Dimanche 13 juin, fin d’après midi, France 2, chez Drucker, on encense la patrouille de France, cette escadrille d’avions militaires qui coûte si cher mais qui est si jolie avec ses figures et ses gerbes tricolores… Carla Bruni, marraine de je ne sais quoi, félicite la première femme commandante de l’illustre équipe volante. Carla déclare : « Je ne suis pas féministe, mais… je suis contente que ce soit une femme ! ».
Carla, tout le monde le sait, n’a rien d’une idiote. Il faudrait qu’elle arrête de jouer les bécasses, même pour plaire aux hommes volants. Qu’est ce qu’elle leur reproche, au juste, aux féministes ? Se rend-elle compte que sans elles, sans leur inlassable pression, si peu reconnue et si peu considérée, il n’y aurait pas plus de femmes pilotes que de beurre en branche ? Est-il nécessaire qu’elle apporte son obole au révisionnisme ambiant ? Quand les femmes médiatisées cesseront-elles de commencer leur phrase par « je ne suis pas féministe, mais… » et la finir en démontrant qu’elles le sont ? De quoi se défendent-elles ? De qui se désolidarisent-elles ? De celles qui se sont battues pour le droit de vote ? Pour l’avortement et la contraception ? Pour la justice dans l’éducation et les salaires ? Contre le machisme qui frappe, viole et tue ? Qu’est ce qui leur rend le féminisme si rhédibitoire qu’au moment même où on devrait rendre hommage aux femmes qui s’y engagent, on se défend de revendiquer toute identification avec elles ?
Non Carla, vous n’êtes pas féministe. Vous ne méritez pas de l’être.
iA !