimité de la domination des hommes, une vision très noire de la société où plus rien ne va aussi bien qu&rsquo;avant, l&rsquo;idée que tout se délite et que les modèles anciens sont détruits. Ils se réfèrent à un passé idéalisé où les trains arrivaient à l&rsquo;heure et où il faisait chaud l&rsquo;été et froid l&rsquo;hiver.</div>
<div>Ce qui les rassemble est un refus du changement. Notre société vit une transformation anthropologique majeure. Le mariage pour tous ou l&rsquo;idée de l&rsquo;égalité femme homme bouleverse la vision ancestrale de l&rsquo;altérité. Pour nous c&rsquo;est un progrès mais pour eux, c&rsquo;est une régression. Leur mouvement est aussi et surtout andocentré: ils se battent pour le pouvoir des hommes, leurs privilèges.</div>
<div>Enfin, il y a chez beaucoup d&rsquo;entre eux une vision complotiste et paranoïaque du monde. Puisque tout s&rsquo;écroule, il doit bien y avoir une raison, une force organisée qui anime ce changement. Ils la cherchent souvent dans des complots qui rassemblent, selon les cas, les féministes, les politiques, les médias, les franc-maçons, les homosexuels&#8230;</div>
<div>On peut dire aussi qu&rsquo;ils ont une vision très essentialiste des femmes et des hommes. On est dans le tout biologique. Enfin, tous ceux que j&rsquo;ai rencontrés ont été accusés et très souvent condamnés pour violence conjugale. Ce n&rsquo;est pas une surprise.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: La vitrine médiatique de leur action,  c&rsquo;est la défense des droits des pères, selon eux injustement traités par les tribunaux en ce qui concerne la garde des enfants après un divorce. Quelle est la relation réelle de ces hommes à la paternité derrière cette image médiatique d&rsquo;hommes qui voudraient assumer leurs responsabilités paternelles alors que la société et les tribunaux les en empêcheraient?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Difficile de faire des généralités. Ceux que j&rsquo;ai rencontrés étaient plus occupés à se venger de leur ex-compagne qu&rsquo;à passer du temps avec leurs enfants. Pour vous donner un exemple très parlant, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux m&rsquo;a raconté avoir demandé la garde principale de ses enfants et comme le juge ne lui octroyait qu&rsquo;une garde partielle, il lui a répondu &laquo;&nbsp;vous pouvez les garder dans ce cas&nbsp;&raquo;. Je pense que cela résume bien l&rsquo;état d&rsquo;esprit de ceux que j&rsquo;ai suivis.</div>
<div>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs étonnant de voir à quel point la doctrine masculiniste est essentialiste sauf quand il s&rsquo;agit de répartir le temps de garde des enfants en cas de séparation. Tout à coup, et seulement sur ce point, ils deviennent égalitaires&#8230;</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown3.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-2028" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown3.jpeg" width="275" height="183" /></a>Q : Quelles sont les stratégies et méthodes qu&rsquo;ils utilisent pour s&rsquo;assurer une visibilité dans les medias? </em>Récemment, en France, imitant les stratégies &laquo;&nbsp;viriles&nbsp;&raquo; des masculinistes d&rsquo;Amérique du Nord, des masculinistes français grimpés en haut d&rsquo;une grue ont monopolisé l&rsquo;attention et la sympathie des journalistes pendant une semaine&#8211;avant de saborder eux mêmes leur propre action en tenant des propos grossièrement misogynes une fois descendus de leur grue.</strong></div>
<div><strong></strong><strong>Pourquoi une telle attention et une telle sympathie de la part des medias? Comment les journalistes peuvent ils ignorer que ces actions sont le fait de masculinistes, ou ces derniers bénéficient ils de certaines complicités médiatiques?</strong></div>
<div>P.J.: C&rsquo;est très simple. Imaginez un enfant qui lâche une bille du haut d&rsquo;un tobogan. Bien ou mal lancée la bille roulera jusqu&rsquo;en bas. Imaginez maintenant l&rsquo;adresse qu&rsquo;il faut pour faire remonter la bille dans l&rsquo;autre sens. Les masculinistes ont une parole qui va dans le sens de la doxa dominante dans notre société. Ils sont en haut du tobogan alors que les féministes sont en bas et vont à contre-courant. Il est prévisible que leur parole soit si bien acceptée par les médias puisqu&rsquo;elle fait partie de notre corpus culturel. La misogynie et le sexisme sont au centre de nos normes. Il suffit de regarder les affiches dans le métro pour s&rsquo;en rendre compte.</div>
<div>D&rsquo;autre part, il ne faut pas se mentir, les médias, comme le reste, sont aux mains des hommes (et des femmes qui leur obéissent) là où il y a des décisions à prendre. Du coup, quand une émission de télé (<em>Complément d&rsquo;enquête</em>) passe une heure sur le sujet, elle titre &laquo;&nbsp;Où sont les hommes?&nbsp;&raquo;, ce qui peut sembler ironique, elle se déroule sur un ring pour évoquer &laquo;&nbsp;la guerre des sexes&nbsp;&raquo;, elle considère comme libérée une femme qui exhibe son corps nu, elle plaint les pires masculinistes, parmi les plus violents comme de pauvres pères éconduits, et j&rsquo;en passe.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: Les masculinistes canadiens semblent avoir été parmi les précurseurs de ce mouvement. Les autres mouvements masculinistes apparus en Europe plus tardivement semblent s&rsquo;inspirer de leurs idées et de leurs méthodes. Y a t&rsquo;il des interactions et des coopérations entre ces différents mouvements?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Les Québécois se sont inspirés des Américains et des Anglais (<em>Fathers for Justice</em>). J&rsquo;ai observé en les infiltrant qu&rsquo;ils étaient en lien direct avec des Belges, Français, Suisses, Espagnols, leur prodiguant moult conseils. La preuve, l&rsquo;escalade d&rsquo;une grue est une copie conforme de l&rsquo;escalade des ponts à Montréal, même technique, même communication.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown4.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2029" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown4.jpeg" width="258" height="195" /></a>Q: Durant votre infiltration parmi les masculinistes canadiens, vous avez remarqué que ceux-ci reprenaient dans leur argumentaire des thèses de féministes libérales/libertaires comme Elisabeth Badinter, favorable à la prostitution et seule féministe qu&rsquo;ils semblent apprécier. Quels sont leurs autres maîtres à penser, et que pensez-vous de cette curieuse convergence entre féministes libérales/libertaires et masculinistes?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Je pense que l&rsquo;on est proche de l&rsquo;anti-féminisme dans le cas que vous citez. En effet, Badinter est une des maîtres à penser des masculinistes qui la citent par pages entières sur la prostitution mais aussi sur la violence conjugale dont les hommes souffriraient tout autant que les femmes, ou du féminisme qui serait allé trop loin et devrait faire machine arrière. En tant qu&rsquo;homme,  je n&rsquo;ai pas de commentaire à faire si ce n&rsquo;est qu&rsquo;encore une fois, une telle &laquo;&nbsp;pensée&nbsp;&raquo; se vend facilement dans les médias puisqu&rsquo;elle se place au centre de la norme culturelle patriarcale.</div>
<div>Pour le reste, les maculinistes sont de grands lecteurs d&rsquo;Eric Zemmour, d&rsquo;Alain Soral&#8230;</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: L&rsquo;argument tarte à la crème  des libéraux/libertaires régulièrement invités pour défendre la prostitution sur les plateaux de télévision, c&rsquo;est qu&rsquo;être abolitionniste, ce serait être réactionnaire, anti-sexe  et partisan de l&rsquo;ordre moral.</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong><strong><em>On peut voir dans cette thèse un bel exemple d&rsquo;inversion patriarcale, et penser que ce sont au contraire les pro-prostitution qui sont rétrogrades, refusent aux femmes une sexualité libre et non coercitive (on n&rsquo;évoque jamais la sexualité des prostituées) et défendent l&rsquo;ordre moral patriarcal.</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong> <strong><em>Que pensez-vous de ces poncifs anti-abolitionnistes?</em></strong></div>
<div>P.J.: Ils sont assez drôles. Affirmer que la défense d&rsquo;une pratique millénaire serait moderne et que vouloir l&rsquo;abolir serait rétrograde est assez osé. C&rsquo;est un argument très malhonnête et ils le savent bien. La question porte sur le fait de savoir si avoir une relation sexuelle pour de l&rsquo;argent est violent ou pas. Nous pensons que oui mais rationnellement, on observe que les faits nous donnent raison: témoignages de toutes les survivantes, santé des personnes prostituées, traumatismes psychologiques, etc.<br />
On ne peut pas considérer nos parties génitales comme le reste de notre corps. Elles touchent à notre psyché. La preuve, un viol laisse des traumas pendant souvent le reste de la vie même en dehors de toute blessure physiologique.</div>
<div>Ce type d&rsquo;argument ne sert qu&rsquo;à décrédibiliser la parole abolitionniste, à défaut d&rsquo;y répondre avec des arguments. Il ne faut pas oublier qu&rsquo;il y a derrière la prostitution un commerce dont les bénéfices dépassent celui du trafic de drogue. Il est donc prévisible que les gestionnaires de ce trafic protègent leur commerce. Y compris en finançant un lobbying, en achetant des paroles publiques, en faisant chanter des faiseurs d&rsquo;opinion, en finançant des rapports bidons. Il en a été de même pour défendre d&rsquo;autres secteurs comme celui des cigarettes par exemple.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q:  Les hommes qui ont signé le manifeste anti-prostitution donnent différentes raisons pour justifier leur refus d&rsquo;être clients. Quelles sont les principales raisons données par les signataires pour ce refus?</em></strong></div>
<div><em>P.J.: Dans la plupart des cas, ils estiment que c&rsquo;est une violence dont ils refusent d&rsquo;être complices</em></div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown5.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-2030" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown5.jpeg" width="275" height="183" /></a>Q: A propos des medias, on observe aussi que le discours abolitionniste y est peu relayé, alors que le discours pro-prostitution est très présent. En particulier des soi-disant travailleuses du sexe, porte-paroles et leaders  de syndicats de travailleuses/eurs du sexe ont leur rond de serviette dans ces émissions, on est sûr qu&rsquo;ils seront invités si ce sujet est débattu.</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong><strong><em>Or en fait de  &nbsp;&raquo;travailleuses/eurs du sexe&nbsp;&raquo;, certains sont des proxénètes ou des maquerelles, ou des producteurs de films pornographiques. Pire, des proxénètes connus sont invités à s&rsquo;exprimer ouvertement et en tant que tels dans des émissions à grande écoute, le dernier exemple étant l&rsquo;invitation de Dodo la Saumure, proxénète attitré de DSK, dans l&rsquo;émission de Frédéric Taddéi, &laquo;&nbsp;Ce soir&nbsp;&raquo;.</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong><strong><em>Autres invités attitrés, des &laquo;&nbsp;people&nbsp;&raquo;, toujours les mêmes&#8211;Caubère, Antoine&#8211;sont sollicités à donner leur opinion, mais celles qu&rsquo;on n&rsquo;entend jamais&#8211;et pour cause&#8211;ce sont les prostituées majoritaires, celles qui sont étrangères, illégales, trafiquées et sous la coupe de réseaux proxénètes.</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong><strong><em>Ces prostituées&#8211;une fois sorties de la prostitution&#8211;pourraient être invitées à donner leur version, mais les journalistes ne s&rsquo;intéressent pas à elles, ne font aucun travail de terrain pour aller à leur rencontre ni vrai journalisme d&rsquo;investigation et préfèrent n&rsquo;inviter que des &laquo;&nbsp;porte-paroles&nbsp;&raquo; à plein-temps,  des clients et des proxénètes. Qu&rsquo;en pensez vous? </em></strong></div>
<div>P.J.: Je pense qu&rsquo;il y a plusieurs explications. Tout d&rsquo;abord, encore une fois, le fait de pouvoir se louer une femme reste un privilège pour les hommes même quand ils n&rsquo;en font pas usage. Il est donc prévisible qu&rsquo;une majorité défendent cet avantage, même inconsciemment.<br />
D&rsquo;autre part, il y a un certain nombre de cliente prostitueurs qui défendent la prostitution pour des raisons bien comprises. Je pense que Taddéi quand il filmait &laquo;&nbsp;<em>Paris Dernière</em>&nbsp;&raquo; montrait une proximité avec le milieu de la nuit qui laissait entendre, au minimum, un manque de critique vis à vis des violences faites aux femmes.</div>
<div>Enfin, je suis convaincu, je le répète, que comme dans le cas d&rsquo;autres industries comme les cigarettes, des lobbies sont financés pour défendre des intérêts. Les cigarettiers ont acheté des journalistes et des élus et en ont fait chanter d&rsquo;autres. Je ne vois pas pourquoi il en irait autrement dans un secteur par définition tenu par des mafias. Inviter une survivante de la prostitution mettrait à bas toute cette idéologie en quelques phrases, voilà pourquoi on ne les invite pas.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images4.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2031" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images4.jpeg" width="189" height="267" /></a>Q: Récemment, la principale offensive anti-abolitionniste et pro-pornographie semble venir de la gauche libérale/libertaire: Libé, Iacub, Badinter, etc. Comment expliquez vous cette trahison d&rsquo;une certaine gauche en ce qui concerne les violences faites aux femmes les plus économiquement vulnérables?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: A titre personnel, je dirais que dans la gauche sociale-démocrate, la trahison des idées est une tradition&#8230; Je me considère comme plutôt libertaire et je récuse ce terme pour les personnes que vous citez. J&rsquo;emploierais plutôt le terme de &laquo;&nbsp;bourgeois&nbsp;&raquo; au sens de Flaubert, à savoir &laquo;&nbsp;celui qui pense bas&nbsp;&raquo;.</div>
<div>Se mettre au centre de l&rsquo;idéologie dominante et faire croire que l&rsquo;on est révolutionnaire est la stratégie habituelle des grands réactionnaires. On les voit à l&rsquo;oeuvre tous les jours.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: Comment Zéromacho est il reçu par les hommes en général? Est-ce qu&rsquo;un tel engagement&#8211;comme le féminisme&#8211; n&rsquo;est pas parfois difficile à porter? Et même nuisible à votre carrière?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: Si. Je sais que cela peut agacer ou faire rire chez les hommes. J&rsquo;assume. Je sais pourquoi je suis là.</div>
<div><strong><em> </em></strong></div>
<div><strong><em>Q: L&rsquo;évolution socio-générationnelle en France semble aller dans le sens abolitionniste: environ 2/3 des jeunes de 18/24 ans sont favorables à l&rsquo;abolition. Sur cette base, pensez-vous qu&rsquo;à terme, l&rsquo;adoption du modèle suédois par d&rsquo;autres pays occidentaux est inévitable?</em></strong></div>
<div><strong><em></em></strong>P.J.: L&rsquo;utopie est ce qui arrivera demain. Et en l&rsquo;occurrence, le demain est peut-être avant la fin de l&rsquo;année&#8230; Nous vivons une transformation radicale de notre civilisation sur la fin du besoin d&rsquo;altérité femme-homme dans le couple et la filiation, la fin de la répartition des tâches selon le sexe, c&rsquo;est une révolution immense qui est en cours. Nous avons beaucoup de chance d&rsquo;en être témoins.</div>
<div></div>
<div><strong>Interview réalisé par Sporenda</strong></div>
<div><em> </em></div>
<div><em> </em></div>
<div><em>* Metteur en scène, producteur </em> <strong><a href="http://www.blackmoon-productions.com/" target="_blank">www.blackmoon-productions.com</a>, blogueur </strong><a href="http://www.patricjean.blogspot.fr/" target="_blank">www.patricjean.blogspot.fr</a>, porte-parole et co-fondateur de l&rsquo;association<strong> ZEROMACHO</strong> <a href="http://zeromacho.wordpress.com/author/zeromacho/">http://zeromacho.wordpress.com/author/zeromacho/</a></div>
<div><strong>F.b.:</strong> <a href="http://www.facebook.com/patric.jean" target="_blank">www.facebook.com/patric.jean</a></div>
<div><strong>Twt:</strong> @patricjean</div>
<div>
<blockquote>
<div dir="ltr">
<div>
<div>
<div>
<blockquote>
<div>
<p><em> </em></p>
</div>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
</div>
</blockquote>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/pas-en-notre-nom/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Écrire la Méditerranée&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/ecrire-la-mediterranee/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/ecrire-la-mediterranee/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 20 Apr 2013 13:08:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gonflées à blog !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=2004</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/ecrire-la-mediterranee/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo4-e1367249499744-224x300.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="photo" title="" /></a>Je reçois l&#8217;invitation en plein mois de janvier, entre ciel plombé, morosité ambiante et froid de canard. Festival &#171;&#160;Écrire la Méditerranée&#160;&#187;? À Alexandrie? Jamais mis les pieds en Egypte. Association d&#8217;idée: soleil, bord de mer, claudettes, barques sur le Nil et naufrage des papillons de ma jeunesse. Les vacances, quoi. Je ne pense pas plus loin que le bout de &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/ecrire-la-mediterranee/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo4-e1367249499744.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2052" alt="photo" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo4-e1367249499744-224x300.jpg" width="224" height="300" /></a>Je reçois l&rsquo;invitation en plein mois de janvier, entre ciel plombé, morosité ambiante et froid de canard. Festival &laquo;&nbsp;Écrire la Méditerranée&nbsp;&raquo;? À Alexandrie? Jamais mis les pieds en Egypte. Association d&rsquo;idée: soleil, bord de mer, claudettes, barques sur le Nil et naufrage des papillons de ma jeunesse. Les vacances, quoi. Je ne pense pas plus loin que le bout de mon envie de bronzage, j&rsquo;oublie mes résolutions de ne plus traîner mes guêtres dans des zones de la planète que la pauvreté rend déprimantes, et j&rsquo;accepte. Dans un deuxième temps seulement, je me réjouis du thème choisi pour la quatrième édition de cette rencontre littéraire: l&rsquo;exil.  Autant dire ma spécialité. Je néglige le fait que j&rsquo;ai un manuscrit à rendre, des tonnes de pain sur la planche et un penchant modéré pour l&rsquo;avion.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2006" alt="photo" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo2-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a>Alexandrie, ça commence par cinq heures de vol, trois heures d&rsquo;attente au Caire, le temps d&rsquo;acheter un visa d&rsquo;entrée et de déambuler le long des kilomètres de couloirs qui font le charme des aéroports. Le temps, aussi, de découvrir les acolytes de colloque qui s&rsquo;apprêtent à prendre le même vol: Maram Al-Nasri, Louis Gardel, Anne Mary, les Perpignanais Emma, Alain et André, du Centre Méditerranéen de Littérature. Puis encore 45 minutes de vol. Atterrissage à minuit. A mon arrivée à Alexandrie, polyglotte que je suis, je demande à un employé: &laquo;&nbsp;Where&rsquo;s the luggage gonna be delivered?&nbsp;&raquo;. Il me répond, du tac au tac: &laquo;&nbsp;In English, please!&nbsp;&raquo;. Ça calme. Je poursuis en &laquo;&nbsp;international english&nbsp;&raquo;, qui fait décortiquer les mots et rouler les R façon Arafat. Approximatif. De plus, dans un  pays dont on ne maîtrise pas l&rsquo;écriture, on se sent vite analphabète, on ne fait pas la différence entre les pubs et les panneaux indicateurs. Mêmes zigouigouis indéchiffrables. Un comble pour une scribouillarde professionnelle. Récupération des bagages. La fatigue commence à se faire sentir. Les douaniers, à l&rsquo;inverse de chez nous, nous laissent passer en souriant mais farfouillent dans les bagages des autochtones. On sort, enfin. Plaisir du contact avec la tiédeur de l&rsquo;air extérieur. En montant dans la navette, on se sent proche du délicieux moment où on se glissera sous les draps. On se croit arrivée. Sauf que l&rsquo;aéroport est à perpète, au bout d&rsquo;une route riche en cahots et en véhicules bien décidés à faire comme s&rsquo;ils étaient seuls en piste. Le chauffeur, croyant bien faire, nous met des vieux tubes français. Mais ni  Clo-Clo, ni Dalida, nos meilleurs franco-égyptiens (avec Nagui, je sais, mais il ne chante pas&#8230;). En revanche, et je n&rsquo;en crois pas mes oreilles, Sardou, qui menace d&rsquo;aimer sa dulcinée &laquo;&nbsp;à faire trembler les murs de Jéricho&nbsp;&raquo;. Pitié. La fatigue se double parfois d&rsquo;une certaine qualité de désespoir&#8230;</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/fahrstuhl.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2010" alt="fahrstuhl" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/fahrstuhl-200x300.jpg" width="200" height="300" /></a>Je suis exténuée quand je récupère la clé de ma chambre après moult photocopie de passeport et remplissage de fiche. Ici comme partout, l&rsquo;informatique n&rsquo;a pas encore gagné contre la paperasse. Où dorment les millions de petites fiches manuscrites, avec des renseignements sans aucun intérêt, et à quoi servent-elles? Mystère de la flicaille attitude.  Au moment où je tente d&rsquo;empoigner ma mini valise, un tout petit monsieur, porteur de son état, se jette sur elle et m&rsquo;assure qu&rsquo;il va me l&rsquo;apporter aussi sec. Je vais protester de ma capacité à la rouler moi même comme je le fais habituellement, mais je lis dans son regard que si les clients se mettent à se passer de lui, il va y laisser son gagne-pain. Il est deux heures du mat, je ne vais pas lancer un débat. Je le laisse donc faire. Je monte dans ma chambre, tente d&rsquo;ouvrir les fenêtres. Apparemment, les volets sont fermés. Je renonce. On verra demain. Je m&rsquo;écroule sur le lit sans même enlever ma veste et j&rsquo;attends. Vingt minutes, autant dire vingt siècles. Mon stock de patience, jamais bien haut, est aussi épuisé que moi. On toque à ma porte. C&rsquo;est ma valise avec le petit monsieur, qui pose son léger fardeau au sol et un pesant regard sur ma main. Je n&rsquo;ai pas de monnaie locale, plaidai-je. Il se contente de quelques euros. Ouf. Dodo, enfin.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images1.jpeg"><img class="size-full wp-image-2007 alignright" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images1.jpeg" width="300" height="168" /></a>Je me réveille à sept heures et demie dans le noir intégral. Schwartz black fourré réglisse. Je déteste cette sensation. Comme si j&rsquo;étais morte. Le trip momie, très peu pour moi. Je me lève, ouvre la fenêtre. Le bruit sourd qui m&rsquo;a tenu compagnie toute la nuit se fait intense, mais l&rsquo;obscurité reste totale. Il n&rsquo;y a pas de volets. Les fenêtres sont juste hermétiquement obstruées par un échafaudage parfaitement opaque. Ce n&rsquo;est pas une chambre, c&rsquo;est un sarcophage. Idem dans la salle de bain. Je suis ensevelie telle le pharaon dans sa pyramide. Au secours. Même sans claustrophobie, l&rsquo;expérience est flippante. Or il se trouve que je suis TRÈS claustro. J&rsquo;oublie l&rsquo;idée de finir ma nuit, je bats le record du monde de douche-habillage, façon Chirac dans une maison close, je referme ma valise et je descends à la réception. J&rsquo;explique à la dame que ma chambre est dépourvue de <i>daylight</i> et que je veux changer. Elle peut me donner satisfaction. T&rsquo;as intérêt cocotte, autrement je repars direct à l&rsquo;aéroport. Elle peut, mais pas avant midi. Génial. Hors de question de me sépultifier dans cette piaule sans jour. Rien d&rsquo;autre à faire que me réfugier en zone petit déj.</p>
<p>La salle à manger est<a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/restaurant.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2008" alt="restaurant" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/restaurant-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a> fin prête, claire et accueillante, le buffet regorge de couleurs et de parfums. Je m&rsquo;installe. Ça va s&rsquo;arranger. On me propose du café. Rien que d&rsquo;y penser je me sens mieux. On m&rsquo;en apporte une pleine cafetière à piston. Je me sers, anticipant le plaisir. Le breuvage est à peine chaud. Tiédasse. J&rsquo;en demande un deuxième. Pareil. Ils le préparent à l&rsquo;avance ou quoi? Mon séjour alexandrin commence mal, très mal. Moi sans café,  je ne fonctionne pas. Je précise au serveur que je l&rsquo;aimerais (le café, pas lui) HOT, VERY HOT, j&rsquo;articule avec science: VE-RY-HOT! Il doit y avoir dans ma voix une nuance de détresse qui le touche. Troisième tentative, succès. Ça brûle. Ça fait du bien.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/ausblick.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2009" alt="ausblick" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/ausblick-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a>Puis on m&rsquo;affecte, au quatrième étage, une chambre  nettement plus petite, munie non seulement d&rsquo;une porte fenêtre mais aussi d&rsquo;un petit balcon qui, s&rsquo;il n&rsquo;était à moitié occupé par l&rsquo;appareil à air conditionné, serait utilisable. L&rsquo;essentiel est d&rsquo;avoir accès au jour et même, si je me penche vers la droite, à une vue sur la Méditerranée. Quand même, une chambre aveugle avec cette lumière fabuleuse, ça interroge. Je me demande ce qu&rsquo;en penseraient Dubrulle et Pélisson, propriétaires de la chaîne dont les portraits figurent en bonne place dans le hall.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2005" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images.jpeg" width="280" height="170" /></a>L&rsquo;hôtel Cecil qui nous héberge est un ancien palace en plein lifting, on lui ravale la façade. Ça explique le bruit et l&rsquo;échafaudage. La déco intérieure, Arts Déco en diable, transporte immédiatement dans les années trente. A l&rsquo;époque, ça devait foisonner d&rsquo;espions, de fumeurs de trucs pas encore interdits, de traficoteurs et de femmes perdues tenant compagnie à Lawrence Durell qui séjourna ici. Rien n&rsquo;a changé. L&rsquo;ascenseur (voir plus haut) devrait figurer dans les guides. Somptueux. Virant autour de la cage, un escalier de marbre blanc, satiné et rutilant, propre à manger par terre, comme on dit. Les chambres auraient besoin d&rsquo;un petit coup de frais et de meubles un peu moins imposants, mais le côté vieillot accentue le sentiment de voyager à la fois dans l&rsquo;espace et dans le temps.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2011" alt="photo" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo3-e1366457285727-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a>Ragaillardie par le café, c&rsquo;est le coeur joyeux que je quitte l&rsquo;hôtel en minibus pour ma première intervention, dans une circulation de folie gérée au klaxon. Alexandrie apparaît comme ces vieux beaux dont on devine la séduction passée. Les immeubles laissent entrevoir, sous les lézardes et les peintures écaillées, leur splendeur d&rsquo;autrefois. Les trottoirs sont défoncés, le soleil radieux, les vendeurs ambulants stoïques dans les gaz d&rsquo;échappement. J&rsquo;ai rendez-vous au Lycée Français, avec les élèves de Première, qui ont lu &nbsp;&raquo; L&rsquo;exil est mon pays&nbsp;&raquo;. Ils m&rsquo;offrent un cadeau d&rsquo;entrée de jeu, sans même savoir si je ne vais pas être chiante comme la pluie. Un carnet à spirale et couverture cartonnée et illustrée. Comment savent-ils que je les collectionne? Adorables. On parle d&rsquo;écriture, d&rsquo;enfance, d&rsquo;exil, et, bien sûr, on déborde vite vers les différences entre hommes et femmes, le voile, l&rsquo;injustice, le machisme et les chances de succès de la révolution. Ils veulent savoir combien de temps ça va prendre. C&rsquo;est l&rsquo;âge de tous les optimismes, de tous les enthousiasmes. Ils sont vifs, intelligents, pleins de rires, de joie de vivre. Un bain de fraîcheur. Que faire sinon les encourager. Je leur dis que l&rsquo;énergie d&rsquo;un seul individu peut changer le monde. C&rsquo;est ce que je crois. Pourvu que les barbus ne gâchent pas leur belle jeunesse. Quand la prof (hommage à elle, qui a si bien balisé le terrain) signale la fin de la séance, on n&rsquo;arrive pas à se quitter, ils ont encore pleins de questions et j&rsquo;apprendrai que le débat a continué après mon départ. Gratifiante rencontre, âge béni. Quelques élèves demandent à me rencontrer pour une interview. Ok, je les verrai demain.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/another-view-from-our-e1366459083585-150x150.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2013" alt="another-view-from-our-e1366459083585-150x150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/another-view-from-our-e1366459083585-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a>Vue en passagère automobile, la circulation apparaît foldingue, mais une familière de la Place de l&rsquo;Étoile à Paris  en a vu d&rsquo;autres. Vue en piétonne, elle demande une solide vocation de kamikaze. Traverser une avenue, c&rsquo;est risquer sa peau. Pas de feux repérables, ni de passages cloutés. Les bagnoles foncent, se doublent et se font des queues de poisson en klaxonnant à qui mieux mieux. La vue d&rsquo;un piéton leur stimule l&rsquo;accélérateur, plein gaz. Pour franchir de tels rapides, il faut attendre une accalmie relative et se lancer avec une souplesse de torero face à un <i>embiste</i>, mais sans la cape. Sueurs froides et chaud aux miches.</p>
<p>En plus des voitures folles, la promeneuse affronte le regard des mecs. De quoi se sentir comme un perdreau le jour de l&rsquo;ouverture de la chasse. Relou de chez plombant. Je vais m&rsquo;asseoir sur le muret qui court le long de la plage avec ma nouvelle pote la poétesse Syrienne Maram Al-Masri, dont le très raisonnable décolleté laisse entrevoir un peu d&rsquo;épiderme. Un marchand de glaces se donne la peine de rebrousser chemin pour venir lui parler, en arabe évidemment. Je la vois qui referme sa veste. Elle me traduit. Il vient de lui dire de faire attention, en Égypte on ne peut pas se promener dans cette tenue. Je lui dirais bien de s&rsquo;occuper de son cul, mais le temps d&rsquo;apprendre la langue ses glaces auront fondu. Il a parlé sans méchanceté, en souriant, pas hostile un brin. Il ne veut que le salut de cette  béotienne. La femme est l&rsquo;avenir de l&rsquo;homme et l&rsquo;avenir de la femme le col roulé. La propension des hommes à contrôler les femmes est pathologique, mais d&rsquo;une intensité variable. Ici, on atteint des sommets, avec cette sollicitude souriante, sincère, qui les pousse à te venir en aide, pauvre petite chose que tu es, pour le moindre mouvement. Ainsi, un des employés de l&rsquo;hôtel, ne trouvant rien à porter pour moi, ni sac ni valise, fait un geste pour porter&#8230; mon portable, c&rsquo;est tout ce que j&rsquo;avais en main. Difficile à accorder avec la vision fréquente de couples marchant dans la rue. Lui, léger, en chemise, les mains vides. Elle, voilée, couverte, entravée, portant à la fois un ou plusieurs sacs et un enfant.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown1.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2015" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown1.jpeg" width="275" height="183" /></a>Les passante sont voilées, beaucoup plus que les années précédentes d&rsquo;après mes collègues de colloque. Quelques rares exceptions se baladent chevelure au vent. Compensées par à peu près autant de porteuses de voile intégral, avec gants et même parfois lunettes noires. La totale. Tarik Ramadan et ses petits camarades doivent être contents, ils peuvent mesurer leur influence au nombre de femmes bouclées dans l&rsquo;apartheid textile. Le Moyen Âge est sauvé. Des vies gâchées parce que d&rsquo;aucuns prennent plaisir à contrôler la vie d&rsquo;autrui. Quelle plaie. Ne pas pouvoir profiter de sa propre vie parce que des frustrés sont allés chercher dans des textes antiques la justification de leurs abus et de leurs violences. Tristes sires. On se sent impuissante face à une telle marée de merde. Une vieil Alexandrin est navré de me raconter que dans les années 70, il allait à la plage avec ses ami-e-s, et que personne ne faisait particulièrement attention aux filles topless.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-2014" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Unknown.jpeg" width="276" height="183" /></a>La très longue plage qui court en cercle autour de la baie comme un anneau dont le phare fut le diamant (je ne suis pas la dernière pour les images touristiques) offrirait une bonne occasion de se détendre les pieds dans l&rsquo;eau si elle n&rsquo;était recouverte d&rsquo;un tapis de détritus, sacs plastique, épluchures, tessons, canettes&#8230; Quelques familles font contre mauvaise fortune bon coeur et y installent leurs chaises pliantes et parasols. Mais dans l&rsquo;eau, qui doit être bien frisquette en cette mi-avril, seuls des garçons s&rsquo;ébrouent. Dame, pour se baigner, faut se mettre en maillot et là tout se complique pour la moitié maudite de l&rsquo;humanité. Debout les damnées de la plage, debout les forçates du grand bain! Profitez du site sublime où il vous a été donné de vivre! Virez vos fringues! Larguez les voiles! Courez dans les vagues! Saoulez-vous de vent, d&rsquo;écume et de soleil! La peau à l&rsquo;air et le coeur en fête!  Vibrez de liberté, de légèreté et d&rsquo;insouciance! Si Dieu existe il ne peut pas vouloir autre chose pour vous! Mais non. Elles restent sagement assises, surveillées, accablées.</p>
<p>Maram m&rsquo;explique qu&rsquo;un voile ne peut empêcher une femme d&rsquo;être brillante et moderne. Je sais bien. Les dictatures politiques, militaires, religieuses, sexuelles ou textiles, ne suppriment pas le talent. Elles empoisonnent la vie, nuance. Face à la montée de l&rsquo;intégrisme, à la lame de fond de dégueulasserie qui est en train d&rsquo;engloutir les merveilleux printemps arabes, je ne peux que penser au désespoir des Républicains Espagnols quand ils comprirent jadis que rien ne viendrait les sauver, que le piège se refermait sur leur vie sans rémission. Tant de souffrance pour rien. Aujourd&rsquo;hui les enfants des franquistes baisent, divorcent, mènent une vie qui les aurait jeté en prison un demi siècle auparavant. Un demi siècle n&rsquo;est rien au regard de l&rsquo;Histoire. Dans une vie humaine, ça fait un méchant trou.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Maram-al-Masri.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2016" alt="Maram-al-Masri" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/Maram-al-Masri-218x300.jpg" width="218" height="300" /></a>Maram a un long parcours. Elle a fui son pays, vit désormais à Paris où elle promène son spleen et son sourire de petite fille qui en a un peu trop vu. Elle écrit et dit des poèmes magnifiques de simplicité, de tendresse et de chagrin. Elle a au Caire un neveu de vingt deux ans, qui a fui lui aussi, peu désireux d&rsquo;accepter la gentille invitation à servir les couleurs de Bachar-Al-Hassad. Il est venu rejoindre sa tante pour ces quelques jours de légèreté. Elle le couve d&rsquo;une attention toute maternelle. Espérons qu&rsquo;il réussisse à venir en Europe. On voile les filles, on envoie les garçons au casse-pipe. Alternative du destin proposé aux jeunes: mort lente ou mort explosive. Et on voudrait que j&rsquo;arrête de boire.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/biblac.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2017" alt="biblac" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/biblac-e1366461028690-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a>Et il y a le choc.  La visite à la Bibliothèque. On nous a conviés à une visite spéciale. Nous y allons à pied depuis l&rsquo;hôtel. Après une douzaine de minutes dans le vacarme des klaxons, l&rsquo;impuissance des agents qui ont perdu toute autorité, la pollution des gaz d&rsquo;échappement, la triste vision des femmes voilées et le plomb des regards masculins, nous touchons au but. Puis petite séance de bureaucratie sécuritaire, il faut laisser son sac à la consigne, passer des portails détecteurs de mauvaises intentions, tout ça. Ils ont peur des attentats et on les comprend. Vient le moment magique où on se trouve à l&rsquo;intérieur, dans l&rsquo;extraordinaire volume imaginé par des architectes à la hauteur de leur mission, qui n&rsquo;ont rien laissé au hasard, tout pensé avec minutie. Tant de beauté et d&rsquo;harmonie saisissent le coeur. Je ressens une telle émotion que les larmes me montent aux yeux, sans déc. Je n&rsquo;en reviens pas moi même. Le lieu est habité par des milliers d&rsquo;années de savoir alors qu&rsquo;il fut inauguré en 2002. C&rsquo;est un temple, un paradis. Un prodige de technologie, de mémoire, de cette tradition qui, contrairement au voile qui aveugle, éclaire le chemin des vivants. Ici, on vient chercher, apprendre, se nourrir de ce que nos prédécesseurs ont cultivé. Et se rendre capable de transmettre. L&rsquo;humanité dans ce qu&rsquo;elle a de plus beau. Je me sens hypnotisée, ivre. Le guide nous communique son enthousiasme dans un français parfait. A la sortie, il me faudra un café (délicieux, ici) face à la mer pour reprendre mes esprits.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images2.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-2018" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images2.jpeg" width="259" height="194" /></a>Sur l&rsquo;esplanade, devant la bibliothèque, nous sommes accostés par des étudiantes, munies d&rsquo;un magnétophone.</p>
<p>-Acceptez vous de répondre à quelques questions?</p>
<p>- Bien sur!</p>
<p>- De quel pays venez vous?</p>
<p>- France.</p>
<p>Sourires. On est populaires par ici, nous les Français. Ou alors ils aiment les étrangers en général.</p>
<p>- Comment trouvez vous la bibliothèque?</p>
<p>- Sublime.</p>
<p>- Et Alexandrie?</p>
<p>- Circulation sauvage et trop de voiles sur les femmes.</p>
<p>Elles éclatent de rire.</p>
<p>- Oui! Beaucoup trop! Merci de le dire! Mais on a pas dit notre dernier mot!</p>
<p>Elles sont toutes voilées. Qu&rsquo;on ne vienne pas me dire que c&rsquo;est par conviction. Elles cèdent à l&rsquo;intimidation ambiante, pour avoir la paix.</p>
<p>Autre signe des temps: au restaurant de l&rsquo;hôtel, pas d&rsquo;alcool. Au moins dans la journée. La nourriture est délicieusement méditerranéenne, autant dire insurpassable. Les serveurs mettent longtemps à s&rsquo;intéresser à nous. Mais une fois qu&rsquo;ils nous ont servis, ils font preuve d&rsquo;une foudroyante rapidité pour desservir. Poser sa fourchette c&rsquo;est s&rsquo;exposer au retrait immédiat d&rsquo;une assiette à moitié pleine. A l&rsquo;heure du thé, on se retrouve au bar du Cecil avec Emma (du CML) et Anne (de la BNF), on va prendre un verre d&rsquo;après conférence. Ont-ils du vin? Oui! Le serveur nous conseille du vin égyptien. Ça a l&rsquo;air de lui faire vraiment plaisir. Essayons. Comment dire? J&rsquo;ai connu des Destop moins râpeux. <a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/1726_ho_01_p_346x260.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2019" alt="1726_ho_01_p_346x260" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/1726_ho_01_p_346x260-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a>Le lendemain soir, après dîner cette fois ci, nous obtenons la liste de ces boissons qu&rsquo;on ne sert apparemment qu&rsquo;en soirée. Courte mais correcte. Bière et whisky, berk. Mais aussi champagne. Vraiment hors de prix, même pour une addict dans mon genre. Des Martini feront l&rsquo;affaire. Le serveur, pas le même qu&rsquo;hier mais très sympa aussi et joli garçon de surcroît, prend note. Revient dix minutes après, les mains vides. &laquo;&nbsp;Blanc ou rouge?&nbsp;&raquo; Rouge. Ok. Il repart. Encore dix minutes et le revoilà, toujours bredouille. &laquo;&nbsp;Avec des glaçons?&nbsp;&raquo; S&rsquo;il revient nous demander si on le veut dans un verre, une coupe ou une chope, je crie. Mais non. Cette fois ci, il a un plateau. Sur le plateau, trois grands verres, fins et très hauts. Vides? Non! Dans le fond, cinq millimètres du brun breuvage. Je frise le fou rire. Pas besoin de boire pour être saoulée, c&rsquo;est l&rsquo;avantage. C&rsquo;est la dose normale, assure-t-il. Maram, qui nous a rejoint et ne boit que du thé, fait des remarques en arabe au serveur, je suppose qu&rsquo;elle a un peu honte des ravages que leur parcimonie pourrait provoquer sur leur image. Il suffit d&rsquo;un détail pour ruiner une réputation. Nous, on s&rsquo;en fout. Suffit de bégayer de la commande. C&rsquo;est ma tournée!</p>
<p>Retour. Au Caire, à l&rsquo;aéroport, il me vient à l&rsquo;esprit que si j&rsquo;ai acheté des cartes postales et les timbres qui vont avec, j&rsquo;ai oublié de les poster.  Comme d&rsquo;habitude. Je suis la reine du retour à la maison avec mes cartes affranchies au fond de mon sac. Des fois j&rsquo;en ai marre de moi. Je suis en salle d&rsquo;embarquement, pas de boîte aux lettres dans le secteur. Je cherche une solution. Je me propulse vers le portique de sécurité ou deux employés, un homme et une femme, sont préposés à la fouille au corps au cas où le bidule sonne. A noter, d&rsquo;ailleurs, la décontraction des Égyptiens sur la question: ici il y a des portiques partout, on ne peut pas dire le contraire, mais on prend ça avec sérénité. Pas besoin de sortir son ordi du sac, ni le sachet transparent avec les affaires de toilette, on garde ses chaussures et son ceinturon. On laisse le sac sur le ruban, et on passe. Et ça sonne. Une dame fait mine de chatouiller sous les bras et c&rsquo;est ok. C&rsquo;est à cette femme que je demande si elle peut me rendre service. Elle me fait signe de m&rsquo;adresser aux flics, un peu plus loin. J&rsquo;insiste, lui montre mes cartes toutes timbrées en lui demandant si elle peut juste les poster. Elle tombe en arrêt devant le timbre, que j&rsquo;ai trouvé très beau. Elle aussi apparemment. Elle désigne le personnage qui y figure:</p>
<p>- Vous savez qui c&rsquo;est?</p>
<p>- Bien sûr, c&rsquo;est Nasser!</p>
<p>Son visage s&rsquo;illumine.</p>
<p>- Vous le connaissez?</p>
<p>- Je le connais et je l&rsquo;adore! Un grand homme!</p>
<p>Elle me fait un sourire ravageur. Je crois savoir <a href="http://www.youtube.com/watch?v=D-DZUnh8-Ro">pourquoi.</a> Elle me prend les cartes.</p>
<p>- Bien sûr que je vous les poste!</p>
<p>- Merci!</p>
<p>- Merci à vous!</p>
<p>Choukrane, sister. Probablement voilée de son plein gré, elle aussi&#8230;.</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images3.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2020" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/images3-300x130.jpeg" width="300" height="130" /></a>Et la conférence, dans tout ça? Bien, bien, belles rencontres. Mention spéciale pour le fascinant Wadji Mouawad,  son élégant désespoir et ses blagues pourries. Et pour Anne Mary, incarnation du feu sous la cendre, conservatrice (elle dit conservateur, nobody&rsquo;s perfect) à la BNF, discrète créature démunie de portable (ça existe!) dont la tranquille passion qu&rsquo;elle a mis à parler de l&rsquo;austère Edmond Jabès m&rsquo;a donné envie de le lire. Et tous les autres qui ont illuminé de leur parole notre expérience commune. L&rsquo;exil n&rsquo;est pas qu&rsquo;un pays. Il est aussi un regard partagé.</p>
<p>Pour leur complicité immédiate et festive, <em>un fuerte abrazo</em> au clan des Perpignanais, Emma, Alain et André (alias Bob) à Minna Sif et ses histoires de visa, au délicieux Louis Gardel ainsi qu&rsquo;au tandem  Maram et Bourhane. Conclusion? Rien de tel qu&rsquo;un séjour dans un pays aussi béni des dieux que ravagé par la connerie de ceux qui parlent en leur nom pour me donner envie de rentrer. Maison! D&rsquo;ici, la crise, la pub, la pluie, les manifs brun-rose, le canasson dans les raviolis et les planqués fiscaux apparaissent comme les joyeux désordres de la démocratie, féconds et salutaires. Pour un peu on s&rsquo;attendrirait des rodomontades de Frigide, des magouilles de Copé et des blagues de Bigard.   Râleurs, buveurs et mécréants, je suis des vôtres.</p>
<p>iA!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/ecrire-la-mediterranee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>11 au 14 avril, Alexandrie</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/11-au-14-avril-alexandrie/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/11-au-14-avril-alexandrie/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 10:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1969</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/11-au-14-avril-alexandrie/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/2013040715595890716_EcrireleMed-150x150.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="2013040715595890716_EcrireleMed" title="" /></a>Je m&#8217;entraîne à marcher de profil depuis une semaine. Pourquoi? Parce que je m&#8217;apprête à décoller pour Alexandrie, où je suis invitée par l&#8217;Institut Français pour parler d&#8217;exil, d&#8217;écriture et de Méditerranée. Et en plus, il paraît qu&#8217;il fait soleil là-bas, tout bénef! A moi le Phare, la Bibliothèque et, bien entendu, les bien connus papillons de ma jeunesse chers &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/11-au-14-avril-alexandrie/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/2013040715595890716_EcrireleMed.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1970" alt="2013040715595890716_EcrireleMed" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/2013040715595890716_EcrireleMed.jpg" width="176" height="250" /></a>Je m&rsquo;entraîne à marcher de profil depuis une semaine. Pourquoi? Parce que je m&rsquo;apprête à décoller pour Alexandrie, où je suis invitée par l&rsquo;Institut Français pour parler d&rsquo;exil, d&rsquo;écriture et de Méditerranée. Et en plus, il paraît qu&rsquo;il fait soleil là-bas, tout bénef! A moi le Phare, la Bibliothèque et, bien entendu, les bien connus papillons de ma jeunesse chers à Roda-Gil.</p>
<p>Rencontrer des lycéens, partager la tribune d&rsquo;une conférence sur les histoires d&rsquo;exil et d&rsquo;identité. Découvrir un pays. Si l&rsquo;adsl est au rv, je vous ferai part de mes impressions.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/11-au-14-avril-alexandrie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>5-6-7 avril, Limoges</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/limoges-5-6-7-avril/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/limoges-5-6-7-avril/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 06 Apr 2013 08:08:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1947</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/limoges-5-6-7-avril/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo1-150x150.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="photo" title="" /></a>Je suis à Limoges jusqu&#8217;à dimanche. Hier gare d&#8217;Austerlitz. Le train des auteurs partait à 17H38. Sur le même panneau d&#8217;affichage, annonce, à 17h42, d&#8217;un autre train, partant pour &#171;&#160;Madrid-Chamartin&#160;&#187;. Bouffée de nostalgie. Flash back. Mon père nous accompagnait gare d&#8217;Austerlitz. On partait à Madrid avec ma mère. C&#8217;était avant la mort de Franco, mon père tout nouveau Français qu&#8217;il &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/limoges-5-6-7-avril/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1949" alt="photo" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/04/photo1-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a>Je suis à Limoges jusqu&rsquo;à dimanche. Hier gare d&rsquo;Austerlitz. Le train des auteurs partait à 17H38. Sur le même panneau d&rsquo;affichage, annonce, à 17h42, d&rsquo;un autre train, partant pour &laquo;&nbsp;Madrid-Chamartin&nbsp;&raquo;. Bouffée de nostalgie. Flash back. Mon père nous accompagnait gare d&rsquo;Austerlitz. On partait à Madrid avec ma mère. C&rsquo;était avant la mort de Franco, mon père tout nouveau Français qu&rsquo;il fût, ne pouvait pas prendre le risque de retourner là-bas. Sur le quai il tuait les derniers instants à coups de facéties. Surtout ne laisser affleurer aucune émotion. J&rsquo;ai failli monter dans le &laquo;&nbsp;Madrid-Chamartin&nbsp;&raquo;. Ce matin je dégusterais quelques churros sur la terrasse. Mais non! J&rsquo;ai de la conscience professionnelle, qu&rsquo;est ce que vous croyez! Limoges, excellent salon. Hospitalité, sympathie, vrai public, potes auteurs. S&rsquo;il faisait beau, ça serait nirvanesque. Mais non. Pourri, pourri, d&rsquo;après ce que je vois de ma fenêtre. Je reprends un café et j&rsquo;y vais.  Je vais retrouver les autres auteurs EHO, Marc Quentin, Michel Goujon et Harold Cobert. Les Trois Mousquetaires et moi en d&rsquo;Artagnane. A nous, Champ de Juillet!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/limoges-5-6-7-avril/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Dindon</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/dindon/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/dindon/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 18:26:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gonflées à blog !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1903</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/dindon/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/Unknown-150x150.jpeg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="Unknown" title="" /></a>Le 6 mars, Pierre Ménès, commentateur sportif, se sentait d&#8217;humeur à célébrer le 8 mars avec un peu d&#8217;avance et à sa façon. Il déclare: « le foot, c’est quand même un sport de mecs (…) et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt ». Et il ajoute que les joueuses, heureusement, deviendraient plus féminines et moins « grosses &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/dindon/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/Unknown.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-1904" alt="Unknown" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/Unknown.jpeg" width="275" height="183" /></a>Le 6 mars, Pierre Ménès, commentateur sportif, se sentait d&rsquo;humeur à célébrer le 8 mars avec un peu d&rsquo;avance et à sa façon. Il déclare: « le foot, c’est quand même un sport de mecs (…) et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt ». Et il ajoute que les joueuses, heureusement, deviendraient plus féminines et moins « grosses dondons trop moches pour aller en boîte le samedi soir ».</p>
<p>Je ne m&rsquo;avancerai pas sur la qualité fondamentalement virile du foot, ni sur la capacité féminine à dunker, je laisse aux spécialistes le soin de s&rsquo;encombrer le cerveau avec ces passionnantes questions, systématiquement posées dès que des femmes se mettent à pratiquer un sport.</p>
<p>Ménès, pendant que tu gigotes de l&rsquo;appendice lingual pour nous faire part de tes cro-magnoneries, les filles jouent, s&rsquo;amusent, gagnent et t&rsquo;emmerdent!</p>
<p>Quant à savoir qui est un &laquo;&nbsp;gros dindon trop moche pour aller en boîte le samedi soir&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>iA</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/dindon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>62</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>9 mars, Ondres</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/9-mars-ondres/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/9-mars-ondres/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 23:13:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1900</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/9-mars-ondres/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/images-150x150.jpeg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="images" title="" /></a>Ce soir 8 mars, nous avons dignement célébré les luttes des femmes à Orly. Salle comble et de l&#8217;enthousiasme à revendre. Excellente soirée face à un excellent public (c&#8217;est ce qu&#8217;on dit quand les gens rient et applaudissent aux moments prévus).  Demain matin encore Orly, mais l&#8217;aéroport cette fois, direction Biarritz. Je joue à Ondres, c&#8217;est juste à côté. Salle &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/9-mars-ondres/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/images.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-1901" alt="images" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/images.jpeg" width="209" height="152" /></a>Ce soir 8 mars, nous avons dignement célébré les luttes des femmes à Orly. Salle comble et de l&rsquo;enthousiasme à revendre. Excellente soirée face à un excellent public (c&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit quand les gens rient et applaudissent aux moments prévus).  Demain matin encore Orly, mais l&rsquo;aéroport cette fois, direction Biarritz. Je joue à Ondres, c&rsquo;est juste à côté. Salle Capranie. Un petit tour au Pays Basque, pour faire pendant à la Catalogne&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/9-mars-ondres/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Express, arme fatale</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/express-arme-fatale/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/express-arme-fatale/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 10:27:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gonflées à blog !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1893</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/express-arme-fatale/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/iacub-150x150.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="iacub" title="" /></a>&#171;&#160;Femmes: L&#8217;arme du sexe&#160;&#187; La une de l&#8217;Express cette semaine fait parler. C&#8217;est le but. Faire parler et faire vendre, espère Christian Barbier, directeur de la rédaction, qui présente ainsi le numéro: &#171;&#160;De Marcela Lacub aux Femen en passant par les lectrices de &#8217;50 nuances de Grey&#8217;, de grands mouvements s&#8217;installent du côté des femmes, qui utilisent le sexe comme &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/express-arme-fatale/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/iacub.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1894" alt="iacub" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/iacub.jpg" width="221" height="293" /></a>&laquo;&nbsp;Femmes: L&rsquo;arme du sexe&nbsp;&raquo;</p>
<p>La une de l&rsquo;Express cette semaine fait parler. C&rsquo;est le but. Faire parler et faire vendre, espère Christian Barbier, directeur de la rédaction, qui présente ainsi le numéro:</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>De Marcela Lacub aux Femen en passant par les lectrices de &rsquo;50 nuances de Grey&rsquo;, de grands mouvements s&rsquo;installent du côté des femmes, qui utilisent le sexe comme arme privée ou politique. [...] Il y a un mouvement de fond.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Des exemples de ces &laquo;&nbsp;grands mouvements&nbsp;&raquo;? Barbier en choisit trois: Iacub, Femen, 40 nuances de Gray (roman à succès). Rigoureuse sélection. Et complète avec ça. Reprenons:</p>
<p>- Iacub: elle passe son temps à affirmer que ni le viol ni l&rsquo;inceste ne méritent la prison et que les hommes sont écrasés par les femmes. Puissante ennemie de l&rsquo;ordre patriarcal, en effet.</p>
<p>- Femen: torse nu couvert d&rsquo;inscriptions, tabassées par des nervis divers et variés à la plupart de leurs apparitions. L&rsquo;ordre patriarcal, acculé, se défend comme il peut.</p>
<p>- &laquo;&nbsp;40 nuances de Gray&nbsp;&raquo;, ou les recettes de jouissance d&rsquo;une élève vierge et accro à son prof (détournement de majeur). Ligotée, les fesses rouges, partenaire tout puissant: le sexe &laquo;&nbsp;comme arme privée&nbsp;&raquo;. L&rsquo;ordre patriarcal vacille! On tremble! Rien d&rsquo;aussi subversif depuis Sade et Histoire d&rsquo;O!</p>
<p>Rappelons, puisque ça a l&rsquo;air nécessaire, que le combat des femmes, c&rsquo;est précisément la sortie du ghetto &laquo;&nbsp;Maman ou Putain&nbsp;&raquo; (privatisation masculine de l&rsquo;utérus et du vagin, pour leur plaisir et leur reproduction)  auquel le patriarcat, assisté du Droit et de la Religion les a assignées pendant des millénaires. Passer par la case sexe pour survivre, les femmes n&rsquo;ont longtemps pas eu d&rsquo;autre choix. Conquérir leur propre anatomie et leur autonomie a été et reste la seule ambition des femmes. Elles n&rsquo;ont jamais eu recours à la violence pour acquérir leurs droits, qui dépendaient et dépendent encore des hommes, est-il besoin de le rappeler.</p>
<p>Mais ôtez moi d&rsquo;un doute, puisque l&rsquo;Express utilise le mot &laquo;&nbsp;arme&nbsp;&raquo;. A quel sexe appartiennent les individus qui utilisent leur sexe comme arme par destination, par le viol? Le violeur porte son arme sur lui en permanence. Arme universelle. Tout azimut. Privée, politique, intime, publique, arme de dissuasion, d&rsquo;intimidation, de guerre, de destruction massive. En France, aujourd&rsquo;hui, un violeur sur cent va en prison.</p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;Le harcèlement moral&nbsp;&raquo;, (Éditions La Découverte &amp; Syros, 1998) Marie France Irigoyen démontre que le pervers narcissique paranoïaque accuse sa victime de ce qu&rsquo;il commet lui même. Placarder dans tout Paris que les femmes utilisent leur sexe comme arme a sans doute un sens caché dont la subtilité ne saurait échapper à Christophe Barbier.</p>
<p>iA!</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/express-arme-fatale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>8 mars, Orly</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/orly-8-mars-20h/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/orly-8-mars-20h/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 20:29:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1887</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/orly-8-mars-20h/"><img align="left" hspace="5" width="150" height="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/centre_culturel1-150x150.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="centre_culturel" title="" /></a>Bécaud chantait, il y longtemps  &#160;&#187;Je m&#8217;en vais, dimanche à Orly&#8230;&#160;&#187; . Les aéroports faisaient rêver, avant les contrôles, les files d&#8217;attente, les rayons X, les détectuers de métaux, les chaussures et les ceinturons dans le panier, l&#8217;ordi aussi, la trousse de toilette exposée dans son sachet plastique&#8230; Oui mais moi je m&#8217;en fous, je vais à Orly mais pas &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/orly-8-mars-20h/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/centre_culturel1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1889" alt="centre_culturel" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/centre_culturel1-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a>Bécaud chantait, il y longtemps  &nbsp;&raquo;Je m&rsquo;en vais, dimanche à Orly&#8230;&nbsp;&raquo; . Les aéroports faisaient rêver, avant les contrôles, les files d&rsquo;attente, les rayons X, les détectuers de métaux, les chaussures et les ceinturons dans le panier, l&rsquo;ordi aussi, la trousse de toilette exposée dans son sachet plastique&#8230; Oui mais moi je m&rsquo;en fous, je vais à Orly mais pas dimanche. Vendredi soir. Ça me fait plus que rêver, jubiler, de partager le 8 mars avec les Orlysien-ne-s.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Et encore, je m&rsquo;retiens!&nbsp;&raquo;, ça sera à 20h, au</p>
<p>Centre Culturel Aragon-Triolet, 1 place du fer-à-cheval, 94310 Orly (Tél. 01 48 90 24 24) (<a href="mailto:reservations@centre-culturel-orly.fr">Contacter par mail</a>  <a href="http://www.centre-culturel-orly.fr/" target="_BLANK">Site internet &#8211; Centre culturel Aragon-Triolet</a>)</p>
<p>A vendredi!</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><a href="http://spectacle-humour.sorties.francetv.fr/humour/isabelle-alonso-one-woman-show-et-encore-je-m-retiens--centre-culturel-aragon-triolet-orly-ide-820cdf183"><br />
</a><a href="http://spectacle-humour.sorties.francetv.fr/humour/isabelle-alonso-one-woman-show-et-encore-je-m-retiens--centre-culturel-aragon-triolet-orly-ide-820cdf183">Réduire</a></h4>
<div></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/orly-8-mars-20h/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Invisible?</title>
		<link>http://www.isabelle-alonso.com/invisible/</link>
		<comments>http://www.isabelle-alonso.com/invisible/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 18:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Alonso</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gonflées à blog !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.isabelle-alonso.com/?p=1880</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.isabelle-alonso.com/invisible/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/r-PUB-SEXISTE-SEXISME-large570-300x125.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="r-PUB-SEXISTE-SEXISME-large570" title="" /></a>&#160; Aux alentours de 13h, le 4 mars, je mate &#171;&#160;La Nouvelle Édition&#160;&#187; de Canal+, animée par Anne-Elisabeth Lemoine, en intérim d&#8217;Ali Badou. La présentatrice évoque un article du Huffington Post, qui, selon un sondage du Laboratoire de l’Égalité, révèle que les Français jugent “intolérables” ou “énervantes” les publicités sexistes, mais qu&#8217;ils sont incapables de les identifier comme telles. En &#8230; <a href="http://www.isabelle-alonso.com/invisible/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/r-PUB-SEXISTE-SEXISME-large570.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1884" alt="r-PUB-SEXISTE-SEXISME-large570" src="http://www.isabelle-alonso.com/wp-content/uploads/2013/03/r-PUB-SEXISTE-SEXISME-large570-300x125.jpg" width="300" height="125" /></a>Aux alentours de 13h, le 4 mars, je mate &laquo;&nbsp;La Nouvelle Édition&nbsp;&raquo; de Canal+, animée par Anne-Elisabeth Lemoine, en intérim d&rsquo;Ali Badou. La présentatrice évoque un article du Huffington Post, qui, selon un sondage du <a href="http://www.laboratoiredelegalite.org/">Laboratoire de l’Égalité</a>, révèle que les Français jugent “intolérables” ou “énervantes” les publicités sexistes, mais qu&rsquo;ils sont incapables de les identifier comme telles. En d&rsquo;autres termes, le sexisme est scandaleux, c&rsquo;est une affaire entendue, mais il n&rsquo;apparait nulle part. On montre aux sondé-e-s des affiches dont le sexisme crève tellement les yeux qu&rsquo;il en devient invisible. Le déni fonctionne à plein régime.</p>
<p>Ce sondage ne m&rsquo;apprend rien. Le seuil de tolérance au machisme ambiant est très élevé, et nulle mortification n&rsquo;est perçue de la même manière selon qu&rsquo;on en est le bénéficiaire ou la cible. Question de point de vue. Ce qui se passe sur le plateau au moment où la présentatrice aborde le sujet en dit plus que le sujet lui même. Il y a trois femmes, Anne-Elisabeth Lemoine, Pauline Lefèvre et Émilie Besse. Toutes trois sont accablées par les photos, gratinées mais loin d&rsquo;être rares, qui apparaissent à l&rsquo;écran. Les deux chroniqueurs (Ariel Wizman et David Abiker), eux, se mettent immédiatement en mode humour distancié, genre oui la nana est à genoux devant le mec, mais elle est bien habillée alors que lui a l&rsquo;air d&rsquo;un blaireau, ou bien, c&rsquo;est tellement énorme que ça doit être une blague, etc, vous connaissez le principe&#8230; Ils signifient par là que le  machisme leur est tellement étranger qu&rsquo;ils ne peuvent qu&rsquo;en sourire! Les filles sont assez nombreuses sur le plateau pour exprimer leur réprobation. Elles, ça ne les fait pas sourire du tout. Le second degré ne leur vient pas. Elles voient de l&rsquo;humiliation où ils ne voient que du ridicule. Le machisme, c&rsquo;est comme les coups de marteau sur la tête. Ça fait moins mal quand ça tape sur autrui.</p>
<p>Quelques minutes plus tard, on aborde un autre sujet. La marque &laquo;&nbsp;Mango&nbsp;&raquo; aurait commercialisé dans ses boutiques, rayon bijoux, une réédition d&rsquo;un collier d&rsquo;esclave, dont on montre une photo, de la même manière qu&rsquo;on a montré les photos précédentes. Consternation générale. Pas la moindre trace de distanciation amusée. Le regard des deux garçons est empreint de gravité, leur visage se ferme. L&rsquo;esclavage c&rsquo;est du sérieux. On réprouve, on condamne. A juste titre? Bien sûr. Et à peu de frais. L&rsquo;esclavage est aboli depuis très longtemps. Ça n&rsquo;a pas fait disparaitre le racisme, mais quand on évoque le sujet, il est exclu que quiconque fasse preuve d&rsquo;une ironique bonhomie.</p>
<p>Deux poids, deux mesures. Le commerce triangulaire a duré trois siècles. Le patriarcat dure depuis des millénaires, et ne saurait être aboli puisqu&rsquo;il n&rsquo;est même pas défini par la loi. Il EST la loi. La loi est faite du matériau mental de ceux qui l&rsquo;ont écrite, et continuent à l&rsquo;écrire. La Loi du Père est la Loi. Quelques rustines législatives en ont adouci les brutalités les plus flagrantes sans en affecter la nature profonde. Le machisme est tapi dans la loi comme l&rsquo;huile de palme dans le Nutella. On ne peut l&rsquo;extraire. Il faut changer les ingrédients. Et ça, ça n&rsquo;a jamais été à l&rsquo;ordre du jour. Ce qui n&rsquo;est pas nommé n&rsquo;existe pas.</p>
<p>Parfaite illustration sur le terrain, in vivo, du propos de l&rsquo;article du Huffington Post. Ariel Wizman et David Abiker sont sympathiques, ils n&rsquo;ont rien du blaireau arrogant, ni du facho brutal. Et rien d&rsquo;original non plus. Comme tant d&rsquo;autres, ils affectent une solidarité supposément évidente, qu&rsquo;on ne saurait exprimer sans se couvrir de ridicule, comme on éviterait de formuler une lapalissade. Cette distance, ce second degré, cette légèreté affichée sont précisément les outils du déni.</p>
<p>Dans deux jours, le 8 mars&#8230;</p>
<p>iA!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.isabelle-alonso.com/invisible/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
