Je me souviens d’un débat télévisé où Alain Minc abordant le thème de l’homosexualité, précisa : « sexualité entre hommes ». Véridique, j’en fus témouine. Est-il besoin de préciser que le “homo” de homosexualité vient du grec (et parfois il y retourne, chez les Grecs, ouaf), et non pas du latin comme dans “homo sapiens”. En grec, il signifie “même”, comme dans homogène ou homonyme. « Homosexuel » concerne donc autant les hommes que les femmes, puisque le mot signifie sexualité avec son ou sa semblable. Quand on traite de l’homosexualité, on parle d’hommes ET de femmes. Le sujet n’est pas, malgré l’androcentrisme ambiant (andros, c’est le mot grec pour homme, vous suivez ?) réservé aux hommes entre eux. Quand tu sais pas, tu demandes, Alain.
Deuxième expert, Santini, qui, récemment, corrigea son interlocuteur employant le terme « polygamie » pour désigner une femme ayant plusieurs maris. Santini prit un air avantageux pour affirmer que dans ce cas, ce n’était pas de la “polygamie”, mais de la “polyandrie”. Euh, pas vraiment. C’est de la polyandrie, certes, mais c’est aussi de la polygamie. Comme se fait-ce ? Encore une fois, question d’étymologie. Et de grec, tant qu’on y est : “poly” pour plusieurs, et “gamie” pour mariage. La polygamie, c’est le mariage de un-e avec plusieurs. Si on entre dans les détails, et si on précise qu’on a affaire à une femme avec plusieurs hommes, on dira effectivement « polyandrie » ( “poly” pour plusieurs et “andrie” pour hommes), non pas par opposition à polygamie, mais à « polygynie » (“poly” pour plusieurs et “gynie” pour femmes).
C’est pas pour faire ma maline, mais juste pour mettre quelques points sur quelques i. Des mots employés au petit-bonheur-la-chance ne peuvent exprimer qu’une pensée floue, voire pas de pensée du tout. Ça serait dommage…