2010 a commencé sur les chapeaux de roue… Navrée de consacrer une fois de plus cette rubrique à la violence machiste, que les journaux appellent pudiquement un « drame familial ». Comme si, en cas de cambriolage, on parlait de « drame de la propriété privée ». Et en cas de braquage, « Drame des transferts bancaires » ? De kidnapping, « Drame de l’habeas corpus » ? Sur cette question récurrente, les média affectent toujours d’être éberlués. Au-delà du politiquement correct, ils en sont au déni. On relit toujours les mêmes phrases : "incompréhensible", "une famille discrète, sans histoires","rien ne laissait présager", etc...
Ça s’est passé à Haggenau. Un père séparé a massacré ses trois filles, une balle dans la tête et la gorge tailladée, on n’est jamais trop méticuleux. Puis il s’est suicidé, après avoir mis le feu à la maison. Cet homme avait écopé de trois mois de prison ferme l’été dernier, pour violence sur la mère de ses filles. Il l’avait ligotée à un arbre, dans la forêt, et l’avait menacée d’un couteau en exigeant qu’elle revienne au foyer. Tentant, non, comme proposition ? Comment refuser quand c’est demandé si gentiment… Imaginez l’horreur de la scène… Un jugement lui interdit alors d’approcher son épouse, mais ne le déchoit pas de ses droits paternels. Sur le plan des violences, la loi établit une cloison étanche entre la mère et les enfants. Quelles que soient les atrocités commises par un homme sur une femme, il garde le droit d’être un « bon père ». Mais comment un enfant peut-il considérer son père comme un bon père s’il s’est livré à des actes de torture sur sa mère ? A quelle schizophrénie les condamne t-on ? Il est des circonstances où un père cesse d’être un père, et c’est quand il se livre à des violences sur la mère. Combien de femmes et d’enfants vivent dans la terreur parce que la légitimité du père quels que soient ses actes est considérée comme prioritaire ?
iA !