Claude Duneton, le Figaro littéraire, jeudi 22 juin 1995 :
« (...) Les problèmes de langage dans une société en mutation sont toujours aigus par essence, dans la mesure où la langue est censée contenir et perpétuer la tradition dans la pensée même. Je tire ces réflexions, qui ne sont pas forcément naturelle à un homme, d’un livre étonnant qui vient de paraître, où l’auteur, Mme ou Mlle (cela m’est bien égal, n’est-ce pas !) Isabelle Alonso, conduit tambour battant un réquisitoire d’une verdeur inouïe contre les disparités diversement humiliantes dont les femmes sont encore victimes dans notre pays. Outre les questions de langage proprement dites, on y apprend des choses surprenantes, et même que le nombre des femmes battues se trouve multiplié par trois pendant que se déroulent les Coupes du monde de football !... Le livre, écrit avec un bâton de dynamite, gambade et fuse avec la verve acide d’un pamphlet arrière-cousin de Céline et de Rabelais, cela dans une jubilation du français parlé le plus juteux, et souvent cru. Celui qui voudrait se payer une pinte de bon sang cet été à la plage, ou même au jardin, n’aurait qu’à feuilleter ces « propos insolents sur nos amis les hommes ». Non seulement il verrait le monde d’un point de vue différent, dans une langue autre, ce qui est le propre de tout voyageur, mais cette vision le rapprocherait sans doute de sa compagne, s’il en a une, ou à défaut de celle du voisin ! »