Cette mignonne brunette supposée s’appelle Rogaya Al Nassra. Elle vient du Bahrein. Elle est arrivée première de sa série, aux quarts de finale du 200 mètres, juste devant Muriel Hurtis. Bravo Rogaya. On la suppose brune, donc, par pure déduction sherlockienne, vu que sa chevelure a été soustraite au regard par le truchement d’un textile adéquat qui profite de l’occasion pour couvrir également le reste de l’athlète, à l’exception des mains et du visage. Elle peut donc, la veinarde, poser ses doigts au sol pour prendre la pose de départ et y voir assez clair pour suivre son couloir. Elle peut aussi se réjouir d’avoir bien chaud, s’emmitoufler jusqu’aux oreilles pour galoper par 27° à l’ombre, ça doit être un vrai bonheur...
Qu’une ressortissante d’un de ces charmants états pétroliers qui fascinent les fricolâtres et horripilent les philogynes parvienne à se hisser jusqu’aux cimes du sport à haut niveau laisse pantoise d’admiration. Mais que les islamistes (vous lisez bien islamistes, pas musulmans) aient franchi une nouvelle étape dans leur marquage de territoire planétaire, en mondovision et dans l’indifférence médiatique, ça donne envie d’envoyer des mandales dans la tronche à tout ce qui remue, comme disait Jean Yanne criant sa haine des départementales. Et envie de citer Chahdortt Djavann, écrivaine iranienne contrainte à porter le voile quand elle était enfant, qui sait de quoi elle parle quand elle déclare : « le voile doit être considéré comme un acte de maltraitance physique, psychique, social et sexuel ». Et elle ajoute : "le voile est l’étoile jaune de la condition féminine".
A quand la réprobation du CIO ? A quand une campagne médiatique équivalente à celle qui dénonce la violence faite aux Tibétains ? A quand la liberté pour toutes les terriennes de pratiquer le sport à l’air libre et sans contrainte ?
iA !