roman à l’eau de bleu : critique


Dans la société imaginaire inventée par Isabelle Alonso, les femmes ont toujours dominé, c’est comme ça, c’est dans l’ordre naturel des choses : elles ont accès au pouvoir, aux responsabilités, au respect, et les hommes grapillent les miettes.

Cet univers est-il meilleur que le nôtre ? Bien sûr que non. Il discrimine, il viole, il méprise autant. Le véritable coupable du sexisme n’est ni la paire de chromosomes XX, ni la paire XY, c’est l’abus de pouvoir. Sur un ton toujours léger et avec son humour habituel (on est dans un roman à l’eau de bleu, pas dans une tragédie !), Isabelle Alonso démonte les mécanismes de la domination à la fois sur le fond et sur la forme. Kim, l’un des héros, voit son hominisme (l’équivalent du féminisme de notre monde à nous) enthousiaste et naïf et son amour fou pour la belle députée Philomène bien malmenés par la réalité matriarcale environnante. Son père, Gil, essaie de conserver sa dignité malgré les frasques conjugales de sa femme Bernardine. Celle-ci, brillante chèfe d’entreprise à l’affût constant des « émouvantes protubérances » des jeans de ses employés, a jeté son dévolu sur Loup. Mais celui-ci a d’autres priorités à gérer.

Saratoga.