Jeudi, 13 heures et quelques. J’écoute France Inter, il parait que la journée est consacrée à Elisabeth Badinter. Je ne l’ai pas encore entendue, mais une historienne, Michèle Riot-Sarcey, est interviewée sur l’histoire du mouvement féministe. On en vient à évoquer le droit de vote. L’animateur parle du paradoxe français : la Française a été la dernière européenne à voter. Il mentionne des dictatures qui ont étrangement octroyé ce droit avant la France. Et il ajoute : "C’est Franco qui a donné le droit de vote aux Espagnoles". Quoi ? Ça va pas non ? Franco a supprimé les élections libres pour tout le monde, nuance ! C’est la République Espagnole qui, en 1931, quatorze ans avant la République Française, qui a permis aux espagnoles de voter. Les Républicains et personne d’autre.
Je n’ai pas fini d’avaler de travers que j’entends l’historienne déclarer : "80% des femmes sont assujetties aux tâches ménagères". Elle se souvient de 80, chiffre exact résultant de la dernière enquête sur la répartition des corvées domestiques, mais apparemment elle n’a pas assimilé le reste : les femmes assurent 80% des tâches ménagères. Ce n’est juste pas la même chose.
Je suis souvent en opposition avec Elisabeth Badinter, mais elle seule semble capable de susciter des réactions médiatiques. Il parait que France Inter est submergé d’appels. Ça confirme mes analyses sur la pertinence d’un débat qui devrait être plus fréquent que le rythme de parution des livres d’Elisabeth Badinter.
iA !