crève-la-faim
par isabelle alonso - 15 avril 2008


Si j’ai bien compris la vulgate actuelle des économistes, le capitalisme n’est peut être pas parfait, mais c’est le seul système qui fonctionne, qui crée de la richesse sans étouffer les libertés individuelles. Et cette réalité serait devenue planétaire. C’est ce qu’on appelle la mondialisation.

Avant, quand on ne trouvait pas de viande dans les boucheries polonaises, quand on emprisonnait des opposants à Cuba, quand on crevait de faim en Corée du Nord, c’est tout un système qu’on blâmait : communiste, stalinien, liberticide. Un système pétri de violences et de contradictions. Soit.

Mais quand on crève de faim à Haïti, en Egypte, aux Philippines, quand on exécute aux USA, quand on massacre en Irak, quand on torture en Arabie Séoudite, ça n’aurait aucun rapport avec le système économique en place. Rien à voir. Je n’entends nulle part qu’on tienne le capitalisme pour structurellement coupable de quoi que ce soit. Le système est innocent, blanc comme neige, frais comme le jour, propre sur lui.

Si je comprends bien, le capitalisme ne saurait être totalitaire. Ni liberticide. Ni injuste. Le capitalisme, décliné en libéralisme et en loi du marché, c’est tout simplement incontestable. C’est comme ça parce que c’est pas autrement.

Gaffe. Historiquement, ce genre de cécité a déjà existé. Un système sûr de sa légitimité, des pauvres qui crèvent et des révoltés qu’on fait taire. Le 14 juillet 1789, on prenait la Bastille pour pas plus que ça.

iA !