J’ai tellement pensé à elle ces dernières semaines que d’une manière absurde j’ai le sentiment de l’avoir connue. Avec la fin de l’incertitude, intolérable pour les proches, arrive aussi la fin de l’espoir. C’est une autre douleur, infinie. Quels que soient les résultats de l’enquête, Ophélie restera dans mon esprit comme un maillon de l’interminable chaîne des petites soeurs mortes... Peut être concluera t-on à un accident. Il n’en restera pas moins le sentiment, dans les premiers jours, d’une sorte de fatalisme des autorités, une sorte d’acceptation qu’il fait partie de l’ordre des chose que de très jeunes femmes perdent la vie par la brutalité de ce machisme ambiant, dont tant d’autres, partout dans le monde, font les frais.
Qu’on livre enfin à cette violence là la bataille qu’elle mérite. Dans "La vie et rien d’autre" de Bertrand Tavernier, un film sur la première guerre mondiale, le héros, joué par Michel Noiret, dit à peu près ceci : "Si tous les morts de 14-18 marchaient sur les Champs Elysées, le défilé durerait douze jours et douze nuits". Celui de toutes les petites mortes de la violence machiste durerait des années...
Il s’agit de ne pas oublier. Pour Ophelie et toutes les autres.
iA !