Y’a des jours comme ça, on est fière d’être parisienne. A la faveur d’une insomnie, je regarde en boucle les multiples mésaventures de la flamme olympique dans nos rues. Trois mille policiers n’ont pas suffi à imposer une promenade proprette au symbole. On voit la solidarité en marche. On voit des gens frappés, jetés à terre, dont un cameraman de France 2. On voit des flics arracher des drapeaux tibétains des mains de manifestants pacifiques. On entraperçoit la malheureuse torche, planquée dans une escouade de schtroumpfs chinois qui l’allument et l’éteignent sans vergogne, à la stalinienne (“la vérité c’est ce qui m’arrange”), qui tentent de tout contrôler, y compris d’enfermer la flamme dans un bus ! On voit les sportifs décontenancés par le barouf. On voit des banderoles spectaculairement accrochées à la Tour Eiffel et à Notre Dame. Fiasco, fiasco, répètent les commentateurs. Question de point de vue. Celui des organisateurs chinois n’est pas le mien. Je ne perçois, moi, que succès et solidarité. Gavroche pas mort. Tombé par terre, c’est grâce aux reporters, le nez dans les J.O, c’est la faute à Mao. Gavroche a fait un pied de nez à la dictature, saboté la mise en scène, rappelé au monde que si les JO c’est juste du sport, alors il faut les organiser dans un pays bien équipé, sans autre souci que le confort des athlètes. Mais si les JO, c’est la solidarité entre les peuples, le triomphe de la paix et le souhait d’un monde meilleur, alors les manifestants parisiens ont sauvé l’honneur. Bravo Paris, à vous San Francisco !
i.A !