Je regarde l’émission « Mots croisés » sur France2, animée par Yves Calvi, sur le procès du gang des barbares. Les invités en sont à déterminer si oui ou non Fofana a commis un assassinat antisémite. Certains intervenants trouvent qu’on ne peut pas dire ça. Un expert parle d’échec, de blessure narcissique, et même de connerie « ils ne se représentent même pas ce à quoi ils s’attaquent, il n’y a pas d’idéologie » etc... Un autre dit : « ils sont anti-autrui avant dêtre anti-juifs ». En d’autres termes, Fofana et ses complices seraient trop incultes pour être antisémites ! Doit-on en déduire que pour être antisémite il faudrait être intelligent et cultivé ?
Si j’ai compris correctement ce que j’ai lu au sujet de cette affaire, Ilan Halimi a bien été « sélectionné », choisi, parce qu’il était juif. Et qu’en tant que juif, il apparaissait à ses ravisseurs à la fois comme « riche » et bénéficiaire de la solidarité de toute la « communauté ». Si ça n’est pas la substance même de l’antisémitisme, alors quoi ? Qu’est ce qu’il leur faut, à ces intervenants ? Oui, les ravisseurs sont débiles, oui, ils sont incultes, oui, ils sont incapables de penser l’autre. En quoi cela serait-il contradictoire avec l’antisémitisme ? Il me semble au contraire que ça se marie bien ensemble, tout ça. Un psychiatre parle d’ « incapacité de rapport à autrui ». Certes. Évident. C’est le moins qu’on puisse dire.
Oui, Fofana est un barbare. Oui, il est antisémite. Oui, il est con comme un balai. On ne voit pas en quoi ça serait incompatible. C’est même, dans ce cas précis, complémentaire.
iA !