bonne et heureuse année !
Qu’il me soit permis, en cette dernière journée d’une année qui ne restera pas parmi mes favorites, de rendre un hommage au meilleur défenseur de la laïcité qu’il nous soit donné d’héberger à medialand. J’ai nommé l’incandescent Benoît XVI, profession pape de la très sainte église catholique, apostolique et romaine, poil à la rengaine. En effet, si j’en crois Libé de ce jour, le blanchâtre a prononcé la phrase suivante, empruntée à un théologien médiéval : « Dieu créa la femme à partir d’une côte d’Adam et non, par exemple, à partir de sa tête, afin qu’elle ne soit ni une dominatrice ni une esclave, mais sa compagne ».
Pfff… Moi, ça me fatigue ces histoires de côtelettes. Il veut nous rassurer, papi, en nous affirmant que nous ne sommes pas des esclaves, il est trop bon, merci not’bon maître ! Et il nous signifie au passage que nous ne saurions nous comporter en dominatrices, et là on aimerait qu’il précise où et quand, historiquement, nous nous sommes comportées de la sorte. Tout ça pour nous rassurer :
nous devrions ressentir une merveilleuse gratitude à l’idée d’être conçues pour devenir des… compagnes. Des êtres relatifs, des compagnes de. De qui ? De notre compagnon homme ? Ah non ! Ça, ça serait d’une insupportable symétrie ! L’homme est compagnon de lui-même, estampillé divin. Mais combien de temps aurons nous à entendre et à lire ces fadaises, ces imbécillités qui justifient tant d’injustices et sous tendent tant de violence et tant de souffrance ? Surtout que si quelqu’un sort des flancs de l’autre, c’est pas la femme de l’homme, c’est exactement le contraire, mon pauvre Benoît.
A l’heure où les yeux sont, à juste titre, braqués sur les délires des intégristes musulmans, n’oublions pas que les religions, y en a pas une pour rattraper l’autre. Que quand le Vatican et ses sbires ont le pouvoir, ils sont exécrables. En nous exhibant ses archaïsmes, Benoît XVI joue les agents recruteurs de la laïcité. Qu’il en soit remercié en cette nouvelle année. Et que pour nous autres qui ne comptons que sur nous mêmes, 2010 soit une joyeuse année de beaux combats, de fête et de rigolade. Chaque acte compte, chaque jour, chaque minute.
iA !